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Makemo

publié le 3 janv. 2020 à 19:03 par Sailing Olena
Makemo est un grand atoll, son village de 500 habitants est le chef-lieu des Tuamotu est. Le collège des enfants (à partir de 11 ans) se trouve ici. En période scolaire, les ados des atolls alentours vivent ici.

Chassée par un requin

Après une bonne sieste bien méritée, je me mets à l’eau pour contrôler l’ancre et me rendre chez Beluga. Je vois passer un petit requin au loin et plein de jolis poissons. Puis voilà qu’un requin de récif pointe noire me fonce dessus. On aurait dit un chien qui se rue sur sa clôture parce qu’on passe devant sa propriété. J’en menais pas large, seule dans l’eau entre 2 bateaux, Stéphane encore endormi. J’ai réagi comme lors des attaques de balistes (ça arrive en période de ponte), j’ai mis mes palmes contre lui. Il s’arrête net à quelques centimètres de mes pieds puis se met à essayer de les contourner. Je plie les jambes et essaye de lui donner un coup de pied. Je ne l’ai pas touché, mais le mouvement de l’eau l’a fait partir un peu plus loin. Pendant ce temps, je nageais en arrière à l’aide de mes mains pour retourner au bateau. Le requin à une certaine distance, je pouvais palmer un peu pour avancer plus vite, on se surveillait l’un et l’autre sans se perdre du regard.

J’ai plongé avec des centaines de requins de récifs, je ne comprends pas le comportement de celui-ci. Il lui manquait une case quelque part. En attendant, il m’a donné une sacrée frousse.

 

On se retrouve

Quelques heures après notre arrivée, on voit un bateau entrer dans le lagon et se mettre à le traverser toutes voiles dehors. Je regarde et me dis qu’ils sont bien courageux. Beaucoup le font, mais la voile enlève une bonne partie de la visibilité des patates de corail, pas toutes indiquées dans les cartes. Nous n’oublions pas non plus notre expérience de s’être retrouvés en face d’une grosse. Nous sommes moins vite manœuvrables à la voile qu’au moteur.
Puis voilà que ce bateau nous appelle par VHF, c’est notre copain Harry d’ITSARA ! On le pensait déjà plus loin. On se retrouvera au village d’ici quelques jours.

 

Ile vierge

Les enfants voulant jouer à Robinson, une fois le soleil moins haut dans le ciel, nous les avons débarqué tous les 4 avec leurs boissons et une VHF sur l’île. Les 4 adultes avions aussi envie de faire un petit tour, alors munis de nos boissons et VHF nous sommes partis nous balader plus loin sur l’île. C’est la première fois que je voyais une île à l’état vierge. Les gens nettoient souvent le sol en y mettant le feu. Là, le sol était tapissé de feuilles de palmiers séchées et il faisait bien sombre à l’intérieur de l’île.

Nous nous sommes trouvés une petite place près du récif extérieur et avons papoté et bu notre apéro jusqu’à l’appel de nos enfants. Malgré l’anti-moustique, ils étaient en train de se faire dévorer, alors que nous, au vent, nous étions protégés.
En Polynésie, il y a des nonos partout. On dit qu’ils ont été créés afin que les gens ne restent pas éternellement dans ce paradis. Les nonos sont des petites mouches, pas plus grosses qu’une tête d’épingle, qui vivent dans le sable. En fin de journée, s’il n’y a pas trop de vent, ils nous tombent dessus et nous lacèrent de leurs dents aiguisées.

Voici un bon descriptif des nonos, trouvé dans le livre “Le coureur d’atolls” de Jean-Pierre Marquant (livre très instructif et intéressant) : « Les moustiques sont un aimable divertissement comparé à cette saloperie vivante, ce piranha volant, cette monstruosité de la nature, ce transformateur de paradis en enfer. »

 

Nouveau mouillage

Le lendemain, dès que le soleil fut assez haut pour bien distinguer les patates de corail, nous changions de mouillage. Fritz de BELUGA a fait le voyage avec nous, les enfants ont bien joué alors que j’étais sur le toit à guetter les patates de corail. On s’est retrouvés dans un autre endroit idyllique, on a vraiment l’impression d’avoir plongé dans une carte postale.

C’est le week-end, pas d’école, les enfants veulent jouer, et là, ce sont 4 enfants qui quémandent. Stéphane n’a pas mis long pour mettre l’annexe et la paddle board à l’eau pour tirer les enfants. Les 4 sur la planche, certains essayaient de se mettre debout. La tranquillité du mouillage fut dérangée par des rires d’enfants et un bruit de moteur.

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Le lendemain nous avons été faire un feu sur l’île pour griller des saucisses et faire du pain sur des bâtons. Les enfants se sont baignés dans le petit lagon alors que les mamans ont été se promener du côté du récif extérieur.

Le vent est complètement tombé juste avant le coucher du soleil. Le lagon était plat comme jamais, un vrai miroir.

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On a profité du calme de ce mouillage pour faire un petit contrôle du gréement (mât, câbles etc…). Stéphane est monté tout en haut du mât et a constaté un problème à la girouette. Le boulon en plastique qui maintient la girouette en place est fendu. Heureusement que le gréeur nous avait conseillé de mettre du papier collant autour, c’est grâce à ça que nous ne l’avons pas perdue.

Puis Stéphane est allé dire bonjour à nos nouveaux voisins, car c’est un bateau sœur de nos amis GRAN LARGO et il en existerait que 9 (on en a déjà croisé 3). J’ai dû le rappeler à coup de corne de brume, car le soleil était haut et nous voulions changer de mouillage pour nous rendre au village, à plusieurs heures de navigation. Ça tombait bien, nos nouveaux voisins, FOLAVOALH avaient le même projet, on va pouvoir faire plus ample connaissance.

