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Laure

Fakarava

publié le 10 juil. 2019 à 15:25 par Sailing Olena

A peine ancrés, voilà de la visite. RONDO que nous avions plus vus depuis Panama sont passés. Ils nous ont donné plein d’infos car ils partaient le lendemain.

Nous nous promenons dans le petit village de Tetamanu (une pension et quelques maisons), au bord de la passe sud. Ce fut à l’époque la capitale des îles Tuamotu. Un ouragan a détruit la capitale, on y voit encore le vieux cimetière et les murs de l’église.

On croise une dame qui tresse des feuilles de palmiers. Elle nous explique que c’est pour la toiture de 2 nouvelles cases de la pension. Il faut 500-600 nattes pour faire un toit. Une natte (de toit) se compose de 2 nattes tressées ensemble. Ça en fait des feuilles !

Le centre de plongée est sur pilotis, en plein sur le récif. On y voit des tas de requins de récifs à pointes noires, un gros napoléon et plein de petits poissons multicolores comme à travers une vitre. On passe y boire quelque chose et se renseigner. Ils n’ont plus de place pour les prochaines sorties.

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L’église est décorée de coquillages et de nacre.



Hirifa

La météo va se gâter, un système approche et nous amène des vents forts sur plusieurs jours. Nous partons le lendemain pour Hirifa, une île au coin NE de l’atoll, où nous serons protégés des vagues. C’est à 1h de navigation de Tetamanu.

Il y a déjà une vingtaine de bateaux, mais le mouillage est très grand et il n’y a presque pas de patates de corail. L’ancrage est facile, la tenue bonne, c’est l’endroit parfait pour les jours qui viennent. De plus, il y a 6-7 kids-boats dont certains que nous connaissons déjà. Que demander de mieux ?

Depuis que nous sommes aux Tuamotus, à part 1 jour, c’est nuageux, on se fait mouiller tous les jours, parfois plusieurs fois. C’est un peu comme en Bretagne l’été. Les polynésiens et les plaisanciers qui sont là depuis plusieurs années nous disent que la météo n’est pas normale. Nous pensons que c’est parce que nous sommes dans une année El Niño.

Le temps empire. On passe certains jours à ne pas voir le soleil de la journée ! Il pleut beaucoup, nos cuves se remplissent bien. Nous récoltons même de l’eau pour SERENITY. C’est pas le top pour nos batteries, nous devons régulièrement mettre la génératrice en marche, les panneaux ne donnent pas assez de courant.

Nous avons fermé le cockpit, malgré ça, tout est humide, ça pue. Ca n’aide pas notre combat contre la moisissure. Le moral de la troupe est assez bas. On se croirait en Suisse en plein automne, des jours entiers de pluie, avec l’avantage de ne pas avoir le brouillard. On a froid et on s’habille de training, jaquettes et parfois chaussettes. Malgré les 23-25°, le vent et l’humidité donne l’impression qu’il fait plus froid.

Parfois on va se promener avec d’autres familles, on traverse l’île pour aller voir les vagues en dehors de l’atoll. La mer est déchaînée ! Le vent est fort, les rafales vont jusqu’à 44 nœuds. Les enfants vont parfois les uns chez les autres, mais moins que d’habitude. Timeo est allé voir un film avec d’autres enfants, un autre jour, c’est nous qui avons fait après-midi cinéma et 9 enfants étaient devant la télé à engloutir des popcorns. 

Parfois, entre deux fronts, on peut passer quelques heures à la plage. On y voit des chiens adorables et des cochons, dont un mâle qui ne donne pas envie de s’approcher.

Nous y avons fêté les 13 ans de Sigri, la fille de VEGA. Il y avait plein d’enfants et ils ont fait une course d’étapes. C’était sympa.

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Plongées dans la passe

A peine arrivés à Hirifa, nous contactions le centre de plongée de la pension. Avec notre dernière expérience de plongée dans une passe, j’avais envie de faire ma première plongée dans la passe sud, où en plus il y passe quelques bateaux, avec un professionnel. Michel avait de la place pour le lendemain de notre arrivée, tôt le matin (on plonge selon les marées).

