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Laure

Déménagement - Umzug

publié le 5 nov. 2020, 02:32 par Sailing Olena

Vous trouverez nos nouvelles entrées de blog sur un autre portail. Nous sommes en train de déménager notre site web, car notre hébergeur actuel nous fait migrer sur une plateforme qui ne supporte pas les blogs. C’est encore un peu en chantier, mais le blog depuis notre départ de Polynésie est à jour !

L’adresse du site sy-olena.ch migrera vers le nouveau portail une fois le déménagement complété.

Dites-nous ce que vous en pensez, toute critique d’amélioration est la bienvenue.

sy-olena.blogspot.com

Unsere letzten Blogeinträge sind auf einem neuen Portal zu finden. Unsere Homepage wird umgezogen da unser Hoster eine Migration durchführt, die keine Blogeinträge verwaltet. Es ist noch ein wenig eine Baustelle, aber der Blog ab unserer Abfahrt von Polynesien ist aktuell!

Die sy-olena.ch Adresse wird auf das neue Portal umgeschaltet, wenn der Umzug abgeschlossen ist.

Die Sprachtool für die Übersetzung ist besser abrufbar, schaut im Menü auf der rechten Seite.

Teilt uns bitte mit wie ihr es findet, jeder Verbesserungsvorschlag ist willkommen.

Parlons de la Polynésie

publié le 25 oct. 2020, 00:30 par Sailing Olena

Je ne vais pas décrire le nombre d’archipels et d’îles, il y a des livres de géo qui vous en informeront mieux que moi. J’ai surtout envie de vous transmettre les impressions et les différences de ce pays.

 

Les animaux

Ce qui étonne en premier, c’est d’entendre des coqs à longueur de journée. On voit des poules et poussins accompagnés de quelques coqs se promener partout. Même en plein Papeete sur la terrasse du McDo! Bref, on peut aller chez qui on veut, on va en voir qui traversent le jardin. Vous êtes dans le préau de l’école, des poules et poussins se promènent. C’est un peu comme les pigeons ou les corbeaux chez nous, il y en a partout. Même en hauteur dans les arbres. Les locaux ne chassent généralement pas ces poules, il est plus facile d’en acheter au magasin. Quant aux œufs, là aussi c’est plus facile d’aller au magasin.

Il y a plein de chiens en liberté. Je suppose que la plupart sont sauvages, mais pas tous. Ils se promènent partout, même dans les jardins des maisons et ne dérangent pas vraiment. Pour des chiens peut être sauvages, ils sont gentils, viennent pour des caresses, nous accompagnent en balade, comme des chiens chez nous. J’avais vu des chiens sauvages à l’île Maurice, ceux-ci étaient vraiment comme leur nom l’indique, ils hurlaient à mort chaque nuit. Ce n’est pas le cas ici, heureusement. La rumeur que les polynésiens mangeraient encore du chien, je n’y crois pas du tout. Si c’était le cas, il y aurait bien moins de chiens errants.

La plupart des gens jettent les épluchures et restes de fruits et nourriture dans leur jardin. C’est pour les chiens et les poules de passage.

Aux Marquises, il y a des chèvres sauvages. Elles ne sont pas originaires d’ici, mais leurs descendants ont été lâchés et à présent il y a des centaines voire des milliers de chèvres sauvages sur les îles des Marquises. Ce n’est pas le mieux pour la nature, car elles arrachent les arbustes qui retiennent l’érosion. En attrapant toutes ces chèvres pour les mettre dans des enclos, on éviterait beaucoup de chutes de pierres et effondrements de rochers. Certains fermiers ont des chèvres en enclos et nous avons même vu un à Ua Huka qui avait ses chèvres en liberté la journée et les mettait dans l’enclos le soir. Les chèvres sauvages sont parfois chassées, leur viande est excellente, par contre il faut la cuire longtemps.

Aux Marquises, il y a le cochon sauvage. C’est un cochon comme nous élevons en Europe. Par contre leur goût est très fort car ils vivent sauvagement. Des parties de chasse se font, certains y vont avec des fusils, mais beaucoup vont à la chasse aux cochons avec plein de chiens. Certains attrapent de petits cochons et les élèvent comme animal domestique, dans le but d’avoir de belles dents de cochon pour faire un collier.

Certaines îles comme Nuku Hiva et Ua Huka ont beaucoup de chevaux. Ils ont souvent l’air sauvage car ils sont en liberté, mais ils appartiendraient tous à quelqu’un. Certaines vallées sont accessibles uniquement par un petit sentier, le cheval reste un animal de travail pour le transport de gens et de marchandise.

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Les fruits

Les Marquises regorgent de fruits. On en trouve également dans les Iles de la Société, mais en moins grand nombre. Quant aux Tuamotu, rares sont les plantations de fruits et légumes. On en trouve un peu, mais la production ne suffit pas à nourrir les habitants.

Les pamplemousses des Marquises sont parmi les meilleurs au monde. Ils sont très gros et pourraient peser jusqu’à 4kg. Nous n’en avons jamais vu de si gros, ceux que nous avons font entre 1 et 2kg pièce. Parfois on en trouve de plus petits. La saison est toute l’année, les arbres portent des fruits murs et des fleurs en même temps.

Il y a beaucoup de citronniers. Les citrons sont petits, d’un diamètre de 3-4cm et tout ronds. On les cueille et consomme verts, mais ils sont également bons quand ils sont jaunes.

On trouve des mandarines et des oranges. A Tahiti il y a une vallée qui a énormément d’oranges, c’est dans les hauteurs de Puunauia.

Les manguiers sont présents un peu partout, dans les jardins comme en plein milieu de la forêt. Il y aurait deux saisons par année, et quand c’est la saison des mangues, il y en a énormément. Un manguier produit bien plus de fruits qu’un pommier. Les gens possédant des manguiers ne peuvent consommer le tout, ils sont heureux d’en donner. Le reste tombe au sol, les poules et autres animaux s’en chargent et le reste pourrit, comme les pommes et prunes chez nous.

Les noix de coco sont sur toutes les îles, il existe même des champs de noix de coco. La pulpe des noix est récoltée et mise à sécher, ça s’appelle le coprah, ça sent le rance, c’est une odeur assez forte. Les bateaux qui amènent le fret dans les îles récupèrent le coprah, qui est emmené à Tahiti pour en faire de l’huile. L’huile de coco est une huile très saine ! Mais on ne s’en sert pas uniquement pour la cuisine, on en fait aussi du monoï.

Les bananiers sont en grand nombre sur les îles. Il existe plusieurs sortes de bananes, certaines sont des bananes à cuire mais la plupart sont des bananes dessert. On les achète par « grappe » si je peux m’exprimer ainsi, ou même par régime. Il y en a de toutes les tailles.

Il y a plein d’autres fruits exotiques, surtout aux Marquises : carambole, tamarin, quenette, pomme d’eau, fruit de la passion, goyave, pomme cannelle, corossol, ananas (surtout à Moorea), avocat, pomme cythère, pastèque, papaye et fruit à pain. On en trouve certains sur les marchés, d’autres sont plus rares.

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Pamplemousses, bananes,
ananas, avocat, piment
pamplemousse & fleurs, café

La vanille est cultivée dans certaines îles, tel que Tahaa. Mais on en trouve aussi ailleurs, soit dans des jardins privés ou de petites cultures, comme à Taipivai sur Nuku Hiva.

 

Les Légumes

Les pommes de terre sont peu présentes et la plupart sont importées. Le fruit à pain la remplace un peu. Mais ils ont de l’igname, du manioc, du taro des patates douces et d’autres racines.

Le gingembre, le curcuma, le poivre et les piments poussent également par ici.

Ils ont d’excellents haricots qui peuvent être très longs. Ceux qu’on achète au marché font dans les 30-40cm, mais nous en avons déjà vu de bien plus longs.

Des tomates et carottes sont produites à Nuku Hiva.

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Vanille, cacao, noix de pécan
haricot, pomme cannelle, haricot
fuit à pain

 

 

Les fleurs

Tout au long de l’année on voit des fleurs multicolores. Les bougainvilliers sont présents un peu partout et magnifiques à regarder. Les hibiscus également.

A une certaine période de l’année, certains arbres se couvrent de fleurs rouges, c’est magnifique, ce sont les Flamboyants.

Mais la fleur la plus connue de Polynésie c’est la Tiare Tahiti. Une petite fleur blanche contenant 5-9 pétales et sentant très bon. C’est la fleur qui est utilisée pour faire du monoï, mais de nos jours, on trouve également du monoï ayant d’autres odeurs.

Les franchipaniers sont très présents également, ce sont mes fleurs préférées, elles sentent si bon !

Ce qui est le plus frappant, c’est juste après la pluie, l’odeur des fleurs est très forte, c’est très agréable.

