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2017-18 Gibraltar-transat

Revue de la transatlantique

publié le 15 févr. 2018 à 20:01 par Sailing Olena   [ mis à jour : 30 sept. 2018 à 13:00 ]

Ce fut une expérience bien sympathique et contrairement à ce que beaucoup pensent, pas ennuyeuse du tout. 13 jours de grand bleu, sans voir la terre n’est pas ennuyeux. Le bruit des vagues (quand elles ne tapent pas) est apaisant, les formes changeantes des vagues avec les sauts des poissons volants agréables à regarder. Et il y a toujours quelque chose à faire, que ce soit avec les enfants, du ménage, de la cuisine, des réparations… et tout ceci en naviguant 24/24h. Mais nous avons le temps, ici il n’y a pas de stress.

Les alizées n’étaient pas ce que nous imaginions. Nous avions entendu tant d’histoires nous contant qu’on réglait les voiles une fois et ne les touchions plus pendant 2 semaines. Le vent était changeant, en force et en direction. Pour la direction, il tournait d’une dizaine voire d’une vingtaine de degrés. Nous devions régulièrement nous occuper des voiles. Puis arriva les squals (grains ?), ce qui nous faisait encore plus nous occuper des voiles.

Jimmy avait averti que chaque bateau aurait des casses, nous n’avons pas fait exception à la règle. Stéphane est monté 2x dans le mât jusqu’aux premières barres de flèche pour y remettre une ampoule qu’on a retrouvé par 2 reprises sur le tampoline. Je vais essayer de lister tout ce que nous avons eu comme casse :

  • Les 2 sangles de survie sous la coque – usure de la couture

  • La corde du 2ème ris - la gaine s’est soudée à la corde au niveau du coinceur, ce qui a déchiré la gaine un peu plus loin. La corde avait été neuve à l’achat du bateau, c’est le résultat de l’empannage involontaire

  • La corde à laquelle nous fixions la retenue de bôme – peut-être était-elle pas assez épaisse

  • Fixation arrière du lazy-bag – je l’avais remplacé à Las Palmas, je suppose qu’elle s’est frottée contre la bôme jusqu’à se coupe

  • Sangle de retenue de la grand-voile sur la bôme – nous l’avions fait réparer à Santa Cruz, je suppose que le fil utilisé n’était pas assez résistant

  • Parasailor déchiré – selon les conseils du vendeur, nous l’avons utilisé avec la grand-voile, qui lui enlevait le vent, même avec 3 ris. Il a dû s’accrocher à quelque chose quand il s’est déventé et aplati contre le mât, ce qui l’a déchiré. Nous avons contacté un loup de mer allemand très connu (Bobby Schenk) qui a navigué avec un cat sous Parasailor pendant des années, jamais il l’a utilisé avec la grand-voile, exactement pour cette raison

  • Coutures de la bande anti-uv de notre Code 0 (ou Gennaker ?) – là c’est certainement dû à l’âge, donc de l’usure normale. J’ai recousu une bonne partie du bas lors de la traversée, mais l’ancienne couture a continué de lâcher, ainsi que sur toute la partie arrière

  • Le crochet qui relie l’enrouleur du Code 0 (ou Gennaker ?) au bout dehors (barre au milieu à l’avant du bateau qui est plus longue que le bateau) – ce crochet en métal est attaché à une boucle métallique, avec les mouvements et le temps, la matière s’use

  • Les filets des filières qui se déchirent par endroit – certains sont dû à l’utilisation d’un acide non approprié il y a bien longtemps, d’autres par le frottement de cordes le frôlant

  • Perte de la bâche du gril – ça doit être le nœud qui s’est défait avec le temps

  • Perte de leurres de pêche – ça arrive quand on oublie qu’on traîne et qu’on fait des manœuvres au moteur, quand on attrape un trop gros poisson pour notre fil, ou quand trop d’algues (saragosse) s’y accrochent.

A part pour le Parasailor, on ne peut pas se plaindre de nos casses, pour une transatlantique où nous avons navigué plus ou moins 3 semaines 24h/24, ce n’est rien d’anormal. Quant au Parasailor, à chaque fois nous avions peiné à cause de la grand-voile et continuions de suivre les conseils du vendeur. Nous aurions dû contacter Bobby Schenk plus tôt.

