En ce moment, il y a de grosses marées, ce qui réduit fortement le temps d’utilisation de la rampe. Ce n’est pas très pratique, surtout que nous sommes plusieurs bateaux à vouloir retourner à l’eau en même temps.
SERENITY reçoit une date un jour avant nous. À cause des marées, impossible d’échanger nos créneaux. L’idée était qu’on mette OLENA à l’eau en premier, car nous avons encore pas mal de choses à faire une fois dans l’eau, contrairement à Jost. Stéphane retourne sur SERENITY pour sa remise à l’eau : tout se passe comme sur des roulettes.
On remet OLENA à l’eau sans gouvernails
Trois mois après en être sorti, on retourne enfin dans l’eau ! Avec la galère du retrait des gouvernails, on les remettra une fois à flot.
Ils prennent beaucoup de temps pour bien placer les coussins de sable. Cette fois, tout se passe bien : la coque reste intacte.
Une fois dans l’eau, on contrôle toutes les cales au cas où il y aurait une fuite, on ne sait jamais. Stéphane vérifie aussi les sail-drives : en Australie ils avaient pris un peu d’eau et on avait dû resserrer les vis. Tout va bien, on est sec !
L’annexe de la marina vient nous aider pour la manœuvre. Nous devons faire demi-tour et nous rendre au ponton. Avec deux moteurs, Stéphane arrive à manœuvrer un peu sans gouvernails, mais pas à faire toute l’opération seul. L’annexe nous pousse légèrement pour faciliter le demi-tour, puis nous aide à nous mettre à quai.
Stéphane avait déjà préparé des cordes qui passent dans la jaumière (le tube dans lequel passe l’arbre des gouvernails). On va récupérer nos gouvernails et les attache à ces cordes. Stéphane plonge pour guider l’arbre bien droit dans le trou, Jost est dans la cale moteur pour guider l’arbre et l’attacher, et moi je suis en haut, à tirer les cordes d’un palan pour les monter.
On répare enfin notre grand-voile ! En partie seulement
Après maintes demandes en personne et par message, rien ne bouge. C’est seulement quand on dit au gréeur qu’on part d’ici quelques jours qu’il se décide enfin à agir. Et pour nous annoncer qu’il ne peut pas la coudre : elle est trop épaisse. Il a des machines à coudre professionnelles, dont le bras (la partie qui relie le haut de la machine) est décalé vers la droite, laissant plus d’espace pour faire passer le tissu. Malgré ça, notre voile est si grande que même roulée au maximum, elle ne passe pas.
Ça fait trois mois que notre voile traîne chez lui. Ne pouvait-il pas s’en rendre compte avant ? Je rage, et le vase de Stéphane recommence à déborder. En plus, j’ai enlevé les fils qui maintenaient les protections des lattes que j’imagine qui sert à fermer la poche des lattes, donc je n’en mène pas large.
On insiste pour au moins recoudre les protections des deux lattes du haut, les plus importantes (ce sont souvent elles qui frottent contre les haubans). Le fait qu’il reste encore le trou à réparer – ce qu’Au Wei avait complètement oublié – finit par faire pencher la balance. On obtient enfin un rendez-vous… qui, comme souvent, sera repoussé.
C’est à nouveau un dimanche qu’on se rend à la voilerie, car on va lui donner un coup de main pour ces réparations et surtout voir ce qu’il fait.
On découpe le nouveau matériel de protection et on le colle sur la voile avec l’aide d’un employé. Au Wei est derrière la machine et coud péniblement ; la voile est épaisse. Stéphane, l’employé et moi maintenons le gros rouleau pour qu’il passe dans l’espace de la machine, tout en tirant ou poussant la voile pour qu’Au Wei puisse coudre au mieux.
Ainsi, on réussit à remettre les protections sur les deux lattes du dessus. Au Wei me montre que les coutures que j’avais enlevées ne servaient qu’aux protections : les poches des lattes sont toujours utilisables. Ça me soulage.
Où est le trou ? La voile est étalée et nous sommes tous les quatre dessous, la soulevant au-dessus de nos têtes et avançant au même rythme pour le chercher. Comme c’est arrivée quand elle était pliée, il peut être n’importe où. Une fois trouvé, on y colle des patches des deux côtés, puis Au Wei les coud.
Enfin, on rentre avec notre voile !