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La générosité

Dans les îles, les gens ont bien moins que les gens en Europe. Ils se promènent avec des habits troués ou réparés, ça choque personne, c’est normal. Par contre ils ont une grande richesse qui s’est perdue de par le monde: la générosité et la gentillesse, même envers les inconnus. On s’en rend moins compte dans les Iles de la Société, je suppose que c’est à cause du grand nombre de touristes ainsi que du modernisme. Mais aux Marquises, chaque jour on s’étonne de cette énorme générosité.

Comme je l’ai souvent mentionné, ils nous offrent leurs fruits, sans rien demander en échange. On leur donne quelque chose, ils nous remercient bien plus que nécessaire et nous couvrent de fruits. Un ami pêcheur a partagé un très gros poisson dans tout un village, il s’est retrouvé avec des brouettes entières de fruits !

Ils ont également l’hospitalité facile, même envers des inconnus. Par exemple, 2 jeunes filles ont commencé à installer des hamacs dans un village à Ua Pou pour y passer la nuit. Une de nos connaissances leur demande de tout empaqueter et de la suivre chez elle. Car en restant là-bas elles vont être ennuyées toute la nuit par les jeunes hommes du village. Ces filles ont habité chez elle plusieurs jours. Qui en Europe ou ailleurs ouvrirait sa porte à deux étrangers en train de s’installer à un endroit où ils ne dérangent personne ?

 

Les jeux de préau d’école

Ici pendant la pause à l’école, les enfants, surtout les garçons, jouent aux billes ! A Tahiti tout comme aux Marquises. Au collège d’Elina j’ai pu observer les garçons de sa classe (13-14 ans) en jouer et c’est assez intéressant. C’est un jeu entre la pétanque avec un petit air de billard. Les perdants perdent parfois leurs billes, qui finissent dans la poche du vainqueur.

Les jeunes de chez nous diraient certainement qu’ils sont retardés, vu qu’ils jouent à des jeux comme du temps de leurs grands-parents. Moi je dirais qu’ils ont simplement d’autres valeurs ! Et leurs valeurs et mode de vie nous convient bien mieux que le monde du paraitre et de la consommation de laquelle nous sommes sortis pour un certain temps. Il fait bon vivre avec les gens d’ici, même si tout n’est pas toujours rose.

 

Le Language

Ils ont des langues bien à eux tels que le tahitien, le marquisien et le paumotu. Entre une même langue, ils ont des dialectes différents.

La langue officielle est le français, qui est aussi la langue de l’école. Ils le parlent avec un très joli accent, car ils roulent les R comme les suisses-allemands.

Parfois ils utilisent des mots qui chez eux ont une autre signification que chez nous. Un jour nous étions dans une ferme pour acheter des légumes. La maraîchère nous dit : « on va aller casser les tomates ». Les enfants et moi on s’est regardés surpris, nous imaginant la femme en train de casser les tomates avec je ne sais quel instrument. Ils utilisent le mot casser pour dire cueillir. Ici on « casse » les fruits et les légumes.

Un jour une copine me parle des pistaches puis elle m’explique les fruits violets. Ça n’est pas du tout ce que nous appelons pistache chez nous. Ils appellent ces petits fruits pistache, car ça pisse (gicle) et ça tache !

 

P’tites bêtes

On est en milieu tropical et il y a des petites bêtes partout. En bateau, nous faisons attention à ne pas avoir d’invasion, ce n’est malheureusement pas toujours facile. On retrouve souvent des charançons ou des mites alimentaires, il nous faut alors faire le tour du placard pour en trouver l’origine avant que ça n’attaque d’autres choses. Nous avons été étonnés d’avoir eu comme origine un petit paquet de biscuits « petit déjeuner » de Lu, ou un paquet de pâtes pour lasagnes qui étaient tous deux emballés dans du plastique puis un carton. Ces deux exemples avaient été achetés au supermarché Carrefour. Nous avons également eu des petites bêtes dans des pâtes, etc…

Nous savons pourquoi nous perdons beaucoup de temps à chaque achat pour changer les emballages. Le riz et la farine finissent dans des bouteilles PET. Les paquets de pâtes sont emballés par 2 dans des sachets zip, évitant ainsi l’attaque d’autres paquets en cas de petites bêtes.

Certaines bêtes ont déposé leurs œufs sur les plis des emballages, c’est assez ennuyant quand on ne s’en rend pas compte.

En amenant les fruits et légumes frais, nous avons parfois amené de toutes petites fourmis à bord.

Quand nous sommes ancrés assez proche de la terre, il arrive parfois qu’un gros cafard soit attiré par nos lumières et vienne se poser sur notre bateau. On en avait même un en plein jour, on l’a chassé, il a volé autour de plusieurs bateaux avant de revenir se poser en haut de notre voile !

Même sans ces indésirables,  la nourriture n’est pas toujours facile à conserver.

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charançons sur des bicuits au chocolat, œufs moisis
nids d’insectes sur un tetra pac, charançons et moisissure de pâtes à lasagne
chocolat en poudre moisi

 

Les fonds marins

Désolé si je casse l’image de la Polynésie, mais les fonds marins ne sont plus ce qu’ils étaient. Nous n’étions pas là il y a des années pour le voir, mais nous avons rencontré plein de gens bien déçus du changement, et nous devons dire que les fonds ne sont pas comparable à la publicité qu’on avait vue sur la Polynésie.

On a croisé 2 couples d’américains, d’anciens voileux qui s’étaient rencontrés en Polynésie il y a 20 ans et qui ont décidé d’y retourner en vacances ensemble sur un voilier. Ils se réjouissaient de retourner à la chasse aux langoustes. Une fois la tête sous l’eau, ce fut la grosse déception. Où ça croulait de langoustes il y a 20 ans, il fallait bien chercher pour en trouver 1 ou 2. Ils nous ont montré des photos, impressionnant, ce n’est plus la Polynésie d’aujourd’hui.
Ce ne sont pas les seuls qui nous ont fait part de ses changements.

Certes, il y a encore plein de corail et de poissons, il y a encore beaucoup de choses à voir. Mais si vous voulez en profiter, dépêchez-vous ! Les fonds sont pillés, tous les soirs dans n’importe quelle île. Nous voyons les pêcheurs chasser à la torche, ramasser le peu qui reste, ne respectant pas toujours les dimensions et règlementations. Nous avons réalisé que beaucoup sont d’avis « si je le prends pas, c’est le prochain qui le prendra, alors, je le prends ». Malheureusement cette mentalité ne date pas d’aujourd’hui, j’en ai trouvé des écrits dans un livre des années 80.

Les polynésiens sont friands de porcelaines et autres coquillages et les pêchent parfois en grande quantité. Nous avons vu aux Marquises, leurs kaikai (buffet) sont très remplis, ils comptent plusieurs kilos de nourriture par personne et malgré leur grand appétit, beaucoup finit aux cochons. Quand il y a une fête, ce sont des centaines de porcelaines qu’ils préparent. Toutes ces porcelaines et certains autres coquillages mangent les algues qui poussent sur le corail. S’il n’en reste plus assez, les algues étouffent le corail et la ciguatera a de quoi faire son nid. Eh oui, en Polynésie il y a la ciguatera, ce que les locaux appellent « la gratte ».

 

La pêche industrielle

A notre avis, c’est un gros fléau. Ces usines flottantes vident les océans à grande vitesse. Nous avons croisé bon nombre de bateau de pêche asiatique, voire même polynésiens. Certains armateurs asiatiques auraient engagé des navires de pêche polynésiens, car en Asie la demande est grande.

Le plus souvent, nous voyons les bateaux au radar, car ils ont leur signal AIS éteint afin de ne pas montrer où ils pêchent, car parfois ils pêchent dans des lieux interdits. De nuit, il nous est arrivé de passer près de l’un sans s’en rendre compte et au dernier moment, ils allument les lumières. D’autres, pêchent toutes lumières allumées mais sans AIS.

Apparemment les eaux autour des îles de la Société voir même des Tuamotu se sont pas mal vidés. Alors ils s’aventurent vers les Marquises, qui regorgent encore de poisson. Il y a une loi qui interdit la pêche industrielle à une certaine distance des bords marquisiens, ils essayent même de l’augmenter. Mais comme il n’y a presque pas de contrôle, les pêcheurs industriels font ce qu’ils veulent.

Nous avons vu une de ces usines, avec hélico sur la passerelle, longer tout le sud de Nuku Hiva à moins de 2mn de l’île. Bien sûr, l’AIS était éteint, et il nous était impossible de distinguer le nom du navire à notre distance, ni de faire une bonne photo. Nous n’étions pas les seuls à les avoir vus, personne ne fait rien.

Un jour on a eu pareil assez proche d’Ua Huka, nous avons même essayé de les contacter par VHF pour savoir s’ils tiraient des filets derrière eux car nous allions passer derrière, aucune personne ne savait l’anglais ou le français.

Quand on voit les tonnes de poissons qu’avait le bateau de pêche industrielle asiatique qui s’est échoué aux Tuamotu pendant le confinement, contenant même des poissons interdits à la pêche, on se demande combien de temps on pourra encore se nourrir de poisson. Ce point n’est pas spécifique à la Polynésie, c’est un problème au niveau mondial.