Nous sommes heureux d’avoir fait cette traversée en groupe avec l’Odyssey de Jimmy Cornell. Certes ça a un prix (moins cher que l’ARC), mais ça nous donne un peu plus de sécurité, malgré qu’en mer, nous sommes seuls sur notre bateau et bien loin des autres. Il est toujours apaisant de savoir qu’en cas de pépin, l’équipe de Jimmy est joignable 24h/24 et se met en quatre pour nous aider. Pour pouvoir participer, un certain nombre de matériel de sécurité était nécessaire, et tous les points de sécurité ont été contrôlés sur chaque bateau par Jimmy en personne. Nous recevions quotidiennement la météo et la position des autres participants. Avant le départ, au Cap Vert ainsi qu’à l’arrivée, nous avions des activités et visites en commun.

Tout a une fin, et nous avons participé à la dernière édition du Carribean Odyssey. Jimmy ayant passé l’âge de la retraite depuis de nombreuses années et ses enfants ne voulant pas reprendre, il  n’y aura plus de nouvelle édition. Mais Jimmy a plein d’idées, de projets… pour ceux qui ça intéresse, il n’y a qu’à le suivre sur son site cornellsailing.com.

En attendant nous voulions remercier Jimmy & Gwenda, ainsi que leur fille Doina. Non seulement pour leur soutien et leur gentillesse, mais aussi pour toutes ces nouvelles amitiés qu’on s’est faites, grâce à l’Odyssey. Nous étions un tout petit groupe de 6 bateaux, rejoints par un 7ème à la Barbade. Ca fait peu de monde et nous nous sommes de suite soudé en une équipe d’amis. Jimmy nous avait fait la remarque que c’est ce qu’il espérait avec ses Odyssey, mais ça n’a pas toujours été le cas. Avec nous, il sentait l’amitié et le soutient que nous nous donnions et qu’il était fier de nous. Nous sommes fiers d’avoir fait partie de cette équipe et heureux d’avoir fait la connaissance de gens fantastiques. Nous étions une chouette équipe ! Ça restera un moment fort de notre voyage.

Plongée et cérémonie de clôture

publié le 4 févr. 2018 à 09:41 par Sailing Olena   [ mis à jour : 30 sept. 2018 à 12:59 ]

Voilà, la dernière journée de l’Odyssey et jour de départ de Dieter est arrivée, ça a passé si vite ! SINA et SERENITY sont entrés au port de la ville, avec l’aide de SANDRO pour les bouées, nous avons vaqué à nos occupations sur le bateau. Dieter a fait ses bagages, Lotti a nagé jusqu’à la plage avec les enfants, puis ils ont fait un peu d’école à l’aide de Lotti pour rattraper les jours qu’ils n’ont pas pu en faire lors de la traversée car trop mal.

Puis voilà qu’Andreas de PICO vient nous demander s’ils peuvent accrocher leur annexe à notre bateau le temps d’aller plonger. J’ai droit demandé si je pouvais les accompagner, Stéphane ne pouvant pas plonger car il doit toujours pas mouiller sa plaie. Moins d’une heure plus tard, nous entamions la plongée depuis Olena. A environ 150m, il y aurait 6 épaves, il y a une zone fermée par des cordages et flotteurs, où un grand nombre de bateaux de touristes viennent plusieurs fois par jour y déposer plongeurs et snorkleurs. Sandra et Andreas ont aussi plusieurs centaines de plongée à leur actif et nous avons eu, tous trois une superbe plongée de 70 minutes. Nous avons trouvé 3 épaves, habitées par de grands bancs de poissons.

A peine hors de l’eau et en train de rincer mon matériel à l’eau douce, voilà 2 annexes qui arrivent, WILDERNESS et leurs amis SOPHIE, une famille américaine, avec un garçon de 14 et une fille de 10 ans, partis en 2012 des Etats unis avec le même bateau que nous en plus grand. Ils sont venus nous saluer et nous dire qu’ils seront au Club le soir.

Et voilà que Jean-Paul de TUBALCAIN nous demande de venir les chercher, car il s’était proposé de nous refiler les tuyaux pour les Antilles, où aller et où ne pas aller. Françoise et Jean-Paul sont donc venus boire un café avec leurs guides et bons conseils. Puis ce fut l’heure de se rendre à la cérémonie de clôture au Yacht Club.

