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En week-end

publié le 25 mars 2020 à 14:05 par Sailing Olena   [ mis à jour : 14 avr. 2020 à 23:54 ]

J’étais heureuse de me poser un peu. Mais là, dans cette baie pleine de bateaux et de requins Soyeux, j’avoue que j’ai envie de bouger en week-end. Envie de sauter à l’eau à volonté, car il fait chaud ! Envie de faire tourner le dessal en mer, envie de bouger.

 

Taipivai

Avant notre retour dans cette île, nous connaissions que 2 baies, c’est l’occasion de visiter les autres. Taipivai est l’une des 3 baies de la baie du Controlleur, au sud-est de l’île. C’est une jolie baie avec le village de Taipivai au fond. A peine l’ancre posée la première chose qui nous surprend c’est le chant des oiseaux ! On ne les entend pas trop à Taiohae avec le trafic routier.

En ce moment il y a plein de plancton partout, la visibilité n’est pas meilleure, mais on se jette à l’eau et entretenons notre carène. D’une coque je ne distingue même pas l’autre sous l’eau, c’est dire que même en lac la visibilité est souvent meilleure.

On fait un tour au village, où nous croisons enfants et adultes. Il y a même un magasin (épicerie) ouvert le dimanche !

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Kermesse du collège

Un week-end nous sommes restés à Taiohae pour aller à la Kermesse du collège. Le vendredi ils vendaient gâteaux (que les parents ont amenés) et souper et faisaient un spectacle. Le lendemain c’était des compétitions sportives.

Nous nous y sommes rendus un peu tôt le vendredi après-midi et avons pu assister à certaines répétitions. Hivanui, la copine de classe d’Elina dansait alors qu’une partie des collégiens chantait. Puis vient un chant où à un moment il y a 2 solos, un garçon et Hiamoevai, la sœur d’Hivanui. Magnifique ! Je ne savais pas que les filles de nos copains, car nous avons connu le père avant le reste de la famille, étaient des artistes.

Le spectacle était très intéressant et entre les représentations, des animateurs du pensionnat ont fait des gags, des jeux avec le public et surtout avec les professeurs. On a eu droit aux chaises musicales qui nous a bien fait rire ! Du coup, on a complètement oublié d’aller chercher à manger et quand on y est allé, il n’y restait plus que du poulet et des brochettes de cœur de veau (très apprécié en Polynésie et assez bon je l’avoue) sans accompagnement. Tant pis, on a mangé ce qui restait. L’essentiel est d’avoir passé une bonne soirée.

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Tour de l’île

On croise souvent notre ami Adolphe. Un jour il nous demande si on veut bien aller faire un tour de l’île avec lui et son petit-fils. Volontiers ! On était justement en train de voir quand on pourrait louer une voiture pour le faire.

En fait, ça faisait 5 ans qu’Adolphe n’avait plus traversé l’île et qu’il voulait faire cette ballade, mais pas seul avec son petit-fils. Quand il nous a connus, il s’est dit que c’était l’occasion. Rendez-vous fut pris le lendemain matin tôt.

Il n’y a pas énormément de routes sur l’île. La majorité de la circulation est à Taiohae, répartie entre les 4 vallées reliées par le front de mer. Nous montons au col, après quoi il y a une intersection, Taipivai (sud-est) ou l’aéroport qui se trouve au nord-ouest de l’île. Nous allons à l’aéroport, changeant de décors puis de climat. Nous avons passé vers une forêt d’eucalyptus, puis nous nous sommes retrouvés aux Franches-Montagnes ! Le plateau de Nuku Hiva avec ses pins et chevaux en liberté et enclos de vaches ressemble fortement à cette région en Suisse ! Quelle surprise !

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Puis nous sommes montés tout en haut d’un col à 1’100m d’altitude. Nous étions dans des nuages bien humides et il y avait pas mal de vent. Il y faisait froid ! Si nous avions un thermomètre, je suis certaine qu’il y faisait plus de 20°C, mais le vent, l’humidité et le fait qu’on s’est habitués à la chaleur, nous avions froid !

Ensuite ce fut la descente jusqu’à l’aéroport, assez près du niveau de la mer. On a traversé des champs de légumes, la plupart des maraîchers de l’île sont par ici, puis ce fut un paysage assez désertique à la terre rouge.

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Nous avons visité l’aéroport, qui vient d’être transformé. Un seul comptoir, c’est bien suffisant pour le seul vol journalier qui va à Tahiti et les quelques vols semestriels entre les îles.

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Adolphe aurait bien voulu faire la piste qui fait le tour de l’île, mais vu qu’il a plu pas longtemps avant, ce n’était pas certain que la piste soit praticable. Nous sommes rentrés par la même route, en s’arrêtant chez un maraîcher pour récolter des noix de cajou tombées de l’arbre. Adolphe va les planter et faire pousser de nouveaux arbres.

