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Laure

En vacances!

publié le 25 mars 2020 à 14:09 par Sailing Olena

L’école en Polynésie se fait par bloc de 5 semaines, entre lesquels il y a des vacances afin de permettre aux pensionnaires d’éventuellement rentrer chez eux. Eventuellement, car les coûts des bateaux (voir vols pour ceux qui sont plus loin) est pris en charge par l’état seulement 2 fois par année, à Noël et en juillet. Ce pourquoi il est fréquent d’avoir des enfants en pensionnat pendant les vacances scolaires.

 

En route pour Ua Huka

Notre trop court séjour en janvier nous a laissé sur notre faim, nous voulions y retourner. Nos amis TEMPTATION, étant restés à Tahuata et ne connaissant pas encore cette île, nous y ont rejoints pour qu’on passe quelques jours ensemble avant la grande séparation qui durera certainement plusieurs mois.

La météo n’annonçait pas beaucoup de vent et de houle, mais comme le chemin était contre le tout, nous n’étions pas certains pouvoir nous y rendre directement. Nous avons essayé, c’est allé à condition de ne pas dépasser 4 nœuds de vitesse (7.4 km/h) car ça tapait trop fort sinon. Mais à cette vitesse, nous arrivions de nuit, ce que je n’aime pas trop. Petit à petit les estomacs se sont révoltés et seuls Timeo et moi étions en forme. C’est dur de voir les siens se sentir si mal et ne rien pouvoir faire pour eux alors qu’on se sent en pleine forme. Quand Cyliane me demande entre les 2 îles de s’arrêter et que je vois Stéphane endormi pour ne pas se rendre plus malade, j’ai changé de cap. Ça ne servait à rien de faire demi-tour, car on aurait dû refaire la même route par situation peut être pire, mais j’ai visé la baie sud-ouest d’Ua Huka. Alors que je voyais sur l’AIS nos amis arriver à la baie de Hane, nous allions nous abriter dans cette superbe baie protégée par les deux îles aux oiseaux.

Le lendemain, nous longions l’île par mer un peu plus calme afin de retrouver nos amis Cécile, Angélo et Lenny.

Photo 20200216_UaHuka_Panoramas

 

Grosse pluie

Ce serait la saison de la pluie, mais on n’en a pas encore beaucoup vu. Le lendemain matin, c’est tombé sans arrêt pendant plusieurs heures de suite. La baie de Hane, dans laquelle coule une rivière, est vite devenue brune. Nous voyions des cascades se créer sur les falaises entourant la baie.

On en a profité pour faire le plein d’eau et de faire le tri des habits des enfants ! Ça tombait bien, ainsi on allégeait le bateau tout en donnant les habits trop petits dans une île où l’achat des habits est plus difficile qu’à Nuku Hiva, où l’on trouve plusieurs magasins vendant des habits.

Image_20200219_Hane

 

Ballade dans la boue

A peine la pluie finie, nous sommes allés à terre avec TEMPTATION et avons suivi le sentier amenant au site archéologique contenant de vieux Tikis (statuettes représentant des dieux). Nous marchons dans la boue mais continuons de bonne humeur. C’est assez glissant et certains se retrouvent sur les fesses ce qui fait bien rire les autres.
Arrivés sur le site, c’est une superbe vue sur la baie qui nous accueille. La descente fut encore plus glissante, surtout avec nos chaussures pas trop adaptées pour cette marche. Depuis les Caraïbes, nous partons en sandales et Crocs, car souvent il nous faut traverser des rivières et nous trouvons plus pratique de pouvoir marcher dans l’eau avec ces chaussures que de devoir se déchausser. Mais ce jour-là, Stéphane et Timeo portaient des tongues, pas très pratiques sur ce sol. Alors vous imaginez, c’était une ballade comique pleine de rires.
A la fin du sentier, le ruisseau passait par-dessus la route en créant une jolie petite cascade. Nous en avons profité pour se nettoyer les chaussures et les jambes. Certains habitants nous regardaient, amusés par les enfants qui s’amusaient à pleine joie dans cette eau bien fraîche. L’un d’eux a grimpé aux arbres fruitiers pour nous en donner. C’est chargé comme des mulets que nous sommes redescendus à la plage. Pamplemousses, corossols, mangues… ils ont tant de fruits qu’ils ne peuvent tout consommer, alors ils les donnent de bon cœur. Merci pour votre générosité les marquisiens !

Image 20200217_ballade_boue

 

Petit tour sur l’île

Thomas, le sympathique infirmier de l’île, nous a organisé une voiture pour faire un tour. Nous étions 8 personnes, un pick-up ne suffisait pas, c’est là que Pierrette entrait en jeux avec son mini-van (vous trouverez ses contacts dans la partie cruisers information).
Elle nous a emmenés visiter le site, qui se trouve juste en face de l’aéroport.

Image 20200218_Site

C’est un site ressemblant aux sites archéologies avec des maraés, mais il a été entièrement créé pour les besoins du Festival des Marquises qui avait eu lieu chez eux il y a quelques années. Le thème du Festival étant « le défi », chaque île a amené des Tikis plus beaux les uns les autres.

Image 20200218_Site_Tikis

Il y avait aussi un petit musée avec plein de choses intéressantes. Vous saviez qu’ils fabriquaient des éplucheurs avec des coquilles de porcelaine ?

Image 20200218_Site_musée


Ensuite nous sommes allés visiter l’arborétorium, un genre de musée d’arbres en tous genres. Pierrette a même été chercher Léon, l’ancien maire d’Ua Huka et politicien polynésien, qui est le créateur de l’arborétorium. Ce fut très intéressant d’avoir le créateur comme guide, il nous a raconté plein d’anecdotes, comme d’où il a ramené les graines de tous les arbres qu’on voyait. Il y a un petit musée du bois, une pièce avec les découpes des différents arbres, où Léon nous a donné plein d’explications. Comme l’arborétorium est plein d’arbres fruitiers, nous sommes repartis avec des sacs remplis de fruits.

Image 20200218_Arboretum

 

La prochaine halte était dans une ferme, car nous voulions visiter Germain, le fils de notre ami Adolphe, et Angélo voulait acheter un demi-cochon, et le producteur de l’île c’est Germain. C’était une visite surprise pour lui, mais il nous a accueilli à bras ouverts et nous a montré ses chèvres, ses nouvelles poules pondeuses, qui se promènent entre les arbres fruitiers et ses cochons. Dur dur pour nous de voir le cochon vivant que nous aurions le lendemain au repas de midi. Je n’étais pas certaine que les filles allaient en manger, mais elles l’ont mangé comme tout le monde. Les enfants ont eu plaisir aux animaux et ont porté et caressé les poules. Cyliane m’a dit « c’est chouette, c’est un peu comme dans une ferme » ! Avec notre esprit européen, on peine à comparer ces enclos à animaux à une ferme comme on en a chez nous. Germain nous a remis des œufs de sa production, c’était de tous petits œufs de jeunes poules car il vient de commencer la production. Nous en avons amené un paquet à Adolphe, ça lui a fait plaisir.

Image 20200218_Ferme_Germain


La dernière halte était chez Léon, où il nous a fait visiter son jardin. De là aussi, nous sommes repartis avec des sacs de caramboles, menthe, gingembre, combava… Merci Léon, on te souhaite tout de bon et qui sait, peut-être qu’on se recroisera!

Image_20200218_Chez_Leon

 

Hokatu

Une seconde visite de Hokatu s’imposait. La ballade est bardée de superbes vues. On y voit les chevaux, les chèvres et même les anguilles dans la rivière. Le magasin de l’artisanat était ouvert, Cyliane et moi avons achetés des Tikis en souvenir. Puis une mamie (ici on nomme les gens âgés mamie et papi) nous a amené vers des pamplemoussiers pour qu’on se serve, car les habitants les laissent pourrir. Nous avons fait les 4km de marche du retour avec plusieurs dizaines de kilos de pamplemousses répartis entre nous 8. Eh oui, chaque enfant en portait un, qui faisait bien plus d’un kg/pièce !

