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En route pour la Martinique

publié le 18 nov. 2018 à 07:39 par Sailing Olena   [ mis à jour : 18 nov. 2018 à 08:20 ]

Après une dernière soirée de Grenadian Train Domino avec GRAN LARGO, nous les quittions avec de grosses larmes pour nous rendre en Martinique.

Ce voyage fait un peu plus de 120 miles nautiques, on compte environ 24h de voyage. Nous partons le matin après avoir fait le plein hors-taxe. Nous n’étions pas encore certains le faire en une traite, tout dépendait des vagues dans les canaux (entre les îles).

Notre route était au près, c’est-à-dire contre le vent. Un voilier ne peut pas avancer avec le vent dans le nez, il a un angle minimum à avoir, qui change selon les bateaux. Jusqu’alors nous pouvions faire du près à 60° du vent, parfois selon les vagues à 55° grand maximum. Là, selon notre indicateur de vent, nous étions à 42-45°. Même si nous savons qu’après un nouvel anti-fouling ça change un peu, nous doutons que notre indicateur de vent fonctionne correctement, malgré les réparations de Stéphane.

En remontant les Grenadines, la météo était super, les vagues agréables, aucune raison de s’arrêter. Puis sous le vent de St-Vincent, nous avons dû avancer au moteur, ce qui est plus lent, car nous en utilisons qu’un et pas à fond afin de ne pas avoir une énorme consommation de diesel.

Entre St-Vincent et Ste-Lucie la nuit était tombée, les vagues n’étaient pas trop désagréables, on a continué. Comme ça faisait un bon bout de temps que nous n’avions pas navigué de nuit, Stéph et moi avons passé nos premières parties repos dans le cockpit/carré afin d’être sous la main du barreur en cas de besoin. Mais on reprend très vite la main et la confiance, et le repos suivant, nous sommes allés dans notre lit, chacun son tour, bien évidement. OLENA ne voyage jamais sans personne qui surveille. Ce qui n’est pas le cas de tous les bateaux. Nous en connaissons beaucoup qui mettent des alarmes et vont dormir par petites tranches. Nous avons les alarmes, mais nous surveillons quand même.

A l’aube, à mon réveil je distingue les jolis pitons de Ste Lucie. Nous naviguons sous le vent, au moteur. J’angoisse un peu pour le canal suivant, car lors de notre premier passage dans ce sens, on l’a dégusté un peu. Mais cette-fois, nous n’étions pas contre la nature et les vagues n’étaient pas trop désagréables. Le vent était bon, nous avancions bien.

A un moment on croise un gros paquebot, il vient dans le sens opposé. Ça fait du bien d’en revoir, ça marque que la saison des cyclones touche à sa fin (fin novembre), car ils partent en Europe pendant cette période. J’ai bien calculé nos trajectoires, nous allons nous croiser à un peu moins de 2 miles, tout est pour le mieux. Puis tout à coup, il change de cap et je vois ses 3 feux, ce qui veut dire qu’il nous fonce dessus. Je calcule le tout et il est clair qu’il va passer derrière nous, entre nous et la péniche tirée qui suit derrière nous.

Au bout de 23h15 de voyage, nous étions en face du Rocher du Diamant. Pas loin de Ste-Anne, notre destination, mais nous avons mis encore 3h30 de plus à tirer des bords contre le vent pour nous y rendre. On aurait pu le faire au moteur, mais le bateau voisin au moteur n’avait pas l’air d’aller plus vite que nous, et avec les belles conditions que nous avions, tirer des bords fut très agréable.
Nous avons mis 26h45 pour faire 261km. En voiture pour une même distance, on compte un peu plus de 2 heures ! Quand on dit que la voile est le moyen de locomotion le plus cher et le plus lent, c’est vrai ! En plus, selon la mer, ça peut même être le moyen moins confortable !

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