Tout était organisé pour nos enfants. On les a laissés au lit. Après le déjeuner Elina a appelé KNOT HOME (USA) par VHF pour qu’ils viennent prendre Timeo. Les filles sont restées sur le bateau, tout en sachant que MAPLE (CAN) étaient là en cas de besoin. Ils sont même passés voir si tout allait bien. Nous étions de retour vers midi. Merci à Tracy & Janet d’avoir veillé sur nos enfants afin qu’on ait pu plonger tous ensemble.

Nous avions la bonne surprise d’être juste entre nous, c’est-à-dire avec SERENITY et VEGA, tous des plongeurs confirmés. Michel notre guide était super, il nous a dit s’être fait plaisir, apparemment avoir que des bons plongeurs à bord ne doit pas arriver très souvent.

La passe est connue pour ses requins, il y en a 700 qui y vivent, pour la plupart des gris de récif, des pointes noires et des pointes blanches. Parfois il y en a encore d’autres espèces. Il y a eu une expédition où ils ont plongé dans la passe pendant 24h. Ils ont fait un film documentaire s’intitulant « 700 requins dans la passe » (peut être dans Youtube pour les intéressés).

Nous sautons à l’eau en dehors de l’atoll et longeons le récif. Plusieurs dizaines de requins, puis nous entrons dans la passe, quelques pointes blanches sont couchés parterre puis au-dessus, encore des groupes de plusieurs dizaines de requins qui nagent. Incroyable ! J’ai eu la chance de voir beaucoup de requins lors de mes plongées, mais je dois dire qu’en 1 plongée à la passe sud, je pense en avoir vu plus que lors de mes 550 plongées regroupées.

Nous nous arrêtons à divers endroits, on se couche comme sur le bord d’un balcon et on regarde les requins nager. On se rend dans une petite grotte où l’on se couche les uns à côté des autres, les requins passent encore plus près de nous. Les requins sont craintifs, le fait d’être un peu cachés nous aide à les voir de plus près. Ils nagent par groupe, la plupart des espèces doivent nager afin de respirer, ce pourquoi ils font des vas et vient.

On en a vu plus d’une centaine, si pas le double. Mis à part les requins, le récif de corail est magnifique. Il est tel qu’à mes débuts en plongée en 1993 à la barrière de corail en Australie. Ca faisait des années que je n’avais plus vu un si beau récif. Et qui dit récif dit aussi plein de poissons multicolores.

Nous avons fait une petite pause d’une heure avant de retourner sous l’eau pour une 2ème heure de plongée. C’était similaire, mais tout autant magnifique.

A la fin de la plongée, alors que nous faisions nos paliers, un pointe blanche est venu se coucher derrière nous. Nous le regardions lorsque Michel est allé derrière lui pour le caresser. Je n’aime pas qu’on touche les animaux, je secouais déjà la tête puis je m’arrête stupéfaite. Michel a commencé par la queue, remontant gentiment le long du dos, caressant l’aileron et le requin avait l’air d’apprécier ! On aurait dit un chat qui ronronnait ou un chien qui appréciait les caresses. Alors que Michel caressait un peu à l’avant de l’aileron, le requin est parti tout gentiment, il en avait eu assez.

Je n’ai jamais vu ça ! Je suis contente de l’avoir vu une fois, mais je ne le ferai pas. Ça reste des animaux sauvages, on ne les touche pas.

 

Kite & Surf

Un de nos voisins vendait ses planches à voile, car ils sont à la fin de leur voyage. Stéphane a toujours dit que s’il avait l’occasion, il en achèterait. Jost et lui sont allés voir le matériel et ils sont revenus avec 2 planches, 2 mâts et 3 voiles (dont 2 à faire réparer). Le prix était intéressant.

Nous devrions alléger OLENA, voilà qu’on a du matériel en plus. Où ranger tout ce bazar ? Stéphane est le seul à savoir faire de la planche à voile et ça doit faire 30 ans qu’il n’en a plus fait.