Image 20200219_UaHuka_divers

 

Route sur Ua Pou

Ce fut déjà le temps de se quitter, TEMPTATION retournant à Hiva Oa / Tahuata et nous à Ua Pou, malgré l’invitation à un grand kai kai (buffet) organisé dans l’île où plusieurs nous ont demandé d’y participer.
On a traîné une ligne, comme souvent. Un marlin a mordu à l’hameçon, on l’a vu sauter hors de l’eau à plusieurs reprises. Il déroulait le fil sur le moulinet, Stéphane le ramenant petit à petit pendant qu’Elina et moi essayions de ralentir le bateau et de tourner afin que la ligne, dont le marlin avait tendance à tirer sur notre côté, ne passe pas sous notre coque et dans notre hélice. Nos efforts ont été en vain, car la ligne a cassé, le poisson étant bien plus lourd que ce que supporte notre ligne. C’est dommage qu’il n’ait pas mordu sur l’hameçon de l’autre ligne, car là, nous avions un fil plus robuste. Ce sera peut-être pour une prochaine fois. En attendant, on a à nouveau perdu un leurre et des mètres de fil.

 

Escale rapide à Ua Pou

Juste 2 nuits et un jour pour aller visiter Manfred le chocolatier, faire le plein de chocolat et surtout, voir s’il n’a pas une cabosse mure qu’on puisse amener à Adolphe, car il voudrait faire de nouveaux plants. Il y a des cacaoyers à Nuku Hiva, mais les gens cueillent les cabossent avant qu’elles soient mures, ce qui est trop tôt pour pouvoir faire de nouveaux plants. Rendez-vous fut pris avec Manfred et sa femme Thérèse, qui nous attendaient.

Alors qu’on se rendait au quai j’ai une pensée pour Martin, le local qui s’est occupé de nous pendant le festival. Aurais-je dû l’appeler pour l’informer de notre présence ? Nous n’en avons pas eu le temps, il nous attendait sur le quai, il nous a vu arriver ! On devra passer chez lui en rentrant de chez Manfred.

Nous avons fait un saut dans la piscine de la cascade, qui se trouve à mi-chemin de chez Manfred. Une eau claire et fraîche, ça fait du bien et nous étions douchés par une petite averse au même moment.

Ce furent de chouettes retrouvailles avec Manfred et Thérèse. Nous avions amené un gâteau, Manfred nous a fait des gaufres. Ils nous ont raconté qu’on a loupé le reporter TV de peu. Un français est venu faire un reportage sur le village pour « les témoins d’outre-mer » qui devrait passer sur France 3 et France 0 en avril. Didier, un copain plaisancier français, a fait office de client. Son chocolat est si bon, que nous sommes tous ses clients et y retournons régulièrement se réapprovisionner. Malheureusement Manfred n’avait plus de cabosse mure, il venait de tous les mettre à fermenter.
Puis ce fut l’heure que Thérèse doive retourner au village, car elle s’occupe de la pension. Manfred nous a tous conduits au village, 3km de moins à marcher !

Image 20200222_Manfred

 

Nous nous sommes rendus chez Martin où nous avons fait la connaissance de sa femme. Il nous présente ses enfants en photos. Le monde est petit, sa fille vit à Ua Huka avec son ami, que nous connaissons ! Il nous avait dit que sa copine venait d’Ua Pou, mais l’île est grande, on ne peut connaitre tout le monde. Le hasard est marrant quand même.
Nous sommes repartis de chez Martin avec plein de pamplemousses ! Nous n’avions pas à les porter, il nous les emmènerait plus tard, à l’apéro. Comme sa femme a le mal de mer, nous allons le faire sur le quai !

Un petit tour chez Pierrot, le petit restaurant de Hakahetau, pour profiter de sa wifi et faire un petit coucou s’imposait. Car depuis le temps qu’on passe chez lui, il nous connaît, surtout Elina et ses portemonnaies ! Il lui en a acheté quelques-uns, il aime bien l’esprit du recyclage des briques de lait et de jus. Elina continue de les faire depuis Grenade, et le vend le prix d’une glace. C’était l’idée de départ des enfants dans la baie, chacun vendant des choses utiles pour se payer leurs propres glaces. Mais Pierrot l’avait invitée elle, son frère et sa sœur pour une glace et lui a en plus remis l’argent ! Elle était fière ! On est repartis avec une barquette de manioc au lait de coco cuit dans un four marquisien.

De retour au quai, c’était le temps de l’apéro avec la famille de Martin. Ce fut bien sympa, puis Didier, le client du chocolatier pour le reportage, nous a rejoints.

Image 20200222_UaPou

 

Retour à Nuku Hiva

Que c’est dur de quitter une île quand on connait du monde en sachant qu’on risque de ne certainement plus y revenir. Mais il nous fallait y aller, le lendemain c’était la rentrée scolaire.

Nous avons traîné une ligne et peu après notre départ voilà que ça mord ! Un beau tazard (wahoo), notre premier ! L’hameçon s’était détaché alors que la gaffe n’était pas encore bien plantée dans le poisson. J’ai dû aller prêter main forte à Stéph en bas de la jupe en tenant le poisson par la queue. Ceci en vitesse et sans être attachée ! Bon, la mer était assez calme, mais quand même, la prochaine fois je pense que je mettrai le harnais. On le voulait ce poisson, qu’il était bon !

Nous n’avons pas fait route directe contre Taiohae, nous sommes allés plus à l’est afin de pouvoir longer la côte de Nuku Hiva pour attraper un thon. Nous l’avons eu ! Peu fiers les OLENAs, grâce aux cours particuliers d’Angélo, notre congélateur est plein de poisson !

Image 20200223_Cylianes-day

Par contre nous avons été très contrariés par des pêcheurs industriels. Un beau gros bateau, avec hélico sur la passerelle a longé toute la côte sud de Nuku Hiva ce dimanche. Bien entendu, comme toujours quand ils pêchent à des endroits interdits, ils ont arrêté leur AIS. Mais depuis notre position, nous pouvons dire qu’ils étaient à maximum 2 miles de la côte. Etant à environ 2 mn d’eux, nous n’avons pas pu relever le nom de leur bateau. Nous ne sommes pas les seuls à les avoir vus. Il y a des lois qui interdisent la pêche industrielle à une certaine distance des côtes marquisiennes, ils essayent de les élargir à 40 miles je crois. Mais comme le fond sous-marin autour de Tahiti et des Tuamotu a été pillé comme le reste du monde, ils ne se gênent pas de venir. C’est rare qu’ils se font choper, il y a trop peu de contrôles et quand ça arrive, l’armateur paye la grosse amande très rapidement et le bateau vient ancrer dans la baie, vidant les poissons afin de bien montrer leur mécontentement. Une vraie mafia la pêche industrielle. Bientôt il n’y aura plus de poissons, c’est dommage. Les anciens plaisanciers voient bien la différence entre il y a quelques années et aujourd’hui. Pas qu’en pêche à la ligne, mais aussi niveau du nombre de langoustes et autres. Car il n’y a pas que la pêche industrielle. Les locaux font de la chasse sous-marine de nuit afin d’avoir plus de chance et ne respectent pas toujours les règles, les tailles, les langoustes femelles avec des œufs… Ils sont souvent d’avis « si c’est pas moi que le prend, c’est l’autre qui le prendra ». Comme quoi l’arrivée de l’argent et du monde moderne en Polynésie a beaucoup changé les polynésiens ces 50 dernières années.

 

En week-end

publié le 25 mars 2020 à 14:05 par Sailing Olena

J’étais heureuse de me poser un peu. Mais là, dans cette baie pleine de bateaux et de requins Soyeux, j’avoue que j’ai envie de bouger en week-end. Envie de sauter à l’eau à volonté, car il fait chaud ! Envie de faire tourner le dessal en mer, envie de bouger.

 

Taipivai

Avant notre retour dans cette île, nous connaissions que 2 baies, c’est l’occasion de visiter les autres. Taipivai est l’une des 3 baies de la baie du Controlleur, au sud-est de l’île. C’est une jolie baie avec le village de Taipivai au fond. A peine l’ancre posée la première chose qui nous surprend c’est le chant des oiseaux ! On ne les entend pas trop à Taiohae avec le trafic routier.

En ce moment il y a plein de plancton partout, la visibilité n’est pas meilleure, mais on se jette à l’eau et entretenons notre carène. D’une coque je ne distingue même pas l’autre sous l’eau, c’est dire que même en lac la visibilité est souvent meilleure.

On fait un tour au village, où nous croisons enfants et adultes. Il y a même un magasin (épicerie) ouvert le dimanche !