Nous étions les 6 bateaux + PICO + SOPHIE. Jimmy a distribué des certificats aux enfants, Timeo était très fier, même s’il ne sait pas ce que c’est. Puis ce fut l’apéro, de petits groupes se formaient se racontant ce qui s’était passé sur les bateaux lors de la traversée. Les enfants ont joué dans le sable avec Lotti et Paul et ont préparé une table de petits gâteaux magnifiques. En arrivant, j’ai d’abord vraiment cru qu’il s’agissait de nourriture avant de voir que c’était du sable et des fleurs. Je n’ai pas été la seule à m’être fait avoir. Les enfants étaient fiers d’appeler les uns après les autres pour montrer leurs œuvres.

L’arrivée des autres bateaux de l’Odyssey et des visites

publié le 4 févr. 2018 à 09:41 par Sailing Olena   [ mis à jour : 30 sept. 2018 à 13:05 ]

Jeudi matin, SANDRO (AUS) était en vue, et c’est tout excités que nous sommes allés en annexe, munis de notre corne de brume et caméra, les saluer au large. Nous les avons accompagnés dans le port de quarantaine. Les retrouvailles furent une joie !

Puis mon téléphone (carte sim locale) se met à sonner, le chauffeur de taxi de nos amis nous demandant où nous sommes. Nous savions qu’ils arrivaient à Miami le 31 janvier, et eux savaient qu’une cabine serait prête pour eux dès le 5 février (Dieter restant jusqu’au 3). Je lui réponds en l’informant qu’on va changer de port etc… et voilà qu’il s’énerve « je les pose où eux et leurs bagages ? ». Heu… on est pas le 5, rien n’est prêt ! Nous avions tiré les enfants du lit, mangé en vitesse et parti en laissant le bateau sens-dessus-dessous pour accueillir SANDRO et nous allions revenir avec 2 personnes de plus. Mais avant ça, nous étions bloqués, à quelques kilomètres d’OLENA. Nous les avons envoyé au Radisson, juste à côté du Yacht Club nous attendre.
C’est bien deux heures plus tard que nous avons retrouvés Lotti & Paul, avec beaucoup de plaisir. En fait, ils avaient réservé une chambre au Hilton pour quelques nuits, mais ont été bloqués à l’aéroport un peu plus long que prévu, car tous les bagages ne sont pas arrivés. Puis dans un autre hôtel, plein également, la réception se sont donné la peine d’en appeler d’autres, pour finir par trouver une chambre bien chère quelque part.
De retour sur Olena, toujours sens-dessus-dessous, les filles ont vidé leur chambre en toute vitesse, déposant jouets, sacs d’habits sur le bureau entre les 2 chambres. Les 3 enfants ont dormi en travers dans notre lit et nous avons pris le lit de Timeo. Pour quelques nuits, surtout quand les enfants sont bien fatigués et s’endorment vite, ça va bien.
Quant à la valise, on avait organisé sa livraison au Yacht Club et c’est 2 jours plus tard qu’elle est arrivée.

Puis voilà TUBALCAIN (F) qui est en vue ! C’est à nouveau tout excités que nous leur avons réservé le même accueil en mer que SANDRO, sauf que nous ne pouvions pas les accompagner au port de quarantaine, SANDRO ayant fini avec les formalités, ils se rendaient au port de la ville et le pont était censé ouvrir à 16h15. N’ayant aucun Marinero là-bas et l’avant des bateaux étant attachés à des bouées, nous devions aller les aider. Sandro tournait dans le canal de l’avant-port, la place d’amarrage d’attente étant déjà prise. Le pont est resté clos, personne dans la cabine pour le manœuvrer et un bateau pour touristes était amarré devant l’entrée. SANDRO a fini par nous rejoindre au mouillage pour la nuit.

SERENITY (D) devait arriver pendant la nuit. Vers minuit, je cherche où ils se trouvent, je ne les vois pas au large sur AIS, selon cornellsailing il leur restait 16 milles quelques heures auparavant, pour finir je les vois sur marinetraffic, à l’ancre derrière nous ! Eh oui, c’est bien eux, ils sont là et tout est déjà éteint. Trop tard pour les accueillir.

Le lendemain matin, on réitérait l’accueil en mer de SINA, avant de bifurquer au port de la ville, aider SANDRO et TUBALCAIN. Le pont était censé ouvrir à 11heures. Les bateaux de touristes en mer, SANDRO a pu s’amarrer pour attendre l’ouverture du port, TUBALCAIN est venu s’amarrer en couple. Midi passe, toujours personne. TUBALCAIN se rend au mouillage, car ils prévoient de partir pour la Martinique dimanche matin et ils ne veulent prendre le risque de rester bloqué au port.
C’est vers 12h30 qu’enfin le pont s’ouvre et SANDRO va s’amarrer avec notre aide pour les bouées.

