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29.10 - 04.11.2017 Almerimar

publié le 8 nov. 2017 à 15:31 par Sailing Olena   [ mis à jour : 30 sept. 2018 à 11:27 ]
Almerimar est une petite ville à l’ouest d’Almeria, qui n’a, touristiquement parlé, rien de bien intéressant à voir. Par contre, pour nous, ce fut un endroit idéal. Il y avait un supermarché assez près du port, un grand magasin chinois qui vendait de tout et n’importe quoi sauf boissons et nourriture, où nous avons trouvé beaucoup de ce qui nous manquait en cuisine, et il y avait de la main d’œuvre pour bateaux et les entreprises qui vont avec.

Le port est bon marché, ce pourquoi il y a tant de bateaux de tous les pays d’Europe et du monde. Nous n’étions pas les seuls suisses. Il y a beaucoup de bateaux à vendre, des bateaux ayant fini leur voyage, d’autres en partance pour le chaud, comme nous.

Nos nouveaux moteurs avaient 50 heures d’utilisation, nous devions faire faire la vidange d’huile moteur et saildrive par un agent Yanmar, ce qui est obligatoire pour la garantie. Mais comme Pablo nous avait avertis, ils n’avaient pas le temps. Après contrôle, nous sommes venus à la conclusion qu’ils n’avaient pas envie de travailler en fait.

Bref, il y avait d’autres choses que nous devions faire et nous sommes restés dans ce port. Chaque jour, nous avons bricolé des choses sur le bateau et organisé du matériel qu’il nous faudra plus tard et qui sera plus compliqué à trouver dans les îles.

Stéphane a enfilé son matériel de plongée une fois de plus pour aller démonter une anode de l’hélice, pour pouvoir en commander des nouvelles et être certains d’avoir les bonnes.
A partir d’une petite plaque de métal il a fabriqué un outil afin de réparer l’émerillon (un genre de tourniquet) en haut d’une de nos voiles avant. Car bien sûr, le bateau est rempli d’outils, mais il manque toujours quelque chose.
Nous avons aussi profité de changer les tuyaux d’évacuation des WC de la chambre de Cyliane. A Canet, nous avions détartré ceux des nôtres (après que Timeo les ait bouché en jetant des lingettes dans les WC), car nous n’avions pas l’accès à certaines attaches de tuyau, donc ne pouvions pas les changer. Ces tuyaux n’ont pas un grand diamètre, de plus le calcaire d’urine et le sel de la chasse d’eau (eau de mer) forme une croûte qui chez nous, diminuait le diamètre du tuyau de près de la moitié ! Donc si vous passez près d’une marina et que vous voyez des gens tapant des tuyaux blancs avec des marteaux ou frappant les tuyaux au sol, vous savez ce qu’ils font ! C’est courant.
Nous avons aussi profité de nettoyer les côtés du bateau pour y coller les autocollants du logo de notre bateau, sponsorisé par von Burg Beschriftungen de Selzach, que nous remercions vivement. Ils n’ont pas été si faciles à poser, ils sont longs, nous étions dans l’annexe qui bougeait et avions suivi l’instruction d’enlever le revers, de gicler d’eau avec un peu de savon et coller. C’était sans compter que le soleil rétrécissait le noir du nom le temps de finir de décoller la feuille! C’est alors que Cyliane est venue nous faire de l’ombre avec un parapluie. Nous avons fait au mieux, mais il y a quelques plis. Nous espérons que ça tiendra les vagues. De l’autre côté, nous l’avons fait à notre manière, et à part que c’est pas tout à fait droit, c’est bien allé.

Et voilà que mardi une vieille galère amarre au port, suivie par une deuxième. Ce sont 2 bateaux que nous sommes allés visiter le jeudi matin, avant l’arrivée de la foule ! La première fut une réplique du bateau de Magellan, premier bateau à avoir réalisé un tour du monde. Et cette réplique a également fait le tour du monde avec 20 hommes à bord. Il a été le pavillon espagnol à l’exposition mondiale au Japon. Le 2ème bateau fut la réplique d’une galère de transport de marchandise du siècle après celle de Magellan. Elle est plus grande et un peu plus moderne que l’autre et contient des canons. Ce fut une visite très intéressante, autant pour nous que pour les enfants. Le soir de la visite, nous avons profité de la wifi pour apprendre un peu plus sur l’histoire de Magellan, car une partie était indiquée sur des panneaux vers le bateau, mais certaines informations manquaient, et Elina voulait savoir ce qui était arrivé à l’un des bateaux qui a soudainement disparu des panneaux (au départ, il y en avait 5, le 1er a échoué, le second a déserté en faisant demi-tour, et tout à coup, il en restait plus que 2 ). En fait, par manque d’hommes, ils ont brûlé le bateau, car pour manœuvrer un bateau pareil, il fallait 30-50 hommes. Les enfants ont été choqués d’apprendre que pour lutter contre la famine, ils se nourrissaient de rats, de soupe à base de copeaux de bois et rongeaient le cuir des bords de voiles. Ce fut un cours d’histoire très intéressant pour chacun d’entre nous.

