Le jour J
C’est le grand jour. Stéphane, Cyliane, un employé de la marina et moi amenons OLENA à la rampe. Timeo arrive un peu trop tard ; il nous attend à la rampe et filme, mais il bouge beaucoup – la vidéo n’est pas très bonne.
La remorque est sous OLENA plus vite que prévu. On n’a pas eu le temps de descendre l’annexe pour l’enlever, car elle fait son poid. Les employés essaient de placer des sacs de sable pour protéger les coques. Pendant qu’ils reculent la remorque pour mieux la repositionner, on profite de mettre l’annexe à l’eau et envoyer Cyliane l’amarrer au bord.
OLENA est maintenant bien posé. On commence à sortir de l’eau avec encore trois personnes à bord.
Sortie catastrophique des gouvernails
On s’arrête sur la rampe : il faut, une fois de plus, enlever les gouvernails. Ce n’est pas systématique à chaque carénage, mais sur OLENA, on doit régulièrement changer les bagues car elles prennent du jeu.
Stéphane est dans la cale moteur pour enlever les vis qui les maintiennent et voir que l’arbre passe correctement. On a attaché l’arbre des gouvernails à la bôme, car ils sont lourds. Je suis aux cordages pour les descendre doucement. OLENA est penché à fond à l’avant sur la rampe, mais les arbres sont trop longs (1,8 m à sortir sous la coque). On les avait prévenus ; ils avaient dit qu’il n’y aurait aucun problème.
Du haut de mon perchoir, je vois les employés tourner les gouvernails de gauche à droite, frottant la base sur la rampe bétonnée, usant la base. Ça me fait mal au ventre, mais je ne peux rien faire : ils n’écoutent pas nos instructions. C’est Cyliane qui finit par faire le relais en insistant comment faire. Le mal est fait : les deux gouvernails sont à réparer. C’est juste un peu de fibre de verre à ajouter, ça aurait pu être pire. Pour la remise à l’eau, hors question de les remettre avant d’être dans l’eau.
OLENA à roulettes
On nous amène une très longue échelle ; enfin, on peut descendre d’OLENA. Les employés lavent la coque à haute pression puis OLENA s’en va au fond du chantier.
On arrive à notre emplacement, tout près du quai de ravitaillement où on était pour le changement de batteries. Les employés posent les quilles sur des plots en bois et ajoutent des béquilles pour maintenir le bateau.
La remorque s’en va. On découvre deux petits trous dans la coque : les sacs de sable n’étaient pas assez bien posés, pourtant ils ont pris le temps de bien les mettre. Les coques ont frotté les coins arrière de la remorque ; le gelcoat est parti sur plusieurs centimètres, mais la fibre n’est pas percée, c’est déjà ça.
Stéphane retourne à la rampe avec des employés pour récupérer l’annexe. Ils reviennent avec le dinghy posé de travers sur une remorque à l’arrière d’une moto side-car.
On a la surprise de voir que, par endroits, l’antifouling posé en Australie (même marque et modèle que celui qu’on va remettre) craque et s’écaille.
Sortie de l’eau de SERENITY
Entre-temps, SERENITY nous a rejoints. C’est son tour de sortir de l’eau. Stéphane va avec Jost sur le bateau ; les enfants et moi restons à terre pour photographier et filmer.
Étant un monocoque, la manœuvre est différente : ils écartent un peu plus la remorque, et Jost doit monter dessus en naviguant à une certaine vitesse. L’employé monté à bord lui donne les instructions ; tout se passe parfaitement.
Une fois les hommes descendus, la coque est lavée à haute pression. La remorque dépose ensuite SERENITY à côté d’OLENA.
Démâtage d’OLENA
Après plusieurs changements de dates, le gréeur nous dit que ce sera l’après-midi. Le matin, je profite de la voiture (louée entre Jost et nous pour le carénage) pour emmener Jost faire sa clairance d’entrée nationale. Et voilà que Stéphane m’envoie une photo du démâtage.
Décidément, le gréeur change souvent d’avis – et ça ne m’arrange pas, j’aurais voulu être là.
Du coup, Stéphane est à terre et filme au lieu d’être sur le bateau pour surveiller de près. Au moment où le mât monte, un ridoir (pas assez tenu par les employés) se croche dans le câble d’un récepteur GPS et l’arrache. On le voit bien sur la vidéo. Le gréeur va nous commander un nouveau GPS.
Une fois mât et bôme posés sur des tonneaux, on s’affaire à enlever cordages, câbles et pièces à remplacer. Vu qu’ils sont au sol, on va les repeindre. Le bateau a plus de vingt ans ; la peinture est aussi vieille. À chaque montée au mât, Stéphane redescend les jambes blanches de poussière de peinture. C’est le moment idéal pour le faire.
Pourquoi on démâte
OLENA est immatriculé en Suisse ; on doit suivre les règles de sécurité suisses. Un voilier suisse doit changer le gréement dormant (câbles qui maintiennent le mât) tous les 10 ans. Ça inclut étais et haubans (câbles qui maintiennent le mât), câbles des barres de flèches (losanges entre les ailettes à mi-hauteur), et la martingale (câble reliant les deux coques à l’avant, qu’on avait déjà changé à Nouméa).
OLENA a changé le gréement dormant en 2016 – il y a 9 ans. On choisit de le faire un an plus tôt ici en Asie (peut-être un peu moins cher, et on a le temps), plutôt qu’en 2026 en Afrique du Sud où on aura moins de temps.





