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Tour de l’île de Grenade

publié le 4 oct. 2018 à 17:40 par Sailing Olena   [ mis à jour : 4 oct. 2018 à 17:40 ]

Nous avons repris le même taxi pour faire le tour de l’île, car en bus, il aurait fallu plusieurs jours pour tout visiter. Je lui ai dit ce qu’on voulait voir, il a fait notre tour dans le sens inverse et pour cause. Je lui ai aussi parlé d’une chocolaterie en montrant un point sur la carte, il nous a amené dans une autre, et arrivés là-bas, je reconnais l’endroit selon les photos que j’avais vues, c’était vraiment là que je voulais me rendre ! Ce chauffeur savait tout, il nous amenait pas là où je pointais avec le doigt sur la carte, mais là où nous voulions vraiment aller.

Noix de muscade

Nous avons commencé par longer la côte est. 1er arrêt à Gouyave pour visiter l’entreprise de noix de muscade. Je m’attendais à quelque chose comme une plantation, mais tout est dans le nom, ce n’était pas une plantation mais une entreprise, en pleine ville. Heureusement que le jour d’avant, Slim, notre chauffeur, nous avait montré un muscadier !

Tout d’abord une explication sur les noix de muscade afin que vous puissiez suivre mes explications. Les noix poussent dans un fruit jaune-orangé qui n’est pas comestible. Une fois le fruit mûr, il s’ouvre et laisse tomber une noix brune entourée de filaments rouges appelé l’arille. L’arille est aussi utilisée en cuisine, séchée elle s’appelle macis ou fleur de muscade. Elle a un parfum de cannelle-muscade poivrée. Elle est utilisée généralement dans des plats sucrés, mais aussi dans des sauces et plats salés.
La noix de muscade que nous connaissons se trouve à l’intérieur de la coque brune sous l’arille. On casse cette coque, un peu plus fine qu’une noisette, à l’aide d’un petit coup avec le bord de la main.

Le guide de l’entreprise nous a montré le tout bien rapidement. Nous avons été impressionné de voir tout le travail fait manuellement. Les noix sont lavées puis séchées à l’étage pendant 8 semaines où nous n’avons pas pu aller. Puis une machine casse les coques. De nombreuses femmes trient les noix à la main. D’un côté vont les coques, utilisées comme compost. D’un autre vont les noix de muscade entières. Les noix cassées vont ailleurs, ainsi que les noix qui doivent retourner à la machine pour casser les coques.

Des hommes transportent de gros sacs de noix d’un côté à l’autre. D’autres femmes calibrent les noix en les faisant passer au travers de tamis. Les noix sont ensuite emballées dans de gros sacs. Ils ont des chablons avec le nom des villes d’expédition. Ils les posent sur les sacs et sprayent la peinture afin de marquer la destination du sac.

Les noix de muscade se gardent 3 ans ou 10 ans pour celles qui sont encore dans leurs coques. Pour contrôler si elles sont bonnes, ils mettent les noix (sans coque) dans de l’eau. Si elles coulent elles sont bonnes, celles qui flottent sont utilisées pour la confection de cosmétiques.

Diamond chocolate factory

Quelques kilomètres plus loin, dans la ville de Victoria se trouve l’entreprise qui fabrique mon chocolat grenadien préféré : Jouvay. Ils font du chocolat noir, on trouve des plaques de 60% à 100% de cacao. De plus, ils ont des plaques de chocolat 60% au gingembre, à la noix de muscade ou avec des fèves de cacao. C’est un délice ! Les plaques pèsent 85gr et coûtent 4€ la plaque. Et on dit que la Suisse est chère !

La guide nous a montré un cacaoyer, ouvert une cabosse afin qu’on voie l’intérieur et expliqué le processus. Les fèves sont fermentées puis séchées. Ensuite elles sont contrôlées pour la qualité manuellement (une dame enlève les déchets) puis stockées dans de gros sacs.

Ensuite commence la fabrication du chocolat, malheureusement l’entreprise était en nettoyage ce jour-là. Les fèves sont broyées ajoutées à du sucre et autre…

La visite s’est terminée par une dégustation de chocolat. La partie préférée de nos enfants ! Ma partie préférée est le passage au bar. Sandra de PICO m’avait dit de goûter au smoothie au chocolat. J’ai « malheureusement » suivi son conseil. C’est tellement bon que ça rend accro de suite !!! Mes parents ont goûté au smoothie chocolat/gingembre. La dame en avait fait un peu trop et regarde mon gobelet à moitié vide puis me vide son surplus dedans. Hmmmm, à tomber !