 

Les prix

Les polynésiens aiment dire « en Polynésie tout est cher ».

Il y a certaine nourriture qui est subventionnée par la France avec des prix similaires à la métropole.

L’alcool comme le rhum a une taxe d’importation de 400%, ça fait très cher. Le vin, la bière, c’est cher.

Certains produits sont à des prix qu’on ne s’explique pas vraiment, car ça peut varier jusqu’au double suivant les endroits.

Internet, c’est pour l’instant l’endroit où nous avons payé l’internet le plus cher pour les connections les plus médiocres.

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Nutella XPF 1415.-, CHF 14.15, € 12.30
Alèse au prix français de € 7.99 : XPF 2195.-, CHF 21.95, € 19.05
Danette : XPF 1695.-/1595.-, CHF 16.95/15.95, € 14.70/13.85

Tahiti en attendant

publié le 24 sept. 2020, 07:06 par Sailing Olena

Notre radeau de survie mettant plus long que prévu à être révisé, nous attendons sagement au mouillage de l’aéroport, passant nos journées entre l’école et nos amis.

 

COVID

Nous évitons d’aller à terre plus que nécessaire, car la 2ème vague du COVID fait rage en Polynésie, et nous nous trouvons à l’endroit où il y a le plus de cas. J’entends à nouveau le speach du Président Fritsch à Taiohae, il disait qu’ils auraient la situation bien en main pour l’ouverture des frontières. A ce moment-là j’avais pensé « bien sûr, la Polynésie avec ses 60 petit cas sait mieux que le reste du monde qui ne gère rien ».

Ils ont ouvert les frontières, sans quarantaine, et même aux américains, alors que les Bermudes, qui appartiennent aux USA, restent fermés aux américains ! Pour attirer les touristes, la Polynésie a fait la publicité d’être un pays COVID-free ! Les touristes se comportent comme si de rien était, mis à part l’obligation du port de masque dans les transports publics.

Ce qui était prévisible est arrivé, mais la politique en Polynésie est différente. Il y a eu un gros cluster dans un club, un Stewart a sauté de l’avion au club pour faire la fête et le virus s’est propagé. Le Stewart et le propriétaire du club ont été montré du doigt, sanctionnés, aux yeux des politiciens ce sont eux les fautifs ! Tous les clubs et discos ont été fermés.

Les cas augmentent de 20 parfois 30 cas par jour. Avec tout ce qu’ils ont fait peur aux gens pendant le confinement (30 jours strict pour 60 cas au total), les gens ne savent plus quoi penser. Alors que pendant la 1ère vague les gens mettaient des mois à guérir, curieusement lors de la 2ème vague, les gens sont considérés guéris très rapidement.

On se protège, on porte tous les 5 le masque dès qu’on sort alors que le port du masque est obligatoire à partir de 11 ans et uniquement dans les magasins, restaurants et le centre-ville de Papeete. C’est aussi une des raisons pour laquelle nous nous activons à quitter la Polynésie. Au moment de notre départ, il y aura près de 600 cas, une semaine après notre départ ils en seront à plus de 800 cas et 2 morts, à notre arrivée 2 semaines plus tard, ils seront à environ 1200 cas.

Pour le reste du monde, ces chiffres sont bien petits, je le conçois bien. Mais il faut voir le contexte ! La Polynésie est presqu’aussi grande que l’Europe. Le seul et unique hôpital comme nous les connaissons en Europe se trouve à Tahiti. Il y a un petit hôpital à Raiatea et à Nuku Hiva ainsi qu’une clinique à Papeete. Le reste des îles ont des dispensaires, parfois avec des médecins, parfois uniquement avec des infirmiers ou même un seul infirmier pour toute une île. Dès qu’il y a quelque chose de grave, il faut evasaner le malade, c’est-à-dire faire une évacuation sanitaire en bateau ou en avion. C’est très cher et ça prend du temps. On préfère ne pas tomber malade là-bas, même si nous avons été très satisfaits du service de l’hôpital de Tahiti.

 

Réparations & maintenance

La loi de Murphy veut que « tout ce qui peut se casser sur un bateau, cassera ». C’est pourquoi il faut toujours faire de la maintenance car il vaut mieux prévenir que guérir, surtout que les casses se produisent pour la plupart du temps en traversées par temps mauvais.

Nous avons profité de faire contrôler le gréement (mât et tout le câblage du mât) par un gréeur. Tout est en ordre, tant mieux.

Les 6 panneaux solaires qui étaient sur le bateau à l’achat ont commencé à se délaminer, leur rendement ne donnant plus que 70% de leur capacité, nous n’avions plus assez de courant. Ne trouvant pas les mêmes ici, nous avons donc changé tous les panneaux. A présent nous avons plus de puissance pour moins de surface. Notre cadre est un peu trop grand à présent, c’est moins joli mais ce n’est pas grave. Une petite annonce sur les puces nautiques et nous avons trouvé preneur pour nos 3 panneaux à 100% de rendement ainsi que quelques autres.

Etant dans des eaux chargées en planctons, nous devons changer de filtres bien plus fréquemment. En cherchant du matériel dans de nombreux magasins nautiques et de bricolage, Stéphane a trouvé ce qu’il lui fallait pour installer des préfiltres lavables pour le dessal.

Un de nos grands points était l’échange de notre chaîne d’ancre qui s’était transformée en gros tas de rouille. Il était de plus en plus pénible de faire des manœuvres d’ancrage, que ce soit pour la descente comme pour la remontée. Les maillons complètement rouillés restaient coincés et ne passaient plus sur le barbotin. Cette chaîne d’ancre nous l’avions achetée en Guadeloupe et montée en décembre 2018 ! Depuis juin 2019 elle s’est mise à rouiller par le milieu et en quelques mois elle était rouillée de partout. Le fabriquant n’a fait que de se ficher de notre poire et le vendeur est resté muet. C’est ça le service après-vente pour les bateaux, ils savent qu’on ne peut pas revenir en arrière réclamer. Ils nous vendent de la qualité chinoise au prix de qualité et on ne peut rien faire.
Alors qu’on avait changé une chaîne qui allait certainement tenir encore un certain temps pour ne pas à avoir à la changer dans le Pacifique, nous nous sommes retrouvés à devoir la changer dans le Pacifique où les prix sont près du double qu’ailleurs !

Et voilà que la pompe du réservoir des eaux usées fait des siennes ! Heureusement, nous sommes à Tahiti. Un petit tour dans différents magasins et Stéphane avait trouvé tout ce qu’il lui fallait pour faire sa réparation.

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Notre radeau de survie

Les radeaux sont à faire réviser régulièrement. Par révision on entend le gonfler et contrôler s’il reste gonflé, contrôler la bouteille de CO2 comprimé, changer certains contenants dont les piles des lampes, les choses défectueuses et la pyrotechnique (feux de détresse). Certains ont de la nourriture qu’il faut aussi changer, ce n’est pas le cas du nôtre, ce pourquoi je prépare des sacs étanches contenant de la nourriture, dès qu’on part en traversée.

Après plus de 2 semaines d’attente, ils allaient enfin réviser notre survie ! Nous avions demandé à aller la voir, c’est un élément de sécurité important et nous avions envie de voir à quoi ressemblait la nôtre. Les enfants ont pu aller à l’intérieur, nous avons pu regarder ce qu’elle contenait.

Ils ne pouvaient malheureusement pas finir la révision, car la pyrotechnique (feux de détresse) était bloqué à la douane depuis un certain temps. Stéphane a fait le tour des magasins dans l’espoir d’en trouver et s’est confronté à la même réponse partout : c’est en rupture de stock depuis plusieurs mois dans toute la Polynésie. Il est allé voir les pêcheurs et a même fini chez les pêcheurs professionnels, qui lui ont dit que certains de leurs bateaux sont bloqués à quai car les gendarmes les ont contrôlés et leur pyrotechnique est hors de date. Impossible de les changer tant que la douane ne fait pas le dédouanement du container.

La libération du container de pyrotechnique risque de prendre encore beaucoup de temps, car le port de fret menace de grève. La raison, le COVID, ils veulent réintroduire la quatorzaine etc… chose qui est impossible pour l’économie de la Polynésie. Donc grève, il y aura certainement à moins que les syndicats changent d’avis.

On se voit bloqués à Tahiti pour un temps incertain et ça ne nous arrange pas. Stéphane en amenant les quelques fusées qu’il a déniché devait faire une drôle de tête, car le monsieur qui s’occupait de notre survie s’est débrouillé pour nous trouver une solution. Merci à lui ! Au bout de 3 semaines, nous avions enfin notre survie et on a même pu acheter une coque d’occasion ! Le chantier qui nous a vendu notre bateau avait acheté la survie la moins chère, emballée dans un sac, et les survies dans les sacs ne sont pas faites pour accrocher à l’extérieur comme nous l’avions (installé par le chantier).

 

Visite des Marquises

Etant arrivés à Tahiti en début d’année scolaire, nous avions des amis des Marquise qui séjournaient à Tahiti, car ils accompagnaient les enfants au lycée.

