Blog‎ > ‎Laure‎ > ‎2018-19 Caraïbes‎ > ‎

Le cyclone Isaac

publié le 30 sept. 2018 à 09:44 par Sailing Olena   [ mis à jour : 30 sept. 2018 à 09:44 ]

Tout d’abord, je voudrais rappeler que le terme cyclone n’est pas à confondre avec ouragan. Un ouragan est un cyclone, mais un cyclone n’est pas forcément un ouragan ! Un cyclone est une perturbation (nuages) qui tourne en rond autour d’une dépression. Le mot cyclone regroupe les dépressions tropicales, les tempêtes tropicales et les ouragans. La différence entre ces 3 c’est la force du vent.

Un système était en train d’arriver sur les Antilles, selon les prévisions, le passage de la tempête tropicale Isaac était prévue sur la Martinique.

Nous avions le système bien à l’œil depuis son début et suivions son avancement lent avec beaucoup d’attention, plusieurs fois par jour. C’était marrant de voir ma maman s’intéresser sans se soucier, alors que depuis chez elle, elle se souciait beaucoup pour nous dès le mois de juin, début de la saison des cyclones, et encore plus lors du passage de Béryl.

Avec internet, nous avons accès à toutes les informations. Nous connaissions le rayon du système et même le rayon des vents violents et leur position par rapport à l’œil du système. Tout ceci grâce aux avions américains qui survolent les systèmes pour récolter ces informations, en plus des images satellites. Au même moment, Florence, un ouragan de force 4 fonçait sur les USA, malgré cela, les américains ont continué d’envoyer des Hurricane Hunter pour surveiller la tempête Isaac, alors qu’ils n’étaient pas concernés par Isaac. Merci les USA !

Les prévisions de passages sont des calculs faits par ordinateur selon des statistiques. En général, la moyenne des différentes prévisions est assez correcte. Mais il ne faut jamais oublier qu’un cyclone est un élément de la nature qui ne suit pas les statistiques, il fait ce qui veut ! Ce n’est pas toujours facile de faire des prédictions exactes.

Selon nos calculs nous étions hors danger. Nous allions certes sentir les changements de direction de vents, un peu de houle et peut être avoir un peu de pluie mais pas plus. Nos amis GRAN LARGO, qui m’ont appris beaucoup de choses sur la météo cyclonique, sont descendus de Martinique pour se réfugier à Bequia, bien plus au nord d’où nous étions. Tout va bien.

Puis voilà soudain plein de bateaux qui entrent se protéger dans le trou à cyclone de Tyrell Bay. Bizarre ! Puis on voit VALHALLA qui est bien arrimé proue dans les mangroves, plusieurs lignes tendues sur une grosse épave. Là je commence à douter de mes prévisions cycloniques. VALHALLA a traversé de nombreuses tempêtes, du vent force 11 n’est rien pour eux ! Pour rejoindre l’Antarctique il faut 4-5 jours, et une tempête se lève tous les 3 jours. Lors d’un passage, ils rencontrent forcément une voire deux tempêtes ! Il faut qu’on aille leur demander.

Pascal et Bernadette étaient tout contents de nous revoir et nous ont invités à visiter leur bateau. Puis ils nous ont expliqué qu’en fait, ils devaient se déplacer car avec le vent qui allait venir d’ouest ils allaient être trop près d’autres bateaux au mouillage. En voyant des bateaux aller dans les mangroves c’était pour eux l’occasion d’aller s’y attacher pour échanger leur ancre ! Eh bein voilà l’explication, du coup, plus de souci, nous pouvions continuer notre programme comme prévu.

Plusieurs bateaux dans la baie étaient sous la responsabilité d’un homme alors qu’il n’y avait personne à bord. Avec le système un peu plus au nord, il a été les placer dans les mangroves, car en cas de problème dans la baie, il n’aurait pas pu s’occuper de plusieurs bateaux en même temps. Voyant des bateaux entrer la mangrove, d’autres bateaux ont suivi.

Pour expliquer le changement de vent, il faut savoir qu’un cyclone tourne dans le sens inverse des aiguilles d’une montre (dans l’hémisphère nord), et comme nous sommes au sud de son passage, les vents se mettent à tourner pour finir par venir d’ouest, alors que d’habitude en Caraïbes, les vents viennent toujours d’est.

Lors du passage d’Isaac, nous étions à l’île de Ronde dans une baie ouverte à l’ouest, donc ouverte à la houle et au vent, et tout c’est très bien passé. Nous étions loin du centre, le vent et la houle n’étaient pas forts du tout.

Petite anecdote : lorsqu’on monte la grand-voile, nous devons toujours placer le bateau contre le vent. Quand j’étais prête au pied du mât, Stéphane, par habitude, a tourné le bateau contre l’est, avant de se rendre compte qu’il venait de l’ouest ! Même moi je n’ai pas réalisé jusqu’à ce qu’il fasse demi-tour !

Comments