Le temps à Saint-Martin a passé bien vite. Au moment d’arriver, j’imaginais bouger un peu, aller visiter d’autres baies le temps d’attendre nos colis. Je nous voyais partir 2-3 jours à Anguilla pour écouler nos derniers Dollars EC et acheter quelques bricoles que nous aimions bien dans les pays anglophones. Et pourquoi pas, faire un saut à Saba pour tester la voile avant de partir aux Îles Vierges Britanniques.
A part un
petit saut pour retrouver nos copains, nous sommes restés sédentaires. Nous
étions trop occupés. Nous avons échangé nos Dollars EC dans un bureau de change
qui en a profité pour prendre 30€ de commission ! Nous savions qu’ils
prenaient beaucoup, nous n’avions pas le choix, les Dollar EC ne s’échangent
pas si facilement dans le monde.
Le matin de
notre départ, nous entendons nos copains SEA YA au cruisers net ! Quelle
joie de les savoir dans les parages ! Nous n’avons pas eu beaucoup de
temps de se croiser, mais ça a fait plaisir de se revoir.
En fin
d’après-midi, après avoir dit adieu à des copains qu’on risque de ne plus
jamais revoir, nous levons l’ancre une heure avant le coucher du soleil. La
route est trop longue pour pouvoir la faire dans les 12h que dure le jour.
Le coucher
de soleil est très joli, le vent n’est pas fort et de l’arrière. Nous essayons
de faire du papillon, càd la GV d’un côté, la voile avant de l’autre. Avec le
mouvement du bateau dans les vagues, qui étaient plutôt petites, la voile avant
se déventait à tout moment, se prenant parfois dans le radar. On descend la GV
et utilisons sa bôme comme tangon, pour maintenir la voile avant bien ouverte.
Je vois un
voilier devant nous tribord, qui lui aussi n’a que la voile avant dehors. Un
catamaran sous moteur nous dépasse par bâbord, avant de sortir une voile avant.
Comme à
chaque navigation de nuit, les enfants sont heureux de passer quelques heures à
regarder des films sur l’ordinateur. Stéphane qui n’a aucun problème à
s’endormir va se coucher, j’entame la navigation de nuit.
Il y a ¼ de
lune, elle est tout en haut dans le ciel et nous éclaire comme un plafonnier au
milieu d’une chambre, c’est magnifique. Etant si haute, je sais qu’elle ne nous
éclairera pas toute la nuit, elle s’est couchée à 2h00.
Je vois le
catamaran devant nous qui est un peu plus rapide, on rattrape gentiment le
voilier à tribord, NOMADICA, immatriculé à Saint-Hélène. A son côté, je
distingue une 2ème lumière, est-ce une étoile ou un autre
bateau ? Au bout de quelques heures, nous avions dépassé NOMADICA et la 2ème
lumière avait viré au rouge, nous étions 4 bateaux sur la même route. Ça fait
toujours plaisir de voyager avec d’autres, de ne pas être seuls au milieu de la
nuit. On ne se connait pas, mais en passant la nuit comme ça
« ensemble », je les appelle « mes copains ». Les 2 autres
voiliers étaient visibles qu’au radar, NOMADICA à l’AIS également. Je
surveillais la route des copains, NOMADICA était à 1mile de nous, la lumière
rouge (MORWENNA, notre voisin à marigot) à 2 miles et le cata à l’avant à 3
miles. Le catamaran a vite disparu, MORWENNA a bifurqué contre le nord,
NOMADICA a suivi notre trace en tirant des bords, car la position avec les
vagues par vent arrière n’est pas agréable. A un moment il était à 10 miles de
nous.
Il y avait aussi beaucoup de paquebots, tous un peu plus au sud, donc aucun
problème. Je me sentais sur une route bien fréquentée, on entendait les
paquebots communiquer entre eux à la VHF.
Stéphane
s’est levé au bout de 2h30, on s’est croisé ½ heure à papoter et profiter du
calme. Moi aussi je me suis réveillée au bout de 2h30 en pleine forme. On
pensait se réveiller au bout de 3h, mais une horloge interne nous a réveillés
avant. La deuxième partie de la nuit, nous avons chacun dormi 3h30, là aussi,
nous nous sommes réveillés seuls. Stéphane a vu le lever de soleil, qui était
encore plus magnifique que le coucher !
C’est en
pleine forme et bien reposé que nous avons jeté l’ancre à Spanish Harbour, vers
l’île de Virgin Gorda, où Stéphane a dû aller seul à terre pour faire les
formalités douanières. Normalement c’est au skipper seul d’aller faire les
procédures, mais dans certains pays, comme les îles françaises, il n’y a aucun
souci si je le fais. Une femme était devant Stéphane et s’est fait remonter les
bretelles, ce n’était pas elle le skipper ! Les anglais se tiennent aux
règles !
Peu après,
NOMADICA est venu jeter l’ancre près de nous et ses équipiers sont passés nous
faire un petit coucou. Elle vient de St-Hélène, lui est français et ils ont un
petit garçon de moins d’un an. Eux aussi ont apprécié cette navigation avec
nous, et c’est par eux que j’ai su que le bateau à leur côté était MORWENNA. Je
savais nos voisins devant nous, mais ils voulaient passer près d’Anguilla pour
voir, donc je les imaginais plus au nord. Si j’avais su, on aurait pu chater par
VHF, car il y avait une coéquipière suisse bien sympa à son bord !
Les BVI à la façon charter
Nous avons
peu de temps pour visiter ces îles, car depuis des mois, nous avons rendez-vous
fin janvier à Panama avec deux autres bateaux. Le temps ne suffira pas pour
visiter les Îles Vierges d’Amérique. N’ayant pas de visa, il nous aurait fallu
une journée pour nous y rendre en ferry, tamponner nos passeports pour un visa
de 3 mois pour pouvoir y retourner avec notre bateau.
Nous nous
concentrons sur la partie anglaise. Une correspondante par Facebook m’a donné
quelques tuyaux, j’ai épluché les blogs de KISU & SERENITY qui y sont
passés il y a quelques mois et j’ai lu notre guide en large et à travers. J’ai
sorti quelques points qui pourraient être intéressants et nous décidons de
réduire l’école et faire le tour à la façon charter.