Dieter nous avait rejoint, partis du Yacht Club à pied, il avait acheté quelques légumes et fruits au marché. Car depuis notre arrivée, nous n’avions encore pas mis les pieds dans un magasin. Nous sommes allés un peu plus loin le long du canal pour amarrer notre annexe à une échelle, juste en face d’un supermarché. J’ai été surpris par les prix, tout est cher ! J’ai acheté 6 pommes, un peu de brocoli, 2kg de pommes de terre, 30 œufs et de la viande (là, le prix était moitié prix par rapport à la maison), j’en ai eu pour 50€, dont 15 pour la viande, donc imaginez le prix des fruits et légumes ! Et nous n’étions pas dans un truc pour touristes, c’était bourré de Bajans (habitants de la Barbade). Au marché, un ananas coûte 7€.

SINA et SANDRO sont venus au mouillage, et le soir, nous nous sommes tous, sauf WILDERNESS (GB, toujours en mer), retrouvés avec Jimmy et Gwenda au Yacht Club. Que ça fait plaisir d’être à nouveau ensemble ! Nous ne nous connaissions pas avant janvier, mais faisant partie du même Odyssey, en plus en si petit groupe, nous nous sommes de suite liés d’amitié, ce sont tous des gens super sympa, et d’avoir fait cette aventure de plus de 5’600km ensemble, ça lie !

WILDERNESS est arrivé samedi, nous avons à plusieurs reprises essayé de les voir arriver, sans succès. Ils sont arrivés de nuit, n’ont pas osé venir ancrer, en général on n’a pas le droit d’ancrer avec le pavillon jaune (quarantaine = formalités douanières pas encore effectuées), mais Jimmy pouvait recevoir une autorisation pour cela. Ils ont dont passé bien au large et ont tourné aux alentours attendant le jour pour rentrer au port.

Visite des alentours

publié le 4 févr. 2018 à 09:39 par Sailing Olena   [ mis à jour : 30 sept. 2018 à 12:54 ]

Comme aucun autre bateau de l’Odyssey arrivait le lendemain de notre arrivée, nous en avons profité pour visiter les alentours avant le départ de Dieter. Un taxi nous attendait au Yacht Club où nous avions laissé l’annexe et attendu le temps que Stéphane remplisse les papiers pour en devenir membre. Il nous proposait un tour de l’île, mais le prix du taxi fut excessivement cher, 250€ pour la journée ! Bienvenue aux Caraïbes ! Dieter ne voulait pas d’un tour de l’île, plutôt d’une demi-journée et visite d’une distillerie de Rhum. Nous nous sommes rendus au nord de Bridgetown pour visiter le centre touristique de la distillerie Mount Gray, un des rhum local.
Les visites se faisaient en groupe, nous avons d’abord eu droit à avoir quelques explications sur l’histoire de la canne à sucre à la Barbade jusqu’à la fabrication du rhum local. Nous avons pu goûter la mélasse, qui n’a pas le goût de celle qu’on peut acheter chez nous, ici elle est amère et pas très douce. Apparemment, elle est bonne pour la santé ! Puis nous avons vu un petit film pour finir vers le coin dégustation, où la guide remplissait nos verres sans arrêt pour goûter plein de rhum différents, en nous expliquant bien les différences entre chaque. D’abord nous le sentions, essayant de trouver les différents arômes qui s’en dégagent (fruits, caramel…) puis nous goûtions. Ce fut super intéressant, même pour moi qui ne bois pas d’alcool. Je les ai tous goûtés, Dieter et Stéphane ont fini mes verres. Puis nous sommes passés au bar, où nous avons continué de déguster leurs rhums et cocktails. C’était un peu ennuyant pour les enfants, mais ils ont été super.

Au retour, le chauffeur nous a fait passer par la Rihanna drive, c’est la rue dans laquelle la chanteuse a grandi, nous avons pu faire quelques photos de sa maison.

