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14.11.2017 Détroit de Gibraltar

publié le 20 nov. 2017 à 14:59 par Sailing Olena   [ mis à jour : 30 sept. 2018 à 12:00 ]

Ce mardi, dès que nous avions reçu, déballé et stocké nos batteries (nous les remplaceront dans un autre port), nous prenions le large pour passer le fameux détroit de Gibraltar. A minuit nuis avions encore regardé différents sites de météo et téléchargé des fichiers grip, tout semblait être OK pour une bonne traversée avec peu de vent dans le dos, quant aux courants, ça devait être passable. Départ à 11h50 sous moteur, nous pensions être derrière nos amis du Neo II. Nous allions longer la côte espagnole, assez loin de la « route » des cargos.

Dans les passages très fréquentés (certains caps et détroits), il y a des routes pour les cargos, pour que les croisements se fassent sans heurts. Entre les 2 voies, il y a une bonne distance, genre ligne blanche de 0.5 mile nautique (près d’un kilomètre) pour des voies d’un peu moins de 2 miles nautique chacune.

Nous avons été surpris par le vent, que nous avions dans le nez ! A 180° par rapport à la météo. A peine sorti de la baie de Gibraltar, 20 nœuds de vent à contre-sens, qu’allions nous trouver à Tarifa, l’autre extrémité du détroit, connu pour avoir un peu moins du double de vent qu’à Gibraltar ? Quant au courant, on a bien vu le changement de direction selon la marée, mais il n’était pas très fort, donc OK. C’est là que nous apprenons que Neo II est resté au port, apparemment ils ont regardé la météo le matin même et ce n’était plus bon, alors que Stéphane avait encore pris la feuille météo le matin à la capitainerie qui donnait les mêmes prévisions que ce que nous avions eu la nuit. Tant pis, on continue, on verra bien. Quant à Neo II, petit bateau de 8m avec un moteur bien moins puissant que les nôtres, ils avaient pris une sage décision.

C’est au moteur que nous avançons, petit à petit, à contre-vent, mais la force du vent décroissait assez rapidement, alors que le contre-courant augmentait un petit peu. L’avantage d’avoir le vent 180° à l’opposé que la prédiction météo, est que le vent et le courant avaient la même direction, ce qui rend la surface de la mer normale. Quand courant et vent sont contraires, et plus ils sont forts l’un l’autre, plus la mer est agitée et ce ne sont pas des vagues normales ! Je n’arrive pas vraiment à décrire à quoi ça ressemble, peut être à l’eau qui bout? Bref, nous n’avions pas ça et ce fut tant-mieux ! Nous arrivons à Tarifa, le point le plus étroit du détroit, endroit connu pour avoir beaucoup de vent et de courant. Et nous avions la bonne surprise d’avoir que 7-8 nœuds de vent (toujours en plein nez) et un max de 3 nœuds de contre-courant. Le passage du détroit de Gibraltar fut pour nous, dans ces conditions, un passage très facile, semblable à quand on longe une côte avec juste un peu plus de courant.

On avait beau avoir passé le point le plus étroit du détroit, qui fait quand même une largeur de  14.4 km, nous n’étions pas encore en pleine mer, loin de toute circulation. Car à l’avant du détroit, il y a une autre zone qui comporte une « route à cargos », et il nous fallait la traverser, et de préférence avant la tombée de la nuit. On voyait les ferrys rapide le faire, mais eux naviguent à 25 nœuds et passent facilement entre tous ces cargos, qui naviguent 2x plus vite que nous, voir même plus. Mais on a trouvé rapidement un espace assez large entre 2 cargos pour pouvoir traverser et dans le sens inverse, il n’y avait casi plus de circulation.

La côte marocaine était proche, on voyait bien Tanger, ville que j’aurais bien voulu visiter, mais nous n’avions pas le temps malheureusement. Il y avait aussi Barbade, une ville en Espagne après le détroit qui vaut le détour, mais pareil, si nous voulions passer 1 semaine à Madère, il nous fallait faire de l’avance.

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