Virée à Ipoh et chicken chop

 Le plus vieux restaurant de Malaisie 


Il est midi quand on arrive à Ipoh. On se gare près du « Durbar at FMS », qu’on nous a conseillé. C’est le plus vieux restaurant du pays : fondé en 1906 sur Market Street par deux immigrants hainanais (île chinoise), puis déménagé à cet endroit en 1923, c’est le plus ancien bar/restaurant de Malaisie encore en activité au même endroit.

On entre dans un bâtiment colonial. Une fois la porte passée, on se retrouve à une autre époque. La salle est froide, ça sonne un peu comme les salles d’attente des grandes gares. Le décor, le carrelage et le mobilier sont d’époque.

La carte commence par une page sur l’histoire : bar de mineurs et planteurs européens sous l’ère coloniale britannique (FMS = Federated Malay States). Aujourd’hui, Durbar at FMS rend hommage à cet héritage avec un mélange de cuisine britannique/Européenne classique et réinterprétée des plats coloniaux.

On nous conseille leur spécialité : le chicken chop. On reçoit une cuisse de poulet désossée (ouverte et aplatie comme un steak – un petit reste de l’os est gardé juste pour la forme). C’est délicieux ! Ipoh est aussi réputée pour sa cuisine.

En allant aux toilettes, je lis les vieux articles de journaux encadrés sur les murs. Une dame entre ; on entame une longue conversation sur l’histoire de Malaya (la Malaisie péninsulaire). Elle vient de Kuala Lumpur, en route pour Penang pour affaires. Elle fait régulièrement cette route et à chaque fois elle fait le détour par Ipoh pour manger ici – selon elle, c’est la meilleure table.

En sortant, on voit l’autre angle du bâtiment : il aurait besoin de travaux. Les murs ne sont plus très sains.


La ville d’Ipoh


La vieille ville a beaucoup de bâtiments coloniaux : surtout des banques, hôtels, la gare… Avec la ruée vers l’étain, les banques ont vite prospéré (la Hong Kong & Shanghai Banking Corporation – HSBC – a commencé ici en prêtant aux mineurs et a fait fortune).


Il y a aussi beaucoup d’architecture chinoise – les Hainanais sont arrivés en masse pour travailler dans les mines.


On déambule dans des ruelles couvertes de verdure, certaines façades envahies par les plantes. On passe devant des mosquées, temples, églises. L’institution St. Michael (école catholique fondée en 1912 et toujours active) est un bâtiment imposant.


Comme dans beaucoup de villes ici, il y a une rue décorée par des artistes peintres. Il y a même un coin défouloir avec deux punching bags accrochés au mur. J’ai vu une école dont un mur est sympa : divisé en carrés, avec des tableaux sur des sujets scolaires parmi des carrés de façade.


On traverse la fameuse Concubine Lane. C’est une ruelle étroite et touristique, autrefois connue comme le quartier des concubines. Les riches marchands chinois au début du XXe siècle y logeaient leurs maîtresses. Aujourd’hui, c’est plein de cafés, boutiques et street art – mais l’histoire reste dans le nom.






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