Puis nous nous sommes arrêtés dans une fabrique de cigares. J’étais assez rétissante, mais bon, on y est, on y va, et surprise, ce fut super intéressant. On se croyait dans un film de la Havane, les femmes fabriquant des cigares à la main, dans une grande salle au chaud. Elles ont eu très plaisir à la visite des enfants et nous ont tout montré. La Barbade n’a pas de plantation de tabac, c’est importé de Cuba et Costa Rica, il est donc surprenant d’avoir des cigares faits à la Barbade.

Le taxi nous a déposés au centre-ville, nous délestant de 125€, d’où nous avons continué notre visite à pied. Il y a plein de petits stands vendant des fruits, légumes bibelots. Stands fabriqués parfois avec un chariot de supermarché surmonté d’une planche.

A notre retour au Yacht Club, il s’est mis à pleuvoir et nous voulions nous rendre à un bar boire quelque chose le temps que ça passe. Nous étions tombés au Boatyard, une sorte de Club, où on paye une entrée de 25€ par personne (Elina et Cyliane également), mais 20€ sont crédités sur une carte pour payer les consommations. Ce ne fut pas bon marché, mais ce fut très sympa. Nous étions un peu tard pour aller nager avec les tortues (c’est à côté de notre mouillage), mais nous avions tout le reste, la plage, les parasols, les chaises longues, les trampolines sur eau, sauter dans l’eau avec une corde (genre Tarzan)… Les enfants se sont régalés. D’habitude, les loulous réclament qu’ils préfèrent la piscine à la plage, et là, dès le lendemain ils nous demandaient quand nous retournions à cette « piscine ».

L’arrivée à la Barbade

publié le 4 févr. 2018 à 09:37 par Sailing Olena   [ mis à jour : 30 sept. 2018 à 12:53 ]

Nous sommes près de l’île, mais pas de terre en vue. Jusque-là, nous étions toujours arrivés vers des îles volcaniques et nous voyions l’île au loin, là, ce ne fut pas le cas, l’île est plate.
Nous avons quand même fini par la voir et nous en sommes rapprochés pour ne pas passer sur les hauts fonds, annoncés comme étant turbulents, malgré les 60m de profondeur. Nous avons contourné l’île pour nous rendre au port de quarantaine de Bridgetown, où Jimmy et Gwenda nous attendaient. Les retrouvailles font toujours chaud au cœur.
Pendant l’attente de l’arrivée de l’agent pour les formalités, une annexe est venue s’amarrer vers nous et nous souhaiter la bienvenue. Ce fut Andreas de PICO, un voilier de l’Odyssey de novembre, qui n’a malheureusement pas pu partir avec les autres à cause de problèmes techniques. Jimmy voulait les mettre dans notre groupe, mais ils en avaient marre de Santa Cruz et sont partis seuls en décembre. Ayant toujours des problèmes techniques, ils sont encore là et se joindront à nous pour la cérémonie de clôture.

Les formalités ont pris du temps, il y avait beaucoup de papiers à remplir, plusieurs bureaux à visiter, heureusement tous dans le même petit bâtiment.

Pendant tout ce temps, Olena s’était transformé en pendoir pour tout le linge et couvertures lavés à l’aube.

Peu avant le coucher de soleil, nous avons pu nous rendre dans la baie, en face du yacht club pour mouiller. Il y a bien un tout petit port à Bridgetown, mais il y a un pont levis pour y rentrer (lequel à donne le nom de cette ville) et il n’est pas assez large pour nous. Nous sommes en face de la plage, dans des eaux turquoises dignes d’une carte postale. On peine à croire qu’on y est ! Je regarde mes photos et dit à Stéph « je veux aller là-bas en vacances ! », mais on y est !!!

Dès la nuit tombée, Stéphane est allé chercher Jimmy et Gwenda sur la plage, que nous avions invités à manger la fondue chinoise à bord. Eh oui, nous avions gardé un filet sous-vide pour l’occasion. Je précise que nous n’avons pas de congélateur, ou plutôt il y en a un que nous utilisons en mode frigo, qu’on peut mettre en mode congél si on pêche un trop gros poisson. Le repas fut bon et bien sympa. Dieter et Stéphane ont ramené nos invités à la plage et sont revenus trempés. Il y a des vagues pas sympas et l’échouage sur la plage n’est pas facile. Mais nous n’avons pas d’autre choix, Stéph a arpenté la plage le lendemain, il n’y a rien d’autre.

