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Baleine sur la route de Moorea

publié le 10 août 2019 à 18:51 par Sailing Olena

Verena arrivée sur SERENITY, nous levons l’ancre le lendemain matin pour l’île voisine, Moorea.

Comme tous en ce moment, plaisanciers et super yachts, nous sortons par la passe su sud du port de Taina. Dans mon vieil exemplaire du Charlies Chart, elle est réputée dangereuse quand la mer n’est pas calme. Ça tombe bien, la mer est calme et la passe très facile. Il y a de petits bateaux et annexes sur les abords de la passe, ainsi que des baigneurs. Sur un des côtés, la petite houle fait des rouleaux et les surfeurs sont au rendez-vous. Ce jour-là, les vagues n’étaient pas très grandes.

La houle augmentait plus on s’éloignait de Tahiti, quant au vent, il a fallu être au nord de Moorea pour en avoir assez pour sortir la voile. Juste avant l’arrivée et n’ayant toujours pas réparé l’enrouleur électrique du génois, on est restés au moteur, heureusement.

J’ai profité de la traversée pour bricoler des couvercles de coton ciré pour mes yaourts et crèmes. Ca remplacerait les feuilles de plastique alimentaire. Stéphane navigue, comme souvent en journée. Il aime être sur sa chaise de pilote. Je lève les yeux régulièrement pour voir le large, puis au coin de Moorea je vois un petit bateau se faire secouer par les vagues. Je les observe me disant que les pauvres dans ces vagues, certains doivent se sentir mal, on aurait dit une coquille de noix se faisant balloter. Il vient sur nous, Stéphane et moi l’observons, je réclame même, car une fois il donne l’impression de vouloir passer devant nous, puis derrière nous. Ils ne savent pas ce qu’ils veulent puis j’ai le déclic ! C’est un bateau qui promène les touristes, certainement à la recherche des baleines ! Depuis ma cuisine je regarde de l’autre côté et je vois un énorme dos noir et la nageoire dorsale d’une baleine, juste à côté de nous ! Le temps de me retourner et crier « baleine à tribord! » je regarde à nouveau et mon sang se glace. Je vois la mâchoire blanche d’une baleine à bosse qui pointe le ciel, elle a sauté juste à côté de nous! Le reste du corps est caché par notre annexe pliable posée contre la filière, ce qui veut dire qu’elle était très proche. J’aurais dit une 15aine de mètres, Stéphane qui ne l’a pas vue sauter, a vu là où elle est retombée et a confirmé, car moi et les distances…

Stéphane alarmé par mon cri a regardé à l’intérieur du carré et non dehors, quant aux enfants ils étaient occupés à leurs jeux.

On a coupé les hélices. Ensuite nous sommes allés à l’avant du bateau et avons pu voir une baleine qui faisait des tours sur elle-même, elle nous montrait ses nageoires les unes après les autres. Nous avons filmé, mais la distance ne donne pas une super qualité. Nous avons aussi réalisé que le souffle n’est pas si grand et visible que celui des baleines rencontrées à Galapagos.

SERENITY étaient devant nous, Jost a regardé en arrière au bon moment et a vu la baleine sauter 2x à notre hauteur, dont une fois elle serait sortie jusqu’à la moitié de son corps. Ca aurait giclé fort à l’atterrissage, elle devait être plus loin à ce moment car nous n’avons pas été inondés par les giclements. L’autre saut elle est bien sortie et s’est laissée tomber sur le côté, ça devait être ce saut que j’ai vu.

Je m’en veux de n’avoir pas reconnu plus tôt la nature du petit bateau. En le réalisant plus rapidement, nous aurions pu profiter du spectacle plutôt que de se faire des frayeurs. Etre si près des baleines, c’est dangereux ! On devrait respecter une certaine distance… quand on les voit ! Et là, c’est la saison des baleineaux et les mamans les protègent. Le saut des baleines fait partie des parades nuptiales, mais on nous a dit que ça pouvait aussi être un moyen des mamans pour protéger les baleineaux. Une baleine à bosses peut mesurer jusqu’à 15m et peser 25 tonnes ! Aie, on a eu de la chance !

Du coup, les navigations autour de Moorea, je reste dehors à faire le guet !

Image de www.sciencesetavenir.fr, qui montre un peu ma vision. J’ai juste vu la partie au-dessus des nageoires.

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