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Hiva Oa

publié le 30 mai 2019 à 22:31 par Sailing Olena   [ mis à jour : 30 mai 2019 à 22:32 ]

Enfin là !

On est arrivés ! On peine encore à croire que nous sommes en Polynésie ! Vous vous rendez-compte ? Depuis l’Europe c’est 21h d’avion sans escale et nous l’avons fait en voilier à vitesse d’escargot ! C’est comme un rêve, ce n’est pas possible, on l’a pas fait, on a envie de se pincer, malgré qu’on sait très bien que c’est réel.

Le jour de notre arrivée nous ne sommes pas allés à terre, on est arrivés en début d’après-midi et après les manœuvres d’ancre de poupe et l’apéro avec VEGA, le soleil allait bientôt se coucher. Stéphane disait « on est fatigués… » et moi qui répliquait « pas du tout, je suis en pleine forme ! », oui, c’était bien le cas et à 19h lors du souper, c’était le coup d’assommoir. J’ai tout laissé en plan et suis partie dormir plus de 12h. On avait prévu se coucher tôt, les enfants ont regardé un film et se sont couchés après nous, c’était une première ! Stéphane a eu besoin d’une bonne semaine afin de pouvoir dormir toute la nuit d’une traite.

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Atuona

Le lendemain nous sommes partis à Atuona, c’est à ¾ d’heure de marche. La ville est au fond de la baie d’à côté et le ponton à dinghys est au bout de la baie à l’opposé d’Atuona, on fait le tour de toute notre baie et la ville se trouve au fond de la baie d’après. Ça fait un peu plus de 3km.
Nous avons fait le chemin avec l’équipage de KNOT HOME, des américains sympas, arrivés quelques heures avant nous. Ils devaient aller à la gendarmerie y faire des papiers, car sa fille partait le lendemain en avion alors que sa femme et deux plus petits enfants allaient arriver en avion d’ici quelques heures. Nous l’avons accompagné, car même que nous savions que la gendarmerie était fermée, nous avons pris les papiers du bateau, sait-on jamais, on ne pourra pas nous reprocher d’être venus faire les formalités trop tard.

Nous avons visité les tombes des 2 célébrités de l’île, le chanteur Jacques Brel et le peintre Paul Gauguin. Le cimetière est en haut de la colline avec une superbe vue. Ensuite on est allés faire un tour au supermarché. Des baguettes, des fruits, des légumes… on s’est fait plaisir ! Par contre niveau fromage, c’était la déception, du Cheddar fondu néozélandais ou du Cheddar fondu australien. Ah oui, ils avaient aussi un genre de Vache qui rit autrichien ! Quand on pense que la France est le pays du fromage (oui, je sais qu’on dit que c’est la Suisse, mais quand on regarde dans les supermarchés, il y a bien plus de choix de fromages en France qu’en Suisse) et qu’ils exportent beaucoup de leurs produits dans leurs îles, pourquoi le formage vient-il d’Autriche, de Nouvelle Zélande et d’Australie ? Il y avait 1-2 fromages français qui traînaient, mais à des prix exorbitants. En fait, il y a les produits de nécessités, pain, farine, beurre (français et néozélandais), pâtes, riz…. Qui ont des prix rouges, càd qu’ils sont subventionnés par la France. La baguette est moins chère qu’en métropole ! Et il y a le reste, des prix blancs, souvent exorbitants. Le Cheddar c’est au prix fouge, le fromage français, quand il y en a, c’est des prix blancs ! On va essayer de se tenir au plus au prix rouges, qui en moyenne sont les mêmes prix qu’en France.

En rentrant on s’est arrêtés au seul restaurant qu’on ait vu sur l’île pour y boire quelque chose et profiter de la wifi qui était bonne pour annoncer notre arrivée. J’ai déjà raconté notre retour en catastrophe alors qu’Odvan de VEGA poussait notre bateau avec son annexe pour qu’on ne tape pas dans les voisins, à cause de notre ancre de poupe qui avait dérivé.

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SERENITY arrive !