On arrive !

publié le 4 févr. 2018 à 09:36 par Sailing Olena   [ mis à jour : 30 sept. 2018 à 12:52 ]

Peu de milles nous sépare de la Barbade, on va arriver de jour ! Nous sommes contents, sans pourtant être excités comme je l’aurais imaginé. Le dernier soir, une fois les enfants devant leur film, Stéph et moi étions assis à la barre discutant, et ceci une bonne partie de mon premier quart. Quand ce fut son heure de quart, il n’a pas entendu son réveil vu qu’il n’était pas couché depuis longtemps. Comme j’étais en pleine forme, j’ai fait son premier quart, ce n’était pas la première fois, on est flexible, pourquoi réveiller l’un quand l’autre va bien. Nous avons échangé nos deuxièmes quarts, afin de me laisser dormir un peu moins de 4 heures. Malheureusement, il n’en a pas été ainsi. 2h30, dormant profondément je me ramasse plusieurs dizaines litres d’eau de mer sur le corps. Ce fut un réveil brutal, se sachant sur un bateau, on pense de suite à des choses graves. Et avec un réveil pareil, il est normal de s’entendre hurler. Stéphane arrive en trombe dans notre chambre à coucher pour me voir assise sur notre lit dans une baignoire d’eau de mer.

Stéphane veut toujours aérer en faisant courant d’air, donc il ouvre les hublots du haut et aussi ceux sur les côtés. Je le fais dans la douche, mais j’ai vite remarqué que même avec la main sur le hublot, quand une vague veut entrer, on n’a pas le temps de le fermer. Mais lui, il aime aérer et d’avoir oublié de fermer celle de la douche et trempé tous les linges de bains pliés rangés là-bas ne lui a rien appris. Il a ouvert la chambre à coucher et oublié de refermer, le hublot était en bas, j’ai pas vu qu’il n’était pas fermé. Il a fallu plusieurs heures jusqu’à ce qu’une vague tape à l’endroit du hublot.

J’ai pris tout ce qui me tombait sous la main pour éponger, Stéphane faisant les voyages avec des sceaux pour amener les choses trempées dehors. Il y en avait même dans les compartiments sous le lit ! Une grande chance que j’avais munis tous les matelas du bateau par des alèses. L’eau a mouillé les matelas que sur les rebords et la housse des matelas s’enlèvent avec une fermeture éclair. J’ai passé mon petit matin à faire 3 lessives et dû abandonner mon projet initial de faire une tresse et une tourte aux carottes. Nous devons tout rincer, l’eau salée ne sèche pas, j’avais essayé avec les housses de matelas, car j’avais peur de les abîmer, je n’ai eu d’autre choix que de les mettre en mode rinçage dans la machine.
Jusqu’au soir, nous avions à nouveau notre lit, et le lavage de nos draps a été avancé de quelques jours.

Températures

publié le 28 janv. 2018 à 14:00 par Sailing Olena   [ mis à jour : 30 sept. 2018 à 12:51 ]

De Tenerife à Mindelo, étonnamment, chaque nuit nous avions de plus en plus froid. Au départ de Mindelo, les premières nuits nous étions encore emmitouflés dans nos pulls, vestes et pantalons de pluie. Depuis la fin de la 2ème semaine, il fait de plus en plus chaud, l'eau a déjà dépassé les 25°, la journée il fait dans les 28°, mais avec le vent de l'arrière, nous n'avons pas trop chaud, et souvent c'est nuageux. Par contre, par ciel bleu, le soleil tape fort !

Petits bobos

publié le 28 janv. 2018 à 13:59 par Sailing Olena   [ mis à jour : 30 sept. 2018 à 12:49 ]

La plaie de Stéphane s'est bien fermée, mais 8 jours plus tard, elle a commencé à s'infecter. Il est enflé jusqu'au pied, et le pourtour de la plaie est rouge. Heureusement, notre pédiatre nous a bien organisé notre pharmacie de bord, les antibiotiques et bains de pieds dans l'eau salée font effet.

Quant à moi, ce sont le bras et les orteils. A Mindelo, je faisais l'andouille avec Timeo et une vague m'a fait basculer, je me suis retenue du bras contre un coin, pendant quelques heures j'ai bien cru m'être cassé le bras. Heureusement, ce n'était qu'une grosse contusion.

En tirant sur les amarres pour tirer notre bateau plus près du ponton, un à-coup de cordage m'a fait glisser et j'ai frappé mon pied droit nu violement contre la barre métallique du bord du ponton. Résultat, un orteil bleu-violacé et près du double de l'épaisseur. C'est l'orteil que je m'étais déjà cassé, là je ne pense pas qu'il le soit à nouveau, malgré que la douleur soit plus forte.

