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Nous ne sommes pas en vacances !

publié le 21 janv. 2019 à 20:55 par Sailing Olena   [ mis à jour : 21 janv. 2019 à 21:06 ]

Comme toujours, un bateau demande beaucoup d’entretien. J’écris sur les gros travaux que nous effectuons, mais pas sur les petits que nous faisons quasiment quotidiennement. Les gens à terre nous imaginent en vacances toute l’année et souvent nous sommes irrités par les petites vannes dans ce sens. C’est une discussion régulière chez les plaisanciers, les questions des connaissances « tu fous quoi toute la journée » etc… On y passe tous.

La réponse à cette question est « la même chose que vous à la maison ». Nous avons la lessive, le ménage, les commissions. En plus nous avons 3 enfants à donner l’école et un bateau à entretenir et souvent des choses à réparer. Si vous voulez comprendre pourquoi un bateau nécessite énormément plus d’entretien qu’un autre véhicule, je vous conseille de lire ce que Stéphane a écrit dans son blog (traduction de Google).

Ne comparez pas des vacances de quelques semaines sur un bateau charter à la vie à bord, c’est tellement différent. Il nous arrive de vivre quelques jours comme des charters, càd en vacances. En faisant ça, nous accumulons nos travaux. En charter, on dépose le bateau à la fin des vacances et voilà !

Comme l’a écrit Annick, une copine plaisancière, sur sa page Facebook « La vie est plus simple, mais les tâches quotidiennes sont plus compliquées. Même si nous avons un décor paradisiaque devant nous quotidiennement, nous ne sommes jamais en vacances bien longtemps ! ». C’est bien écrit et ça résume tout.

Je m’imaginais avoir plus de temps pour moi, de pouvoir lire, étudier certaines langues plus en profondeur… Je n’ai encore jamais eu le temps de sortir mes bouquins d’école, quant à la lecture, après des mois sans avoir ouvert un livre, c’est la nuit que je lis.

Par contre, la qualité de vie est bien meilleure, nous avons plus de temps pour les enfants, et quand nous croisons des gens intéressent, nous pouvons prendre le temps d’en passer avec eux. J’ai plus de vie sociale depuis que je vis sur le bateau que ce que j’avais à la maison ! La vie est différente.

J’ai une machine à laver à bord. Mais sachant à combien revient l’eau et le courant utilisé, je m’en sors nettement moins cher à aller à la laverie quand j’en trouve. Comme j’en profite pour laver tout ce qu’il y a à laver, j’en ai pour 2-4 heures suivant où.

Les achats sont souvent à faire en gros, car il nous arrive souvent d’être plusieurs jours d’affilées à des endroits où l’on ne peut pas s’approvisionner car paumés au milieu d’îles désertes ou à des endroits où il n’y a pas grand-chose à des prix exorbitants. A chaque fois nous sommes dans de nouveaux magasins, avec de nouveaux produits, il faut chercher ce qu’on a besoin. Les supermarchés sont rarement près du dinghy dock, on s’y rend à pied, il faut tout porter ou louer une voiture ou un taxi. Là aussi, on s’en sort rarement à moins de 2-3 heures si pas plus. Ensuite faut tout amener sur le bateau, puis conditionner et ranger les choses. Parfois je rêve de mon étagère à la cave, où il était si simple d’y empiler mes achats, de mon grand frigo… Sur le bateau, nous avons peu de place, on empile tout, dessus, devant, à divers endroits. On a l’impression de jouer au Tetris. On tient des listes pour savoir ce qu’il y a, car on se voit mal tout sortir pour voir ce qu’il reste ou ce qu’on voudrait cuisiner.

La farine et autres choses dans des emballages carton ou papier, on doit les reconditionner dans des boîtes étanches. Si on ne le fait pas, l’humidité aura vite détruit la nourriture. Les paquets comme les pâtes, le riz etc… on les emballe dans un sachet zip, pour éviter la contamination des autres aliments dans le cas où l’un aurait des petites bêtes. Ça arrive malheureusement qu’on n’ait pas vu de petits œufs de cafards ou autres. Pour l’instant – touchons du bois – ça ne nous est pas encore arrivé. Mais j’ai souvent vu des gros cafards se promenant dans des beaux magasins bien propres, même des chaînes françaises bien connues. On est dans les tropiques, c’est normal, ça n’a rien à avoir avec la propreté.

Les légumes ne se conservent plus aussi bien qu’en Europe. Notre filet à légumes ne sert plus qu’aux oignons et aux agrumes. Le reste pourrit très rapidement, malgré qu’on est en hiver et que la nuit les températures peuvent tomber jusqu’à 16°. Nous avons converti notre congélateur en réfrigérateur avant le départ. En plus du chocolat et autres aliments, nous y entassons nos légumes. Il se remplit depuis le haut, souvent, il faut quasiment tout sortir pour prendre ce qu’il y a au-dessous et tout remettre.

L’entretien du bateau, en plus de la mécanique et réparations, c’est aussi de chercher les pièces et outils qu’il nous faut. C’est bien connu, on a plein de pièces de rechange mais c’est toujours ce qu’on n’a pas qui est à remplacer. Puis il faut aussi remplacer ce qu’on a utilisé ! Stéphane passe des jours entiers à parcourir les îles, à pied, en bus et en taxi parfois, pour se rendre d’un endroit à un autre, suivre les conseils des gens sur l’endroit où trouver les choses et revenir le soir bredouille.
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