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Trans-Pacifique

publié le 14 mai 2019 à 16:34 par Sailing Olena   [ mis à jour : 30 mai 2019 à 21:37 ]

Il n’y a pas de terme correct, car nous ne la traversons pas entièrement, nous nous rendons en Polynésie, qui est au milieu du Pacifique. Les anglophones nous appellent les « Pacific puddle jumpers » traduction : « sauteurs de la flaque du Pacifique ». C’est un terme qu’un journaliste a donné une fois et qui est resté. On bondit d’un côté à l’autre de la flaque, qui est quand même le plus grand océan du monde.

Pour ceci, nous avons joint le rallie « Pacific Puddle Jumpers 2019 », qui n’a pas de date ni lieu de départ et d’arrivée en commun. Tous partent de la côte ouest de l’Amérique et finissent quelque part en Polynésie. C’est un peu moins encadré, et bien moins cher, que l’était le rallie de la transatlantique, mais on a trouvé bon de se joindre, ça donne un petit air de sécurité, car les organisateurs nous surveillent. C’est pourquoi nous postons chaque jour notre position et quelques mots sur le site anglophone cruisersat.net.

Le départ 

Nous avons levé l’ancre le dimanche de Pâques, juste avant midi. Nous sommes partis comme si nous nous rendions dans la baie d’à côté. Aucune émotion, rien ! Les enfants d’ALKYONE nous faisaient de gros signes, les nôtres y répondaient.

Ça m’a fait bizarre, car peu avant, je regardais avec une certaine émotion les autres partir pour la grande traversée. Les jours d’avant je demandais à ceux qui partaient s’ils étaient prêts et nerveux, car je l’étais un peu pour eux. Et quand c’est à notre tour… rien! Nous partions pour environ 3 semaines, aucune île entre-deux, le grand bleu. Aucune émotion. Quand je pense qu’au départ de la transatlantique, j’avais les émotions à fleur de peau.

 

Les vagues

Notre destination étant Pitcairn / Les Gambiers, nous étions au près, càd nous navigions au plus près du vent qui était à 55° en face de nous. Les vagues étaient très désordonnées, courtes et un peu plus grosses que pour le vent établi. Ca tapait beaucoup entre les coques, certaines vagues entraient dans le cockpit. Nous avons dû réduire les voiles pour réduire notre vitesse, afin que ça soit un peu moins désagréable et pour éviter de faire de la casse.
Je reprends l’image de Stéphane, qui compare notre bateau à un camper, qui roulerait sur une piste de motocross à 70% de sa vitesse potentielle, 24h/24 pendant plusieurs semaines. Je vous garantis qu’il y aurait pas mal de réparations à faire, c’est tout à fait normal ! C’est pareil pour un bateau.

Nous avions des vagues d’environ 3 mètres, pas beaucoup plus, ce n’est pas la hauteur des vagues qui était le problème, mais leur longueur (qu’on appelle période) qui était courte et le fait qu’elles ne venaient même pas toutes de la même direction. On a fait au mieux, Stéphane n’arrivant pas à dormir dans la chambre, où les vagues tapent au plus fort, il dormait parfois au salon et parfois dans le cockpit, jusqu’à la fois où un poisson volant lui a sauté à la tête !

Une nuit, alors que j’étais assise derrière la barre, je me suis ramassée une vague de côté, elle m’a trempée de la tête aux pieds !

 

Changement de programme

Le soir du 5ème jour, nos amis SERENITY, qui étaient toujours encore 1 jour devant nous dû au fait que nous étions à vitesse réduite, nous annoncent que dans les jours à venir, nous aurions des vagues de 3.5m de haut de face, alors que le vent sera de côté tournant à l’arrière. C’est-à-dire qu’à un moment donné, vent et vagues seront dans le sens opposé.

J’avais mes données météo, mes fichiers grib montraient bien des vagues de 3.5m, ce qui normalement n’est pas un problème, mais je n’avais aucun moyen de vérifier leur angle et je cherche encore aujourd’hui, le moyen de pouvoir lire cette information sur mes fichiers. Nous demandons urgemment à 2 amis navigateurs de voir la météo sur internet pour nous. Tous deux ont répondu très rapidement en confirmant les informations de Jost. L’un nous a dit que nous nous trouvions dans une « machine à laver », oui, nous confirmons, et que ça allait qu’empirer.

