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Notre grand-voile est au bout

publié le 23 oct. 2018 à 17:14 par Sailing Olena   [ mis à jour : 23 oct. 2018 à 17:14 ]

Nous savons que notre grand-voile ne tiendra pas tout le voyage, mais pensions pouvoir la tirer jusqu’aux prochains endroits, où l’on trouve une voilerie, càd après la traversée du Pacifique. Car malgré qu’elle soit délaminée, la forme est bonne !

L’ancien propriétaire de notre bateau avait acheté un set de 2 voiles en carbone 2-3 ans avant de changer de bateau, le génois et la grand-voile. Il était tout fier de me dire qu’il avait dépensé bien 30'000.-€ Ce qu’il ne sait pas et que je n’ai pas eu le courage de lui dire, c’est que le chantier naval où il avait laissé son bateau, donc nos vendeurs, ont laissé la voile montée sur la baume, enfermée dans son lazy-bag rempli d’eau de pluie ! Le lazy était en tissus mais l’intérieur en stamoid (bâche de camion) et ne laissait plus sortir l’eau accumulée. Pour une voile laminée, c’est mortel.

Il faut vous imaginer les feuilles de papier qu’on lamine, les voiles laminées c’est le même principe. Les fibres de verre sont collées entre 2 couches de tissus ou plastique. On ne comprend pas pourquoi il a commandé des voiles en carbone, les plus chères, des voiles de compétition, pour un catamaran de plaisance. Et chargés comme nous le sommes, on se compare à une caravane munie de roues de formule 1.

Dès le début, nous y avons collés des tacons aux endroits fatigués. Nous avons essayé, en vain, de lui enlever les taches de moisissure. Notre voile est moche, mais elle tire bien et nous avons été surpris de voir sur des photos que la forme est restée parfaite !

La grand-voile est le moteur principal d’un voilier. A la voile, nous pouvons atteindre de plus grandes vitesses qu’au moteur. Mais une voile se fatigue, elle doit supporter d’énormes tensions, et quand elle a été mal traitée, ça va plus vite.

Nous avions vu qu’elle commence à casser au niveau du premier ris (l’endroit où nous tendons la voile sur la baume quand on la rapeticit quand le vent devient plus fort). On pourrait faire avec, il nous reste 2 ris. On a découvert une fente dans le haut de la voile, au niveau de la bordure. On aurait voulu la réparer, mais le professionnel qui est passé y jeter un œil, nous a conseillé de changer de voile. Ce n’est pas une mince affaire, il faut bien compter 8-12'000.- pour une grand-voile de notre grandeur. Bien sûr, nous prendrions une en toile, et non une laminée. Et il y a le délai de livraison ! Nous quittons bientôt Grenade, il donne 6 semaines de délai, mais nous savons qu’il y a toujours du retard. Si on la commande là-bas, on n’aura aucune chance de voir l’arrivée de la route du rhum en Guadeloupe mi-novembre.

On n’a pas le temps d’y réfléchir longtemps que ça devient une évidence. Le 2ème ris commence également à montrer des signes de faiblesses. Il est temps pour nous de chercher où commander une voile pour se faire livrer au nord des Antilles, pour ne pas rester coincé des mois à un endroit. Les mois passent vite, le Pacifique nous attend. Ça nous rage de n’avoir pas voulu voir la réalité en face plus rapidement. Nous aurions eu le temps de changer de voile.

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