Image 20200125_Taipivai

 

Kermesse du collège

Un week-end nous sommes restés à Taiohae pour aller à la Kermesse du collège. Le vendredi ils vendaient gâteaux (que les parents ont amenés) et souper et faisaient un spectacle. Le lendemain c’était des compétitions sportives.

Nous nous y sommes rendus un peu tôt le vendredi après-midi et avons pu assister à certaines répétitions. Hivanui, la copine de classe d’Elina dansait alors qu’une partie des collégiens chantait. Puis vient un chant où à un moment il y a 2 solos, un garçon et Hiamoevai, la sœur d’Hivanui. Magnifique ! Je ne savais pas que les filles de nos copains, car nous avons connu le père avant le reste de la famille, étaient des artistes.

Le spectacle était très intéressant et entre les représentations, des animateurs du pensionnat ont fait des gags, des jeux avec le public et surtout avec les professeurs. On a eu droit aux chaises musicales qui nous a bien fait rire ! Du coup, on a complètement oublié d’aller chercher à manger et quand on y est allé, il n’y restait plus que du poulet et des brochettes de cœur de veau (très apprécié en Polynésie et assez bon je l’avoue) sans accompagnement. Tant pis, on a mangé ce qui restait. L’essentiel est d’avoir passé une bonne soirée.

Image 20200207_Kermesse

 

Tour de l’île

On croise souvent notre ami Adolphe. Un jour il nous demande si on veut bien aller faire un tour de l’île avec lui et son petit-fils. Volontiers ! On était justement en train de voir quand on pourrait louer une voiture pour le faire.

En fait, ça faisait 5 ans qu’Adolphe n’avait plus traversé l’île et qu’il voulait faire cette ballade, mais pas seul avec son petit-fils. Quand il nous a connus, il s’est dit que c’était l’occasion. Rendez-vous fut pris le lendemain matin tôt.

Il n’y a pas énormément de routes sur l’île. La majorité de la circulation est à Taiohae, répartie entre les 4 vallées reliées par le front de mer. Nous montons au col, après quoi il y a une intersection, Taipivai (sud-est) ou l’aéroport qui se trouve au nord-ouest de l’île. Nous allons à l’aéroport, changeant de décors puis de climat. Nous avons passé vers une forêt d’eucalyptus, puis nous nous sommes retrouvés aux Franches-Montagnes ! Le plateau de Nuku Hiva avec ses pins et chevaux en liberté et enclos de vaches ressemble fortement à cette région en Suisse ! Quelle surprise !

Image 20200209_Plateau

Puis nous sommes montés tout en haut d’un col à 1’100m d’altitude. Nous étions dans des nuages bien humides et il y avait pas mal de vent. Il y faisait froid ! Si nous avions un thermomètre, je suis certaine qu’il y faisait plus de 20°C, mais le vent, l’humidité et le fait qu’on s’est habitués à la chaleur, nous avions froid !

Ensuite ce fut la descente jusqu’à l’aéroport, assez près du niveau de la mer. On a traversé des champs de légumes, la plupart des maraîchers de l’île sont par ici, puis ce fut un paysage assez désertique à la terre rouge.

Image 20200209_Panoramas

Nous avons visité l’aéroport, qui vient d’être transformé. Un seul comptoir, c’est bien suffisant pour le seul vol journalier qui va à Tahiti et les quelques vols semestriels entre les îles.

Image 20200209_Aéroport

Adolphe aurait bien voulu faire la piste qui fait le tour de l’île, mais vu qu’il a plu pas longtemps avant, ce n’était pas certain que la piste soit praticable. Nous sommes rentrés par la même route, en s’arrêtant chez un maraîcher pour récolter des noix de cajou tombées de l’arbre. Adolphe va les planter et faire pousser de nouveaux arbres.

Image 20200209_côte Nord

Nous nous sommes arrêtés vers un point de vue donnant sur une vallée qui rappelait le grand canyon. Puis juste avant de redescendre sur Taiohae, nous avons piqueniqué vers un point de vue aménagé.

Image 20200209_Point_vue

Une superbe journée, pleine de surprise sur une magnifique île. Merci Adolphe !

 

Baie Colette

Nous avions décidé de visiter la baie d’à côté, où des allemands auraient passé quelques jours entourés de mantas. Nous y allons avec les BELUGAs. Les enfants nous y rejoignent à pied avec ceux des autres bateaux.

Tous les enfants sont venus à bord manger le dîner préparé par Carola et moi avant de repartir à pied à leurs bateaux dans l’autre baie.

Le lendemain, une pirogue passe vers les BELUGAs et après un certain temps vient nous voir. Un des monsieur était assez énervé et nous dit qu’ils ne veulent pas de bateaux dans la baie, ce n’est pas une belle vue, on pollue etc… Un peu surprise je m’excuse en disant qu’il n’y a rien d’inscrit de tel dans les cartes et lui demande si c’est interdit, sur quoi il s’énerve de plus belle. Je lui demande de ne pas s’énerver, qu’on part de toute manière le jour-même etc... puis ils partent à la pêche. Un peu contrariée par sa réaction je me dis qu’on ne peut pas en rester là. Ça me fait trop penser au malaise entre les locaux et les plaisanciers dans les îles de la Société (Tahiti et co) ce qui n’est pas encore le cas ici. A leur retour, je vais les voir en leur disant qu’on est ancré chez eux et qu’ils sont les bienvenus pour venir boire quelque chose chez nous. Ça lui a fait plaisir, mais sa femme étant à la plage, il nous a demandé de les y rejoindre.

Alors qu’on préparait nos choses pour les rejoindre, voilà Carola qui m’appelle. Ils s’étaient pris le bec avec ce monsieur et m’explique que la baie ne peut pas être privée, c’est la loi française ici et qu’il n’a pas le droit de nous chasser etc… C’est le même cas que Steven, un type qui vit dans une baie de Tahuata. Ils voulaient aller à la police se renseigner etc…
Là j’ai compris pourquoi le local était énervé et qu’il est devenu agressif à ma question d’interdiction.

Oui, selon la loi les BELUGAs ont raison. Les baies ne sont pas privées, c’est la loi française qui règne. Mais on n’est pas en France et les gens ne sont pas des Français ! La culture polynésienne est autre, et depuis des lustres, la partie d’eau devant leur maison fait partie de leur jardin. C’est là qu’ils vont chercher leur nourriture comme nous allons cueillir fruits et légumes dans notre jardin. Un bateau ancré trop près de leur maison, c’est comme un camper qui campe dans votre jardin, très déplaisant ! Là, nous n’étions pas près du bord, bien au contraire, mais à 2 dans une petite baie qui « appartient » à la famille depuis de générations.

On retrouve la famille de locaux à la plage et y passons un bon moment. Je lui ai expliqué le pourquoi de ma question. En fait, on se passe les informations entre plaisanciers, et si je vais dire que c’est interdit et que c’est faux, ça n’amène à rien. Tandis que si j’explique que ce n’est pas interdit mais que les locaux n’ont pas envie et le pourquoi du comment, là ça aide en leur sens. Lui était désolé d’être venu tout énervé vers nous à cause de la réaction des BELUGAs et qu’avec ma question, il a vu rouge car pensait que j’allais comme eux le menacer d’aller à la gendarmerie.
Il nous a aussi expliqué que beaucoup de français (je ne pense pas que c’est uniquement les français) sont des sans-gênes et passent par-dessus leurs clôtures pour aller leur voler les fruits. Ils ont également horreur des plaisanciers faisant aller les drones sur leur ferme. Cette conversation était exactement la même qu’avec Steven de Tahuata, les fruits volés alors que si l’on demande, ils nous les donnent gratuitement ! Les drones… Steven a été filmé en train d’uriner et posté sur Youtube !

Déjà qu’ils se sentent envahis par les plaisanciers, qui sont de plus en plus à arriver, le comportement de certains ne les aide pas à nous faire accepter, et on peut les comprendre !

Les BELUGAs sont venus nous rejoindre et tout c’est très bien passé. De par notre conversation d’avant, Carola avait compris leur point de vue. Elle ne connaissait pas ce côté de leur culture et a commencé à changer d’avis. Où j’ai été surprise, c’est lorsque son mari nous demande si on reviendra ancrer dans cette baie, et à sa surprise quand on a répondu que bien sûr que non. Sur quoi il nous a dit que pour lui, ce qui n’est pas interdit, il a le droit d’en profiter.

