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Tahiti en attendant

publié le 24 sept. 2020 à 07:06 par Sailing Olena

Notre radeau de survie mettant plus long que prévu à être révisé, nous attendons sagement au mouillage de l’aéroport, passant nos journées entre l’école et nos amis.

 

COVID

Nous évitons d’aller à terre plus que nécessaire, car la 2ème vague du COVID fait rage en Polynésie, et nous nous trouvons à l’endroit où il y a le plus de cas. J’entends à nouveau le speach du Président Fritsch à Taiohae, il disait qu’ils auraient la situation bien en main pour l’ouverture des frontières. A ce moment-là j’avais pensé « bien sûr, la Polynésie avec ses 60 petit cas sait mieux que le reste du monde qui ne gère rien ».

Ils ont ouvert les frontières, sans quarantaine, et même aux américains, alors que les Bermudes, qui appartiennent aux USA, restent fermés aux américains ! Pour attirer les touristes, la Polynésie a fait la publicité d’être un pays COVID-free ! Les touristes se comportent comme si de rien était, mis à part l’obligation du port de masque dans les transports publics.

Ce qui était prévisible est arrivé, mais la politique en Polynésie est différente. Il y a eu un gros cluster dans un club, un Stewart a sauté de l’avion au club pour faire la fête et le virus s’est propagé. Le Stewart et le propriétaire du club ont été montré du doigt, sanctionnés, aux yeux des politiciens ce sont eux les fautifs ! Tous les clubs et discos ont été fermés.

Les cas augmentent de 20 parfois 30 cas par jour. Avec tout ce qu’ils ont fait peur aux gens pendant le confinement (30 jours strict pour 60 cas au total), les gens ne savent plus quoi penser. Alors que pendant la 1ère vague les gens mettaient des mois à guérir, curieusement lors de la 2ème vague, les gens sont considérés guéris très rapidement.

On se protège, on porte tous les 5 le masque dès qu’on sort alors que le port du masque est obligatoire à partir de 11 ans et uniquement dans les magasins, restaurants et le centre-ville de Papeete. C’est aussi une des raisons pour laquelle nous nous activons à quitter la Polynésie. Au moment de notre départ, il y aura près de 600 cas, une semaine après notre départ ils en seront à plus de 800 cas et 2 morts, à notre arrivée 2 semaines plus tard, ils seront à environ 1200 cas.

Pour le reste du monde, ces chiffres sont bien petits, je le conçois bien. Mais il faut voir le contexte ! La Polynésie est presqu’aussi grande que l’Europe. Le seul et unique hôpital comme nous les connaissons en Europe se trouve à Tahiti. Il y a un petit hôpital à Raiatea et à Nuku Hiva ainsi qu’une clinique à Papeete. Le reste des îles ont des dispensaires, parfois avec des médecins, parfois uniquement avec des infirmiers ou même un seul infirmier pour toute une île. Dès qu’il y a quelque chose de grave, il faut evasaner le malade, c’est-à-dire faire une évacuation sanitaire en bateau ou en avion. C’est très cher et ça prend du temps. On préfère ne pas tomber malade là-bas, même si nous avons été très satisfaits du service de l’hôpital de Tahiti.

 

Réparations & maintenance

La loi de Murphy veut que « tout ce qui peut se casser sur un bateau, cassera ». C’est pourquoi il faut toujours faire de la maintenance car il vaut mieux prévenir que guérir, surtout que les casses se produisent pour la plupart du temps en traversées par temps mauvais.

Nous avons profité de faire contrôler le gréement (mât et tout le câblage du mât) par un gréeur. Tout est en ordre, tant mieux.

Les 6 panneaux solaires qui étaient sur le bateau à l’achat ont commencé à se délaminer, leur rendement ne donnant plus que 70% de leur capacité, nous n’avions plus assez de courant. Ne trouvant pas les mêmes ici, nous avons donc changé tous les panneaux. A présent nous avons plus de puissance pour moins de surface. Notre cadre est un peu trop grand à présent, c’est moins joli mais ce n’est pas grave. Une petite annonce sur les puces nautiques et nous avons trouvé preneur pour nos 3 panneaux à 100% de rendement ainsi que quelques autres.

Etant dans des eaux chargées en planctons, nous devons changer de filtres bien plus fréquemment. En cherchant du matériel dans de nombreux magasins nautiques et de bricolage, Stéphane a trouvé ce qu’il lui fallait pour installer des préfiltres lavables pour le dessal.

Un de nos grands points était l’échange de notre chaîne d’ancre qui s’était transformée en gros tas de rouille. Il était de plus en plus pénible de faire des manœuvres d’ancrage, que ce soit pour la descente comme pour la remontée. Les maillons complètement rouillés restaient coincés et ne passaient plus sur le barbotin. Cette chaîne d’ancre nous l’avions achetée en Guadeloupe et montée en décembre 2018 ! Depuis juin 2019 elle s’est mise à rouiller par le milieu et en quelques mois elle était rouillée de partout. Le fabriquant n’a fait que de se ficher de notre poire et le vendeur est resté muet. C’est ça le service après-vente pour les bateaux, ils savent qu’on ne peut pas revenir en arrière réclamer. Ils nous vendent de la qualité chinoise au prix de qualité et on ne peut rien faire.
Alors qu’on avait changé une chaîne qui allait certainement tenir encore un certain temps pour ne pas à avoir à la changer dans le Pacifique, nous nous sommes retrouvés à devoir la changer dans le Pacifique où les prix sont près du double qu’ailleurs !

Et voilà que la pompe du réservoir des eaux usées fait des siennes ! Heureusement, nous sommes à Tahiti. Un petit tour dans différents magasins et Stéphane avait trouvé tout ce qu’il lui fallait pour faire sa réparation.