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Nous nous sommes arrêtés vers un point de vue donnant sur une vallée qui rappelait le grand canyon. Puis juste avant de redescendre sur Taiohae, nous avons piqueniqué vers un point de vue aménagé.

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Une superbe journée, pleine de surprise sur une magnifique île. Merci Adolphe !

 

Baie Colette

Nous avions décidé de visiter la baie d’à côté, où des allemands auraient passé quelques jours entourés de mantas. Nous y allons avec les BELUGAs. Les enfants nous y rejoignent à pied avec ceux des autres bateaux.

Tous les enfants sont venus à bord manger le dîner préparé par Carola et moi avant de repartir à pied à leurs bateaux dans l’autre baie.

Le lendemain, une pirogue passe vers les BELUGAs et après un certain temps vient nous voir. Un des monsieur était assez énervé et nous dit qu’ils ne veulent pas de bateaux dans la baie, ce n’est pas une belle vue, on pollue etc… Un peu surprise je m’excuse en disant qu’il n’y a rien d’inscrit de tel dans les cartes et lui demande si c’est interdit, sur quoi il s’énerve de plus belle. Je lui demande de ne pas s’énerver, qu’on part de toute manière le jour-même etc... puis ils partent à la pêche. Un peu contrariée par sa réaction je me dis qu’on ne peut pas en rester là. Ça me fait trop penser au malaise entre les locaux et les plaisanciers dans les îles de la Société (Tahiti et co) ce qui n’est pas encore le cas ici. A leur retour, je vais les voir en leur disant qu’on est ancré chez eux et qu’ils sont les bienvenus pour venir boire quelque chose chez nous. Ça lui a fait plaisir, mais sa femme étant à la plage, il nous a demandé de les y rejoindre.

Alors qu’on préparait nos choses pour les rejoindre, voilà Carola qui m’appelle. Ils s’étaient pris le bec avec ce monsieur et m’explique que la baie ne peut pas être privée, c’est la loi française ici et qu’il n’a pas le droit de nous chasser etc… C’est le même cas que Steven, un type qui vit dans une baie de Tahuata. Ils voulaient aller à la police se renseigner etc…
Là j’ai compris pourquoi le local était énervé et qu’il est devenu agressif à ma question d’interdiction.

Oui, selon la loi les BELUGAs ont raison. Les baies ne sont pas privées, c’est la loi française qui règne. Mais on n’est pas en France et les gens ne sont pas des Français ! La culture polynésienne est autre, et depuis des lustres, la partie d’eau devant leur maison fait partie de leur jardin. C’est là qu’ils vont chercher leur nourriture comme nous allons cueillir fruits et légumes dans notre jardin. Un bateau ancré trop près de leur maison, c’est comme un camper qui campe dans votre jardin, très déplaisant ! Là, nous n’étions pas près du bord, bien au contraire, mais à 2 dans une petite baie qui « appartient » à la famille depuis de générations.

On retrouve la famille de locaux à la plage et y passons un bon moment. Je lui ai expliqué le pourquoi de ma question. En fait, on se passe les informations entre plaisanciers, et si je vais dire que c’est interdit et que c’est faux, ça n’amène à rien. Tandis que si j’explique que ce n’est pas interdit mais que les locaux n’ont pas envie et le pourquoi du comment, là ça aide en leur sens. Lui était désolé d’être venu tout énervé vers nous à cause de la réaction des BELUGAs et qu’avec ma question, il a vu rouge car pensait que j’allais comme eux le menacer d’aller à la gendarmerie.
Il nous a aussi expliqué que beaucoup de français (je ne pense pas que c’est uniquement les français) sont des sans-gênes et passent par-dessus leurs clôtures pour aller leur voler les fruits. Ils ont également horreur des plaisanciers faisant aller les drones sur leur ferme. Cette conversation était exactement la même qu’avec Steven de Tahuata, les fruits volés alors que si l’on demande, ils nous les donnent gratuitement ! Les drones… Steven a été filmé en train d’uriner et posté sur Youtube !

Déjà qu’ils se sentent envahis par les plaisanciers, qui sont de plus en plus à arriver, le comportement de certains ne les aide pas à nous faire accepter, et on peut les comprendre !

Les BELUGAs sont venus nous rejoindre et tout c’est très bien passé. De par notre conversation d’avant, Carola avait compris leur point de vue. Elle ne connaissait pas ce côté de leur culture et a commencé à changer d’avis. Où j’ai été surprise, c’est lorsque son mari nous demande si on reviendra ancrer dans cette baie, et à sa surprise quand on a répondu que bien sûr que non. Sur quoi il nous a dit que pour lui, ce qui n’est pas interdit, il a le droit d’en profiter.

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