 

Traversée du lagon

On lève l’ancre derrière FOLAVOALH, mais la chaîne s’est prise dans du corail, malgré nos 2 bouées qui maintiennent la chaîne en l’air. Nous ne maîtrisons pas encore bien cette technique, ou alors notre chaîne est encore trop lourde pour les bouées, pourtant elles sont par paire sur chaque mousqueton. Nous faisons quelques manœuvres et enfin nous pouvons partir, à l’arrière des 2 bateaux.

La traversée fut facile car nous suivions les autres. Malgré ça, j’étais en observation sur le toit, sait-on jamais. Nous avons mis 4 heures pour nous rendre au village. Cyliane et Timeo étaient sur BELUGA, Elina profitant de la tranquillité.

Au début nous avions une bonne lumière, les patates de corail se voyaient de loin comme le nez au milieu du visage. Puis un nuage a couvert le soleil et les patates sont devenues difficiles à voir. N’ayant pas de vent, nous ne pouvions pas non plus voir les vagues se briser sur les rebords.

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Vue sur des patates de corail, en haut par bonne lumière, en bas avec un nuage devant le soleil

 

Mouillage du village

Nous avons mouillé près du village. J’ai à nouveau hissé Stéphane en haut du mât avec le matériel pour démonter la girouette. Harry est venu nous dire bonjour à bord de son vaa, une pirogue de course. Puis est venu l’heure de rejoindre les petits chez BELUGA pour le gâteau d’anniversaire de Carola.

Puis Harry nous a tous invité chez ITSARA, où il avait des invités et membres d’équipage. Ce fut une soirée bien sympathique.

Le lendemain, je hissais Stéphane pour la 3ème fois en haut du mât pour la pose de la girouette réparée avec les moyens du bord. Alors que Stéphane était perché sur son mât, je regardais le cargo ravitailleur manœuvrer, impressionnant. Les locaux viennent l’aider avec des barques de pêche, ils se mettent à l’avant du cargo puis sur le côté. 2 Cargo délivrent Makemo, tous deux viennent toutes les 3 semaines, à une puis 2 semaines d’intervalle. Le déchargement et chargement du cargo a pris plusieurs heures.

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Nous avons essayé de faire l’école ensemble avec Carola, vu que tous font l’école en allemand et que Fritz est dans la classe entre Timeo et Cyliane. Carola et Fritz sont venus chez nous, tous les 4 enfants se partageant la table du cockpit, les mamans aidant par-ci, par-là. La motivation des enfants était grande, c’est normal, c’est nouveau.

Le lendemain, Cyliane est allée faire son école chez BELUGA, ils ont bien bossé et Timeo a profité de faire de l’avance avec moi. Le jour d’après, vu qu’il ne nous restait pas trop de temps avant le départ, j’ai juste fait une dictée aux 3 petits. Timeo s’est arrêté à la moitié, pour une première dictée, c’est bien. Les deux autres se sont donné beaucoup de peine. Ça fait plaisir.

Harry a organisé un souper au restaurant. Etonnamment, il y a un restaurant dans ce petit village ! Il faut les soutenir et ça nous faisait plaisir de se faire un petit resto. Nous commandons les plats l’après-midi et on se retrouve à une table de 10 avec toute l’équipe d’ITSARA et les bretons FOLAVOALH. Les enfants sont à la table d’à côté, dégustant une pizza à l’emporter du voisin. Les assiettes sont belles et copieuses, tel ce qu’on voit chez nous. Je n’aurais jamais cru voir ça dans un endroit comme les Tuamotu, je m’imaginais plutôt un genre d’assiette comme dans les Caraîbes.

Le lendemain, lors de notre promenade dans le village, Stéph et moi sommes passés au magasin, qui vend entre autre de l’essence, pour réserver 2 magrets de canard pour les BELUGA, ils se feront un petit tête à tête. Fritz passera la nuit chez nous. Les enfants aiment bien dormir ensemble, chez nous, chez BELUGA…

Alors qu’on se baladait Stéph et moi, un enfant vient me demander où sont mes enfants. Car le jour d’avant, ils avaient joué ensemble sur la place devant le débarcadère. Il y a si peu de touristes, qu’ils repèrent vite qui a des enfants.
On est passés devant la maison d’un monsieur qui fait du pain coco 3x/semaine. Le jour d’avant, il nous avait dit qu’il en ferait le lendemain. Il m’a reconnu et m’a raconté qu’à 7h30 tout était déjà vendu ! Mais il m’a mis un paquet de côté. Quelle gentillesse de sa part. Nous lui avons acheté le dernier paquet de ses excellents pains cocos, cuits tels des beignets. Un délice !

Nous avons longé la passe, malgré le peu de vent et de houle, les vagues qui se brisent des deux côtés sur le récif sont impressionnantes. Les courants dans la passe sont bien visibles.

On a même fait un saut jusqu’au site des éoliennes. 6 éoliennes sont couchées, la plupart sans pales. Toutes ont un treuil pour les lever ou les coucher, je n’ai jamais vu ça avant. C’est peut-être pour les coucher en cas de cyclone ? C’était triste de voir des gros groupes électrogènes tourner au fuel juste à côté du tas des pâles dans le parc des éoliennes, alors qu’ils ont l’installation pour faire de l’électricité plus proprement.

 

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