En semaine

publié le 25 mars 2020 à 14:02 par Sailing Olena   [ mis à jour : 25 mars 2020 à 16:34 ]

Alors que les enfants fréquentent l’école, nous profitons de ces quelques heures à deux pour entretenir le bateau et faire des choses pour nous. Ca faisait des lustres que nous n’avions plus eu du temps pour nous ! Mais d’abord, nous avions besoin de repos, car d’habitude nous passions nos soirées après le coucher des enfants à des travaux, et les traversées nous volent également des heures de sommeil. Que ça fait du bien de pouvoir faire une petite sieste après le dîner sans entendre des enfants se chamailler !

La vie en bateau n’est pas comparable à des vacances en bateau. Alors qu’en vacances j’avais le temps de lire quelques livres, je n’ai jamais eu si peu de temps pour moi que depuis que je vis sur le bateau. L’école me prend la plus grosse partie de la journée, l’entretien et les réparations c’est un grand travail également. Le quotidien prend plus de temps, peu importe la tâche, tout prend bien plus de temps qu’à terre. On s’imagine vite faire quelque chose et on finit par en avoir 2 à 3 fois plus long que planifié. Les corvées d’eau ont repris, car dans des baies chargées de bateaux et plein de planctons comme en ce moment, on ne va pas faire tourner le dessal. La carène (partie de la coque sous l’eau) se couvre d’algues à une grande vitesse, il faut aller régulièrement la frotter. J’ai toujours des travaux de couture et Stéphane des services moteurs à faire. On a besoin de pièces, il faut courir à plein d’endroits, on a besoin d’internet, il faut aller au bistro espérant qu’il n’y ait pas trop de plaisanciers, car ça devient trop lent. L’autre jour j’ai voulu télécharger 500mb, mon téléphone disait « 4 jours restants » ! J’ai cherché une meilleure wifi et j’ai fini par télécharger mon document en un peu plus de 3 heures !

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Malgré les enfants partis quelques heures par jour, on ne s’ennuie pas chez les Olenas. Mais on a décidé d’également profiter un peu de faire des choses pour nous. Nous sommes sortis 2x manger une salade au bistro (internet), nous avons été marcher en haut du col, env. 550m d’altitude, avec 4 autres plaisanciers, 14km aller-retour.
J’ai été au repas de midi entre plaisancières, nous avons également fait une marche entre filles pour aller se baigner dans la baie d’à côté.
Un jour nous sommes allés snorkeler avec Alain, qui tient une association de biologie marine, pour voir les raies mantas et requins marteaux. Nous avons vu 3 raies, mais à cause du plancton, la visibilité était trop mauvaise pour voir les requins.
Nous avons été visiter le jardin d’Adolphe, le grand-père d’un copain de classe de Cyliane. Il travaillait au ministère de l’environnement et aujourd’hui à la retraite, il continue de faire pousser et de greffer des arbres, qu’il vend pour pas grand-chose, mais sa fierté, c’est sa vanilleraie.

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Les jeudis matins on regarde la classe d’Elina passer en pirogue lors de leurs cours de sport. Les mercredis et vendredis après-midi je suis généralement à la bibliothèque avec les enfants. Certains vendredis il y a des ateliers bricolage. Les mercredis Elina nous y rejoint après ses cours de pirogue, sport qu’elle aime beaucoup.

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Parfois en rentrant de l’école, les enfants vont jouer avec d’autres enfants de bateaux sur la colline aux Tikis juste derrière le quai. Comme la plupart sont anglophones, ça leur fait des cours d’anglais ! Ils sont même partis entre-eux à pied à la baie d’à côté pour aller se baigner  (le plus vieux fête bientôt ses 18 ans, suivis de 2 ados de près de 14 ans)!

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Confinement

publié le 25 mars 2020 à 14:00 par Sailing Olena   [ mis à jour : 25 mars 2020 à 16:32 ]

Comme la plupart des gens dans le monde, nous sommes en confinement sur le bateau.
Pour nous c'est synonyme d'internet très limité. Un local essaye de nous donner accès à une wifi, mais nous sommes 80 bateaux dans la baie, c'est donc très lent. Il nous est impossible de surfer par GSM, nous avons une vitesse de G2 GPRS avec beaucoup de monde sur la ligne, juste suffisant pour des messages textes sur certaines applications.

Je fais au mieux pour compléter mon blog, mais les images attendront le retour à la vie normale. Merci pour votre compréhension.

A part ça, nous allons très bien. Le confinement est similaire aux traversées sauf que nous dormons les nuits et avons contact avec les autres bateaux par VHF. Les visites entre bateaux sont interdites. Tout sport nautique est interdit, même la nage. Nous avons le droit d'aller à terre avec une attestation et un passeport uniquement pour acheter de la nourriture ou pour raisons médicales. Il y a des postes de contrôle tous les 300m. Mais uniquement 1 personne par bateau et pas tous les jours. Nous avons également un couvre-feu de 20h à 5h. Que c'est calme!

A l’école

publié le 5 mars 2020 à 11:19 par Sailing Olena

C’est le jour de la rentrée scolaire, nous allons essayer d’y inscrire nos enfants. Je me rends au collège avec Elina et vois le directeur. Il nous demande de revenir l’après-midi, ils ne sont pas au jour près pour sa rentrée.

Nous nous rendons à l’école primaire rejoindre Stéphane et les petits. Nous avons une entrevue avec Mireille, la sympathique directrice qui nous donne toutes les informations. Mais l’inscription doit passer par la mairie, où nous nous rendons ensuite. L’après-midi, Elina et moi nous rendons à nouveau au collège. Une dame de la vie scolaire nous fait visiter les lieux. Le collège possède un internat, pour tous les enfants qui viennent des autres îles et vallées. Certaines vallées, comme celle d’Anaho, sont accessibles uniquement par bateau, à cheval ou à pied. Et comme il n’y a que 3 collèges aux Marquises, les internats s’imposent. C’est pareil aux Tuamotu.

Nous inscrivons les enfants en demi-pensionnaires, c’est-à-dire qu’ils prendront le repas de midi à l’école avec les copains. C’est payant mais pas cher. Et comme par ces chaleurs j’ai horreur de cuisiner chaud à midi, ça tombe bien.

L’école primaire commence à 7h30, les enfants quittent le bateau vers 7h00. Le collège commence à 7h00, mais ils doivent pénétrer dans l’établissement au plus tard à 6h45, Elina quitte le bateau à 6h10. Nous sommes 3 bateaux à avoir des enfants au collège, nous faisons du co-voiturage pour les amener au quai. Pareil entre BELUGA et nous pour l’école primaire. Tous les enfants finissent à 15h30, Elina arrivant un peu plus tard au quai, le collège étant un peu plus loin.

 

L’école

La discipline nous a beaucoup surpris, en bien. Les enfants doivent se mettre en rang devant la classe, un rang pour les filles, un rang pour les garçons. Le professeur les fait entrer un par un et ils se tiennent debout à côté de leur pupitre jusqu’à ce que le professeur leur dise de s’asseoir. Comme dans les films où on voit les enfants en culottes courtes !

Les écoles sont clôturées et les portails surveillés. Les petits ont autorisation de sortir de l’enceinte que sur accord écrit des parents. Au collège, nous avons inscrit Elina en libre, comme ça elle peut sortir dès qu’elle n’a plus cours, sinon elle doit rester dans l’enceinte de 6h45 à 15h30.

Nous avons dû signer un règlement bien complet pour le collège. Ayant travaillé à l’administration d’une école, je me suis dit qu’on aurait eu bien moins de souci avec la moitié de leur règlement ! Nous avons également dû signer comme quoi les enfants se tiendraient bien et proprement à la cantine.

Mais voilà, entre les papiers et la réalité, c’est tout autre chose. Elina est tombée dans la classe la plus bruyante du collège, les élèves ne respectent aucun prof, font beaucoup de bruit pendant les cours et c’est assez dérangeant pour apprendre.

A la cantine, un surveillant regarde Timeo qui coupait son steak et lui fait la remarque qu’il serait temps qu’il apprenne à manger avec les mains. Un jour il y avait des yaourts en dessert, ils ont été servis sans cuillère au collège. Certains les ont secoués et bu, d’autres ont utilisé leurs doigts en tant que cuillère et d’autres, comme Elina, ont utilisé un bout de pain comme cuillère.