Dès que le vent le permet, Jost, Susi et Stéphane partent à la plage avec le matériel faire de la planche. Jost & Susi en faisaient beaucoup en Europe. Parfois Stéphane fait de la planche et Jost du Kite. Hirifa c’est l’endroit idéal pour ces sports. Ce n’est pas pour rien qu’un couple de plaisanciers y a leur école de Kite.

Stéphane doit s’habituer au matériel, car à l’époque, c’était de très grandes planches, là elles sont beaucoup plus courtes, la technique n’est pas la même. Il progresse bien, malgré que le vent ne soit pas idéal.

Les enfants ont aussi envie d’apprendre, le vent est encore trop fort pour eux et il vaut mieux attendre avoir réparé la plus petite voile.

Je regrette que le voisin n’ait pas eu un laser (petit voilier) à vendre. Là j’aurais pu l’utiliser, ainsi qu’Elina. Mais pour ranger ceci sur Olena, ça aurait été l’angoisse.

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Lever de soleil à Fakarava

En route pour Fakarava

publié le 10 juil. 2019 à 15:20 par Sailing Olena

ALKYONE sont parti le soir, car ils avaient annoncé peu de vent le lendemain. Nous ne voulions pas sortir de la passe de nuit, tant pis s’il fallait faire du moteur.

6h15, SERENITY et nous mettions les moteurs en marche. Une fois de plus, Stéphane a dû sauter à l’eau pour décoincer l’ancre. Aux Tuamotu, il y a de petites patates plein le mouillage. On regarde bien où poser l’ancre, mais à cet endroit-là, elles sont très proches les unes des autres. J’avais posé l’ancre au milieu de patates, mais après 15m de chaîne, le temps d’accrocher une bouée, l’ancre s’était déplacée vers une patate et s’est coincée.

La façon d’ancrer dans ces mouillages est nouveau pour nous. Au bout d’une certaine distance de chaîne, on ajoute une bouée (nous utilisons celles des pêcheurs, trouvées sur le récif, d’autres utilisent des pare-battages), si on met beaucoup de chaîne, on y ajoute encore d’autres bouées. Comme cela, théoriquement la chaîne passe au-dessus des patates et on ne s’emmêle pas la chaîne dans les coraux et les cassons moins. La théorie est facile, la pratique est encore à entraîner. Nous devons organiser des mousquetons afin d’accrocher les bouées plus rapidement.

Une fois libre, nous sortions de la passe facilement, malgré les vagues. Le vent est un peu plus fort qu’annoncé, ce qui nous arrange. Nous sommes à l’arrière d’un front, nous le suivons, c’est peut être grâce à lui que nous avons assez de vent pour faire de la voile. On s’approche de plus en plus du front, ne sachant les vents qui nous y attendent, on réduit les voiles. On entre dans le côté du front, juste à sa fin. Surprise, il n’y avait plus de vent. Nous avons dû faire du moteur pendant 1h30 avant d’avoir à nouveau du vent pour faire de la voile.

 

La passe sud de Fakarava

On arrive devant la passe, je vois d’énormes vagues, l’angoisse (chez moi) commence. Stéphane se rapproche de la ligne de guidage pour aller voir l’entrée de plus près. Les vagues en forme de rouleaux sont sur les 2 côtés, pas dans la passe. Jost nous appelle par VHF, je lui dis qu’on n’a pas le temps, heureusement car il allait me dire qu’il attend à cause des vagues, ce qui m’aurait stressé encore plus (depuis son angle, les grosses vagues en rouleau donnaient l’impression de passer au travers de la passe). Un dinghy s’approche et fait de grands signes. C’est Hans & Tobias d’ALKYONE venant nous dire de rester sur la gauche à cause des vagues pour ne pas finir comme l’épave sur le récif depuis 2 semaines. Ils nous informent des courants et que tout est OK pour y entrer.

Stéph continue sa route, maître de la situation. Je continue d’angoisser, le cerveau en toute ébullition. Je sais, ça sert à rien, ça met tout le monde à cran, mais je n’arrive pas à gérer cette angoisse, elle me prend entièrement. J’avais à nouveau préparé la télé pour que Stéphane ait vue sur toutes les cartes d’OpenCPN, où on peut voir parallèlement notre tracé sur la carte et sur Google Earth. Le fait de voir une épave le long de la passe n’aide pas mon angoisse, je tourne tel un lion en cage. Olena entre tout à gauche, trop à mon avis, mais tout va bien, on a encore beaucoup de profondeur. Puis Hans fait signe d’aller un peu plus à droite, ça me calme. Stéphane est maître de la situation, il navigue comme s’il n’y avait pas de courant, comme s’il n’y avait aucune vague, comme si c’était facile. Et moi je stresse à mort, à en avoir des nausées.

