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Revue de la transatlantique

publié le 15 févr. 2018 à 20:01 par Sailing Olena   [ mis à jour : 30 sept. 2018 à 13:00 ]

Ce fut une expérience bien sympathique et contrairement à ce que beaucoup pensent, pas ennuyeuse du tout. 13 jours de grand bleu, sans voir la terre n’est pas ennuyeux. Le bruit des vagues (quand elles ne tapent pas) est apaisant, les formes changeantes des vagues avec les sauts des poissons volants agréables à regarder. Et il y a toujours quelque chose à faire, que ce soit avec les enfants, du ménage, de la cuisine, des réparations… et tout ceci en naviguant 24/24h. Mais nous avons le temps, ici il n’y a pas de stress.

Les alizées n’étaient pas ce que nous imaginions. Nous avions entendu tant d’histoires nous contant qu’on réglait les voiles une fois et ne les touchions plus pendant 2 semaines. Le vent était changeant, en force et en direction. Pour la direction, il tournait d’une dizaine voire d’une vingtaine de degrés. Nous devions régulièrement nous occuper des voiles. Puis arriva les squals (grains ?), ce qui nous faisait encore plus nous occuper des voiles.

Jimmy avait averti que chaque bateau aurait des casses, nous n’avons pas fait exception à la règle. Stéphane est monté 2x dans le mât jusqu’aux premières barres de flèche pour y remettre une ampoule qu’on a retrouvé par 2 reprises sur le tampoline. Je vais essayer de lister tout ce que nous avons eu comme casse :

  • Les 2 sangles de survie sous la coque – usure de la couture

  • La corde du 2ème ris - la gaine s’est soudée à la corde au niveau du coinceur, ce qui a déchiré la gaine un peu plus loin. La corde avait été neuve à l’achat du bateau, c’est le résultat de l’empannage involontaire

  • La corde à laquelle nous fixions la retenue de bôme – peut-être était-elle pas assez épaisse

  • Fixation arrière du lazy-bag – je l’avais remplacé à Las Palmas, je suppose qu’elle s’est frottée contre la bôme jusqu’à se coupe

  • Sangle de retenue de la grand-voile sur la bôme – nous l’avions fait réparer à Santa Cruz, je suppose que le fil utilisé n’était pas assez résistant

  • Parasailor déchiré – selon les conseils du vendeur, nous l’avons utilisé avec la grand-voile, qui lui enlevait le vent, même avec 3 ris. Il a dû s’accrocher à quelque chose quand il s’est déventé et aplati contre le mât, ce qui l’a déchiré. Nous avons contacté un loup de mer allemand très connu (Bobby Schenk) qui a navigué avec un cat sous Parasailor pendant des années, jamais il l’a utilisé avec la grand-voile, exactement pour cette raison

  • Coutures de la bande anti-uv de notre Code 0 (ou Gennaker ?) – là c’est certainement dû à l’âge, donc de l’usure normale. J’ai recousu une bonne partie du bas lors de la traversée, mais l’ancienne couture a continué de lâcher, ainsi que sur toute la partie arrière

  • Le crochet qui relie l’enrouleur du Code 0 (ou Gennaker ?) au bout dehors (barre au milieu à l’avant du bateau qui est plus longue que le bateau) – ce crochet en métal est attaché à une boucle métallique, avec les mouvements et le temps, la matière s’use

  • Les filets des filières qui se déchirent par endroit – certains sont dû à l’utilisation d’un acide non approprié il y a bien longtemps, d’autres par le frottement de cordes le frôlant

  • Perte de la bâche du gril – ça doit être le nœud qui s’est défait avec le temps

  • Perte de leurres de pêche – ça arrive quand on oublie qu’on traîne et qu’on fait des manœuvres au moteur, quand on attrape un trop gros poisson pour notre fil, ou quand trop d’algues (saragosse) s’y accrochent.

A part pour le Parasailor, on ne peut pas se plaindre de nos casses, pour une transatlantique où nous avons navigué plus ou moins 3 semaines 24h/24, ce n’est rien d’anormal. Quant au Parasailor, à chaque fois nous avions peiné à cause de la grand-voile et continuions de suivre les conseils du vendeur. Nous aurions dû contacter Bobby Schenk plus tôt.

Nous sommes heureux d’avoir fait cette traversée en groupe avec l’Odyssey de Jimmy Cornell. Certes ça a un prix (moins cher que l’ARC), mais ça nous donne un peu plus de sécurité, malgré qu’en mer, nous sommes seuls sur notre bateau et bien loin des autres. Il est toujours apaisant de savoir qu’en cas de pépin, l’équipe de Jimmy est joignable 24h/24 et se met en quatre pour nous aider. Pour pouvoir participer, un certain nombre de matériel de sécurité était nécessaire, et tous les points de sécurité ont été contrôlés sur chaque bateau par Jimmy en personne. Nous recevions quotidiennement la météo et la position des autres participants. Avant le départ, au Cap Vert ainsi qu’à l’arrivée, nous avions des activités et visites en commun.

Tout a une fin, et nous avons participé à la dernière édition du Carribean Odyssey. Jimmy ayant passé l’âge de la retraite depuis de nombreuses années et ses enfants ne voulant pas reprendre, il  n’y aura plus de nouvelle édition. Mais Jimmy a plein d’idées, de projets… pour ceux qui ça intéresse, il n’y a qu’à le suivre sur son site cornellsailing.com.

En attendant nous voulions remercier Jimmy & Gwenda, ainsi que leur fille Doina. Non seulement pour leur soutien et leur gentillesse, mais aussi pour toutes ces nouvelles amitiés qu’on s’est faites, grâce à l’Odyssey. Nous étions un tout petit groupe de 6 bateaux, rejoints par un 7ème à la Barbade. Ca fait peu de monde et nous nous sommes de suite soudé en une équipe d’amis. Jimmy nous avait fait la remarque que c’est ce qu’il espérait avec ses Odyssey, mais ça n’a pas toujours été le cas. Avec nous, il sentait l’amitié et le soutient que nous nous donnions et qu’il était fier de nous. Nous sommes fiers d’avoir fait partie de cette équipe et heureux d’avoir fait la connaissance de gens fantastiques. Nous étions une chouette équipe ! Ça restera un moment fort de notre voyage.

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