 

Le chemin d’école

Le quai où nous déposons les enfants c’est aussi le quai des pêcheurs. Tous les matins ils s’arrêtent pour voir les pêcheurs ramener leur poisson, les fileter et jeter les restes aux requins Soyeux. Quel spectacle, les requins en grand nombre se ruent sur les restes, giclant parfois les spectateurs sur le quai.

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Certains jours, un chasseur vide et prépare une chèvre qu’il a pendue à un arbre. Surprenant pour les Européens, mais quand on sait qu’ici il n’y a pas d’abattoirs, le quai des pêcheurs c’est l’endroit idéal. Au fond, ce n’est pas beaucoup différent que de préparer un poisson.

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Les premiers jours d’école

Les enfants se réjouissaient beaucoup d’aller à l’école. Après plus de 2 ans qu’on faisait l’école à bord, nous en avions tous vraiment besoin. Le changement de langue, car nos enfants font l’école en allemand, n’avait pas l’air de beaucoup soucier les filles. Timeo ne savait pas trop à quoi s’en tenir, en 2ème année primaire (4ème Harmos, CE1), il n’a jamais fréquenté la grande école et ça fait juste un an qu’il sait lire et écrire.

Quel plaisir de retrouver les enfants l’après-midi tout excités à raconter leur chouette journée à l’école. C’est la bagarre pour raconter le contenu de leur repas de midi (le même dans les deux écoles) et pour raconter leur journée en premier.

 

L’école primaire

Cyliane a une maîtresse qu’ils doivent appeler Madame. En Polynésie le « vous » n’est pas utilisé, tout le monde se tutoie, les élèves tutoient les maîtresses. Le « Madame » marque la politesse. Elle est en 4ème primaire (6ème Harmos, CM1) et se trouve dans une classe double CM1-CM2 (4-5ème ou 6-7ème Harmos), classe parallèle de la classe que fréquente Fritz, le fils de BELUGA.

Timeo a un maître et se trouve également dans une classe double CE1-CE2 (2-3ème ou 4-5ème Harmos).

Tous deux ont été confrontés à la lecture de l’écriture reliée qu’ils ne connaissent pas. Dans le canton de Soleure, où nous habitions en Suisse, ils ont arrêté l’enseignement de l’écriture reliée entre les classes d’Elina et Cyliane. Cyliane a toujours refusé à apprendre à la lire, mais là, en 2 jours d’école c’était fait ! Par contre la maîtresse l’oblige à l’écrire, ce qui est un peu difficile.
Timeo a mis un peu plus de temps à apprendre à lire l’écriture liée, il prend plaisir à essayer de l’écrire, malgré que son professeur ne l’y oblige pas.

Timeo est rentré démoralisé un jour, en m’expliquant qu’ils étaient au million et que lui ne connait pas ces gros chiffres. J’étais un peu sceptique, ça fait de gros chiffres pour des élèves de 7-8 ans ! Le prof a confirmé les dires de mon fils, nous avions du travail à rattraper. Il était motivé et aime les chiffres, il a vite sauté le pas de 100 au million, mais les chiffres compliqués à la française avec leur quatre-vingt-dix-neuf etc… ça fait beaucoup ! Mon fils continue de les nommer septante, huitante et nonante.

Autant Timeo est un peu dépassé par les maths (l’autre jour il a amené un devoir de CE2, càd un an plus en avant que lui), autant Cyliane et Elina me disent que pour elles, les maths c’est trop facile, ici ils sont en arrière par rapport au programme Suisse. Notre programme de maths c’est jusqu’à 20 en 1ère, jusqu’à 100 en 2ème, jusqu’à 1000 en 3ème et le million dès la 4ème afin de leur donner une bonne base. Mon impression du programme ici, ils vont trop vite au début, les élèves n’ont pas le temps de bâtir de bonnes bases et ça se ressent dans la suite de la scolarité.

Pour l’écrit, c’est une seconde langue, ça prend un peu de temps. Tous deux s’appliquent, ça fait plaisir. Timeo écrit en phonétique, c’est assez drôle et mignon. Et quand le professeur fait une dictée de chiffres, c’est-à-dire qu’il écrit un gros chiffre au tableau et les élèves doivent l’écrire en lettres, Timeo écrit en français, chiffres par chiffre. Le professeur lui dit que c’est tout faux, moi je suis fière qu’il ait au moins essayé de faire quelque chose en français. Un peu difficile d’écrire trente-huit million quatre cent cinquante-six mille trois cent quatre-vingt-dix-sept pour mon loulou qui vient de commencer l’école en français.

 

Le collège

Elina est en 8ème (10ème Harmos / 4ème en France) et était aux anges quand elle a vu son horaire. En plus du français et de l’anglais, ils apprennent l’espagnol et le marquisien ! Physique et chimie pour son plus grand plaisir et de nouvelles branches comme la technologie, sciences vie et terre et les arts plastiques ! Elle a quelques heures blanches, où elle peut faire ses devoirs. En sport ils font du rugby, du volley et de la pirogue. Les branches sont nouvelles car elle a quitté l’école Suisse à école primaire et qu’au bateau nous faisons uniquement les langues (D/F/E) et les maths. Le reste on apprend sur le tas selon les occasions.

Elle a pas mal de tests et se débrouille bien. En tant que parent, je ne sens pas que le changement de langue l’a dérangée, sauf pour le français écrit bien sûr, car son niveau n’est pas celui de quelqu’un qui a fait toute sa scolarité en français.

Comme je l’ai dit plus haut, elle est tombée dans la classe où la majorité ne sont pas intéressés par l’école. Les tests sont assez catastrophiques. En français, ils ont fait un test de poésie, branche qu’Elina n’a jamais faite, elle s’en sort avec un 12/20 alors que la moyenne de classe est de 6.5/20. Un test d’histoire sur la révolution française (histoire que nous n’avons jamais vue car pas notre pays), la moitié de la classe a dû refaire le test car les notes volaient trop bas, alors qu’Elina s’en est sortie avec une assez bonne note.

Là aussi je ne comprends pas trop leur système. Je sais bien que la Polynésie appartient à la France, mais les polynésiens ne sont pas des français. Leur apprendre « nos ancètres les gaulois » qui est l’histoire d’un pays si lointain de leur île, je comprends qu’ils ne sont pas très motivés à apprendre. Ils ont une propre histoire qui est très intéressante.

Un autre plaisancier est dans la classe d’Elina, et quand on les entend raconter « en français, nous étions 2 et demi à écouter la prof » ça surprend. Le demi c’était une élève qui avait un écouteur de lecteur MP3 dans une oreille, de l’autre elle « écoutait » la prof. Le règlement interdit de genre d’appareil dans l’enceinte scolaire, entre le règlement et la pratique…

 

Le retour du marquisien à l’école

A l’époque de la scolarité de la génération des grands-parents, il était interdit de parler le marquisien dans l’enceinte scolaire. Ceux qui le faisaient étaient punis corporellement. Il s’en est découlé que beaucoup de familles ont un peu délaissé leur langue et aujourd’hui, peu de marquisiens de 30 ans et moins savent parler leur langue correctement. Certes, ils parlent un mélange de marquisien et français, mais ne parleraient plus correctement leur langue. Les seules exceptions sont dans les vallées reculées et dans les petites îles.

L’inspectrice scolaire des Marquises, selon ses propres termes, veut « arrêter le massacre » et introduire le marquisien dès les petites classes. Peu de marquisiens partent en étude, et selon elle c’est dû au fait que les jeunes d’aujourd’hui sont en manque d’identité. Les jeunes étudiants marquisiens qu’elle a rencontrés en métropole, souffraient tous du même problème. Ils ne sont pas français (sauf sur le papier) mais pas marquisiens non plus car ils ne parlent pas vraiment leur langue ni ne connaissent complètement leur culture. Le programme de l’école est le même qu’en France, ils sont instruits comme des petits métropolitains alors qu’ils ont une tout autre culture et origine.

