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De grosses frayeurs

publié le 9 avr. 2018 à 19:52 par Sailing Olena   [ mis à jour : 9 avr. 2018 à 19:52 ]

Pour ceux que ne le savent pas, les plongées de nuit font partie de mes préférées. Dans ce décor, je ne pouvais pas ne pas proposer de plongée de nuit ! La proposition fut accueillie avec de gros sourires, Jost et Susanne, très bons plongeurs, n’ayant jamais plongé de nuit mais ayant toujours voulu en faire une.

Le soir tombé, nous partons avec notre annexe nous mettre à la bouée, à quelques centaines de mètres de nos bateaux, où ils avaient déjà plongé avec Stéphane. On accroche un flash à la corde de l’annexe qui pend dans l’eau pour le retrouver plus facilement. Après un briefing, on saute à l’eau. Tout va bien, on apprécie les langoustes, calamars, crabes, crevettes et poissons endormis. Au bout de 18 minutes je ne vois plus de clignotement, je me dis que la pile n’aura pas tenu longtemps, tant pis, la bouée est attachée au récif, facile à retrouver, surtout que nous n’étions pas loin. 2 minutes plus tard, je vois la bouée, je cherche l’annexe, plus d’annexe !

Je me rends vers Jost qui était au plus près lui faire comprendre que l’annexe a disparu et que je monte voir. Il a de suite compris et me suit, heureusement, Susanne nous a vu et a suivi. En surface, pas d’annexe, Jost pense à un vol, moi je dirige ma lampe au large, cherche et trouve l’annexe, bien au loin. Je me retourne et regarde où sont nos bateaux, trop loin et à contrevent et contrecourant. Au bout de 22’ de plongée, je ne pensais pas que Stéphane puisse déjà être en train de surveiller. Par reflexe, nous avons tous trois nagé contre l’annexe. Puis Jost enlève son gilet qu’il me refile et part rattraper l’annexe. Susanne et moi sommes bien restées ensemble, toujours en nageant contre l’annexe (ce point-là m’a travaillé toute la nuit, comment ai-je pu faire cette connerie !) et éclairant l’annexe. Au bout d’un moment je me rends enfin compte de notre bêtise, je cherche la bouée et me rend compte qu’on a déjà dérivé de plusieurs centaines de mètres ! Impossible d’y retourner. Ce fut une longue attente, car au bout d’un moment, nous ne voyions plus Jost et ne savions pas comment il allait et s’il arrivait à rattraper l’annexe. Puis voilà qu’il nous fait des signes avec sa torche, il l’avait récupéré ! Heureusement que je lui avais montré où j’avais caché la clef du moteur ! Il est venu nous chercher et nous a tirées jusqu’à la bouée. C’est là que j’ai réalisé qu’on était vraiment très loin de la bouée ! Jost avait récupéré l’annexe bien plus loin que l’île aux pigeons, bien 1km plus loin! Il n’aurait pas tenu 5 minutes de plus à nager derrière l’annexe qui parfois prenait de la vitesse avec les rafales ! J’ose imaginer, 3 plongeurs en 2 groupes dérivant en pleine mer la nuit ! De plus nous sommes tous trois plongeurs de bon niveau et navigateurs ! Je ne comprends pas comment on a pu faire ces conneries.

Bref, de retour à la bouée, tous trois ayant encore 160 bars d’air (une bouteille pleine en a 200), on attache l’annexe avec le câble et le cadenas cette-fois et on retourne plonger. Au bout d’une bonne demi-heure, je réalise que j’avais omis lors du briefing de dire qu’une plongée de nuit était plus courte. Nous avions l’habitude de plonger plus d’une heure. Et là, entre les 2 plongées et le temps entre-deux, ça devait faire un certain temps et Stéphane devait gentiment se soucier. J’essaye d’expliquer à Jost par signe, il me répond qu’il lui reste 80 bars. Comment signer ça ? Ça me rappelait l’émission « vendredi tout est permis ! » qui me faisait bien rire. Pour finir j’ai trouvé comment signer et il a compris, on est remontés.

Pendant ce temps-là, Stéphane du haut de son perchoir sur le toit d’OLENA, jumelles à la main, s’est rendu compte que quelque chose clochait. Il voyait bien le flash de l’annexe et avait l’impression qu’il dérivait. Puis il nous a vus sortir à la bouée. Les petits étant au lit, il a levé Elina et demandé de surveiller pendant qu’il se rendait avec la paddeling board sur SERENITY prendre leur annexe. Malheureusement, leur hors-bord était cadenassé au voilier, il a donc pris l’annexe (sans rames) et a essayé de le traîner jusque vers OLENA pour y mettre notre deuxième hors-bord. Impossible, le vent et le courant étaient trop forts, il a dû faire demi-tour et reposer l’annexe. Nous avons une deuxième annexe, mais le temps de la monter serait trop long, il se rend donc vers un bateau voisin leur demandant s’il pouvait emprunter leur annexe et en expliquant pourquoi. Leur hors-bord était en panne, ils ont levé l’ancre de leur voilier et sont venus voir accompagnés de Stéphane. Ils ont trouvé une annexe cadenassée à la bouée et 3 torches qui se promenaient sous l’eau ! Stéphane n’y a rien compris et a passé pour un imbécile.

Le lendemain, il voulait leur amener une bouteille pour les remercier et leur raconter, mais ils étaient déjà partis. C’est quelques jours plus tard qu’on les a retrouvés à Jolly Harbour à Antigua. Stéphane a enfin pu leur amener la bouteille et leur raconter. Ils lui ont dit qu’ils avaient trouvé ça bizarre et s’étaient demandé ce qu’il avait bu !

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