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Notre radeau de survie

Les radeaux sont à faire réviser régulièrement. Par révision on entend le gonfler et contrôler s’il reste gonflé, contrôler la bouteille de CO2 comprimé, changer certains contenants dont les piles des lampes, les choses défectueuses et la pyrotechnique (feux de détresse). Certains ont de la nourriture qu’il faut aussi changer, ce n’est pas le cas du nôtre, ce pourquoi je prépare des sacs étanches contenant de la nourriture, dès qu’on part en traversée.

Après plus de 2 semaines d’attente, ils allaient enfin réviser notre survie ! Nous avions demandé à aller la voir, c’est un élément de sécurité important et nous avions envie de voir à quoi ressemblait la nôtre. Les enfants ont pu aller à l’intérieur, nous avons pu regarder ce qu’elle contenait.

Ils ne pouvaient malheureusement pas finir la révision, car la pyrotechnique (feux de détresse) était bloqué à la douane depuis un certain temps. Stéphane a fait le tour des magasins dans l’espoir d’en trouver et s’est confronté à la même réponse partout : c’est en rupture de stock depuis plusieurs mois dans toute la Polynésie. Il est allé voir les pêcheurs et a même fini chez les pêcheurs professionnels, qui lui ont dit que certains de leurs bateaux sont bloqués à quai car les gendarmes les ont contrôlés et leur pyrotechnique est hors de date. Impossible de les changer tant que la douane ne fait pas le dédouanement du container.

La libération du container de pyrotechnique risque de prendre encore beaucoup de temps, car le port de fret menace de grève. La raison, le COVID, ils veulent réintroduire la quatorzaine etc… chose qui est impossible pour l’économie de la Polynésie. Donc grève, il y aura certainement à moins que les syndicats changent d’avis.

On se voit bloqués à Tahiti pour un temps incertain et ça ne nous arrange pas. Stéphane en amenant les quelques fusées qu’il a déniché devait faire une drôle de tête, car le monsieur qui s’occupait de notre survie s’est débrouillé pour nous trouver une solution. Merci à lui ! Au bout de 3 semaines, nous avions enfin notre survie et on a même pu acheter une coque d’occasion ! Le chantier qui nous a vendu notre bateau avait acheté la survie la moins chère, emballée dans un sac, et les survies dans les sacs ne sont pas faites pour accrocher à l’extérieur comme nous l’avions (installé par le chantier).

 

Visite des Marquises

Etant arrivés à Tahiti en début d’année scolaire, nous avions des amis des Marquise qui séjournaient à Tahiti, car ils accompagnaient les enfants au lycée.

Ce fut le cas de Thérèse d’Ua Pou, qui accompagnait sa petite-fille. Malheureusement son planning était un peu stress et comme nous n’étions pas motorisés, on n’a pas pu se croiser.

Notre amie Maria avec sa puce, notre petite princesse marquisienne, accompagnaient Tehia au lycée et ils ont pu passer un moment au bateau. Quel plaisir de se revoir !

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Le copain de langue

Suite au séjour de Timeo à l’hôpital en novembre dernier, nous avons pour amis une famille habitant à Tahiti. Juliana, Uaeva et leurs fils Manattéo et Manahiva. Comme Manahiva et Timeo se sont fait recoudre la langue la même nuit, Manahiva s’est mis à appeler Timeo son copain de langue.

Ce fut avec une grande joie que nous les avons retrouvés après plusieurs mois. Comme l’an dernier, ils sont venus au bateau, nous les avons rejoint chez eux et surtout, nous avons passé de très bons moment ensemble.

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Notre dernière soirée en Polynésie, nous avons partagé un repas McDo avec eux. Pas très original, je le conçois, mais nous n’avions pas encore eu l’occasion d’y aller depuis notre retour des Marquises, Tahiti étant la seule île à avoir des McDo. De plus, nous étions un peu pris par le temps et c’était en semaine, les garçons ayant l’école le lendemain.

Séparation bien triste, mais avec l’espoir de se retrouver un jour, à la Réunion, en Europe ou ailleurs.

 

Les achats

Qui dit Tahiti, dit grandes-surfaces et plein de produits qu’on ne trouve pas forcément dans les îles. On s’est fait plaisir sans toutefois faire du stock. Notre prochaine destination étant Fiji, il y a plein de nourriture qu’on n’a pas le droit d’avoir à bord. Pour la traversée, on se contentera de faire le plein de pâtes, riz, sucre et farine. Le frigo et congélateur devront en partie être vidés, ainsi que tous les produits frais, les graines, noix, ail et oignons.

Un jour, Stéphane et Angélo (TEMPTATION) se rendent à Carrefour faire des achats. Angélo s’arrête devant la pharmacie et dit à Stéphane d’observer la jolie jeune femme qui va sortir. En effet, très jolie, habillée sur son 31, portant des hauts-talons et un masque de carnaval vénitien, sans toutefois porter le masque contre le COVID, qui est obligatoire dans tous les magasins.

Cette dame a pu effectuer ses achats sans problème à la pharmacie et continuer son chemin, suivie par nos deux hommes. La voilà qui passe à côté de la sécurité et entre dans le supermarché. Au passage des deux hommes, la sécurité se rend compte que quelque chose cloche, étant seul à l’entrée, il en informe ses collègues par radio.

Nos deux hommes voient d’autres personnes de la sécurité qui la cherchent. Ils ont recroisé la dame plusieurs fois dans différentes allées. Apparemment elle n’a pas été priée de quitter le magasin. Elle portait bien un masque !

Nos deux hommes ont bien cherché à trouver une caméra cachée, ils n’ont rien vu, ce qui veut rien dire non plus !

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