Au collège, de plus en plus d’élèves manquent de respect pour les profs français. Beaucoup de profs sont mutés de France pour quelques années. Les élèves en ont marre d’être « dirigés » par des français et se gênent parfois pas de le leur faire savoir. D’un point de vue, on pourrait le comprendre, mais d’un autre, il faut voir que si l’on enlevait les employés mutés de France, il n’y aurait plus beaucoup de professeurs des écoles, de médecins, d’infirmiers etc… Trop peu de polynésiens partent en étude pour ces métiers. Il faut aussi voir que de partir en métropole pour les études, c’est loin, ce n’est pas si facile et malgré les bourses, pas toujours faisable. Il y a une université à Tahiti et de plus en plus de lycées techniques voient le jour parmi les îles. C’est une bonne chose, mais les distances restent énormes, Les Marquises-Tahiti c’est la distance Paris-Lisbonne, faisable uniquement en avion ou bateau et c’est assez coûteux. De plus, certaines îles ne sont desservies qu’une fois par semaine, par exemple Ua Huka ayant uniquement 14 places d’avion par semaine.

Ua Huka

publié le 5 mars 2020 à 11:06 par Sailing Olena   [ mis à jour : 5 mars 2020 à 11:14 ]

Traversée pour Ua Huka
Ua Huka est une magnifique île, qui est bizarrement la moins visitée par les voileux. La navigation pour s’y rendre depuis Nuku Hiva ou Ua Pou est généralement très désagréable, car contre le vent et les vagues. C’est pourquoi nous profitons de nous y rendre depuis le sud avant notre retour à Nuku Hiva.

Il y a une bonne distance, mais elle est bien faisable en une journée. Nous levons l’ancre tôt le matin et hissons les voiles. Alors que nous longions la côte est d’Hiva Oa, sans même se dérouter, nous passons dans un banc de thons et en l’espace de moins d’une seconde, ça a mordu des 2 côtés. Stéphane se rend à la ligne à la main (le fil est sur un rouleau) alors que j’essaye d’aller freiner le moulin de la canne. Le frein à fond, le fil continue à se dérouler à vitesse grand V. J’essaye de mouliner dans l’autre sens, impossible, la canne plie contre le bas comme jamais. Stéphane a ramené son thon aux ailettes jaunes au plus vite, et est venu s’occuper de la canne avant qu’on perde tout. Il ramène le poisson gentiment mais sûrement. Avec ses gants, il tire le fil à la main puis mouline ce qu’il a pu tirer. Arrivé près du bateau, nous regardions notre prise tout surpris, c’était un beau requin Soyeux, il a dû avaler notre prise. Avant d’avoir le temps de faire une photo le fil a cassé. C’est déjà étonnant que nous avons pu le ramener si près du bateau, il était bien plus lourd que les 70kg que résiste notre fil. Etonnant aussi qu’il n’ait pas sectionné le fil avec ses dents. Il est parti avec 10m de fil et notre tout nouveau leurre préparé le jour d’avant avec Angélo.

Un fois passé l’île qui nous coupait le vent, on ressort les voiles avant. La manille avait dû être mal mise dans le winch (cylindres sur lesquels nous entourons les cordages des voiles pour nous aider à les tirer), Stéphane en passant à côté l’a fait tomber, elle a rebondi sur le rebord et s’est engouffrée dans le petit carré sans filet pour plonger dans l’eau. Voilà une perte bête et assez coûteuse. Ça ne flotte pas, pas besoin de regarder en arrière. On a du filet sur les deux côtés du bateau, à cet endroit on a même des bâches pour nous protéger des vagues ! Il fallait que ça rebondisse dans ce petit carré laissé ouvert pour les écoutes (cordages) du génois léger. La loi de Murphy !

Nous arrivons dans la baie d’Hane en fin d’après-midi et retrouvons FOLAVOALH, PHILAE et LE PUKEKO, 3 bateaux connus.

L’île d’Ua Huka

Lors de notre premier passage en juin, nous n’avions pas pu aller à terre. Mais nous n’étions pas venus dans la baie d’Hane. La visite de l’île fut une découverte.

Le village d’Hane, au bout de la baie nous a eu l’air bien sympathique. Des chevaux se promènent en liberté sur la place de sport, parmi les poules, coqs et poussins.

Nous tombons sur un affichage nous informant des règles à respecter car Ua Huka est la seule île des Marquises à ne pas avoir de rats noirs. De toute la Polynésie, seules 2 îles n’en ont pas et font tout leur possible pour ne pas en être infestés. Les rats noirs détruisent beaucoup, et c’est à cause d’eux que certains oiseaux emblématiques ont disparu des îles, on les trouve encore à Ua Huka.

On nous a conseillé la jolie ballade qui amène à la baie suivante, où se trouve le village d’Hokatu. Nous suivons la route, croisons quelques voitures, mais la circulation n’est pas bien grande. Tout à coup une voiture s’arrête, c’était Aline, la sœur de Tehina que nous avions rencontré à Tahuata. Le monde est petit ! Elle était avec son beau-fils et petite-fille. Sa fille venant d’être évasannée (évacuation sanitaire) à Tahiti pour la naissance du bébé qui se présentait un peu trop tôt (en général les femmes vont accoucher à Tahiti, car il n’y aurait pas d’obstétricien dans les îles). Imaginez la distance, en comparant la Polynésie à l’Europe, les Marquises se trouvent à Paris et Tahiti à Lisbonne! Mais ils n’ont pas le choix, le seul vrai hôpital complet similaire à ceux d’Europe, se trouve là-bas.

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Il y a de superbes points de vue tout le long du chemin. Puis nous passons à côté de cotonniers et arrivons finalement au village. Quelques femmes sont ensemble et se mettent à discuter avec nous. L’une s’occupe du petit magasin d’art du village et nous demande de la suivre, elle veut nous donner des mangues et nous faire goûter des petites mangues marquisiennes. On s’est régalés ! Cette dame était la maman du beau-fils d’Aline, l’autre Grand-Mère du bébé pressé. Le monde est vraiment très petit aux Marquises.

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On retrouve la grande pirogue qui était venue au Festival des Marquises. On regarde les enfants locaux qui sautent des rochers. On fait un tour au magasin, qui comme partout dans les îles, est une petite épicerie qui vend plein de trucs en plus de la nourriture. Nous avions envie de manger une petite glace par cette chaleur. C’était la grande déception, les congélateurs étaient pleins de viande (on ne trouve pas de viande au rayon frais dans les îles) et beaucoup d’autres choses, mais pas de glace.

Le lendemain nous quittions malheureusement déjà cette magnifique île, en espérant pouvoir y revenir. Nous longeons l’île en admirant les couleurs rougeâtres de celle-ci. A un moment, on voit une roche tel un lion couché, magnifique les formes que les rochers peuvent avoir.

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Ça mord !

A peine passés les dernières îles que nos deux lignes mordent à nouveau en même temps. A nouveau, sans se dérouter, nous avons passé dans un banc de thons. Il faut dire qu’il y en a beaucoup par ici. Stéphane s’occupe de la canne, moi je ramène la ligne à la main. Le fil est plus gros (2mm) et je n’ai pas eu le temps de mettre les gants, ce n’est pas grave, ça monte bien.

Stéphane sort un beau thon à ailettes jaunes de 8kg, qui venait de lui casser le bout de la canne en deux. Mais il a juste le temps de le sortir de l’eau et charger les enfants de le surveiller car il fallait sortir celui au bout de ma ligne, qui faisait 16kg ! Stéphane le sort comme un pro, l’assomme et s’en occupe. Je me rends vers les petits qui tenaient l’autre thon comme ils pouvaient, car il s’ébattait. J’étais morte de rire en visionnant la vidéo de ce moment:

  • Il a déjà été frappé celui-ci ?

  • Non !

  • Elina, passe-moi la hache !

Pour information, nous les assommons avec l’arrière de la hache.

Sur ce coup, il m’a fallu jouer au Tétris pour pouvoir mettre le plus de poisson possible dans le congélateur. Le reste a été mangé et donné rapidement.

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Parties de pêche

publié le 5 mars 2020 à 11:04 par Sailing Olena

Angélo de TEMPTATION nous a refilés plein de tuyaux pour pêcher les thons. Nous avions hâte d’essayer, nous n’avions plus de prise depuis plus de 7 mois.

Ils quittent le mouillage pour se rendre à Hiva Oa. A peine partis qu’Angélo nous appelle pour qu’on les rejoigne afin de prendre les thons qu’ils venaient de pêcher, car leur congélateur est plein. 4 magnifiques thons aux ailes jaunes, les meilleurs ! L’un est pour nous et les 3 autres sont à livrer à Vaitahu. Stéphane les vide pendant que nous nous laissions dériver dans le canal du Bordelais, le canal entre les îles d’Hiva Oa et de Tahuata. On se souvenait des grosses vagues dans ce canal, rendant le retour à Atuona (le village principal d’Hiva Oa) désagréable, et là, c’était le calme plat ! Puis nous avons essayé de pêcher, en vain.