Ce fut le cas de Thérèse d’Ua Pou, qui accompagnait sa petite-fille. Malheureusement son planning était un peu stress et comme nous n’étions pas motorisés, on n’a pas pu se croiser.

Notre amie Maria avec sa puce, notre petite princesse marquisienne, accompagnaient Tehia au lycée et ils ont pu passer un moment au bateau. Quel plaisir de se revoir !

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Le copain de langue

Suite au séjour de Timeo à l’hôpital en novembre dernier, nous avons pour amis une famille habitant à Tahiti. Juliana, Uaeva et leurs fils Manattéo et Manahiva. Comme Manahiva et Timeo se sont fait recoudre la langue la même nuit, Manahiva s’est mis à appeler Timeo son copain de langue.

Ce fut avec une grande joie que nous les avons retrouvés après plusieurs mois. Comme l’an dernier, ils sont venus au bateau, nous les avons rejoint chez eux et surtout, nous avons passé de très bons moment ensemble.

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Notre dernière soirée en Polynésie, nous avons partagé un repas McDo avec eux. Pas très original, je le conçois, mais nous n’avions pas encore eu l’occasion d’y aller depuis notre retour des Marquises, Tahiti étant la seule île à avoir des McDo. De plus, nous étions un peu pris par le temps et c’était en semaine, les garçons ayant l’école le lendemain.

Séparation bien triste, mais avec l’espoir de se retrouver un jour, à la Réunion, en Europe ou ailleurs.

 

Les achats

Qui dit Tahiti, dit grandes-surfaces et plein de produits qu’on ne trouve pas forcément dans les îles. On s’est fait plaisir sans toutefois faire du stock. Notre prochaine destination étant Fiji, il y a plein de nourriture qu’on n’a pas le droit d’avoir à bord. Pour la traversée, on se contentera de faire le plein de pâtes, riz, sucre et farine. Le frigo et congélateur devront en partie être vidés, ainsi que tous les produits frais, les graines, noix, ail et oignons.

Un jour, Stéphane et Angélo (TEMPTATION) se rendent à Carrefour faire des achats. Angélo s’arrête devant la pharmacie et dit à Stéphane d’observer la jolie jeune femme qui va sortir. En effet, très jolie, habillée sur son 31, portant des hauts-talons et un masque de carnaval vénitien, sans toutefois porter le masque contre le COVID, qui est obligatoire dans tous les magasins.

Cette dame a pu effectuer ses achats sans problème à la pharmacie et continuer son chemin, suivie par nos deux hommes. La voilà qui passe à côté de la sécurité et entre dans le supermarché. Au passage des deux hommes, la sécurité se rend compte que quelque chose cloche, étant seul à l’entrée, il en informe ses collègues par radio.

Nos deux hommes voient d’autres personnes de la sécurité qui la cherchent. Ils ont recroisé la dame plusieurs fois dans différentes allées. Apparemment elle n’a pas été priée de quitter le magasin. Elle portait bien un masque !

Nos deux hommes ont bien cherché à trouver une caméra cachée, ils n’ont rien vu, ce qui veut rien dire non plus !

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Susi forever

publié le 24 sept. 2020, 06:59 par Sailing Olena

Les malheurs arrivent parfois par paire. 4 jours après le décès d’Eddie, c’était au tour de notre amie Susi du bateau SERENITY (avec lequel nous avions navigué 8 mois en tandem de Panama à Bora-Bora, 1 mois en Guadeloupe et Antigua ainsi que la Transatlantique) de quitter ce monde.

Elle s’est battue pendant de longs mois contre sa rechute du cancer. Tout commençait à devenir positif puis 5 jours avant son décès Jost nous annonce qu’il lui restait peu de temps à vivre. C’est allé très vite.

Le jour des funérailles de Susi, nous avons organisé une cérémonie pareille à celle d’Eddie, entre les allemands JAJAPAMI et nous, car eux aussi la connaissaient.

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Les SERENITY nous avaient quittés à Bora-Bora avec le projet de nous retrouver quelques mois plus tard à Tonga pour continuer le voyage ensemble. Avec la maladie, puis le COVID, ils sont restés en Allemagne alors que SERENITY se trouve en Nouvelle-Zélande. Le projet a quelque peu changé, mais le fond est resté. Jost va essayer de rejoindre SERENITY et nous de nous rendre en Nouvelle-Zélande le rejoindre. Pour l’instant, le pays a complètement fermé ses portes. Peut-être nous rejoindra-t-il à Fiji avec l’espoir de pouvoir se rendre ensemble en Nouvelle Zélande.

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Accident tragique

publié le 24 sept. 2020, 06:56 par Sailing Olena

Dimanche en fin d’après-midi je reçois un message bien triste. Eddie, le fils du bateau SEPTEMBER AM (ceux que j’ai aidés pour l’organisation et la surveillance de leur examen au collège de Taiohae) a été tué, heurté par un bateau alors qu’il faisait du snorkeling à Moorea. Eddie avait 14 ans, on les avait fêtés fin janvier sur la plage de Nuku Hiva.

Encore le soir d’avant, nous parlions de Moorea avec les TEMPTATION, que c’était un endroit dangereux, les prestataires touristiques foncent entre les bateaux au mouillage, que ce soit les jet-skis des hôtels, les bateaux de plongées, les bateaux de location, personne ne respecte la limitation de vitesse. Ils foncent, ils s’en fichent, en plus ils ne veulent plus de voileux à Moorea ! C’est d’ailleurs pour ça que nous avions presque toujours mouillé au fond de la baie de Cook, l’eau y est brune, mais au moins on y était plus en sécurité !

J’en informe l’association des voiliers de Polynésie (AVP), qui avaient déjà eu l’information. Le lendemain matin, rien à la radio. Puis certains journaux se contentent de recopier le message qu’a laissé l’AVP sur leur page Facebook. On se pose des questions pourquoi l’information met tant de temps à sortir, on en déduit que le conducteur devait être un local.

Dans l’après-midi ça passe enfin à la radio. Là nous apprenons qu’il s’agit d’un bateau de prestataire touristique, qu’Eddie a été blessé à la tête et au torse, qu’ils n’ont pas pu le réanimer, malgré que deux médecins étaient sur place avant l’arrivée de l’ambulance.

Barbara, la maman d’Eddie a laissé un message sur le groupe Facebook, comme quoi il était près du bateau en train de contrôler l’ancre. D’autres personnes auraient décrit la scène sur Facebook, comme quoi un Zodiak zigzaguait à une certaine vitesse entre les bateaux ancrés. Il serait parti après l’accident pour revenir ensuite.

Mes enfants sont choqués, car eux aussi nagent autour du bateau, mais surtout car Eddie était leur ami, qu’ils avaient passé pas mal de temps ensemble à Nuku Hiva pendant plusieurs mois. Longtemps, on était que 4 bateaux d’enfants, forcément, ça soude les amitiés.

3 jours après l’accident nous étions de passage à la marina et alors que nous sortions pour aller manger une glace je tombe nez à nez avec Barbara qui m’a sauté dans les bras. Peu avant j’avais hésité à aller demander à Amelie (la sœur d’Eddie) de nous accompagner, ne sachant pas si ce serait le bienvenu. Amelie est arrivée juste derrière sa maman et a sauté dans les bras d’Elina. Je suis partie avec les 4 enfants au resto manger une glace. Je suppose que ça lui a fait du bien, elle a eu plaisir, mais cette petite est dévastée et ça crève le cœur. Des accidents pareils, c’est révoltant !

Barbara m’a ensuite parlé de la cérémonie qu’elle voudrait qu’on l’aide à organiser. C’est une cérémonie que font les polynésiens quand un surfeur meurt. On se retrouve sur l’eau en cercle, et on jette des fleurs à l’eau. J’ai bien voulu l’aider, mais Barbara est si active à organiser mille et une choses, qu’il n’y avait pas grand-chose à faire.

 

La cérémonie

La famille allait se rendre à la cérémonie vers le mouillage de l’aéroport, où nous étions mouillés. Mais partout dans les mouillages polynésiens, des Marquises à Maupiti en passant par plein d’atolls des Tuamotu, et même aux USA, au Mexique, en Europe, des voileux ont fait une cérémonie à la mémoire d’Eddie.

Ce garçon, ainsi que sa sœur, nous avaient étonnés, de par leur maturité, leur intelligence, leur gentillesse et leur curiosité à tout. A la fin du cruisers net, Eddie prenait part en racontant des anecdotes de ce qui s’est passé ce jour-là dans l’histoire. Souvent il jouait de la musique avec des autres enfants de bateaux, il était très doué. Voilà pourquoi Eddie était si connu et apprécié par les voileux en Polynésie et partout où il est passé. Et les autres qui ne le connaissaient pas, c’est l’accident tragique, qui aurait pu arriver à tout le monde, qui les a interpellés. Car tous, on rage quand des bateaux rasent les nôtres à toute vitesse, c’est dangereux !

