Ho Chi Minh-Ville


De son ancien nom Saigon (Sài Gòn, nom du fleuve qui la traverse, et toujours celui de son aéroport), Ho Chi Minh-Ville est une grande ville qui ne ressemble pas du tout à Hanoï. Très moderne avec ses tours immenses parées d’écrans LED. Les enfants y ont repéré « l’Avengers Tower » d’Iron Man, et franchement il y a de la ressemblance. 


La ville est aussi très marquée par son passé colonial, avec de beaux bâtiments français bien entretenus.


Le trafic est terrible, parfois pire qu’à Hanoï. On slalome entre les scooters et les voitures.



Notre hôtel 


J’ai déniché un petit hostel à environ 15 minutes à pied du centre. Il est plus pratique de louer trois lits dans une chambre commune que de prendre une chambre privée à trois (souvent plus loin et avec un lit double qui déclenche toujours la guerre des couvertures).

C’est une maison haute sur petite surface. Au sous-sol : salon et cuisine de la propriétaire, qui vit ici avec sa fille, sa mère et son chien. À chaque étage, une chambre. Nous sommes au deuxième : quatre lits superposés à trois niveaux, mais le troisième n’a pas de matelas. Ce soir l’hostel affiche complet ; on sera huit dans la chambre. Chaque lit a son rideau pour l’intimité, salle de bain attenante.

On croisera un Allemand, mais pas les autres. Le lendemain, on sera quatre avec un Japonais qui profite pour pratiquer son français avec nous. On l’appelle « moi je suis fantôme » parce que c’est comme ça qu’il a commencé à rigoler avec les enfants.

Le quartier d’habitation de notre hostel

On est dans une ruelle étroite, une voiture ne passerait pas. C’est là qu’on découvre la vraie vie de beaucoup de Vietnamiens. Les maisons sont parfois larges de moins de 1,50 m, profondes de 3-4 m, avec un escalier fixe genre échelle au fond pour monter à l’étage.

Les portes sont souvent aussi larges que la maison ; on voit directement l’intérieur. Au rez-de-chaussée : cuisine. Pas de place pour une table comme chez nous. Les gens vivent à même le sol : ils s’y installent pour regarder la télé, manger, faire les devoirs des enfants, se reposer en journée. La nuit, ils y parquent leur scooter avant de monter dormir. Souvent, ils s’installent aussi juste devant, en bordure de ruelle. Tout le monde sait qui fait quoi, qui cuisine quoi, qui dit quoi.

J’aurais adoré filmer ou photographier pour partager cette réalité, mais j’ai trouvé ça déplacé.


Tour en Bus rouge


La ville est immense ; les bâtiments intéressants sont éparpillés. On achète des tickets pour un tour unique en bus rouge – ça reste abordable.

C’est agréable de se balader en hauteur en écoutant les anecdotes. On passe devant plein de bâtiments connus et moins connus : églises, temples, et même une allée qui rappelle les Champs-Élysées.

Il faut dire que par le passé, Saigon et le sud du Vietnam étaient colonisés par les Français. À l’époque, le sud du Vietnam, le Laos et le Cambodge formaient l’Indochine française.


Ancienne poste


L’ancienne poste, dans un beau bâtiment colonial français, est un incontournable. Comme tout bon touriste, on y va.

Le bâtiment est aussi beau dehors que dedans : énorme hall au plafond voûté, style qui rappelle les églises avec ses colonnes régulières.

À l’entrée, il y a encore les cabines téléphoniques !

Et la surprise : le bâtiment abrite toujours la poste ! Au fond et sur un côté, il y a les guichets postaux. Ça doit être pénible pour les postiers de travailler dans ce lieu touristique, avec un centre rempli de stands de bibelots pour touristes.

Bunker d’armes caché en pleine ville

On arrive devant une petite maison qui ressemble à tant d’autres, mais qui fait partie de l’histoire. Les propriétaires, pendant le conflit, ont creusé un bunker au sous-sol pour cacher des armes, avec de petits tunnels reliant le bâtiment à d’autres endroits. C’est d’ici que seraient parties certaines armes qui ont aidé à libérer Saigon et à unifier le pays (c’est le Saigon Commando Secret Weapons Bunker – Tet Offensive 1968, 287/70 Nguyễn Đình Chiểu, Phường 5, Quận 3).

Le grillage devant la porte porte encore les marques de coups de feu tirés par la police lors de l’offensive du Têt en 1968.

Quelques carreaux du sol de la cuisine servent de couvercle au bunker ; on descend en petit groupe. Le trou est étroit, le bunker minuscule, avec quelques armes en exposition.

Au premier étage : partie musée sur l’histoire de la maison et la réunification.

C’est assez visité sans être trop touristique car peu connu. Attention : c’est un musée national, entrée gratuite. La maison d’à côté (avec une voiture garée à l’intérieur) profite de la situation et s’est aussi transformée en musée ; ils demandent un paiement. On ne l’a pas visité. Stéphane la visitera plus tard avec Jost ; une consommation de boisson a fait office de prix d’entrée. En plus des objets, il y a des passages secrets reliant les étages.


Les stands de rue et leurs délicieux bánh mì

On est devenus accros aux bánh mì – ces sandwichs vietnamiens dans une bonne baguette française, avec un intérieur très asiatique bien garni.

Il y a pas mal de vendeurs dans les rues. Contrairement à mes précédents voyages en Asie où je ne touchais pas à la street food, ici on se régale. C’est souvent là que c’est le plus frais, parce que c’est là que les locaux mangent !

Une vendeuse a son petit stand sur roulettes garé devant une cuisine de restaurant. Je suis surprise de la voir partir dans un coin du resto pour faire les omelettes qui s’ajouteront au poulet, légumes et épices de nos bánh mì. Le lendemain, on la cherche pour en reprendre, mais on ne la trouve pas ; on teste un autre vendeur.


On aime aussi chiner dans les supermarchés pour voir ce que les locaux consomment. On a découvert des fraises blanches, des œufs durs sous cellophane ou en brochettes, des Apéricubes Kiri et La Vache qui Rit, des barquettes de fromage frais sucré aux fruits ou chocolat, des pains en forme de Crocs, du papier WC sans trou/carton au centre, des petits drinks lactés en sachets plats (pas pratiques à boire), des larves, et même des burgers où le pain est remplacé par des nouilles ramen !


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