Plongées & Jolly Harbour

Il y a plein de snorkleurs autour de notre bateau, c’est assez facile à comprendre car nous étions entourés de tortues ! Nous avons également profité de nos masques pour aller les voir.

SERENITY étant plongeurs, nous avons pu plonger avec eux en alternance, vers les rochers au bord du mouillage, autour de l’île, sur les épaves. Il est facile de trouver les spots de plongée, car il y a des bouées et les bateaux de plongée s’y rendent.

Pour les plongées autour de l’île, nous nous y sommes toujours rendu les 7 avec les deux annexes. 3 sont partis plonger d’un coin de l’île alors que l’autre amenait les annexes de l’autre côté de l’île à une bouée et faisait du snorkeling avec les enfants en attendant l’arrivée des plongeurs.

A la fin de ma plongée, Elina me demande si elle peut essayer. J’avais repéré un joli barracuda près de la surface un peu plus loin. Je lui passe mon détendeur en lui expliquant 2-3 choses et la prend sous mon bras tout contre moi et descend à 1m. Au début, elle siphonnait ma bouteille ! On remonte, je lui dis de respirer normalement. On redescend à 1m et je l’entends respirer presque normalement, tout va bien. A cette profondeur, mes palmes sortaient encore à moitié de l’eau, c’était plus du snorkeling que de la plongée, mais Elina a pu faire l’expérience de respirer sous l’eau et de voir le barracuda. Elle en a été très heureuse.

La fois où j’étais avec les enfants à faire du snorkeling à l’île, on a dû retourner sur l’annexe attendre au bout de 20 minutes, car plein de petites méduses sont arrivées et c’était très désagréable de se faire piquer partout.

Un jour, Stéphane et SERENITY sont partis un peu plus loin à une bouée pour plonger sur l’épave du Gustavia. Je surveillais l’annexe depuis OLENA avec les jumelles. Sait-on jamais, on a vu plusieurs annexes à la dérive et fait l’expérience que les nœuds ne tiennent pas toujours.

Un autre jour, je suis partie avec SERENITY, nous avions monté l’ancre du voilier et sommes partis à un peu moins de 5 miles plus au sud pour plonger sur l’épave de l’Augustin Fresnel II. Un bateau de plongée était à la bouée et nous avons attendu qu’ils finissent leur plongée et partent pour s’y mettre. L’épave était bien habité, pleines d’éponges, poissons et même 2 langoustes sous la coque !


De grosses frayeurs

Pour ceux que ne le savent pas, les plongées de nuit font partie de mes préférées. Dans ce décor, je ne pouvais pas ne pas proposer de plongée de nuit ! La proposition fut accueillie avec de gros sourires, Jost et Susanne, très bons plongeurs, n’ayant jamais plongé de nuit mais ayant toujours voulu en faire une.

Le soir tombé, nous partons avec notre annexe nous mettre à la bouée, à quelques centaines de mètres de nos bateaux, où ils avaient déjà plongé avec Stéphane. On accroche un flash à la corde de l’annexe qui pend dans l’eau pour le retrouver plus facilement. Après un briefing, on saute à l’eau. Tout va bien, on apprécie les langoustes, calamars, crabes, crevettes et poissons endormis. Au bout de 18 minutes je ne vois plus de clignotement, je me dis que la pile n’aura pas tenu longtemps, tant pis, la bouée est attachée au récif, facile à retrouver, surtout que nous n’étions pas loin. 2 minutes plus tard, je vois la bouée, je cherche l’annexe, plus d’annexe ! 

