Bateaux en dérive à Phuket

On reste encore quelques jours à la marina de Krabi avec Jost. Il va laisser SERENITY quelques semaines là-bas le temps de rentrer en Allemagne. On se retrouvera en Malaisie.

En route pour Phuket

En chemin pour Phuket, on fait une escale à l’ouest de Railay, puis on s’arrête trois jours au sud de Ko Yao Yai, en attendant que les vents se calment et tournent un peu.

On arrive à Chalong le samedi. Pas envie de payer le supplément pour la clearance nationale en week-end ; on décide d’ancrer à la plage d’en face pour le week-end. On sent bien qu’on est hors saison : ce mouillage très fréquenté d’habitude n’a que trois bateaux.


La plupart des bateaux de croisière plongée sont à présent ancrés dans la baie de Chalong, les 4 bateaux de SEA BEES sont au mouillage.


6 grains « coups de canon » font glisser notre ancre

Il fait un temps pourri ; les grains (petites tempêtes courtes mais violentes) s’enchaînent. Le vent passe de 5 nœuds à plus de 40 en moins d’une minute.

Juste avant le coucher de soleil, après le 6e grain « coup de canon », notre ancre se met à glisser. Pas envie de voir si elle reprend ; on décide d’aller à Chalong – de toute façon, il faudra y faire l’entrée nationale le lendemain matin.


Réancrage sous 8-9 beaufort

Sous 8-9 Beaufort et dans les vagues, on hisse l’ancre et parcourt les 2 miles pour s’ancrer en sécurité à Chalong, en sortant toute la chaîne. Il pleut à verse ; visibilité limitée. Je reste à l’avant, trempée et grelottante. À peine ancrés, la nuit tombe.


Un catamaran dérive dans le bleu

Puis voilà un branle-bas de combat : cris et torches partout. On va voir. Les gens d’un bateau voisin habité font signe aux alentours : un catamaran dérive. Le grain n’est pas passé ; chacun reste sur son bateau pour le protéger. Personne ne se risque à aller sur ce catamaran « promène-touriste » pour rajouter de la chaîne ou faire quelque chose.


Pourquoi les gens aident moins aujourd’hui

L’entre-aide entre bateaux a bien changé. Avant, chacun veillait sur les autres et agissait sans réfléchir. Aujourd’hui, les assurances se retournent pour ne pas payer : si tu vas réancrer un bateau à la dérive et qu’il repart ensuite, tu peux te retrouver responsable. Ça refroidit tout le monde.


SEABEAT part au large

On regarde passer SEABEAT sans rien pouvoir faire. Ça fait mal, même si ce n’est pas un bateau d’habitation.

J’essaie de les appeler par Messenger (le seul contact trouvé), mais personne ne répond ni aux appels ni aux messages. Stéphane appelle un « Security » à la VHF ; rien. Le garde-port s’en étonnera le lendemain : la Navy et le contrôle trafic ne sont pourtant pas loin et devraient écouter pour ce genre de problème.


SEABEAT revient sans une égratignure

Le lendemain matin, culpabilité oblige, je balaie les rives aux jumelles à la recherche d’une épave. Soulagement : rien. Mais ça ne veut rien dire ; il y a d’autres îles au large.

En fin de journée, on voit SEABEAT revenir au mouillage. Quel soulagement ! Le skipper fait des signes de victoire aux bateaux qu’il passe. Vu l’heure tardive, on imagine qu’ils l’ont cherché pendant des heures.

Nouvelle épave

Le temps pourri continue – c’est la saison. Edelweiss et d’autres compagnies aériennes ne viennent plus à Phuket de mai à octobre pour ça.

On passe les grains les uns après les autres. Un jour, on voit un monocoque à deux mâts échoué sur la plage d’en face. Une épave de plus.


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