Il fut temps de s’arrêter 5-7 jours dans un restoroute et d’attendre le passage de ces vagues. Le problème : nous ne sommes pas en camper et il n’y a rien, aucune île, c’est le grand bleu. Nous n’avions pas le choix, comme SERENITY, on tourne à droite en direction des Marquises. Ce fut la grande déception, depuis des mois on se réjouissait d’aller à Pitcairn et aux Gambiers. Peut-être pourrions-nous y aller depuis les Marquises, c’est à voir.

Ce phénomène météo était dû à un système, dépression et anticyclone assez proches l’un de l’autre, bien au sud de Pitcairn qui a semé la pagaille. Une fois les vagues envoyées, elles partent et traversent les océans sur de longues distances quand il n’y a pas grand-chose pour les arrêter.
Quelques jours plus tard, nos contacts à Pitcairn répondaient à notre mail d’information qu’on avait dérouté, que la mer était très agitée, ils ont eu du gros temps, des vents forts par rafales tempétueuses. Une de nos connaissances, un capitaine professionnel actuellement sur un bateau de recherche océanique en antarctique, nous a écrit que nous avions pris une sage décision.

 

Nouveau cap

D’avoir changé de cap, ça a eu du bon niveau vagues. Certes, elles n’ont pas changé, mais notre cap par rapport aux vagues et ça change beaucoup. Etant plus de l’arrière, c’était un peu moins désagréable, nous avons pu sortir un peu plus de voile et Stéphane a enfin pu mieux dormir. Je ne dirais pas que c’était agréable, elles étaient tout autant chaotiques, de courte période et toujours croisées.

A un millier de miles (un peu moins de 2’000km) au nord de Pitcairn, nous ressentions les vagues qui nous ont fait dérouter. Ce fut de grosses vagues du sud, qui parfois venaient nous fouetter. Elles étaient imprévisibles et fort désagréables.

Plus on avançait vers l’est, plus le vent diminuait et la mer avec. Pour notre dernière semaine de navigation, nous avions pour la première fois de cette traversée, les vagues correspondantes au vent ! Certes, toujours chaotiques. Mais là, nous pouvions enfin dire que c’était agréable. Nous dormions même mieux qu’au mouillage de Santa Cruz !

 

La fête de la montagne

Je ne sais pas ce terme existe en français. Les alémaniques l’utilisent pour la mi-chemin. L’image de la montagne symbolise qu’à mi-chemin, nous sommes au sommet et que la descente sera plus rapide. C’est souvent le cas et ça le sera dû au fait qu’en partant d’abord sur Pitcairn, nous avons fait un détour de plusieurs centaines de miles.

Pour les enfants, c’est l’évènement de toutes les traversées. Nous sortons les chips et souvent faisons un petit cocktail. Là, nous avions fait un virgin piña colada (jus d’ananas mélangé à du lait de coco). Nous avions sorti des dips et même un genre de salami !

Stéphane a bu sa première bière de la traversée. C’est très rare qu’il boive de la bière quand on est en traversée.

Au même moment de notre apéro, notre log affichait les 11'000 miles nautiques depuis notre départ du sud de la France.
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Rendez-vous

En changeant de cap, nous avons pu sortir les voiles en conséquence du vent et faire un peu plus d’avance. De ce fait, nous rattrapions petit à petit nos amis de SERENITY. Nous communiquions nos positions plusieurs fois par jour par mail. De ce fait, nous avons pu faire rendez-vous. Ils étaient bien plus au nord que nous et ont fait route un peu plus au sud, quant à nous, nous sommes remontés un peu au nord. C’est en fin de journée qu’on est arrivés à leur hauteur, nous étions à une centaine de mètres l’un de l’autre, pouvions communiquer par VHF et même boire un petit apéro en commun. Hmmm, il nous restait du jus de tomate ! Bien sûr, chacun était sur son propre bateau, on pouvait se faire des signes et communiquer par VHF.

Nous sommes restés un peu plus de 24h auprès d’eux. Mais ce ne fut pas si facile pour chacun de nous, car monocoque et catamaran ne se comportent pas de la même manière dans les vagues et le vent, chacun ayant un cap agréable différant. Nous zigzaguions un peu, essayant de rester dans les 5-7 miles de distance l’un de l’autre.

Le second soir, après « l’apéro en commun », nous avons sorti les voiles en conséquence du vent et avons pris le large. Au petit matin, nous étions à nouveau « seuls au monde ».