SERENITY sont arrivés un jour après nous, nous les suivions sur AIS et l’excitation montait. Tant qu’ils n’étaient pas là, nous n’étions pas tout à fait arrivés. Quelle joie les retrouvailles ! Pourtant, nous les avions vus (à une 100aine de mètres) il y a une 10aine de jours ! Après les manœuvres d’ancre de poupe, nous avons fait l’apéro chez Olena, VEGA se sont joint également. Cyliane nous a fait un bon beurre à l’ail (l’une de ses spécialités) et avec les bonnes baguettes françaises, chauffées sur le bbq, c’était un succès.

 

Sur les pas de Gauguin et Brel

Le lendemain, nous retournions à la gendarmerie y faire tous les papiers pour les 2 bateaux et à la poste pour organiser des cartes sim locales (2G GPRS dans toute la Polynésie sauf vers Tahiti, où c’est 3G). Nous nous sommes promenés voir quelques Tikis (statuettes en pierre ou bois taillées) le temps que les musées des 2 célébrités ouvrent.

L’espace Gauguin était sympa, je ne connaissais pas ce peintre et c’était chouette de voir beaucoup de ses œuvres, très colorées et sympa. Les tableaux ne sont pas les originaux, ce sont toutes des copies et à côté on voit la photo de l’original. Pour quelqu’un comme moi, c’est parfait, je ne vois pas de différence.

L’espace Brel c’est juste un hangar où se trouve son avion «Jojo » qui a été restauré, des photos avec des extraits de textes ou phrases dites par Brel. Pour des personnes ne parlant pas le français, c’est sans intérêt (sauf l’avion peut être). Il y a aussi un peu de l’histoire de son voyage en voilier d’Europe  jusqu’aux Marquises. En oui, il a fait le même voyage que nous !
J’ai été surprise de lire le bien que Brel a fait pour l’île d’Hiva Oa. Avec son avion, il amenait des choses et personnes gratuitement 1x/semaine depuis des autres îles. Un jour il a vu une petite fille avec une rage de dent et il s’est rendu compte qu’il n’y avait aucun dentiste sur l’île. Il a organisé qu’un dentiste y vienne une fois par semaine ! Il avait bon cœur ce chanteur.

Je vous site l’un de ses textes, qui nous correspond bien. On ne sait pas s’il a écrit alors qu’il se savait mourant, car Jacques Brel était atteint de cancer lors de son arrivée aux Marquises:

Un homme, c’est fait pour être mobile. Un homme, c’est fait pour bouger. C’est pas fait pour s’arrêter. C’est fait pour continuer et pour mourir en mouvement éventuellement. Tout le malheur vient toujours de l’immobilité. On use les choses en étant immobile.

 

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La wifi du Sémaphore

Sur la pointe de notre baie se trouve un container, avec un toit, des bancs et des tables, c’est ce qu’ils appellent le Sémaphore. C’est le 2ème point wifi de l’île, on n’en a pas trouvé ailleurs. Le matin entre 8h30 et 10h30 Sandra y vient, vend des boissons et nous entre le mot de passe dans nos ordinateurs. Elle ne nous le donne pas, celui qui ne vient pas le matin, n’a pas la possibilité de l’utiliser pendant la journée, car tous les jours, le mot de passe change.
Sandra est la bonne fée des plaisanciers, son entreprise est le yacht-service, elle fait tout pour les yachties, il n’y a qu’à lui demander (fruits, lessive, excursions…).

La vue du Sémaphore est magnifique, on voit arriver et partir les bateaux. Les plaisanciers s’y retrouvent en grand nombre avec ordinateurs, tablettes, portables… Internet est très très lent, car tout le monde est là. Pendant la journée, ça va mieux, les gens partent et reviennent plus tard et on se retrouve à 2-3 personnes. C’est sympa. Mais ça reste lent, ce n’est pas comparable à l’Europe. Une photo de 200kb (oui kilo byte !) prend plusieurs minutes pour être envoyée. Chez nous, une photo de plusieurs mégabytes met quelques secondes !

Le mercredi soir, c’est BBQ. Elle organise du feu et nous amenons notre propre manger/boissons. On paye une petite cotisation qui va aux sauveteurs en mer et une petite part pour le bois. C’est bien organisé et très sympathique. Parfois il y a des locaux qui y viennent, malheureusement pas le soir où nous y étions.

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KISU arrive !