De nuit après nos grosses pluies, j'ai chaussé mes crocs, pour ne pas être pieds nus sur le bois mouillé. Voilà que je glisse en bas des escaliers et me tape fortement contre le rebord de la porte. Et voilà un deuxième orteil bleu-violacé et du double d'épaisseur, à l'autre pied cette-fois. J'aurais mieux fait d'être restée pieds nus, je n'aurais pas glissé!

La 2ème semaine

publié le 28 janv. 2018 à 13:55 par Sailing Olena   [ mis à jour : 30 sept. 2018 à 12:52 ]

Les jours et les nuits se succèdent. La lune est de plus en plus présente en première partie de la nuit.

Les journées passent vite, il y a toujours de quoi faire. Les filles travaillent leurs cours, Timeo joue et danse. Nous les passons entre la navigation, la cuisine et les réparations. Souvent la nuit, je fais du pain. Entre les pains, tresses, petits pains genre bretzel, je me suis mise au pain cuit dans la cocotte-minute. Ça fonctionne !

Lundi le vent était très instable et très faible. Nous avons fait plusieurs heures au moteur. Mardi nous avons croisé un cargo d'assez près, ça fait plaisir quand on a plus vu de bateau à l'œil nu depuis le jour de notre départ, et le dernier en vue sur AIS était le lendemain de notre départ. Le même jour dès la tombée de la nuit, je distingue une lumière verte à bâbord, un bateau ! Quelques heures plus tard, il nous contacte par VHF, c'est un voilier allemand, LEONORA, parti de Sal (île du Cap Vert le plus à l'est) 8 jours auparavant et se rendant en Martinique. Nous étions le premier bateau qu'ils croisaient. Ce fut un échange bien sympa et nous espérons les croiser aux Caraïbes.

Mercredi, nous avons navigué bien 7 heures au moteur, malgré un bon vent. Nous avons dû affaler le Code 0 pour recoudre certaines coutures de la bande anti UV qui ont lâché. Ma machine à coudre faisant la moue, les hommes ont d'abord passé leur temps à la démonter pour y faire un service avant de m'aider à recoudre la voile sur plusieurs mètres et à différents endroits. Nous en avons aussi profité de réparer certains trous.

Hisser cette voile à moitié ouverte avec ce vent (normalement on l'enroule pour la fermer, mais on l'avait ouverte pour la recoudre et on ne peut enrouler une voile si grande dans un espace si petit correctement) fut du sport et j'étais bien heureuse d'avoir 2 hommes forts à bord.

Depuis vendredi, nous rencontrons beaucoup de squals. Ce sont des nuages tout noirs, sous lesquels il y a beaucoup de vent, parfois beaucoup de pluie. C'est souvent la nuit qu'ils arrivent, noyant le bateau sous des torrents d'eau et doublant presque la force du vent. Ceux chargés de pluie (avec les vents plus violents) sont visibles au radar, nous devons donc plus le surveiller ainsi que le ciel afin de réduire les voiles à temps. Samedi après-midi, un squal nous a même tourné le vent de près de 180°, nous avions du contrevent !

Presque chaque jour nous voyons des oiseaux, même en plein milieu de l'Atlantique. On y voit des hirondelles avec une bande blanche séparant le corps de la queue, et des oiseaux blancs bien plus grands, avec une très longue queue fine. Les poissons volants sont toujours présents, mais en moins grande quantité. Une 30aine de dauphins sont venus nous visiter samedi, les enfants ne se sont même plus déplacés ! Depuis des jours nous croisons des tapis de plantes aquatiques brunes, intéressantes au début, elles commencent à être ennuyeuses, car se prennent dans les hélices (même quand elles ne tournent pas) et sur les hameçons de pêche.

Depuis la perte de notre poisson, nous avons repêché 2 coryphènes, dont un gros. Cette fois, nous les hissons à bord par les escaliers, ça fonctionne mieux. L'un des deux était très gros et nous a fait 3 repas.

De la casse, et ça continue

publié le 22 janv. 2018 à 02:42 par Sailing Olena   [ mis à jour : 30 sept. 2018 à 12:43 ]

Les journées passent vite, nous n'avons pas le temps de s'ennuyer. Je m'imaginais pouvoir lire, je n'ai même pas encore eu du temps pour voir des choses d'école avec les filles qui heureusement, se portent mieux et se sont remises à travailler leurs cours.