Je me rends vers Jost qui était au plus près lui faire comprendre que l’annexe a disparu et que je monte voir. Il a de suite compris et me suit, heureusement, Susanne nous a vu et a suivi. En surface, pas d’annexe, Jost pense à un vol, moi je dirige ma lampe au large, cherche et trouve l’annexe, bien au loin. Je me retourne et regarde où sont nos bateaux, trop loin et à contrevent et contrecourant. Au bout de 22’ de plongée, je ne pensais pas que Stéphane puisse déjà être en train de surveiller. Par reflexe, nous avons tous trois nagé contre l’annexe. Puis Jost enlève son gilet qu’il me refile et part rattraper l’annexe. Susanne et moi sommes bien restées ensemble, toujours en nageant contre l’annexe (ce point-là m’a travaillé toute la nuit, comment ai-je pu faire cette connerie !) et éclairant l’annexe. Au bout d’un moment je me rends enfin compte de notre bêtise, je cherche la bouée et me rend compte qu’on a déjà dérivé de plusieurs centaines de mètres ! Impossible d’y retourner. Ce fut une longue attente, car au bout d’un moment, nous ne voyions plus Jost et ne savions pas comment il allait et s’il arrivait à rattraper l’annexe. Puis voilà qu’il nous fait des signes avec sa torche, il l’avait récupéré ! Heureusement que je lui avais montré où j’avais caché la clef du moteur ! Il est venu nous chercher et nous a tirées jusqu’à la bouée. C’est là que j’ai réalisé qu’on était vraiment très loin de la bouée ! Jost avait récupéré l’annexe bien plus loin que l’île aux pigeons, bien 1km plus loin! Il n’aurait pas tenu 5 minutes de plus à nager derrière l’annexe qui parfois prenait de la vitesse avec les rafales ! J’ose imaginer, 3 plongeurs en 2 groupes dérivant en pleine mer la nuit ! De plus nous sommes tous trois plongeurs de bon niveau et navigateurs ! Je ne comprends pas comment on a pu faire ces conneries.

Bref, de retour à la bouée, tous trois ayant encore 160 bars d’air (une bouteille pleine en a 200), on attache l’annexe avec le câble et le cadenas cette-fois et on retourne plonger. Au bout d’une bonne demi-heure, je réalise que j’avais omis lors du briefing de dire qu’une plongée de nuit était plus courte. Nous avions l’habitude de plonger plus d’une heure. Et là, entre les 2 plongées et le temps entre-deux, ça devait faire un certain temps et Stéphane devait gentiment se soucier. J’essaye d’expliquer à Jost par signe, il me répond qu’il lui reste 80 bars. Comment signer ça ? Ça me rappelait l’émission « vendredi tout est permis ! » qui me faisait bien rire. Pour finir j’ai trouvé comment signer et il a compris, on est remontés.

Pendant ce temps-là, Stéphane du haut de son perchoir sur le toit d’OLENA, jumelles à la main, s’est rendu compte que quelque chose clochait. Il voyait bien le flash de l’annexe et avait l’impression qu’il dérivait. Puis il nous a vus sortir à la bouée. Les petits étant au lit, il a levé Elina et demandé de surveiller pendant qu’il se rendait avec la paddeling board sur SERENITY prendre leur annexe. Malheureusement, leur hors-bord était cadenassé au voilier, il a donc pris l’annexe (sans rames) et a essayé de le traîner jusque vers OLENA pour y mettre notre deuxième hors-bord. Impossible, le vent et le courant étaient trop forts, il a dû faire demi-tour et reposer l’annexe. Nous avons une deuxième annexe, mais le temps de la monter serait trop long, il se rend donc vers un bateau voisin leur demandant s’il pouvait emprunter leur annexe et en expliquant pourquoi. Leur hors-bord était en panne, ils ont levé l’ancre de leur voilier et sont venus voir accompagnés de Stéphane. Ils ont trouvé une annexe cadenassée à la bouée et 3 torches qui se promenaient sous l’eau ! Stéphane n’y a rien compris et a passé pour un imbécile.

Le lendemain, il voulait leur amener une bouteille pour les remercier et leur raconter, mais ils étaient déjà partis. C’est quelques jours plus tard qu’on les a retrouvés à Jolly Harbour à Antigua. Stéphane a enfin pu leur amener la bouteille et leur raconter. Ils lui ont dit qu’ils avaient trouvé ça bizarre et s’étaient demandé ce qu’il avait bu !