Au bout de la passe, il y a un récif droit devant. Nous devons passer par la gauche, mais en faisant un S en passant sur la droite avant de tourner au dernier moment à gauche afin de passer où le fond est le plus profond. Hans nous fait signe de tourner sur le récif. Petite seconde d’hésitation… on suit notre route, on ne veut pas passer où c’est peu profond. On passe près des cases (maisonnettes) sur pilotis et par-dessus les remous. Impressionnant les remous, Stéph sent le courant, augmente la vitesse, nous en tant que passager, on sent quasiment rien. Puis on tourne à gauche toute, juste devant le récif pour continuer la route. On longe le récif, c’est bon, on a passé la passe. Je regarde SERENITY un peu derrière nous, je continue de stresser pour eux, Susi est aussi tendue.

Stéphane ne me comprend pas, l’entrée était facile (qu’il dit), il n’y avait aucune raison de me mettre dans ces états. Il est vraiment un bon skipper. Il manœuvre Olena comme un chef. Moi j’ai toujours stressé dans les manœuvres où il y a peu de place, pourtant jusqu’à ce jour, on n’a jamais eu de problème, d’où l’incompréhension de mes angoisses ou « fatal error » comme l’appelle Jost. Ce jour-là j’ai angoissé comme jamais, à m’en rendre malade. Je n’ai pas pu dormir avant 3-4 heures du matin tant je me sentais mal. Je ne comprends pas pourquoi je me suis mise dans des états pareils.

En discutant avec d’autres plaisancières, je me rends compte ne pas être seule dans cette situation. Beaucoup stressent dans les passes, aucun mari ne comprend.

Infos sur les courants des passes

publié le 10 juil. 2019 à 15:19 par Sailing Olena

Nathalie de NATHAPE (ils ont fait le tour du monde en 15 ans, le lien de leur blog est dans notre page Links) nous avait dit que toute info utile sur les endroits où nous naviguons nous arrivera à nous toute seule. Jusqu’à présent, ça a toujours été le cas et c’est assez impressionnant. On ne demande rien, ça vient tout seul. Tout comme c’est naturel pour nous, quand on croise un navigateur qui vient d’arriver, de lui transmettre toutes les infos utiles.
Cette-fois, l’info est arrivée 3 heures trop tard, mais mieux vaut tard que jamais.

A peine de retour de plongée, voilà qu’un nouveau voisin vient ancrer près de nous. Puis la dame vient en dinghy se présenter et discuter. Ce sont des autrichiens, ils sont en Polynésie depuis 6 ans ! Elle demande si on a plongé dans la passe, on lui raconte la catastrophe. Là elle nous explique ce que nous avons commencé à se douter.

On ne peut pas se fier aux tables des marées dès qu’il y a de la houle du sud. La houle remplit les lagons d’eau sans cesse et les passes, souvent du côté opposé, vident le lagon. De ce fait, il y a très peu de temps de marée entrante et beaucoup de temps de marée sortante. Nous avions de la houle du sud pour notre 2ème plongée, ce qui n’était pas le cas lors de la 1ère plongée.

Ça change aussi notre vision pour le passage des passes en bateau. Nos 3 passages et les quelques fois où nous avons passé devant les passes lors de traversées de lagon, il nous avait semblé que les horaires n’étaient pas corrects. On avait mis ça sur le compte du décalage, dont nous n’avions pas trouvé les infos. Mais pour Tahanea, les tables sont pour l’atoll même.

Pour les passages, selon elle, il faut aller devant la passe et voir les vagues. Si les vagues sont OK, le passage devrait être faisable. Ça change des écrits dans les livres, pour la plupart vieux, et ça correspond à ce qu’on a commencé à penser et à voir.