Sauteurs

Notre chauffeur a voulu nous amener dans cette petite ville pour notre repas dans un restaurant local. Nous avons mangé un roti au poulet, c’est un genre de curry avec pdt et plein de choses emballé dans un wrap. C’est très bon mais très nourrissant ! Puis il nous a amené à l’arrière de l’église où nous attendait une dame qui nous a expliqué les tragédies qui se sont passés en haut de ces rochers. Quand les français sont arrivés, ils ont essayé de prendre les locaux, un genre d’indiens appelés caribes, en tant qu’esclaves. Ils ne se sont pas laissés faire et ont jeté des français en bas de ces falaises pour les tuer. Plus tard, quand les français avaient le dessus, beaucoup de caribes n’ont pas voulu se rendre esclaves et se sont suicidés en sautant de ces rochers.

Sulphur springs

Nous voulions faire un petit tour aux sources de souffre. C’est un type très sympa qui nous a accueilli et expliqué le tout. Nous nous sommes mis en maillot, il nous a barbouillé de boue soufrée qu’on a dû laisser sécher avant d’aller se baigner dans des creux d’eau brune pleine de souffre. On avait vraiment l’impression de rentrer dans une flaque de boue ! L’expérience a été sympa et très rigolote. Le jaune du souffre n’était pas facile à enlever, mon papa avait une barbe jaune pendant quelques heures encore !

River Antoine Distillery

Une distillerie de rhum de plus à visiter, les enfants n’étaient pas si enchantés que ça. Nous avions entendu parler d’une vieille distillerie avec roue à eau sans trop savoir plus. On ne s’était pas renseignés non plus.

A notre arrivée on a été bluffés, de vieux bâtiments, une vieille roue à eau, un endroit magnifique digne d’un musée. Sauf que là, le tout était encore en état. La roue à eau date de 1785 et est toujours encore le moteur principal de l’entreprise. C’est la seule distillerie de l’île qui distille du jus de canne, les autres le font avec de la mélasse qu’ils achètent.

Ils broient la canne pour en extraire le jus, qu’ils font passer dans une cuve chauffée pour évaporer un peu l’eau afin d’avoir un jus contenant 15% de sucre. Le feu sous cette cuve est alimenté par les fibres de la canne (les déchets). Ensuite commence le processus de fabrication. Le jus passe dans diverses cuves toujours plus chaudes afin de faire évaporer l’eau. Le passage d’une cuve à l’autre se fait manuellement à l’aide de grosses louches ! Puis c’est mis à fermenter quelques jours.

Une fois la fermentation terminée, 300 galons sont mis dans une grosse cuve fermée, pour préchauffement. 150 gallons passent dans la cuve suivante pour être distillée deux fois. Une fois distillée, les conduites font passer le rhum à l’intérieur de la première cuve pour se refroidir et ainsi ça préchauffe la prochaine fournée. La teneur en alcool est contrôlée, si le taux n’est pas assez haut, ça repart en distillerie. La chaufferie de cette distillerie ce sont d’énormes fours à bois ! Tout est du XVIIIème – XIXème siècle !

Le rhum est stocké dans des cuves inox sous le bâtiment. De là, il est pompé dans des petits barils afin de faire la mise en bouteille manuellement. La seule partie de la production qui nécessite de l’électricité est le pompage entre la cuve et les barils.

Ils produisent uniquement 2 rhums blancs, l’un a 69% d’alcool et l’autre à 75%. Les compagnies d’avion refusent le transport de ce rhum à 75%, ils l’informent au moment de l’achat. Je n’aime pas l’odeur du rhum blanc qui a une odeur forte, mais là, tous deux n’ont pas cette odeur, on sentait bien l’odeur de la canne ! J’en déduis que le rhum blanc qui pue est celui fait à base de mélasse (qui n’est pas la même qu’on achète chez nous pour faire des tartines).

Nous sommes rentrés en passant par le sud de l’île. Nous avons croisé un bus arrêté au milieu de la route, il avait perdu une roue. Puis plus loin un gros bouchon, ils étaient en train de tirer une camionnette qui était tombée dans un fourré.

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