Nos amis Suisses KISU arrivent, ils étaient partis 28 jours plus tôt de Panama. Nous les attendions leur arrivée avant de changer de baie. Ca faisait 6 mois qu’on ne s’était plus vus, la dernière fois étant à Carriacou, où nous avons fait le carénage au même moment. Nous avons toujours gardé contact, et lors de la traversée, partagé nos positions afin de toujours savoir qui se trouve où. Ils sont arrivés 4 jours après nous, avec SERENITY nous les avons aidés à faire la manœuvre d’ancre de poupe et cette-fois, elle a tenu du premier coup ! L’apéro de bienvenue a eu lieu chez eux, nous leur avons amené une bonne baguette fraîche.

 

Baie Hanamenu

En contournant l’île par l’ouest, nous avons été surpris de voir combien cette partie de l’île est sèche. Nous entrons dans la première baie, au fond, c’est une vallée bien verte qui finit par une plage de sable noire. Il y a 4-5 maisons. On échoue notre annexe sur la plage et découvrons les lieux. Des habitants arrivent avec leur barque, nous les aidons à la monter sur la plage. Ils nous expliquent qu’ils sont 4 habitants à l’année, leur fille de 11 ans habite chez les grands-parents à Atuona en période d’école et rentre tous les 2-3 week-ends. Elle est là et joue avec nos filles. On se promène et découvre une belle végétation, l’autre couple nous invite à cueillir les citrons et les goyaves, qui ne font que de tomber. Il n’y a pas de route qui mène dans l’île, juste des sentiers où il faut des heures de marche avant d’arriver quelque part. Ils sont dépendants de leurs petites barques.

A notre retour, le premier couple nous invite à voir leurs 2 cochons (qui avaient été sauvages) qu’ils élèvent pour les dents. Une fois que celles à l’avant sont bien courbées, ils les tuent et ils seront trop vieux pour être mangés. Avec les dents, ils en font des colliers, pour aller au festival. Ça doit être important, car ils parlent beaucoup des différents festivals. Le monsieur nous montre son collier de dents, sa boucle d’oreille en dent de chien sauvage, et les gravures et sculptures qu’il fait, sur les dents et sur le bois. Il est en train de terminer un énorme plat ovale, c’est magnifique, des pétroglyphes (gravures) de raie manta, tortue, Tiki… Malheursement il n’a plus de Tikis en vente, sinon je pense que j’en aurais acheté un. Sa femme nous emmène à la source, un trou d’eau fraîche avec des cascades qui y coulent. Les enfants s’y baignent, eux s’y lavent, y lavent leur linge… Elle nous a dit qu’on pouvait venir y faire notre lessive si on voulait ainsi que de faire le plein d’eau. L’eau y est délicieuse !

On repart de la plage, Stéphane a pris rendez-vous le lendemain matin tôt. Ils ont un problème de moteur hors-bord, Stéphane va essayer de voir ce qu’il peut faire. Elina y retourne avec lui pour jouer avec la fille, et tous deux reviennent quelques heures plus tard avec de l’eau de source et 2 sculptures, un genre d’arme ancien dont le haut est un Tiki et une broche pour les cheveux en forme de dauphin.

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Baie Hanaiapa

C’est une baie plus loin, les alentours sont un peu moins secs et il y a une jolie chute d’eau pas loin qui tombe sur la plage. On voyait les couleurs de l’arc-en-ciel dans l’eau qui tombait. Une grande cheminée (reste de volcan) sort de l’eau sur une 20aine de mètres, c’est joli. Dans la baie on retrouve les copains norvégiens et le bateau suisse VAGABOND. 4 bateaux norvégiens pour 5 millions d’habitants, 2 bateaux suisse pour 8 millions d’habitants… 1 bateau français, un américain et un allemand. Les gens du village n’auraient jamais vu autant de bateaux dans leur baie. Nous avons attendu le départ de certains pour nous rendre au village, afin de ne pas les déborder. Il y avait assez à faire sur les bateaux et dans l’eau, car des petites raies mantas se promènent dans la baie ! On en a pas vu en plongée ni en snorkeling mais depuis la surface. Une a passé sous notre annexe au ponton alors qu’on l’amarrait et une autre a passé à côté d’Olena qu’on a bien pu admirer.