Nous avons fait la connaissance de Miguel et Mari, qui habitent tout près d’Almerimar. Miguel est un ami de Pablo, à qui Pablo a demandé de passer prendre une veste qu’il a oubliée. Il ne nous a pas fallu long pour commencer une belle amitié et remercier Pablo d’avoir oublié sa veste. Nous avons passé de superbes moments avec eux, dans un bar à Tapas au bord de la plage de Balanegra, leur village, où il nous a aussi amené à une fête d’Halloween pour les enfants. C’était plein d’enfants et d’adultes déguisés, tous espagnols, car ce n’est pas un village touristique. Mes enfants se mêlent pas encore aux autres, ils ne comprennent pas la langue et font les timides. Donc nous ne sommes pas restés longtemps à la fête.

Miguel nous a aussi fait visiter son entreprise, car c’est un des plus gros producteur de courgettes au monde, 42 millions de tonnes de courgettes par année ! Ce fut une visite très intéressante, nous avons vu une des serre de plantation, 15'000 plantes rien que dans cette serre, chaque plante produit une centaine de courgettes pour un total de 30kg environ. Leur système d’irrigation est très moderne, ils récupèrent l’eau de pluie et dessalent l’eau de la mer puis la font passer dans des bains pour reminéraliser l’eau. Le parking est pourvu de panneaux solaires, ce qui leur produit une bonne partie de leur utilisation et fournit de l’ombre aux voitures.
Chacun a profité de la visite différemment, Timeo était très intéressé par les chaînes de caissettes en carton qui se promenaient au-dessus du personnel, Elina par les machines qui pliaient et collaient les caissettes en quelques secondes, Cyliane par les camions qui arrivaient directement contre le trou et se faisait charger en quelques minutes.
Vous avez certainement déjà mangé de ses courgettes, car il livre les 2 plus grands supermarchés de Suisse et la France également. Il nous a amené un carton plein le premier jour, un régal, nous n’avons jamais mangé de courgettes autant bonnes !

Miguel et Mari sont venus manger sur notre bateau, nous avons fait de la cuisine suisse, des Röstis avec des saucisses à rôtir et de la sauce aux oignons. Comme dessert j’ai fait une tourte aux carottes, mais je n’ai pas pu résister à leur faire goûter un cake aux courgettes. Comme je le pensais, ils ne connaissaient pas et ont beaucoup aimé.  Le soir même je traduisais les recettes de la tourte aux carottes et du cake aux courgettes en espagnol pour Mari. D’ailleurs, nous avons fait de très gros progrès en Espagnol, que nous n’utilisions plus depuis plus d’une dixaine d’année. En partie grâce à Mari et Miguel ! Mais c’est pas la région où ils parlent le mieux l’espagnol ! J’avais raconté à Pablo que je comprenais pas grand-chose et il m’a dit que même les espagnols peinent à comprendre les gens de cette région. Ils bouffent leurs mots et parlent très vite. Nous avons vite remarqué qu’ils enlèvent les S (ou Z) des mots quand ils parlent. Donc s’ils disent « lu », ça veut dire « luz » (prononcé louce = lumière / électricité), pour dire « después » (après) ils disent « dépué ». On s’y habitue assez vite, à ma grande surprise.

Miguel a décidé qu’en plus des courgettes, il voulait nous faire le plein de légumes jusqu’aux Canaries. C’est alors qu’il nous a amené des caisses remplies de concombres, aubergines et poivrons. Des légumes d’une fraîcheur et d’un vrai délice. Merci Miguel ! Heureusement je venais de finir d’installer mon filet à légumes que je voulais depuis longtemps et que nous avions acheté le matériel nécessaire à Almerimar
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