 

La pêche

Nous avions sorti nos 2 lignes et avons eu quelques touches. Nous avons sorti 2 jolies bonites et une belle dorade coryphène de 90cm. Ca faisait longtemps que les enfants réclamaient pour avoir des petits poissons carrés panés. C’est ainsi que la dorade a terminé. Stéphane a coupé un des filets en conséquence et les enfants se sont chargé de les paner. Chacun à un poste : farine, œuf, panure. La dorade aurait suffi pour 3 repas, mais en la transformant en carrés panés, tout a été mangé en 2 repas !

Nous avons aussi eu des touches dont les poissons sont repartis avec les leurres, dont notre préféré. Tiens, ce n’est pas la première fois qu’on se fait piquer notre leurre préféré ! A croire que les piercings sont à la mode chez les poissons !

Nous avons dû avoir un marlin, à peine mordu il est parti en trombe. Le fil se vidant à vitesse grand V de notre moulinet, nous avons à peine eu le temps d’allumer les moteurs que déjà la 100aine de mètres de ligne était dehors et le fil a cassé, nous laissant les derniers tours sur le rouleau ainsi que le nœud, qui a bien tenu. Avis de recherche : si vous trouvez un marlin avec une très longue laisse, c’est peut-être le nôtre. Mais je sais par d’autres plaisanciers, que ce n’est pas le seul, il est arrivé de même à plusieurs d’entre-eux.

La pêche est un sport assez coûteux si on compte tous les leurres perdus. On s’en sort à meilleur prix au marché aux poissons, et là on a le choix du poisson et de la taille. Mais au milieu de l’océan, c’est difficile de trouver un marché.

 

Attaque de calamars

Comme à toutes traversées, le matin on retrouve plus ou moins de poissons volants et calamars sur le pont.

Un soir, alors qu’on mettait la table, Stéphane trouve un calamar vivant au sol, au milieu du cockpit. On regarde de plus près, il y en avait 7 dans tout le cockpit, au pied de la barre et même vers le banc à l’opposé. A se demander comment ils ont atterri par là. Etant des bébés de la taille de mon petit doigt, nous les avons tous remis à l’eau.

Après avoir mangé, Stéphane découvre un désastre sur le pont. 37 calamars baignant dans leur encre répartis sur tout le côté bâbord. Il faisait déjà nuit, mais il nous fallait nettoyer ceci au plus vite. Malheureusement les nombreuses taches d’encre ont déjà eu le temps de tacher la coque.

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Légoland et home cinéma

Après quelques jours de navigation, les estomacs des enfants étaient à nouveau OK. C’est là qu’on a commencé à voir les différentes caisses de Légo arriver dans le carré. Ils ont passé de nombreuses heures à construire et jouer avec les Légo, Légo friends et même les Légo mania de la Migros. Nous étions à Légoland.

Parfois il nous fallait nous battre pour qu’ils fassent de la place pour faire de l’école ! D’ailleurs, Timeo a fini ses livres de math de 1ère année lors de cette traversée.

Juste avant le coucher de soleil, les Légos étaient rangés, et ceci sans histoire et sans avoir à répéter et plus on avançait, plus ça se faisait sans rien demander ! Quel luxe ! Je pense que home cinéma était assez motivant pour faire les rangements nécessaires.

En navigation de nuit, nous essayons de minimiser la lumière afin de mieux voir à l’extérieur. Dans les tropiques, le soleil se couche vers 18-18h30 et ½ heure plus tard, il fait nuit noire. Il reste plusieurs heures aux enfants pour voir des films ou émissions éducatives. Et c’est justement pour ça qu’ils adorent les navigations de nuit.
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Les nuits

Malgré qu’il soit connu qu’on croise très peu de bateaux lors de cette traversée, nous sommes restés fidèles à nos habitudes. Il y a toujours l’un de nous en surveillance.

Stéphane, qui s’endort plus facilement que moi, se couchait vers les 19h30-20h00. Je faisais les quarts de 19h30-23h00 et de 2h00-5h00. Ceci nous laissant nous reposer environ 7h30/nuit en 2 fois. Parfois il nous arrivait de faire une petite sieste pendant la journée.

Il nous est arrivé de décaler les quarts, de les rallonger un peu pour différentes raisons, fatigue, voiles… Nous avons même décalé une fois en rallongeant d’une heure chacun pour que le 2ème quart de Stéphane commence de jour, afin que nous puissions monter le Parasailor ensemble avant mon 2ème coucher. Franchement, se coucher à 9h du matin après les efforts et une bonne douche, c’est pas génial. Mais voilà, on voulait avancer et pas attendre mon lever 3-4h plus tard pour changer de voile.