Nous avons essayé de former un cercle avec les annexes, puis la famille d’Eddie est arrivée de la marina à la tête d’un convoi d’annexes, le cercle s’est agrandi. Nous avons compté 37 annexes et petits bateaux. Barbara a mis de la musique qu’Eddie aimait bien, nous avons frappé des mains. Ensuite elle nous a demandé de faire du bruit pour lui, aucun son ne sortait de ma gorge, j’étais trop émue et je ne crois pas avoir entendu d’autre bruit que le frappement des mains provenant de notre annexe. Nous avons ensuite lancé des couronnes de fleurs à l’eau.

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Nous en avions fabriqués le matin, comme appris aux Marquises. De plus, nous avons reçu des colliers de fleurs d’Andy, le président du Pacific Puddle Jump, l’AVP en a également distribué pas mal. Après avoir fait de grands splach dans l’eau, une fillette suivie d’Amelie se sont mises à l’eau. Elina est allée rejoindre son amie, suivie de près de la moitié des participants et de Cyliane et Timeo. Alors que presque tous portaient leurs masques sur les annexes, à l’eau tous étaient sans, ça ne plaisait guerre à Stéphane. Eddie était l’ami de nos enfants, tant pis pour les gestes barrières en ces moments, Amelie avait besoin du soutien de ses amis. Ce n’est pas une chose normale en tant qu’enfant d’enterrer l’un de ses amis.

Des tas d’images ont été postées sur le groupe French Poly Cruisers sur Facebook, de notre cérémonie ainsi que des autres, un peu partout ailleurs. Stéphane a pris des images à l’aide d’une perche. Nous les avons transmises à l’AVP. Barbara aurait aimé des images de drones, mais comme la cérémonie a eu lieu à côté de l’aéroport, c’était impossible.

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Petite cérémonie au parc

La suite de la cérémonie se déroulait au parc de Papeete pour les gens qui connaissaient personnellement Eddie. Les enfants ont voulu y participer, je les ai accompagnés.

Etonnement, nous étions peu, peut être une vingtaine de personnes. Barbara avait préparé un grand collage de photos d’Eddie. Elle nous a raconté sa vie, ses passions. Nous avons partagé des souvenirs. Je me revois grondant Eddie, car à leur retour de la baie Collette, où les enfants avaient l’habitude d’aller en groupe (accompagnés d’un ado de 18 ans), Timeo ne voulait parfois plus marcher, se disait fatigué, alors Eddie le prenait sur son dos, quitte à se faire mal alors que mon fils a des jambes qui sont pleines d’énergie ! C’était Eddie, un garçon adorable, parfois trop gentil.

Puis Amélie a joué de la harpe, une fille a joué du violon, dont une chanson qu’elle avait joué en duo avec Eddie, qui jouait également du violon.

Barbara avait fait un cake, j’ai amené des biscuits, une dame a amené des boissons. C’était un moment qui a fait beaucoup de bien à tous.

C’est une fois la nuit tombée que nous sommes retournés au bateau. Suivant le chenal marqué de feux sur les bouées. C’est là que nous avons réalisé qu’entre le début et la fin de la piste de l’aéroport, aucun feu ne fonctionne. C’est à vitesse d’escargot et en suivant les rares bateaux de locaux que nous avons rejoint OLENA.

 

Décisions aberrantes

Je ne peux pas taire les décisions aberrantes qui ont été prises suite au décès d’Eddie. Comme je l’ai déjà mentionné, Moorea aimerait bien se débarrasser des voileux, pour le faire les politiciens étaient en train de faire un nouveau décret, mais suite à l’accident, des politiciens tahitiens avec le maire de Moorea sont allés visiter les lieux et ont décidé, d’y interdire l’ancrage ! Un voileux se fait tuer par un local, on punit les voileux ! Je ne vous cache pas que Barbara, la maman d’Eddie, est consternée.

Pour vous expliquer l’absurdité de cette décision, il me faut décrire le lieu. C’est entre la plage publique et le récif corallien, le lieu n’est pas très large. Les voiliers mouillent contre le récif car le chenal balisé, limité en vitesse, passe tout près de la plage, donc des baigneurs ! Depuis bien 3 ans l’AVP (Association des Voiliers de Polynésie) demande à faire passer le chenal du côté du récif afin de protéger les baigneurs. Une des politiciennes de Moorea a expliqué à la TV que le changement de balisage n’était pas envisageable car ça casserait du corail ! Le chenal proposé étant hors du corail, je ne comprends pas sa logique.

Les prestataires, toujours plus pressés pour amener toujours plus de touristes, passent le long de ce chenal, voire même entre les bateaux mouillés, à toute vitesse, car ils savent que malgré la limitation de vitesse, ça n‘est pas contrôlé.  A présent enlevez les bateaux au mouillage et devinez la suite. Combien de temps jusqu’au prochain mort ? La mort d’Eddie n’aura servi à rien. Sans bateau au mouillage, les prestataires pourront aller encore plus vite, et une petite tête de baigneur ou snorkeleur ne se voit pas très bien. Je plains les touristes et les locaux qui auront l’idée d’aller visiter le récif à cet endroit. Ce n’est pas moi qui voudrais traverser cette autoroute à speed-boats et jet-skis.

Tahiti, on est de retour !

publié le 24 sept. 2020, 06:53 par Sailing Olena

Après une navigation de nuit, nous arrivons à Tahiti en milieu de journée. Vu les nouveaux décrets interdisant le mouillage entre les passes de Papeete et Punaauia, ça ne va pas être facile, en plus les 2 marinas sont bondées, comme toujours.

Nous suivons les conseils de Roger, le fils de notre amie Teupoo. Il est skipper professionnel et les bateaux sur lesquels il travaille sont basés au Yacht Club d’Arue. Il nous propose de voir avec le club si on peut louer une bouée pendant l’absence de ces charters. Comme nous devons faire réviser notre radeau de survie à Arue, c’est la solution la plus simple.

 

Yacht Club d’Arue, pas très accueillants

Arrivés à Arue, nous appelons le Yacht Service puis le prénom du responsable à la VHF sur leur canal VHF, sans succès. Nous tournons un moment près des bouées vides, nous ne voyons personne. On se décide à prendre une bouée temporairement, le temps de mettre l’annexe à l’eau pour aller à terre prendre contact avec eux.

Du moment où je m’affaire à l’avant du bateau, ce qui montre bien notre intention de prendre un mouillage, voilà quelqu’un qui vient à notre rencontre à bord d’un petit bateau. Il est du Yacht Club.

Non, les bouées seront toutes prises pour la nuit. Le lendemain ? « Non, vous faites 47 pieds, nous prenons uniquement jusqu’à 42 pieds ». Je n’ai pas osé lui dire, mais les charters basés là-bas font 46 pieds, c’est-à-dire 30.5 cm de moins que nous. Et il y avait un catamaran bien plus gros que le nôtre sur une bouée.

Il nous explique que le port appartient à un club privé. Je lui demande si le restaurant est aussi privé. Il nous dit « non, vous pouvez venir mais pas vous y installer, vous mangez et vous repartez! Vous ne pouvez pas y laisser votre annexe pour aller effectuer vos achats ». Le message est clair, ce n’est pas là-bas qu’on va aller dépenser notre argent.

Nous lui avons demandé conseil où mouiller, car nous devons faire réviser notre survie à Arue et sous pavillon Suisse, nous n’aurions pas le droit de naviguer sans survie. Il nous conseille la pointe Vénus, à quelques kilomètres de là.

Puis il nous conseille de lui envoyer un mail avec les informations de ce que nous nécessitons. A quoi bon perdre notre temps? Nous avons bien compris par ses différents messages, qu’il ne voulait pas de nous, nous n’allons pas insister. Et comme le dit Stéphane « on ne reçoit pas de 2ème chance de faire une première bonne impression ».

 

Pointe Vénus

Nous faisons demi-tour et 45 minutes plus tard, nous posions l’ancre environ 5 km plus loin. Stéphane se rend à terre voir le débarcadère et l’emplacement. L’endroit est joli, il y a un phare blanc, des cocotiers et des plages. Mais nous sommes loin de tout magasin et de la route principale. Nous sommes autorisés à utiliser le quai, mais pas à y parquer notre annexe.

On se rend compte que les tensions et les messages de la directrice du département des affaires maritimes a faussé les informations. Le président d’un club local, personne très sympathique, l’informe que le mouillage est interdit, qu’il nous faudrait demander à la mairie si nous voudrions y rester un certain temps.

Ce genre d’informations erronées, on l’entend partout aux alentours de Tahiti, même des gendarmes viennent chasser les voiliers en disant que c’est interdit. Le décret mentionne pas l’ensemble de l’île de Tahiti, mais uniquement entre les 2 passes de Papeete et Punaauia.

