Visite des BVI 2

Salt Island


Il s’agit juste d’une petite halte de quelques heures, pour visiter une épave et des salines. 

Il s’agit de l’épave du RMS Rhone, un voilier à vapeur à 2 mâts de 94m de long, 12 de large. Il faisait partie de la poste royale anglaise (Royal Mail Steamer = RMS). En octobre 1867, le RMS Rhone était à l’ancre à l’île d’à côté avec un autre navire. Les capitaines se sont inquiétés en voyant les nuages et le baromètre chuter. Mais comme on était en octobre et que la saison des ouragans était censée être terminée, les RMS Rhône et Conway sont restés au mouillage. La première partie de l’ouragan (force 3) s’est bien passé. Mais comme les deux ancres ont dérivé, ils appréhendaient s’échouer lors de la 2ème partie du cyclone, après l’œil. Ils ont décidé de transférer les passagers sur le Rhone, connu comme bateau insubmersible, qui partirait au large se mettre à l’abri, alors que le Conway ferait route dans une autre baie.

Le Conway a pu partir rapidement, mais il a coulé ou fait naufrage lors de la seconde partie du cyclone. L’ancre du Rhone était coincée, ils ont fini par lâcher la chaîne, qui se trouverait aujourd’hui toujours encore entourée autour du rocher que les a coincés. Comme ils avaient perdu beaucoup de temps, et que l’œil arrivait au bout, le capitaine a pris le chenal le plus court pour se rendre dans les eaux plus profondes.

Il a bien évité les hauts fonds dans le chenal et alors qu’ils étaient à moins de 300m des eaux profondes, la 2ème partie de l’ouragan est arrivée sur eux. Les vents ont poussé le navire contre les rochers, cassant la coque en deux. L’eau froide et salée en contact avec les citernes chaudes du moteur à vapeur lancé à plein régime, a fait exploser le navire.

Le capitaine serait tombé à l’eau lors du choc et n’a jamais été retrouvé. Seul 25 personnes ont survécu. Il était d’usage d’attacher les passager au lit lors de tempêtes, afin qu’ils ne se blessent pas. Les pauvres, ils n’ont eu aucune chance.  

Munis de nos palmes, masques et tubas (PMT), nous sautons à l’eau pour aller voir cette épave, classée comme l’une des plus intéressantes des Caraïbes. Elina ne nous accompagne pas, les épaves l’angoissent. Nous partons d’Olena et faisons les quelques centaines de mètres à la nage. Timeo ne porte pas ses palmes, elles le dérangent. Il nage très bien sans et est à l’aise. Je dois dire que tous trois sont à l’aise en PMT, on ne prend même plus d’objet flottant avec nous. Il y a un peu de houle à l’endroit où se trouve l’épave, mais avec les tubas, ça dérange personne. 

Je suppose qu’Irma a fait ravage également sur l’épave. De l’épave la plus intéressante, où il est possible de plonger à travers, il ne reste plus qu’un amas de plaques en acier. On voit bien les mâts, qui sont couchés, et l’énorme hélice en bronze.

L’épave doit être posée sur un fond de 20m ou plus. Avec cette eau cristalline, on la voyait comme à travers une vitre ! Incroyable !

Nous avons sauté à l’eau une deuxième fois, sans Cyliane cette-fois, pour nous rendre sur l’île. En chemin je vois un petit requin nourrice, il se pose vers des rochers et y reste, afin que nous puissions l’admirer. Je plonge pour estimer sa taille, il fait bien 1.5x la longueur du bout de mes doigts jusqu’au coude, une bonne 70aine de centimètres.

Les salines sur l’île étaient une déception. Sur une image de mon guide, on voit du sel séché, à présent, c’est deux marres brunâtres et odorantes. Nous montons sur la colline apprécier la vue.

Lors de notre retour au bateau, Elina crie qu’il y a un requin citron. Je suis plus loin et ne le vois pas de suite. Elina suit le requin, puis je le vois au loin, je pense qu’il doit bien faire 1-1.5m. Je ne peux pas confirmer si c’était un requin citron ou s’il s’agissait d’un requin de récif. Mais j’ai pu voir que ma fille, qui avait peur des requins avant notre voyage, a compris que seul quelques espèces de requins sont agressifs, que les autres, si on ne leur fait rien, sont des poissons tout à fait normaux.