Le lendemain, nous avons retenté l’expérience, sortant cette-fois juste avant la marée haute. Bingo, 2 jolis thons à ailettes jaunes. Quelle joie ! Bien sûr, ça mord sur les 2 lignes en même temps, car nous avons traversé un banc de thons. Et c’est au moment de remonter les poissons qu’on se rend compte qu’on avait un peu perdu la main. On courait dans tous les sens pour chercher les instruments nécessaires. Stéphane a remonté les thons comme un chef. Il les a vite vidés et nous sommes allés ancrer car le soleil était couchant. C’est au mouillage qu’il a fileté les poissons et jeté les carcasses à l’eau. Grosse erreur, 3 beaux requins soyeux (requins du large) attirés par le sang se sont jetés sur les restes et étaient devenus si excités qu’ils tapaient régulièrement dans les safrans du bateau. Nous avons décrété la baignade interdite pour le lendemain.
Alors que je me douchais le lendemain sur la jupe arrière du bateau, en voilà un qui est venu voir s’il n’y avait pas encore à manger. Il a certainement reconnu le bruit du ruissellement de l’eau, pareil à quand on nettoyait le sang du poisson.

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Angélo de retour, nous sommes partis à la pêche avec toute la famille de TEMPTATION à bord d’OLENA. Ce fut marrant et très instructif. Marrant car le plus excité de tous, c’était le professionnel. On voit que ce n’est pas seulement son métier, mais aussi sa passion. On « courrait » derrière les oiseaux annonçant les bancs de thons. Malheureusement il y avait beaucoup de courant et de vagues dans le canal ce jour-là, il était difficile d’y pêcher, car le courant ralentissait le bateau qui ne pouvait suivre les bancs de thons. Nous avons quand même attrapé une bonite, que nous nous sommes partagés au souper.

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Tahuata

publié le 5 mars 2020 à 10:59 par Sailing Olena

La rentrée scolaire étant le 13 janvier, nous profitons de ces « vacances » pour nous rendre à Tahuata, une île qui nous avait beaucoup plu. BELUGA, qui projettent également de mettre Fritz à l’école nous suivent. La distance étant un peu grande, nous préférons une navigation de nuit afin d’être sûrs d’arriver de jour. Nous levons l’ancre en fin d’après-midi à la joie des enfants qui vont pouvoir se faire une soirée télé ! Par télé j’entends qu’ils regardent des films et émissions que nous avons enregistrés, car nous n’avons pas de parabole télé.

Nous naviguons à nouveau au plus près du vent, Beluga à nos côtés. A un moment, alors qu’il faisait déjà nuit, nous étions à 150m l’un de l’autre, ce qui est beaucoup trop près, surtout de nuit. Nous avons le pilote automatique selon le vent, qui a un peu tourné, nous déroutant un peu contre BELUGA, qui eux n’ont qu’un pilote sur compas et faisaient une ligne droite. Je me sentais coincée, sachant que si le vent tournait encore de quelques degrés, on allait probablement se toucher. Je voulais les appeler pour leur demander de virer de quelques degrés, car il nous était impossible d’aller plus contre le vent, mais Stéphane a préféré réduire la voilure, pour passer derrière eux et ne plus avoir de souci. Ainsi eux aussi pouvaient remonter un maximum au vent, car chaque degré est un degré de gagné ! Au moment où nous étions si proches, BELUGA ne l’avaient pas remarqué car ils étaient en train de souper.

Notre vitesse ralentie, les vagues étaient bien moins désagréables et nous avons eu une bonne nuit de traversée. Nous voyions Beluga nous prendre des miles sur l’AIS. Au lever du jour, nous avons sorti nos voiles et rattrapé les 7-8 miles qui nous séparaient en quelques heures.

 

Hapatoni

Nos amis TEMPTATION nous attendaient à Tahuata et allaient nous rejoindre dans la baie des dauphins au nord d’Hapatoni. Malheureusement il y avait déjà 10 bateaux mouillés, ne voulant pas nous coincer entre-eux, ni mouiller plus profond (aux Marquises, les baies deviennent vite profondes) on s’est mis au nord de la baie d’à côté.

On est allés se promener au village et dire bonjour à Tehina, que nous avions revue au Festival. Les enfants ont promené son petit porcelet, c’est un peu comme un chien, sauf que ça n’en fait qu’à sa tête. Nous avons fait la connaissance de l’une de ses sœurs qui habite sur l’île d’Ua-Huka.

Nous avons profité des dauphins que nous sommes allés voir en annexe. Timeo et moi nous sommes baignés avec eux mais les dauphins sont un peu peureux et gardent une bonne distance avec nous. Parfois ils viennent nager devant l’annexe et faire des pirouettes et sauts en tire-bouchons, c’est magique ! J’ai testé ma nouvelle Go Pro avec son caisson étanche. Cliquez ici pour voir le film.

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Nouvel-An

Nous avons réveillonné tranquillement sur OLENA. TEMPTATION et BELUGA se sont joints à nous pour faire une fondue chinoise avec les moyens du bord. TEMPTATION avait la mamie en vacances à bord, nous étions ainsi 7 adultes et 5 enfants.

Angélo de TEMPTATION est un marin-pêcheur de St-Barthélémy. Il avait attrapé un gros thon de 50-60kg lors de sa venue à Hapatoni. Pour la petite histoire, la remontée de ce gros poisson à bord lui a pris 3 heures et ils ont dévié de leur route de 8 miles (près de 15km) ! C’est différent quand on n’est pas en bateau de pêche avec du matériel professionnel, car quand il bossait, un poisson pareil c’est en 10 minutes qu’il était à bord ! Et puis, un petit requin s’est servi de quelques bouchées au passage. Il était clair qu’une partie de ce thon faisait partie du repas du Nouvel-An, on s’est régalés !

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Vaitahu

On est allés mouiller quelques jours dans la baie de Vaitahu, le village principal de l’île. Là-bas aussi, les dauphins viennent quotidiennement faire des pirouettes dans la baie. On ne s’en lasse jamais.

On a profité du petit restaurant chez Jimmy, qui est la seule bonne wifi de l’île accessible aux voileux. La mise-à-terre fut parfois sportive à cause de la houle. L’annexe montait et descendait de plus d’un mètre le long du quai, tel un ascenseur. Il fallait faire attention à ce que l’annexe n’atterrisse pas sur le quai ou dans les rochers d’à côté. Parfois il était difficile de laisser l’annexe près du ponton, même avec une ancre à l’arrière. Elina aimant sa tranquillité au bateau, a souvent fait office de chauffeur et retournait seule au bateau.

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Nuku Hiva

publié le 5 mars 2020 à 10:51 par Sailing Olena   [ mis à jour : 5 mars 2020 à 10:52 ]

Après quelques heures de belle traversée à voile, nous avons posé l’ancre à Taiohae, le village principal de Nuku Hiva, la plus grande île des Marquises. A peine l’ancre posée, Timeo regarde autour de lui et nous dit qu’on était déjà ici et raconte ce qu’on y avait fait et où se trouvent certaines choses. Impressionnant, nous étions là seulement 2 nuits 6 mois auparavant.

C’est ici que nous espérons nos poser quelques mois pour le reste de la saison cyclonique et de profiter de scolariser les enfants. Elina étant au collège, nous n’avons pas beaucoup d’endroit à choix car il existe que 3 collèges aux Marquises, les deux autres étant à Hakahau (Ua Pou) avec sa baie face à la houle en cette période de l’année et à Atuona (Hiva Oa) où le quai se trouve à 3km du village.

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La baie de Taiohae avec son maraé (lieu sacré de la société polynésienne pré-européenne) et sa prison, la plus petite du territoire français (5 prisonniers)

 

Réparations pour les autres

Stéphane a passé pas mal de temps à aider Harry d’ITSARA et son marin à essayer de réparer son hors-bord, qui est le même que le nôtre. Son moteur est tombé à l’eau à Makemo. Ils l’avaient directement démonté pour le rincer avec l’aide de Stéphane. Malgré ça, le moteur continuait à faire des siennes. Stéphane a démonté le nôtre pour essayer d’échanger des pièces afin de savoir ce qu’il faut commander. On ne trouve rien par là pour nos moteurs 4-temps, car ici, les petits moteurs hors-bords c’est que du 2-temps, qui ont été interdits en Europe. Nous avons fini par lui prêter notre petit moteur d’appoint le temps qu’il puisse le faire fonctionner.