Le lendemain, je débarquais Stéphane avec notre survie bien lourde et le diable sur le quai. Il s’est rendu à Arue en stop pour l’y déposer et est revenu également en stop. L’entreprise en charge de la révision va mettre une 10aine de jours à faire notre radeau de survie, nous n’allons pas rester loin de tout pendant tout ce temps. Nous décidons de rejoindre des copains au mouillage de l’aéroport, entre les passes où le décret interdit l’ancrage, mais qui serait l’unique zone de mouillage où nous sommes acceptés. C’est bizarre et illogique, mais c’est un fait ! L’an dernier, nous avions le droit de mouiller 48h à cet endroit, à présent que c’est interdit d’y mouiller, on y reste le temps qu’on veut. Et les autres zones de mouillages sont remplies de bateaux, tout comme l’an dernier. Le décret datant de quelques semaines est-il encore en vigueur ?

 

Retrouvailles

Tahiti regorge de voiliers que nous connaissons. Certains copains sont à la marina de Papeete, d’autres à la marina Taina et d’autres aux mouillages entre-deux. On retrouve plein de bateaux ayant fait le confinement avec nous à Taiohae, ou d’autres, qui après être arrivés à Nuku Hiva ont été obligés de se rendre à Tahiti car entrés en Polynésie pendant le confinement.

Nous avons été invités chez Thierry sur son grand catamaran DEO JUVANTE. On se connaissait par VHF et s’étions rarement vu d’annexe à bateau. Là, nous avions enfin le droit de boire un verre ensemble et les enfants de jouer ensemble.

Nos amis TEMPTATION que nous avions quittés en février à Ua Huka sont arrivés des îles de la Société. Ce fut de belles retrouvailles.

Et nos amis allemands JAJAPAMI, après de longs mois, les garçons ont enfin pu à nouveau jouer ensemble et les parents papoter.

Cap sur Makatea

publié le 24 sept. 2020, 06:52 par Sailing Olena   [ mis à jour : 24 sept. 2020, 08:45 ]

On lève l’ancre juste avant le lever du soleil, 3 heures plus tard nous sortons par la passe, 3 nœuds de courant avec nous, mais l’eau est plate, la passe droite, aucun souci. Un bateau est sorti bien 1 heure avant nous. Nous le dépassons dans la journée, ils ont le même cap que nous.

Le vent est faible, la mer calme, une belle traversée. On avance bien sur l’eau, mais au sol, nous sommes plus lents car nous avons 1 à 1.5 nœuds de courant contre nous. Nous visons Makatea, mais ne sommes pas certains qu’il y ait encore de la place. Il n’est pas toujours facile de s’y arrêter, il faut que la houle et le vent soit du bon côté afin d’être protégés. Il n’y a que 3 bouées, il est impossible d’y ancrer ça tombe à pic. Les bouées seraient à 2 longueurs de bateau du récif. L’entrée dans le chenal en annexe est parfois sportive avec les vagues. L’île est sur le chemin entre Tikehau et Tahiti, on fait très peu de détour. On va voir sur place et si ça ne va pas, on continue notre chemin. C’est dans cet état d’esprit que nous nous y sommes rendus.

Freinés par le courant, nous approchions l’île au coucher de soleil. Nous ne savions pas l’emplacement exact des bouées. On inspecte aux jumelles tant qu’il y a encore de la lumière, aucun bateau ! C’est une bonne nouvelle, on aura de la place, mais trouverons-nous les bouées ? On nous a conseillés de ne pas prendre celle du milieu, un copain a plongé dessus et trouve qu’elle n’est pas assez bien entretenue.

On s’approche du petit port (pour des petits bateaux, pas pour le nôtre), et cherchons les bouées à l’aide de notre torche. On en trouve 2, où se trouve la 3ème, laquelle est celle du milieu ? Nous en choisissons une et nous y accrochons facilement. 1h30 plus tard arrive le petit bateau que nous avions dépassé. A l’aide de notre torche, nous leur éclairons leur bouée afin qu’ils s’y accrochent facilement.

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Makatea, l’île aux surprises

On se souvenait vaguement de nos lectures lors notre arrivée en Polynésie, ça parlait de mines de phosphate, de villages fantôme et de ruines. Nous n’avons rien relu avant notre visite, attendant la surprise de nos découvertes.

La forme de l’île était surprenante, tel un gâteau plat, l’île est entourée de falaises et quelques plages blanches protégées par un platier qui fait le tour de l’île. C’est l’unique île haute des Tuamotu, composé d’atolls. Makatea est également un atoll qui a été surélevé, probablement lors de la formation de Tahiti. L’île trône à environ 80m de hauteur.

Le port et le mouillage se trouvent vers les ruines des tapis-roulants et grues qui amenaient le phosphate aux cargos. On y trouve encore des pieds en béton, la tour sur laquelle on pivotait le tapis roulant ainsi que le poids et le rail qui maintenait l’arrière du tapis. Le platier est parsemé d’ancres, pliées et bétonnées, qui devaient servir à amarrer certains bateaux.

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Industrie en ruine

On prend la route amenant en haut de l’île, que c’est raide ! Les enfants décrètent qu’elle serait trop pentue pour la dévaler en luge!

En haut du chemin, nous tombons sur un treuil, recouvert par de la verdure. Juste à côté, il y a une grande place avec une maison en ruine et à côté une plateforme avec plein de tours et autres machines à travailler le métal. Toutes ces machines sont complètement rouillées, à faire pâlir les collectionneurs. Elles sont exposées aux intempéries car la maison dans laquelle elles étaient n’existe plus. On distingue au centre une barre d’entraînement, on imagine par le placement des machines que toutes devaient être entrainées par cette barre à l’aide de courroies. Dans la maison en ruine, il y a aussi quelques machines. Des poteaux électriques ou téléphoniques sont à voir un peu partout.

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On suit le chemin, bifurquons à gauche car on suppose qu’il doit y avoir un beau point de vue sur le platier et notre mouillage. Nous suivons le chemin qui longe la falaise afin de ne pas déranger les gens dans l’habitation au bord de la falaise et nous tombons sur un magnifique point de vue. Nous admirons les ruines du transport du minerai aux bateaux d’un autre angle. Un peu plus loin, il y a les ruines de la maison du capitaine de port de l’époque.

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Nous rebroussons chemin et continuons en direction du village. Nous arrivons sur l’épave d’une locomotive. Un peu plus loin, les chemins se séparent, on choisit de se rendre à gauche, où nous entendons de la musique. Nous tombons sur une pension qui est aussi un magasin et un restaurant. Nous sonnons, personne ne répond, les gens ont l’air affairé à l’arrière en train de refaire une toiture en palmes tressées (feuilles de palmier). Alors que nous décidons de tenter notre chance plus tard, une voiture s’arrête et nous interpelle. C’est le frère du tenancier, il sort de sa voiture et va le chercher malgré qu’on l’informe qu’on peut très bien repasser plus tard.

Le tenancier nous ouvre son magasin, où nous achetons quelques boissons et il commence à nous raconter plein de choses intéressantes sur l’île, il nous conseille d’aller visiter et nous baigner à la grotte et nous propose de visiter son potager.

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Tout pousse sur cette île, grâce au phosphate, un engrais naturel qui se trouve dans le sol, à peine à quelques centimètres au-dessous de la terre. Il a un grand potager, pour sa famille, son magasin et a en projet de se mettre à l’agriculture pour d’autres atolls. Nous souhaitons que son projet aboutisse, ce serait super. Il a un poulailler fait maison, tout simplement et bien conçu. C’était une visite très sympa, adultes et enfants ont beaucoup apprécié.

On s’arrête à la mairie, que j’avais avertie de notre arrivée. Dans leur salle se trouve plusieurs images de l’époque de l’extraction du phosphate. A la sortie du village se trouve l’école, une classe unique pour les enfants jusqu’à l’âge de 11 ans, ensuite ils se rendent généralement au collège de Rangiroa.

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Photos exposées à la salle communale de Makatea

 

Traversée de l’île

On suit l’unique chemin, il amène du côté est de l’île. On nous a dit « la hauteur originale de l’île, c’est le chemin, tout ce qui est plus bas, ils nous l’ont pris ». La mine était à ciel ouvert, les gens grattaient le phosphate entre les pierres calcaires, qui étaient originellement du corail. Aujourd’hui on voit ces pierres, qui ressemblent à du basalte un peu plus clair, qui pointent et autour, c’est des trous. Là où il est resté assez de terre, des arbustes ont poussé, la végétation a repris possession de l’île.

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2 garçons nous ont accompagnés un bon bout, ils étaient de l’âge de mes 2 derniers. L’un d’eux avait quelques cocos avec lui, pour poser des pièges à crabes de cocotier. Il m’a montré comment poser les pièges, que les hommes vont contrôler en milieu de nuit pour attraper les gros crabes.

On suit un petit sentier qui amène au belvédère, un point de vue juste au-dessus des falaises. Au pied, on voit un grand plateau plein de cocotiers, quelques maisons, puis une plage de sable blanc et le platier. On est face au vent, peu de gens vivent de ce côté de l’île.