Trellis Bay


Nous nous déplaçons à la baie au bout de l’aéroport pour passer la nuit. Ce n’est pas le plus joli des endroits, mais on a lu qu’il y a beaucoup d’épaves et qu’il y avait peut-être encore des pièces à récupérer. Suivant les endroits, les pièces sont récupérées et vendues d’occasion, à d’autres, les bateaux abandonnés sont marqués afin que les gens puissent aller démonter ce qui peut leur servir. 

Il y a une île au milieu de l’entrée de la baie, Stéphane suit les ferrys à l’intérieur. Puis j’entends un avion, regarde sur ma carte et me rend compte que Stéphane a passé dans les bouées jaunes, démarquant une zone de limitation du bout de la piste d’atterrissage. Selon mon savoir, il est interdit de passer par là. Pourtant, plein de bateaux la traversent, des ferrys de toute taille. Nous avons vu d’autres voiliers y passer pour entrer ou sortir. C’est bizarre. C’est sûr, on ne ressortira pas par-là !

Il y a de l’ambiance au mouillage. Comme partout aux BVI, la plupart des bateaux sont des charters avec des américains. Ca crie, ça rigole fort, ça souffle dans les cornes de brume… peu importe l’heure. On sent l’effet de l’alcool.


Road Harbour


Nous passons notre dernière nuit aux BVI à Road Harbour, la capitale qui se trouve sur l’île de Tortola. Ce n’est pas le plus bel endroit non plus. Il y a un paquebot de passager à l’entrée du port, ce qui présage beaucoup de touristes. Mais cette-fois, ça ne nous dérange pas, car nous avons 2 choses à y faire, les formalités douanières et les achats, car ça fait une semaine qu’on a plus été dans un magasin et que nous allons partir le lendemain pour environ 8 jours de navigation (voire plus si le vent s’affaiblit).

On a quitté un cimetière de bateau pour en retrouver un plus gros. Incroyable le nombre d’épaves. Nous tournons autour et regardons. Sur l’un d’eux, un jeune est en train de travailler, il pense le réparer en 3 mois. Ce catamaran a eu une coque sous l’eau et est plein de casse, il est courageux, nous on ne le toucherait pas.

On cherche la douane, le guide nous le décrit à un endroit, un Suisse nous dit d’aller vers les paquebots, un local nous envoie à l’endroit décrit par le guide, une locale ayant travaillé à la douane nous explique que le bâtiment est détruit et nous amène vers les nouveaux locaux. Après quelques minutes, les douaniers nous envoient au dock des ferrys. On n’a jamais mis tant de temps pour trouver l’endroit où faire les formalités douanières.

Ensuite nous nous rendons au supermarché. Il y a deux entrées, 2 pancartes, laquelle choisir ?  On apprend qu’il s’agit de la même entreprise, d’un côté c’est le marché en gros, de l’autre le supermarché. On opte pour le marché en gros et sommes surpris d’y trouver fruits et légumes comme au supermarché. Nous avons trouvé plein de légumes frais, on va se faire plaisir au début de notre traversée. 

J’ai fait un petit tour dans le supermarché, le temps que les enfants mangeaient leurs glaces, je n’ai pas trouvé grand-chose de plus que de l’autre côté.

Les BVI’s

Les BVI’s nous ont énormément plu. C’est à notre avis l’endroit des Caraïbes que nous avons visité, le plus intéressant à naviguer. Il y a plein d’îles, plein de baies différentes pour mouiller. Il y a peu de houle entre les îles. 

L’eau est la plus claire et la plus cristalline que nous ayons vu ! Nous avons adoré et nous espérons pouvoir y revenir un jour et de visiter le côté américain.

Il y a beaucoup de corps morts (bouées), mais il est presque toujours possible d’ancrer pour s’éviter les frais.


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