Pendant ce temps, je faisais quelques réparations de couture pour ITSARA. Avec le temps, le soleil brûle le fil des coutures des canvas (partie en tissus, comme sur une tente de camping). Il y a toujours à faire, si ce n’est pour nous, c’est un coup de main pour les copains.

 

Noël

Contrairement à l’an dernier, où nous avions réveillonnés seuls, nous avions plusieurs options à choix cette année. Nous avons suivi Harry qui a organisé un cochon qu’on allait griller chez Teopo, une locale. La fille ainée d’Harry était présente avec ses 3 enfants, ainsi que 2 autres familles de voiliers francophones.

Stéphane s’est déjà rendu le matin pour aider à organiser le feu et se mettre à griller le cochon. L’épicier qui avait vendu le cochon, par manque de place l’avait entreposé dans le congélateur. Un cochon entier tout congelé quelques heures avant le réveillon ! Il fallait organiser une grosse bassine pleine d’eau pour le faire dégeler au plus vite. Le dégel et le montage sur des barres a pris plusieurs heures avant d’enfin pouvoir le mettre sur le grill pendant 6 heures ! Pendant ce temps, les femmes s’affairaient à préparer apéro, accompagnements et desserts.

Nous nous sommes rendues à la maison avec les enfants dans l’après-midi. 9 enfants de 1-13 ans ont profité du grand jardin et ramassé plein de fruits. Ici les manguiers croulent de fruits, il y en a plein le sol, ce qui réjouit les poules sauvages et qui se promènent partout.

Après l’apéro, nous avons fait un petit saut à la cathédrale pour écouter quelques chants. La messe dure bien plus de 2 heures et est en français et marquisien (qui est une langue différente du tahitien). On y a retrouvé plein de plaisanciers, comme nous, attirés par les beaux chants marquisiens.

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Ensuite ce fut le repas de Noël, mais comme nous avions déjà tant mangé d’apéro, nous n’avons plus mangé grand-chose. Pour le dessert, il y avait quelques gâteaux gourmands et même un tiramisù et de la glace maison. Il y avait tant, que la salade de fruits n’a même pas été sortie.

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L’équipe y est retournée manger les restes le lendemain. Nous n’avons malheureusement pas pu les rejoindre, car nous avions rendez-vous à la plage avec d’autres plaisanciers pour fêter Noël. C’est dommage, j’aurais bien aimé reprendre un peu de cochon, car j’en ai eu si peu le soir d’avant.

Le lendemain, on part à la plage comme prévu, les autres bateaux déposent les enfants et s’en vont rechercher le goûter. C’est plus d’une heure plus tard qu’ils reviennent. En attendant, j’ai passé mon temps à surveiller 2 équipes d’enfants, car entre-temps, les enfants de l’équipe du soir d’avant sont aussi arrivés à la plage. Il y avait tant d’enfants que la surveillance n’était pas facile.

Le goûter entre plaisanciers s’est finalement fini par être quelques groupes chattant par-ci par-là et le goûter posé sur les sacs. J’ai regretté n’avoir pas rejoints les autres pour manger les restes, surtout qu’on aurait eu le temps vu qu’ils sont arrivés à la plage bien avant ceux avec qui nous avions rendez-vous.

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Ua Pou

publié le 16 janv. 2020 à 10:30 par Sailing Olena

Cette île est l’une qui a les plus belles formes des Marquises. Beaucoup de photos des Marquises montrent les pains de sucre de cette île, ces pics volcaniques qui montent à plus de 1’200m d’altitude. Les baies de Hakahau et Hakahetau montrent à mon avis les plus belles vues. La plupart des photos des magazines sont prises à Hakahau. C’est à ne pas confondre avec la plus belle baie des Marquises (ou de Polynésie selon certains), qui est la baie des Vierges de Fatu Hiva, qu’on trouve également souvent en photo dans les magazines.

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Hakahetau

Hakahetau possède un petit port où l’on accède facilement en annexe. Les vagues de la houle montent sur la rampe des bateaux et les enfants du village s’amusent à glisser dessus, comme le font nos enfants sur de la glace en hiver. A côté de la rampe se trouve une piscine naturelle, ou les plus petits enfants du village vont se baigner sous la surveillance des parents. Et juste derrière, une place à l’ombre avec des tables et des bancs. Un vrai petit coin de paradis s’il n’y avait pas les moustiques.

Nous avons profité de dîner avec les copains de 2 bateaux français, FOLAVOALH et PHILAÉ. Repas copieux que nous a fait Pierrot pour son dernier jour avant les vacances.

Et bien sûr, comme toujours, il y a des réparations qui doivent être faites sur OLENA, cette-fois c’était notre génois léger, une sangle de l’œil d’écoute était en train de se découdre. Là j’ai réalisé que ma nouvelle machine à coudre était vraiment faite pour nous, elle a cousu la voile sur toutes ses épaisseurs, sans aucun problème.

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Le tas de chaussures c’est devant le restaurant, ici on est pieds-nus presque partout

 

Visite chez Manfred

De retour à Hakahetau, nous ne pouvions pas ne pas aller le visiter. Nous y avons emmené BELUGA, même Daniel avec son pied cassé a fait les 6km aller-retour dans la montagne pour aller y déguster et faire le plein de l’un des meilleurs chocolats au monde.

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Manfred se souvenait de nous et était heureux de nous revoir. Nous avons eu la chance qu’il n’y ait pas eu d’autres visiteurs ce jour-là et avons ainsi pu à nouveau passer toute la journée en sa compagnie. Le lendemain, c’est plus de 40 personnes qui l’ont visité !

Nous avons fait un petit tour de jardin et l’avons aidé à ramasser les noix de Macadamia (une sorte différente, car plusieurs noix par fruit).
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Noix de Madacamia et cacaoyer

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Grenades, pommes d'eau et bois de santal


 

Sachant que nous irions au Festival le jour du grand buffet, il nous a aidés à préparer nos assiettes en matière naturelle. Il nous a ouvert quelques noix de coco qu’il a râpées pour sortir son lait puis avec le reste, les enfants ont nourri les poules. Manfred a plein de poules pour éliminer les mille-pattes qui sont poisons. Ensuite il a été couper un tronc de bambou qu’on a découpé par tronçons. Il ne nous restait plus qu’à les couper en 2 et les nettoyer.

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En plus des récipients en coco et bambou, on est rentrés avec le plein de chocolat et de fruits.

 

Fête après Festival

Le lendemain du Festival, c’était la fête à Hakahetau. Ils ont organisé un gros kai kai (buffet), où nous les voileux, avons également participé en amenant salades et autres accompagnements.

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La délégation de Rapa Nui (île de Pâques) et les chanteurs de Tahiti étaient les invités. On a eu droit aux chants et aux danses, à un énorme repas en commun et beaucoup de bon temps. A nouveau, il y avait à manger pour plus du double que de personnes présentes. On s’est régalé de riz au lait de coco et de magnoc au lait de coco, un vrai dessert à nos papilles, alors que les marquisiens les utilisent comme accompagnement.

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Biscuits de Noël

Noêl approchant, nous avons voulu faire des petits biscuits. Nous avons choisi 3 recettes que nous pouvions faire avec les moyens du bord, ou presque. Nous avons remplacé le zeste de citron des milanais par du zeste de pamplemousse et ce fut délicieux.

Par contre, les biscuits au beurre par cette chaleur, ce n’est pas facile à faire. La pâte à peine faite, il fallait la mettre d’urgence dans le frigo. Pour faire les formes, nous avons dû le faire de nuit où il fait un peu moins chaud, mais même là, ce n’était pas chose facile.

Mes petits biscuits au gingembre ont fini par être des biscuits aux épices ! Ici on trouve du gingembre partout, mais je n’en avais plus assez sur le bateau. Le résultat était délicieux.

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Je suis retournée un autre jour chez Manfred avec Timeo pour amener quelques biscuits et passer un petit moment avec Thérèse, sa femme. C’était bien sympa. A l’aller, nous nous sommes arrêtés à la cascade pour nous baigner. Au retour, nous avons eu droit à la pluie. Ce fut un chouette moment maman-fiston.

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