On retourne sur le chemin pour descendre à la grotte. La descente est raide, tout autant que de l’autre côté de l’île. Sur les côtés, on voit des câbles, attaches et cordages pour de l’escalade. Nous n’avons pas pris rendez-vous, ni les chaussures adaptés, on continue notre chemin.

La grotte est ouverte sur une bonne largeur, et descend en profondeur, tel un gouffre. Les enfants appellent, puis lancent quelques cailloux pour voir s’il y a de l’eau. Je descends au fond, le sentier est bien entretenu mais un peu raide, Stéph reste en haut avec les enfants. Il y a quelques stalactites et stalagmites liées telles des colonnes. Au fond se trouve la piscine, un petit bassin suivi d’un plus gros. Je me baigne dans le petit bassin et suis entourée d’une odeur citronnée, qui me rappelle les feuilles de citronniers. Plus tard j’apprendrai que ce n’était pas mon imagination, les locaux vont s’y baigner et se laver les cheveux avec des combavas, un agrume. Nous avons testé, c’est un shampoing et surtout après-shampoing efficace !

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Lors de notre retour, nous avons eu la chance de recroiser le frère du tenancier de la pension, il nous a reconduits au village. La grotte étant à environ 3km du village, qui lui se trouve à bien 1km du port, nous étions bien heureux de nous économiser 2km de marche.

 

Fifi et Jean-Marie

Nous voulions voir à quoi ressemblent les crabes de cocotier, ce pourquoi nous voulions retourner au village avant de retourner au port. Pensant que la personne qu’on voulait visiter n’avait plus de crabes, il nous a emmenés chez lui. Nous avons passé du temps avec son épouse alors qu’il repartait chercher un crabe afin de nous le montrer.

L’animal est violacé, assez grand et le corps fait penser à une langouste ou à un Bernard l’Hermite sans coquillage, car il tient sa queue enroulée sous son ventre. Il grimpe sur des branches sans problème. Beaucoup de plaisanciers commandent le repas à la pension quelques jours avant leur arrivée afin de s’assurer d’avoir des crabes de cocotier. Comme ils les mettent vivant dans l’eau bouillante, ça ne nous a pas donné envie de demander à en goûter.

Il était déjà passé midi lors de notre arrivée chez eux. Fifi nous demande si nous avons déjà déjeuné. Non pas encore, mais nous pensions passer à la pension ou retourner au bateau. Sur ce, Fifi nous a mis la table, nous devions manger chez eux. Elle était très convaincante, alors on s’est retrouvés à partager le repas que sa belle-fille et elle ont préparé. C’est incroyable, ils ont eu 5 invités surprise et il y avait plus qu’assez, les casseroles étaient encore à moitié pleines à la fin du repas!

Nous avons discuté de plein de choses, de l’histoire passionnante de leur île, de Tahiti où ils travaillaient, de la Suisse... Un vrai échange, exactement ce que nous aimons.

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Visite de l’île

Puis Jean-Marie nous propose de nous montrer leur centre hybride et l’ancien « Champs Elisées » de l’île. Le centre hybride est l’endroit où ils produisent l’électricité de l’île, pour la plupart avec les panneaux solaires, mais dès que le courant manque, les groupes électrogènes se mettent en marche.

Nous nous promenons avec Fifi & Jean-Marie et leur petit-fils sur l’ancienne rue principale de la ville, qui se trouve dans la forêt à présent. Ils nous racontent l’histoire des ruines, des poteaux de téléphone, nous montrent la boucherie avec la fabrique à glace juste à côté, puis le four à pain de la boulangerie dont plus rien d’autre ne reste.

Ils nous racontent les dalles qui restent, celle de l’ancienne église qui a été démontée, déménagée à Tahiti et remontée, celle du magasin de la compagnie qui exploitait le minerai, le train passait au-dessous du magasin, et ils le déchargeaient par une trappe dans le sol. Les châteaux d’eaux remplis chaque matin tôt par les pompes qui puisaient au milieu de l’île, afin que tous aient l’eau courante pendant la journée. Nous voyons encore quelques rares maisons d’habitations en bois de l’époque qui ne sont pas encore tombées.

Merci Fifi & Jean-Marie pour votre générosité et votre temps. Nous avons passé de très bons moments en votre compagnie et espérons que nous routes se recroiseront un jour.

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L’histoire de Makatea

Makatea a été la capitale économique de la Polynésie pendant plusieurs années. Le phosphate extrait de l’île était l’exportation principale du pays de 1911 à 1966. Les cargos déchargeant le fret pour la Polynésie à Makatea, d’où il était distribué. Makatea était très moderne, l’eau courante et l’électricité était présente partout, le téléphone était également bien présent. Ils avaient des écoles, un cinéma, plusieurs magasins. C’était une ville bien plus moderne que ne l’était Tahiti.

Ils étaient un peu plus de 3000 habitants, séparés dans des quartiers selon leur lieu d’origine, car la plupart venaient d’ailleurs en Polynésie ou d’Asie. C’était l’île la plus peuplée des Tuamotu.

Presque tous travaillaient pour la Compagnie Française des Phosphates d’Océanie. Ils ne recevaient qu’une partie de leur salaire, le reste était des bons d’achats dans le magasin de la Compagnie. Les mineurs avaient un quota de 120 charrettes à remplir pour la Compagnie, le reste étant leur salaire. Le meilleur mineur, originaire des îles Australes, arrivait à remplir 500 charrettes !

Après avoir extrait près de 11 millions de tonnes de phosphate, les réserves ont commencé à s’épuiser. En un an, l’île a été abandonnée, les maisons, les machines et les trains délaissés. Ils sont passés de plus de 3000 à 20 habitants. La plupart sont partis à Moruroa travailler pour les essais nucléaires.

Les 20 habitants restants n’ont pas dû avoir la vie facile. Certes, ils avaient de tas de maisons meublées et pouvaient changer d’habitation comme bon leur semblait. Mais ils sont passés d’une ville moderne à des villages fantôme, d’une île desservie en premier par une île desservie par un cargo tous les 2 ans ! A présent ils sont environ 80 habitants.

Le maire de Rangiroa, qui gère entre autre Makatea, ainsi que le maire délégué de Makatea auraient fait appel à des spécialistes pour savoir ce qu’il en est des réserves de phosphate. Des australiens feraient pression pour réouvrir les mines. Nous espérons que ce projet n’ait pas lieu, car avec les moyens d’aujourd’hui, ce ne sera pas des milliers de mineurs qui creuseront entre les pierres, mais de grosses machines qui vont raser le tout. Le projet de l’entreprise australienne serait de redonner l’île au bout d’un certain nombre d’années complètement plate avec quelques mètres de moins.

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Plongée

La couleur indigo de l’eau au mouillage nous a attiré. Ayant passé plus de temps sur l’île que prévu, nous décidons de reporter notre départ de 24h. Le lendemain, après une visite au village, nous enfilions nos combinaisons pour voir le tombant sur lequel nous étions mouillés.

Les 3 bouées étant prises, un bateau charter s’est attaché à nous et le skipper est resté à bord, ainsi nous avions une surveillance pour nos enfants.

Nous descendons le long de notre mouillage. La bouée est attachée à une grosse chaine, prise dans le corail à 10m de profondeur. Le tombant tombe à pic. Effectivement il est impossible d’ancrer par ici et fort heureusement, car le tombant est rempli de corail !

Un requin pointe noire passe et semble ne pas savoir comment nous prendre. Par deux fois il semble vouloir nous venir contre puis change d’avis et part. Nous admirons poissons et coraux. Nous voyons 5 astéries couronne d’épines, un genre d’étoile de mer toxique qui se nourrit de corail. Ce sont les fameuses étoiles qui ont dévasté une bonne partie des récifs dans la Mer Rouge. Espérons qu’il n’arrivera pas pareille chose par ici.

Tikehau

publié le 24 sept. 2020, 06:42 par Sailing Olena

On m’avait dit que chaque atoll serait différent. Personnellement, ils se ressemblent tous, plus ou moins gros, parsemés de plus ou moins de patates de corail. Tous c’est les îlots aux plages de sable blanc, cocotiers, eaux turquoises, une vraie carte postale. Le récif extérieur est généralement un platier contenant plus ou moins de déchets plastiques ou autre.

Tikehau n’était pas différent, mais on s’y est beaucoup plu et j’y serais bien restée plus longtemps.

Nous nous sommes mouillés à l’opposé de la passe, bien loin du village. Nous n’avions aucun réseau GSM par contre, 2-3 fois par jour, les SMS et WhatsApp entraient.

Quelques jours à vivre comme les Robinsons, voilà qui plait aux enfants. Ballade sur la plage, récolter les noix de coco, aller à la chasse aux trésors sur le platier extérieur. Florent, un ami de Gérald & Vanessa était dans les parages avec ses deux enfants, de l’âge des nôtres. Les enfants ont passé pas mal de temps à jouer ensemble, les garçons sur la plage, les filles principalement aux bateaux.

Gérald, passionné de chasse sous-marine, nous a pêché quelques poissons pour les repas. BBQ et poisson cru, on s’est régalés.