Il faisait nuit noire pour la plus grande partie du temps. Au début de la traversée, la lune décroissait et se levait quelques heures avant le soleil, chaque jour une heure plus tard. De plus, c’était nuageux. Quand la lune s’est mise à croitre, elle se couchait quelques heures après le soleil, chaque jour une heure plus tard, mais nous arrivions aux Marquises quand elle se couchait vers les 22h30.

Au bout de quelques nuits de traversée je suis en pleine confusion lors de ma période de repos. Je me réveille fréquemment et cherche l’horizon pour voir s’il y a des bateaux. Puis je me rends compte que je suis au lit et me rendort. Ceci arrive plusieurs fois par nuit, parfois 3-4 fois ! Uniquement pendant mon 1ère quart de repos. C’est assez spécial et peu reposant.

 

Cuisine et pâtisserie

3 semaines en pleine mer, c’est 3 semaines sans achats. On fait notre pain nous-même (nous avons une machine à pain) et on se débrouille avec nos provisions.

Comme prévu, les bananes de notre demi-régime ont mûri ensemble. Avec les secousses du bateau, elles sont tombées assez rapidement du régime. J’en ai mis certaines au frigo pour ralentir le mûrissement et laissé d’autres brunir à l’extérieur. Nous avons fait des bananes à toutes les sauces, fondues dans une poêle avec un peu de sucre de canne, entaillées et remplies de chocolat puis cuites sur le grill et surtout en « bananabread ». C’est un cake aux bananes (brunes de préférence) et aux épices que nous avons connus aux Caraïbes. J’ai trouvé une bonne recette et je l’ai adaptée pour ma machine à pain. On en a fait 5 ou 6 et les enfants en réclament encore !

Nous avons aussi fait des cookies au beurre de cacahouètes, de la crème au chocolat, du gougelhopf… Il faut bien se faire plaisir et s’occuper.

 

Les occupations

Contrairement à transatlantique, j’ai eu du temps libre ! C’est certainement dû au fait qu’on a plus de routine et la machine à pain aide aussi en ce sens. Les enfants travaillant un peu plus indépendamment pour l’école, ça aide aussi. Et surtout le fait que j’ai pas écrit pour le blog, ni travaillé de photos ni vidéos.

On a lu, les enfants ont découvert les bandes dessinées (en français) que j’ai copiées sur les tablettes.

Pendant mes quarts de nuits, je lisais Gaston, Calvin & Hobbes… ça faisait des années que je les avais plus lus! J’ai aussi pu regarder des émissions, séries TV et films que j’avais téléchargé. Bien sûr, en coupant toutes les 15-20 minutes pour faire une ronde de contrôle.

 

Grain ou front ?

Le vent et les vagues étant devenus plus stables à la fin du voyage, nous avons pu utiliser le Parasailor plus régulièrement. Nous l’avions dehors pendant plus de 48 heures d’affilées, sans aucun problème. Puis un matin, Stéphane, toujours à l’affut des nuages, voit arriver à grande vitesse, du côté droit, alors que le vent venait de gauche, comme un front. Il enclenche le moteur ce qui me sort du lit illico presto. Au moment où je sors, tout avait l’air OK, le temps d’enfiler mon gilet de sauvetage, il pleuvait des cordes et le vent avait bien forci. La direction du vent avait tourné de 60° ! Ce pourquoi ce grain ou front est arrivé du « faux côté ». Et bien sûr, nous étions sous Parasailor. Le Parasailor est un spinacker en toile de parapente avec un trou au milieu pour laisser sortir le vent quand il y en a trop. Avec la force du vent actuelle, c’était encore OK pour le Parasailor, mais nous ne savions pas si ça va augmentere, mieux vaut prévenir. Stéphane aux commandes, moteur à grande vitesse pour diminuer la force du vent dans la voile et moi au mât à préparer pour descendre la chaussette du Parasailor (fermer la voile). Je prépare les cordes et essaye de tirer la chaussette en bas, en vain. Je m’aide avec le winch électrique et voilà que la poulie qui déviait notre corde sans fin de la chaussette casse. Pour finir, Stéphane a dû venir me prêter main forte pour la descendre. C’est bien la première fois que j’avais autant de peine. Nous avons rangé la voile complètement trempée et sommes allés nous sécher et réchauffer. Il ne faisait pas froid, mais trempés sous le vent, ça rafraîchit.

Il pleuvait à l’horizontal, c’est bien la première fois qu’on a dû fermer la porte du cockpit car il pleuvait à l’intérieur ! Les enfants étaient tous réveillés, les moteurs à grande vitesse leur a semblé bizarre.

