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17.01.2018 Le grand départ

publié le 19 janv. 2018 à 02:25 par Sailing Olena   [ mis à jour : 30 sept. 2018 à 12:41 ]

Dieter étant arrivé le jour avant notre départ de Tenerife, nous ne voulions pas réitérer ce fait. En partant plus tôt, nous espérons que Dieter ait un peu de temps pour visiter la Barbade avant son vol de retour, prévu le 3 février. C'est donc seul, que nous partons de Mindelo.

10h15, les moteurs ronronnent. Les marineros nous enlèvent leur nœud à la bouée bâbord, et la lâchent, alors que c'était l'amarre que nous voulions lâcher en dernier, celle-ci nous maintenant à distance de SANDRO, amarrés à tribord. J'essaye de détacher l'amarre sur la bouée tribord, elle est tendue et bien entortillée. Les amarres arrière déjà loin, Stéphane me voyant tirer l'amarre croyant les marineros vers moi et l'amarre déjà loin se met à sortir de notre place. Ce fut chaud, je n'ai trouvé d'autre solution que de jeter le bout avec la boucle et le nœud, espérant qu'il passe par la boucle de la bouée, tout en entendant TUBALCAIN qui criait qu'il fallait couper la corde. J'ai eu de la chance, la boucle a passé, j'ai pu monter la corde à bord.

Nos amis étaient tous sur leurs bateaux, munis de leur corne de brume, on se faisait de gros signes d'adieux.

Dans l'avant-port, on s'arrête, range barbotages et cordages et on se prépare à sortir la grand-voile. Comme d'habitude, c'est en pleine manœuvre que les enfants décident de se disputer assez violement et Stéphane a dû rentrer dans le carré pour y faire régner l'ordre. Il retourne à son poste de pilotage en vitesse et se frappe violement le tibia contre un coin. La blessure n'est pas belle à voir, il a un trou de bien 2cm de long. A la première vue, j'ai dit de retourner au port, on ne peut pas partir 15 jours loin de tout avec une blessure pareille. Puis il m'explique que c'est une plaie par éclatement, donc pas si grave.

La blessure pansée, la voile dehors, nous voilà partis. Nous avions 7-8 Beaufort, comme annoncé et quelques rafales. Grâce aux îles, les vagues n’étaient pas trop grandes. Puis, au sud de Santo Antão, les rafales fortes déferlaient, nous avons immédiatement passé de 2 à 3 ris. J'en ai eu une de 50.2 nœuds quand j'étais à la barre! L'anémomètre a enregistré la plus forte à 52.3 nœuds ! Nous avions un vent de 7-8 et des rafales de 10 ! Le vent arrière toujours tournant, la mer croisée, ce n'est pas facile à barrer, on a les yeux fixés sur l'anémomètre, mais parfois, ça tourne si vite que les empannages involontaires arrivent. J'étais en bas et j'entends un énorme bruit, c'était un empannage involontaire et la corde à laquelle nous avions fixé la bôme à l'avant afin d'éviter qu'elle passe violement de l'autre côté lors d'un empannage involontaire s'est cassée ! La bôme a changé de côté violement et nous avons eu, heureusement, que quelques petits dégâts. Nous avons empanné et cap au sud, loin de l'île !

Alors que Dieter était couché à la pointe avant afin de sortir des cordes de réserve afin de remplacer les cordes cassées (Ris 2, fixation de la bôme, fixation arrière du lazy bag que je venais de changer à Las Palmas…) voilà que 2 vagues déferlent sur le bateau. Dieter était trempé ! Et moi qui avais répondu à Stéph, alors qu'il m'a demandé d'aller chercher les cordes, qu'il attendait que j'étais sèche pour me renvoyer à me faire mouiller, je ne m'attendais quand même pas à des vagues pareilles.

Nous avons fait les réparations les plus urgentes et déjà ce fut la nuit. Toujours 7-8 Beaufort, toujours des rafales mais moins fortes, heureusement, et toujours cette mer croisée. Où sont les alizées ? J'ai hâte de les trouver.

Avec une mer pareille, vous vous imaginez bien l'état des 2 filles. Elles passent la journée couchées à divers endroits puis font quelques pauses pour se vider l'estomac, les pauvres. J'espère qu'au 3-4ème jour, que ça passera, car Cyliane s'entête à ne pas vouloir prendre de médicament. De nuit, ça va mieux, elles peuvent voir la TV et se portent mieux, et elles dorment bien. Depuis la rentrée, elles n'ont pas beaucoup travaillé pour l'école.

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