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Gérald nous a accompagnés à l’île aux oiseaux. C’est impressionnant, on se croyait dans une volière ! Plusieurs sortes d’oiseaux marins nichaient un peu partout, entassés dans les branches des arbustes. Je déniche l’oisillon d’un fou, me rapproche pour pouvoir en faire une photo et voilà qu’un oiseau s’envole juste à côté de mon bras, délaissant son nid et son œuf, je ne l’avais même pas vu. Un peu plus loin, sur une roche, un œuf tout seul en train de griller au soleil. Plein d’oisillons qui piaillent, les nids les uns à côté des autres. Dans le centre de l’île, il y a de gros arbres, il faut se méfier, car il pleut des fientes et le sol est rempli de trous de gros crabes. Le bord de mer est rempli de coraux et certain sont tout près de la surface en cercle, ressemblant à des tartes ou pizzas, je n’en ai jamais vu des pareils.

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Nous nous sommes arrêtés au retour vers une patate de corail et avons fait du snorkeling tout autour du platier. Nous avons vu plein de poissons, bénitiers et une belle raie aigle.

Nous étions assez proche du jardin d’Eden, un groupe religieux qui vit en autarcie et vendent leurs fruits et légumes. Ils auraient réussi à faire pousser plein de choses sur leur îlot. Malheureusement avec l’ouverture des frontières, ils ont fermé leurs portes pour se protéger du Corona. Ainsi nous n’avons pas pu les visiter ni leur acheter de légumes.

Rangiroa – Tikehau

publié le 21 août 2020, 21:37 par Sailing Olena

Avant de quitter les Tuamotu, nous voulions rendre visite à Gérald & Vanessa pour leur dire au revoir. Nous avons connu Gérald aux Canaries, revu aux Antilles et en Polynésie, et comme il reste en Polynésie, alors que nous espérons continuer notre voyage, nous ne pouvions pas partir sans le revoir.

Ils étaient ancrés à 25 miles nautiques (46 km) de notre mouillage à Rangiroa, mais comme on n’entre pas dans les atolls par où l’on veut, nous avons fait 58 miles nautiques (106 km) qui nous a pris 10h30 pour y arriver. Notre nouveau mouillage est à 3.5 miles nautiques (6.5km) de notre tracé entre les 2 atolls ! C’est ça les Tuamotu, en plus des horaires des passes pour avoir les meilleures conditions.

La passe était très simple, plate et 2 nœuds de courant avec nous, aucun mascaret. Mais ensuite, nous avons bien mis 2h¾ pour traverser le lagon. Dans les lagons, il y a de grosses patates de corail qui émergent par-ci, par-là. Certains lagons en sont remplis, d’autres en ont moins. Comme elles ne sont pas toutes marquées dans les cartes, ni toutes visibles sur Google Earth, l’un de nous doit être sur le toit à surveiller. Un choc avec une grosse patate peut amener à la perte du bateau !

Certaines patates de corail ont quelques pierres qui sortent de l’eau, mais d’autres sont quelques centimètres sous l’eau et se distinguent bien par leur couleur quand le soleil est haut dans le ciel, mais se voient très mal dès que c’est nuageux ou contre le soleil. S’il y a des vagues, on les distingue aussi plus facilement, surtout s’ils effleurent la surface. Le mot d’ordre est surveillance visuelle. Du coup j’étais sur le toit pendant toute la traversée, les petits sont venus me tenir compagnie par moment.

Gérald, Vanessa et leur chat sont venus en annexe nous souhaiter la bienvenue. Ça faisait plus de 8 mois que nous ne nous étions plus vus !

Rangiroa

publié le 21 août 2020, 21:33 par Sailing Olena   [ mis à jour : 21 août 2020, 21:35 ]

Nous voilà dans l’un des fameux atolls très touristique. Avec l’ouverture des frontières polynésiennes, même aux américains qui ne gèrent pas le COVID aussi bien que les autres pays, nous avons emporté nos masques pour aller à terre et répété maintes fois aux enfants de tenir les distances.

A terre, les gens ne portent pas de masques, mais il est obligatoire pour entrer dans les magasins. Au moment où l’on s’approche d’un des magasins, le vendeur met son masque et demande d’où on vient. A notre réponse, il le baisse à nouveau.

Nous allons voir la passe, espérant y voir sauter les fameux dauphins. On les voit surfer dans les vagues, c’est sympa. On croise des touristes, il y en a, mais bien moins que normalement.

Selon les instructions de nos amis JAJAPAMI, un bateau qui a séjourné ici de décembre à juin, nous sommes allés boire l’apéro chez Josephine, au bord de la passe. Magnifique vue ! Si vous passez par Rangiroa, prenez un verre ou votre repas de midi là-bas, vous aurez la plus belle vue sur les dauphins sauteurs !

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Nous demandons à la tenancière si par hasard elle connait une femme dont on ne connaissait pas le nom qui tient une association de cétacés et qui a une fille prénommée Kim. Bingo, première personne demandée, trouvée ! Elle l’a appelée et moins de 10 minutes plus tard, les enfants retrouvaient leur amie Kim, qui venait d’emménager chez sa maman, car avant elle était à Nuku Hiva chez son papa.

Le jour suivant, nous avons sortis nos trottinettes, ça faisait depuis un an qu’elles rouillaient au fond de la cale ! Avec Kim en vélo, nous sommes partis en visite de l’île. Pension sur pension, de ce côté de l’île, ce n’est pas le village.

Alors que nous nous promenions avec Kim, voilà sa maman qui appelle. Une autre famille de voileux est arrivée et cherchait Kim. Nous les connaissons également de Nuku Hiva, nous sommes allés leur dire coucou avec Kim. Les enfants ont bien joué ensemble. Puis on s’est rendus au bateau, comme toute la table du carré s’est transformée en village Légo, ils voulaient y jouer avec Kim.

Pamela, la maman de Kim a donné une petite conférence sur les dauphins de Rangiroa à laquelle nous avons assisté. C’était très intéressant, nous avons appris plein de choses.

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Plongées

Comme la plupart des touristes visitent Rangiroa pour la plongée, nous ne pouvions pas ne pas plonger. Le beau-père de Kim est moniteur au Raie Manta Club, c’est avec eux que nous plongerons.

1ère plongée dans la passe, plongée profonde à l’extérieur de la passe avec paliers (nous étions tous des plongeurs CMAS), puis passage dans la passe pour finir sur un jardin de corail à peu de profondeur à l’intérieur du lagon.

Lors de la descente, un requin soyeux passe assez près de nous. On s’approche du récif en profondeur et on découvre plein de requins gris. On reste un bon moment en profondeur, admirant les requins et cumulant les paliers (stops de décompression à faire à la remontée). Puis on entre dans la passe qui est un peu moins profonde. Le courant nous pousse, on regarde défiler le paysage. C’est clair, ce n’est pas la passe de Fakarava sud, aucun corail ! Mais bon, avec le courant fort qui sévit parfois dans cette passe, quel corail pourrait-il survivre ? On finit sur le jardin de corail où vivent des tas de poissons, on se promène le temps que tout le monde finisse ses paliers avant de ressortir plus d’une heure plus tard.

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Le lendemain matin, nous repartions faire la même plongée, mais j’avais plus envie de refaire la même. Frank qui tient le club a accepté sans souci que j’échange ma plongée du matin par celle de l’après-midi.

Stéphane est parti à la plongée du matin. A part qu’ils avaient plusieurs soyeux qui tournaient assez proche d’eux pendant la descente, la plongée était assez similaire.

L’après-midi c’est toute une autre plongée, on suit le récif extérieur assez proche de la passe, là où les dauphins ont l’habitude de venir faire coucou aux plongeurs. On cherche, admire le corail, puis Martin nous fait retourner un peu plus dans le bleu. Et voilà 2 dauphins qui viennent vers nous, ils passent juste à côté ! Peu de temps après, ce sont 3 dauphins qui suivent, puis à nouveau 2. Je ne sais pas si nous avions 5 ou 7 dauphins, mais 5 c’est certain, car parfois ils étaient en groupe. Ils sont revenus régulièrement nous rendre visite et à un moment, 2 ont même quémandé des caresses !
Je n’aime pas trop les interactions avec les animaux sauvages, mais quand j’ai vu le guide et les 2 plongeurs de ma palanquée caresser les dauphins qui avaient l’air d’apprécier, je me suis approchée et en ai caressé un près de l’œil. Il a cligné des yeux, il avait vraiment l’air d’aimer ça. Pamela nous avait raconté lors de la conférence combien certains s’étaient mis à apprécier les caresses. Puis ils sont repartis tout doucement retrouver l’autre palanquée de notre club. Pour voir la vidéo
, cliquez ici !

Ce n’était pas ma première plongée avec des dauphins, mais j’avoue que ça a été une super expérience ! La fin de la plongée était sympa également, nous avons vu 2 magnifiques gros napoléons, une belle tortue et une grosse murène, entourés de plein de magnifiques poissons coralliens.

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