Après le passage de ce grain ou front, le vent était complètement tombé. Nous avons dû faire du moteur pendant plus de 3h avant que le vent revienne.

Ce que nous avons vu, c’est tout d’un front, mais il y a 2 hics, le baromètre n’a pas bougé et dans ces latitudes, il semblerait qu’il n’y ait pas de fronts. Quant au grain, en général, les nuages sont d’un gris plus foncés et n’enlèvent pas le vent derrière eux. La météo a bien changé ces dernières années, est-ce également l’un de ces changements ?

Au moment de grain/front, il y avait un monocoque à quelques miles de nous. On a eu contact par VHF avec eux après ça. Tout comme nous, ils se sont fait surprendre et n’ont pas compris. C’est venu du « beau » côté. Eux avaient la grand-voile dehors et ont fait un empannage involontaire (la GV change de côté involontairement avec le vent arrière, ça peut faire pas mal de dégâts).
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L’arrivée

Le jour avant l’arrivée j’annonce aux enfants que nous allons arriver le lendemain. Cyliane : « quoi ! déjà ?!? », puis Elina : « ah non ! fini la télé chaque soir ! ». Puis quelques heures plus tard, Elina : « il va y avoir des moustiques, des mouches, des guêpes, on ne peut pas rester au milieu de l’océan ? ».

Le lendemain matin au lever du jour nous voyions terre, 2 îles devant nous, dont Hiva Oa, où nous nous rendions. On longe l’île quand soudain, VEGA, un bateau ami nous appelle par VHF. Ils ont vu dans Cruisersat qu’on allait arriver bientôt. Ils nous informent entre autre qu’il faudra une ancre à l’arrière également, comme ça on peut la préparer.

Peu avant notre entrée dans la baie, on voit sur l’AIS un autre bateau ami suisse en sortir, nous avons contact par VHF. Ça fait plaisir d’avoir à nouveau contact avec des gens et encore mieux quand on les connaît. Quand il fut temps de descendre le Parasailor, je vois un autre bateau suisse quitter le mouillage. Nous nous sommes croisés de près (plusieurs centaines de mètres quand même), car chacun occupé sur leur pont respectif à s’occuper de voiles.

Au fond de l’énorme baie se trouve différentes baies, on rentre dans celle du mouillage. Notre ami de VEGA était dans son annexe et nous informait du meilleur endroit abrité de la houle pour encrer et attendait la fin de notre manœuvre pour récupérer notre ancre de poupe. Le bois que nous avons utilisé comme dévidoir pour notre cordage d’ancre de poupe ayant cassé à l’entrée de la baie suite à une vague, nous avons dû faire un nouveau montage (la bobine est lourde) et de ce fait, le vent nous a poussé pas très favorablement pour la manœuvre. Nous avons dû remonter l’ancre de proue pour se remettre en bonne position. Ah ! C’est frustrant, on était prêts et on peut tout recommencer, on s’active autour du bateau alors que les voisins font de grand signes de bienvenue et nous ne pouvons même pas y répondre.

Une fois l’ancre de poupe posée, c’était bon, on pouvait sortir l’apéro, fêter l’arrivée. On n’a pas eu le temps d’y goûter, l’ancre de poupe avait dérivé !  Notre bateau étant encore en bonne position, Stéphane a pu remettre l’ancre de poupe avec l’aide de VEGA un peu plus loin et c’était bon pour la nuit.

Par contre le lendemain, alors que nous étions au village, VEGA nous appelait par VHF, l’ancre de poupe avait à nouveau dérivé et le bateau assez proche d’un autre. Comme tous les bateaux ont 2 ancres, eux ne tournent plus avec le vent. On s’est dépêchés de rentrer et avons refait la manœuvre, et cette-fois, l’ancre tient bien ! Le souci sera de la ressortir.

On a pensé que le problème venait de notre ancre, qui n’est peut-être pas idéale comme ancre de poupe. Mais SERENITY, qui ont l’habitude de cette manœuvre a eu les mêmes problèmes, 3 fois qu’on a remis l’ancre, on a même mis une 3ème ancre et ça tient pas à 100%. Un matin, un bateau avait dérivé sur une bonne distance et sa quille posait sur le fond. A marée haute ils ont pu le tirer dehors. Le mouillage est connu pour être le plus médiocre de toutes les Marquises, mais c’est là que se trouve le village d’Atuona, où nous devons faire les formalités d’entrées à la gendarmerie.
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