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Martinique, Saint Pierre

publié le 19 mai 2018 à 21:43 par Sailing Olena   [ mis à jour : 19 mai 2018 à 21:43 ]

Nous voici donc enfin à Saint Pierre, ville que nous n’avions pas encore visitée lors de notre premier passage en Martinique, et que je me réjouissais de visiter.

Nous avons été accueillis par JILOUMÉ (F) et ALUBIS (CH) qui étaient avec nous à Porthmouth, et qui nous ont informés que le lendemain, 116ème anniversaire de l’éruption, il y aurait à 8h00 une visite guidée de la ville avec l’entrée au musée Franck Perret gratuite. Je n’avais pas prévu visiter ce musée, car j’avais lu qu’il était vieillot et mal entretenu (je confirme). Mais là, pourquoi pas.

Nous étions un groupe d’une 20-30aine de personnes, guidé par une dame du service du patrimoine. Il y avait un ancien pierrotain (habitant de Saint Pierre) qui souvent, ajoutait des commentaires et petites histoires à ce que disait la guide. Le service du patrimoine s’adresserait souvent à lui quand ils ont besoin de savoir des choses, car il connaît bien sa ville !

Dès le début, un homme du groupe a commencé à me raconter plein d’autres anecdotes et informations. C’est un français habitant depuis 30 ans la Martinique et passionné par l’histoire pierrotaine. C’est aussi un artiste, il fait des tableaux avec du sable et de la terre de Martinique. Ce fut une visite très riche en informations et très intéressante. Au bout de 2 heures, nous étions au musée et pouvions y regarder tous les objets que l’archéologue américain Franck Perret a trouvés dans la ville. Le plus intéressant était la cloche, en fonte de bien 2cm d’épaisseur complètement déformée par l’incendie, un tas de clous soudés et des pots de terre-cuite soudés dans un genre de caillou. Malheureusement, nous n’avions pas le droit de photographier.

Après ça, nous sommes retournés vers les ruines du théâtre et de la prison, car au-dessus se trouvent les ruines de la maison du gouverneur, dans laquelle il y aurait une baignoire en marbre. La montée fut très pentue, la vue superbe, mais nous n’avons pas vu de baignoire. Lorsqu’on allait redescendre, on recroise le monsieur qui nous avait dit qu’à part la vue, il n’y avait rien à voir et avait souri quand j’ai parlé de la baignoire. Il est venu nous la montrer, c’était dans une dépendance bien cachée par les hautes herbes (plus de 2 mètres !). Quand nous avons vu la baignoire, nous nous sommes demandé comment ils ont fait pour la monter là-haut ! Pauvres esclaves !

Vers le quartier du Mouillage, endroit où les bateaux étaient chargés, il y avait la maison de la bourse. Ils ont reconstruit cet édifice avec les plans de l’époque. Le bâtiment est vraiment joli. A l’intérieur se trouve une exposition sur l’esclavage, beaucoup de choses à lire, alors j’explique en gros aux enfants « à l’époque les esclaves étaient traités presque comme des animaux » puis je lis un panneau où il est expliqué que les blancs regardaient la dentition des noirs, sentaient leur halène, et les marquaient au fer rouge. Le prix des esclaves variait selon le sexe et le bien portant de l’esclave. Sur quoi j’ai dû corriger ma phrase aux enfants « à l’époque les esclaves étaient traités comme des animaux ! ». Franchement, j’ai honte de nos ancêtres !

Un jour, Elina et moi sommes allées nous promener. Nous avons été voir la cathédrale du quartier du mouillage, qui a été reconstruite en gardant les murs qui tenaient encore et qui contient les plus beaux vitraux que nous avons vu. Puis les ruines des bureaux du Génie et la maison coloniale de santé, dont les cachots et les chaises nous faisaient frissonner. Nous avons aussi été voir la rue Mont-au-ciel. Nous avons fait de chouettes rencontres. Ici les gens sont ouverts, on part en conversation très facilement, les gens sont adorables, ce n’est pas comparable aux autres endroits en Martinique où nous avions été. Voyant que nous regardions un manguier de près, un homme est sorti de sa maison avec son instrument pour cueillir les mangues et nous en a cueilli quelques-unes. Certaines sortes de manguier font des fruits qui pèsent près d’un kilo ! Malheureusement ce n’est pas encore la saison pour cette sorte, car dans notre famille, c’est notre fruit préféré. Quand j’en coupe, je dois bien diviser les parts de chacun sinon les enfants se battent ! Alors imaginez une mangue d’un kilo ! Elina salivait déjà rien qu’en entendant parler le monsieur.

Un jour alors qu’on montait sur le ponton, on voit une autre annexe arriver, un papa et 3 filles. Puis Cyliane me dit, je les connais, on s’est déjà vus ! Je regarde le papa et une des filles, inconnus. Ils sortent et je lui demande, sur quoi les deux autres filles se retournent et c’était clair. Les deux des plus petites étaient venues jouer avec une autre fille à bord avec Cyliane lors de notre escale à Mindelo au Cap Vert ! Je m’étonne toujours de retrouver plein de bateaux, le monde des plaisanciers est petit. Sera-ce pareil en Pacifique ? J’en doute, car beaucoup d’entre-eux vont refaire la transat pour retourner en Europe.

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