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La dernière ligne droite sur le Cap Vert

publié le 15 janv. 2018 à 10:35 par Sailing Olena   [ mis à jour : 30 sept. 2018 à 12:35 ]

Ce mercredi, nous avons eu à nouveau la visite de plein de dauphins. Ils étaient peut-être 40 ou voire plus. Nous avons toujours autant plaisir à les voir. Juste les enfants qui deviennent gentiment blasés. Quand nous appelons dauphins, ils se lèvent, regardent par la fenêtre et disent « ah ouais ! » et continuent de jouer. Cette après-midi-là, Cyliane ne s’est même pas donné la peine de mettre son gilet et de venir les voir ! N’était-ce pas elle qui se plaignait dans son blog en début de voyage qu’elle n’avait pas encore vu de dauphins ?

Le soir, dès la tombée de la nuit, le vent a fraîchi et les vagues un peu grandi. Pourquoi toujours la nuit ? Mais comme c’était 5 nœuds de plus, ce n’était pas si terrible. Nous avons mis directement 3 ris et jonglions entre foc et génois selon le vent. Ce qui nous laissait à l’arrière pour faire les manœuvres de changement de voile. Puis de toute manière, nous devions voir pour freiner notre progression, pour ne pas arriver de nuit et devoir tourner en rond à attendre le lever du jour pour accoster.

Notre dernier jour en mer fut très agréable, et personne n’avait hâte de toucher terre ! Nous étions bien sur notre petite île, nous vaquions à nos occupations diverses. Nous naviguions avec 3 ris dans la grand-voile et sans voile avant, afin de freiner notre progression, car sans ça, nous arrivions à Mindelo le jeudi en début de nuit, et c’était dangereux, il y a des épaves, des rochers, des feux/phares hors fonction…

Dans l’après-midi, Stéphane a vu un bateau sur l’AIS qui se comportait bizarrement. Il était à moins de 2 miles, il le cherchait aux jumelles mais en vain. Il avait l’air de reculer, mais l’AIS montrait bien qu’ils allaient dans le même sens que nous. Ca le travaillait. Puis voilà qu’ils nous appellent par VHF, nous demandant si nous les voyions sur l’AIS. ROSE est un bateau à rames, voilà pourquoi nous ne le voyions pas et qu’il n’avançait pas comme un bateau ! Ils avaient des problèmes d’énergie et parfois d’AIS et voulaient aller faire escale pour réparations. Ils nous ont demandé notre destination et les coordonnées du port. Partis du Portugal pour rejoindre la Guyanne française, ils avaient certes des cartes maritimes, mais pas forcément les cartes détaillées des îles dont ils n’étaient pas censés visiter.
Ne sachant pas vraiment quels étaient leur problème d’énergie (lumières de signalisation ?) et qu’ils se souciaient d’être vus sur AIS (ça utilise également de l’énergie), nous avons écrit un message à chaque participant de l’Odyssey d’avoir un œil ouvert sur eux.

Et voilà qu’à la tombée de la nuit, le vent fraîchi à nouveau ! On pourrait dire que c’est psychologique, mais non, l’anémomètre nous confirmait les 5 nœuds de plus. Lors de mon premier quart, je calculais l’heure d’arrivée et me souciait d’arriver à l’aube ! Mais le vent est tombé petit à petit pendant la nuit et finalement nous avions trop freinés. Nous sommes arrivés à Mindelo à midi, accueillis par Jimmy et son épouse Gwenda, puis aidés par 4 marineros pour l’amarrage!
1ère étape finie, nous étions heureux, nous allions pouvoir bien dormir quelques nuits ! Nous avions hâte d’accueillir les autres participants de l’Odyssey. Car nous sommes un groupe, et même un tout petit groupe, et pour moi, tant que tous ne sont pas là, nous ne sommes pas arrivés ! SANDRO (AU) est arrivé moins de 4 heures après nous, suivis de TUBALCAIN (F) juste avant la tombée de la nuit. SINA n’était pas loin et ils ont dû s’arrêter pour attendre le lever du jour pour entrer dans la baie où se trouve le port. SINA (D), SERENITY (D) puis WILDERNESS (GB) sont arrivés le matin et que ce fut bon de tous se retrouver ! Nous nous prenions dans les bras, chacun racontant cette première horrible nuit!
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