C’est chouette de retrouver des copains, ça fait toujours du bien. Par contre, il manque toujours l’un ou l’autre. Cyliane était déçue que sa copine Claire (américaine) soit partie directement à Grenade.
Nous avons été visiter le chantier naval où MARELIA avait fait le carénage (peinture sur la coque qui se trouve dans l’eau), car ces travaux nous attendent également. C’est un travail assez ennuyant à faire et qui se fait régulièrement. Nous sommes tous à la recherche de l’anti-fouling (peinture) qui tiendrait le plus longtemps, mais c’est difficile. Les micro-organismes commencent à s’attacher à la coque, les algues et coquillages suivent et pour finir nous transportons un mini-récif. Il est clair que nous grattons et brossons régulièrement notre coque, mais en quelques semaines, c’est à nouveau pareil. Chaque brossage élimine également une partie de l’anti-fouling.
Nous ne sommes pas gâtés de ce côté pour l’instant, car le chantier naval qui nous a vendu le bateau a passé l’anti-fouling par-dessus les coquillages !!! Bon, ils l’ont refait après-coup, mais notre coque n’a jamais été lisse, de ce fait, on a beau gratter et brosser, on enlève jamais tout.
Nous avons pris rendez-vous, nous allons sortir notre bateau le 19 octobre à Tyrell Bay. Les prix sont peu cher, vu qu’il n’y a aucun magasin d’accastillage etc… aux alentours, ni sur l’île. Il nous faudra tout organiser avant et espérer ne rien oublier.
L’endroit est assez sympa et plein de bateaux ! Chaque matin, Diane du centre de plongée (québéquoise), informe les plaisanciers sur la cruisers net sur les activités de la journée. Elle donne également des cours de nage gratuits les samedis, auquel mes 2 plus petits ont pu participer 2 fois parmi les enfants locaux. Elle nous a même fait visiter les nids d’oiseaux autour de son centre de plongée et nous avons pu voir un colibri en pleine fabrication de nid !
John d’OUT OF AFRICA a organisé une sortie dans un bistro local où nous mangions une assiette de poulet, frites et salade pour 5€. Et c’est toute la bande de Kid-boats restante (PARTY OF FIVE, ROAM, PIERINA, TRISMIC, BRITICAN) qui ont débarqué en plusieurs étapes dans ce petit bistro, pour ne pas effrayer la tenancière. Et comme souvent, d’autres plaisanciers s’y trouvaient ou sont arrivés après nous. On se croise d’île en île, c’est rigolo.
Un jour nous avons pris le bus avec MARELIA pour nous rendre à Hillsborough. Nous avons fait un peu de shopping (quincaillerie, fruit et légumes). Le système de bus dans ces îles est bien organisé. Ce sont des mini-vans qui arpentent l’île, on y monte et descend aux stations ou entre-deux. Les prix sont bon marchés.
Timeo s’est mis à la pêche
Timeo avait reçu une canne à pêche de GILOUME, Stéphane y a fait le service et acheté un fil plus fin et de petits leurres. Ce n’est pas allé long que Timeo nous dit que ça tire, sans vraiment se rendre compte qu’un poisson avait mordu. C’était un petit Jack fish, un poisson excellent mais encore petit, on l’a remis à l’eau.
Le soir on lui a demandé s’il était content d’avoir pêché son premier poisson, sa réponse : « non, parce qu’on n’a pas pu le manger ». Depuis, il en a pêché encore plusieurs, parfois plusieurs en même temps (il a 5 leurres), pour finir, nous en avons quand même mangé 3, un délice !
La communauté des plaisanciers
Ceci est une chose à laquelle je ne m’y attendais pas. En Méditerrannée, nous étions seuls, croisant des gens pour une soirée et voilà. Mais ici, les live-aboard boats (bateaux de gens qui vivent à bord) c’est une vraie communauté qui s’entraide et se soutient. On a déjà fait l’expérience des bateaux en dérive, l’affalage de notre voile, le remorquage d’OUT OF AFRICA etc…
On fait vite connaissance, surtout entre kid-boats, et il faut dire, on se recroise à tous moments. On reconnait les bateaux même sans se connaître. Et quand on se fait présenter quelque part c’est des « ah, mais nous étions voisins à XY et nous sommes croisés ici et là ».
Ceux dont on fait vraiment connaissance, la manière que naît l’amitié n’est pas comparable à quand nous étions à terre. Nous sommes bien plus les uns sur les autres, on se voit souvent et toujours et les discussions sont différentes et plus profondes. On se connait plus rapidement. Les discussions sont aussi toutes autres et ça nous fait parfois rire quand on compare avec celles à terre. A terre, quand on fait la connaissance de quelqu’un, la discussion part automatiquement sur ce qu’on fait dans la vie. En plaisance, la première chose qu’on veut savoir c’est sur quel bateau ils vivent. Imaginez si nous nous rencontrions et que je vous demande si vous vivez dans un appartement ou une maison, et quel genre de maison. Puis je vous demande si vous êtes contant de vos volets s’ils sont bien efficaces etc... Ce serait bizarre, non ? En plaisance, c’est tout naturel, on discute des différences entre catamarans et monocoques, ce qui marche bien chez les uns et ce qui marche moins bien. Il est très rare de savoir le métier des gens que nous rencontrons, c’est une discussion assez rare.
Un trimaran à la dérive
Un soir vers 21h, nous entendons à la VHF une demande d’info de l’équipage d’un trimaran à la dérive. On ne connait pas, on ne réagit pas. Un peu plus tard, rebelote, le trimaran a déjà dépassé 2 bateaux, heureusement sans en toucher un. Puis on entend BLUE MOON appeler SEA YA en insistant bizarrement, sans réponse ils hurlent dans la VHF « SEA YA, SEA YA un trimaran dérive sur vous ! ». Stéph et moi on se regarde et « Merde ! SEA YA a son moteur hors service, il n’est pas manœuvrable ! ». On avertit les enfants, on descend le dinghy pour aller voir comment on peut aider. A cet instant, quelqu’un demande aux plaisanciers qui le peuvent d’aller aider, car SEA YA n’a plus de moteur. On a répondu présent et sommes partis.
On s’est retrouvés à 3 dinghys autour de SEA YA à cette heure tardive. Car 21h c’est minuit pour les plaisanciers ! Vive la communauté des plaisanciers, ça réchauffe vraiment le cœur ce soutient.
Nous sommes allés voir à l’avant du trimaran s’il y avait possibilité de rallonger la chaîne. Surprise, il y avait bien une chaîne, mais pas d’ancre au bout. L’ancre à l’eau était accrochée à un bout (corde) qui faisant moins de 15m de long (pour une profondeur de 6-8m) ! Et le bout ne pouvait être rallongé, on était au bout de la corde. Pas étonnant qu’il était à la dérive !
Entre-temps, certains ont réussi à contacter les propriétaires qui sont arrivés en trombe. Ils ont voulu ancrer à nouveau au même endroit ! On s’est pas gênés d’aller leur dire de se mettre à un corps mort et le lendemain nous avions la bonne surprise de voir qu’ils ont suivi nos conseils.
Le lendemain j’ai suivi une conversation VHF d’un suisse et d’un allemand à ce sujet. L’un, qui les avait vu ancrer sans chaîne et partir de suite a dit « c’était certainement des français » et l’autre de répondre « oui, je n’ai pas osé le dire ». Eh bein non, pas cette fois !
En fait, les français ont la réputation d’être les meilleurs navigateurs au monde, mais les pires mouilleurs (ancrer) au monde.