Deshaies

Après notre plongée épave depuis SERENITY, ils m’ont posé sur OLENA et nous sommes tous partis pour Deshaies, pour pouvoir faire les documents douaniers pour la sortie de Guadeloupe. Ce fut 2 heures à naviguer sans vagues et quasi sans vent. Cyliane était aux anges, elle n’a pas eu le mal de mer et cela sans médicament.

L’ordinateur de la douane était dans un petit magasin, c’est pratique. En Martinique et Guadeloupe, on remplit le formulaire online dans un commerce agrée, le commerçant signe, on paye et c’est fait !

Nous nous sommes promenés dans ce joli petit village touristique et avons profité de manger une bonne pizza.


Deshaies – Jolly Harbour

Nous pensions redescendre au sud depuis la Guadeloupe, mais depuis plusieurs semaines, Stéphane parle d’Antigua. Nous avons donc suivi SERENITY et sommes partis à 7h du matin. Pas un pet de vent au début, Cyliane n’a pas pris de médicament. Ce n’est pas allé long que le vent s’est levé et que nous avons pu faire de la voile, nous avons même dû mettre un ris (rapeticir la grand-voile). Malheureusement, c’était trop tard pour Cyliane. Elle a certes pris un sirop qui l’aide, mais elle est malade par intermittence, c’est assez bizarre d’ailleurs. Par moments elle joue, tout va bien, puis elle est mal de chez mal, puis va à nouveau mieux et joue. Du moment où elle se vide, tout est bon, elle va bien !

En approche d’Antigua on peinait à croire ce qu’on voyait. Des eaux turquoises comme on a jamais vu ! Pourtant, on a vu des eaux turquoises à la Barbade et Marie-Galante, mais à Antigua, c’est impressionnant ! 

Nous avons fait cap sur Jolly Harbour, car plusieurs personnes nous ont dit que c’était l’endroit où c’était le plus simple pour l’immigration. 

Comme nous sommes arrivés plus vite que prévu, les bureaux de douanes étaient encore ouverts, Jost et Stéphane s’y sont rendus avec toute la paperasse qu’il faut, pendant que Suzanne et nous étions « en quarantaine » sur nos bateaux respectifs. Normalement, tant que les formalités douanières ne sont pas effectuées, seul le skipper a l’autorisation d’aller à terre et uniquement pour aller à la douane ! Selon les pays, c’est pas si important, mais ici ça peut coûter cher !


Les Caraïbes, c’est spécial

L’histoire des Caraïbes ou Antilles, peu importe l’île, est similaire. Les français, les anglais, les esclaves africains… Les français et les anglais qui se battent pour se prendre et reprendre les îles… Bref, il en résulte que pour les plaisanciers, ça fait assez bizarre de changer de pays, langue et monnaie à chaque île. A chaque fois qu’on change de pays (même entre la Martinique et la Guadeloupe), on a à faire l’émigration de l’ancien pays puis l’immigration du nouveau. C’est de la paperasse (peu ou beaucoup, tout dépend du pays) et des coûts. Et quand on y pense, c’est quand même spécial. Prenons notre exemple de voyage en suivant les îles sur notre chemin:


Île                                     Langue                            Routes                          Monnaie

Barbade                          Anglais                             Roule à gauche          Barbados $

Sainte-Lucie                   Anglais                             Roule à gauche          East Carribbean $

Martinique                     Français                           Roule à droite            Euro

Dominique                      Anglais                             Roule à gauche          East Carribbean $

Guadeloupe                   Français                           Roule à droite            Euro

Antigua & Barbuda       Anglais                             Roule à gauche          East Carribbean $


C’est assez hallucinant, car ces îles sont si proches les unes des autres (60 - 80 km), on les voit même de l’une à l’autre ! 


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