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Le village compte une centaine d’habitants, il y a des poules et coques (apparemment sauvages) qui se promènent partout, des chiens nous accompagnent. On croise des gens, on discute un peu. On va s’asseoir vers l’église, c’est un peu en hauteur et il y aurait un meilleur réseau internet, malheureusement on n’arrive pas à accéder à internet avec notre carte sim. Un vieux monsieur arrive, il porte un carton plein de bananes qu’il nous offre. Il ne parle pas très bien le français, mais on peut communiquer. On apprend par la suite, que c’est un tchécoslovaque arrivé là il y a des années qui est devenu le prêtre du village.

Un jour, alors que je faisais le plein d’eau avec Elina, nous avons dû plonger pour récupérer l’ancre de l’annexe qui s’était coincée entre 2 cailloux. Elina voulait la décoincer, elle commence à bien se débrouiller en apnée. Mais elle n’y arrivait pas. J’ai été lui prêter main forte. Quand nous étions à quai pour se doucher, chacune son tour pour ne pas ancrer à nouveau, des locaux sont arrivés en barque avec de grosses cargaisons. Ils revenaient de 2 jours de chasse et ont chassé 8 chèvres. On discute puis ils me donnent un quart de chèvre. Non, je n’étais pas là pour leur prendre leur manger et je ne sais pas le cuisiner, j’en ai jamais eu. Ils m’ont donné quelques instructions et m’ont mis cette viande dans les mains, ils n’acceptaient pas mon refus. On est retournés au bateau et avons pris quelques confitures et jouets, pour les remercier, l’un avait un fils de 2-3 ans.

Nous avons essayé de cuisiner le chèvre coco (spécialité des Marquises), selon les instructions mais sans recette et sans jamais y avoir goûté. On s’est régalés avec SERENITY, même Jost qui jusqu’ici n’avait jamais aimé la chèvre a trouvé bon. On se demande pourquoi on ne mange pas de chèvre en Europe, c’est délicieux ! Le goût n’était pas prononcé comme on aurait pu le supposer (en pensant au mouton), peut-être est-ce dû à la manière de le cuisiner.

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Baie Puamau

On a encré dans cette jolie baie, qui est un tout vieux cratère juste avant la tombée de la nuit. Les copains américains KNOT HOME étaient là, les enfants auront des copains pour jouer le lendemain.

La nuit fut terrible, le vent ayant tourné au nord, les vagues entraient dans la baie. Ça, on l’avait prévu, mais elles n’étaient pas si grosses. Par contre les bateaux se tournaient perpendiculairement aux vagues la nuit, et ça ce n’était pas drôle. On aurait dû mettre une ancre de poupe, mais personne n’était chaud à l’idée de la manœuvre, malgré que la récupération de l’ancre ait été un succès, grâce à l’aide des copains suisses KISU. En plus il faisait une chaleur étouffante, j’ai été dormir 1 heure au cockpit, malgré que c’était tout mouillé après une bonne averse.

Le matin, nous nous rendions à terre pour aller visiter les plus gros Tikis de Polynésie, voir même du monde (selon l’un des guides). Un homme était sur le ponton et nous a aidés à amarrer l’annexe. Puis il nous propose de nous y emmener en voiture, c’est loin et il ne voulait pas faire marcher les enfants. Nous sommes montés dans son pick-up, son petit-fils de 2 ans nous a fait une petite place.

Le site archéologique était joli et bien entretenu. Par contre les Tikis, qui n’ont jamais pu être datés, sont bien usés, certains cassés. Apparemment les français auraient détruit l’endroit à leur arrivée. La tête d’un Tiki aurait fini en Allemagne lors d’une des guerres mondiales.

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Il y avait des pamplemoussiers et un joli tout mûr sur le sol. On se l’est partagé, un délice. On en a ramassé 3 de plus, les enfants ont grimpé à l’arbre. La descente au village, avec les norvégiens WAPITI, croisés en haut, fut sympa. On a profité de manger une bonne glace au taro (racine) à la petite épicerie. Alors qu’on était assis avec KNOT HOME, une dame arrive avec 2 sacs pleins de fruit qu’elle nous donne à se partager. Elle m’a vu discuter avec sa belle-fille, qui faisait du copra (noix de coco séchée) et s’est dit qu’elle allait nous cueillir tous ces fruits qui vont tomber et pourrir car il y en a trop pour eux. C’est incroyable, la générosité des locaux !

On a fini la journée sur la place de foot. On avait amené une balle, nos enfants, ceux de KNOT HOME et des locaux y ont joué.

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