Samedi, nous avons pêché une petite dorade coryphène, et pour une fois, elle a été facile à hisser à bord. Peu de temps après, une deuxième, bien plus grosse, elle faisait des bonds hors de l'eau pour essayer de se libérer. Nous avons essayé de la prendre avec notre nouveau crochet, car c'est avec le filet que nous les perdions, et nous venons de remarquer que nous devions le réparer. Ce ne fut pas facile de le " harponner ", Stéph me criant de l'attraper par les ouïes, le bateau et le poisson bougent, les vagues n'aident pas, il faut se tenir… J'ai réussi à le piquer dans le ventre, je le hisse, il arrive au coin supérieur je dois me lever pour le hisser plus haut et plouf, plus de poisson. Comme d'habitude avec ce poisson, dès qu'ils n'y a plus de tension sur le fil, les crochets se sortent tous seuls. Dommage, car nous ne pensons pas qu'il puisse survivre et il nous aurait bien fait 2 repas ! Je le voyais déjà en gratin.

Puis nous avons dû faire une manœuvre au moteur en oubliant qu'on traînait encore la ligne et nous avons perdu les 2 leurres qui mordent le mieux. A présent, il ne nous reste plus qu'un leurre et de bien gros crochets (ce n’est pas notre première perte de leurres). Il se peut que nous fassions usage de nos boîtes de thon finalement.

Ce dimanche fut le premier jour ensoleillé depuis notre départ de Mindelo. Mais niveau casse, c'est la pire journée. Le vent n'est pas si fort, entre 15-20 nœuds, très peu de rafales à 25 nœuds. C'est enfin le jour idéal pour monter notre Parasailor (grande voile, un genre de Spinacker en toile de parapente avec une fente au milieu, genre parapente). Stéph et moi avons bossé bien 2 heures à l'avant, descendant notre Code 0 pour le ranger avec ses écoutes (cordes) dans son sac dans une soute, sortir le Parasailor, préparer toutes les écoutes, le hisser en haut du mât. Puis ce fut le moment de remonter sa chaussette (une sorte de sac tout le long de la voile pour permettre de la monter et descendre du mât sans avoir le vent dedans) que je dis stop. Il me semble avoir trop de vent. Dieter était de mon avis, Stéph pas très content, car nous ne pouvions la laisser pendouiller là-haut, donc on redescend le tout et la rangeons dans son sac. Quelques heures plus tard, le vent étant plus régulier et moins fort, on réitère le tout et sortons le Parasailor. Il s'ouvre, magnifique, pour une fois, la manœuvre était parfaite. Il faut dire que c'est que la 5ème fois qu'on l'utilise. Puis la grand-voile vient faire des turbulences dans le Parasailor et il s'affale contre le mât. Je surveille, car notre radar est à la hauteur de la fente, mais heureusement, la voile reste bien de côté et ne se prend pas dedans. Le vent rentre à nouveau dans le Parasailor et là je vois qu'il est déchiré, sur plusieurs mètres de large, un peu plus haut que la fente ouverte. Il me semble que c'est une couture qui a lâché, mais pas le temps de regarder de plus près, il faut agir vite, descendre la chaussette pour ne pas l'abîmer plus. Et on recommence, on range le Parasailor pour la 2ème fois dans son sac, et cette-fois, on range les écoutes qui ne servent plus à rien. On ressort le Code 0 pour le remonter au mât, tirer ses écoutes en places…

Et c'est là que Stéphane voit une ampoule sur le trampoline. On ne sait pourquoi, l'ampoule de la lampe d'éclairage de pont (qu'on utilise la nuit pour faire les manœuvres de la grand-voile au mât) est tombée. Ayant encore la drisse du Code 0 en bas, Stéphane l'a utilisée pour monter au mât remettre l'ampoule en place. En pleine mer, avec la houle, c'est sport de monter au mat, même si ce n'est que jusqu'à la première barre de flèche.

De retour au cockpit qu'on retrouve la sangle de retenue de la grand-voile sur la bôme, sur le sol. Cette sangle, nous venions de la donner à réparer à Tenerife! Apparemment, ils ont utilisé un fil trop fin.

Où est passé la bâche du gril? On l'avait attachée au gril, mais apparemment, la corde a dû lâcher, et la bâche s'envoler.

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