La marée aux Tuamotus n’est pas si grande, 40cm c’est même rien. Par contre les courants ne correspondent pas aux marées, jusqu’à 8 nœuds dans une passe, c’est plus que ce que j’avais vu en Bretagne, par marées de 10-11m !

Tahanea

publié le 10 juil. 2019 à 15:16 par Sailing Olena

Il y a 3 passes, les unes à côté des autres, mais c’est celle du milieu qui est le plus praticable pour les bateaux. Nous sommes arrivés dans les heures et avons tenté l’entrée. Sur notre route, que nous avions tracée au milieu de la passe selon la ligne de guidage des cartes marines, c’était plein de vagues. Nous avions enregistré le tracé d’un bateau entré peu avant nous qui passait tout contre la gauche, très proche du récif, nous avons fait pareil, afin d’éviter les vagues. C’est tout simplement, avec un peu de contre-courant que nous sommes entrés dans le lagon.

C’est entre 2 passes que nous avons mouillé, plus proche de la passe où nous avions prévu de plonger. Wilderness avait écrit que l’eau de cet atoll était le plus transparent.

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1ère plongée dans la passe

Le lendemain, Jost & Susi de SERENITY, Hans & Tobias d’ALKYONE et Stéphane partaient plonger dans la passe 1h30 avant la marée haute. Etant encore prise par la crève, j’ai fait office de chauffeur dinghy puis j’ai snorklé dans la passe avec nos 3 loulous en attendant. Maria, la bateau-stoppeuse d’ALKYONE nous a accompagnés. Après avoir largué les plongeurs, nous avons cherché un endroit pour se mettre à l’eau et avons eu la visite de 2 raies manta ! Elles sont venues en surface contre nous pour nous regarder.
Je pensais nous laisser dériver par le courant en tirant les annexes, mais Maria étant débutante en snorkel, je me voyais mal traîner 2 annexes, je les ai ancrés et nous avons snorklé aux alentours, regardant les requins pointe noire, une raie manta et des centaines de poissons multicolores se promenant entre les coraux. Ce n’est pas allé long que ce petit monde eut froid. Elina a accompagné Maria avec l’annexe d’ALKYONE et j’ai ramené les petits sur OLENA. Puis j’ai pris les 2 annexes et suis retournée chercher les plongeurs, sortis plus d’un kilomètre à l’intérieur du lagon. Nous utilisons des bouées de palier de forme longue afin de se faire voir, c’est donc facilement que je les ai repérés.
La plongée fut superbe, l’eau d’une transparence jamais vue et avec le courant, ils étaient comme assis dans un train regardant passer le paysage. C’est 5 plongeurs heureux qui sont sortis de l’eau.

 


Traversée du lagon

Nous devions traverser le lagon pour nous protéger des vagues, car le vent était en train de tourner.  Stéphane a dû aller dans l’eau pour voir la situation, car notre chaîne s’était prise dans une patate de corail. Nous avons réussi à la sortir en faisant des manœuvres. Jost a dû capeler sa bouteille de plongée, son ancre s’était crochée sous une patate. Ça fait mal à nos cœurs de plongeurs, car nous savons que ça casse du corail. On fait au plus doux, le mieux serait d’ancrer ailleurs, mais tout le lagon est rempli de patates, tous les mouillages sont plus ou moins pareils.

Cette-fois, j’ai pu préparer une route à l’avance et marquer les patates de corail visibles sur Google Earth ou notées sur les cartes sur notre programme OpenCPN. Stéphane a le charter Ploter au poste de pilotage, qui montre uniquement les cartes Navionics. On a donc branché l’ordinateur avec le programme de navigation OpenCPN sur la télé que Stéphane voyait depuis le poste de pilotage et j’étais sur le toit, car les navigations dans le lagon se fait en naviguant à l’œil. Ainsi nous traversions en toute sécurité.

La visibilité était bonne, on voyait bien les patates de corail à la couleur (verdâtre), tel que décrit dans les livres de navigation. Puis un grain est arrivé avec de la pluie et en réduisant la visibilité. Sur le toit, mes yeux scannaient le bleu du lagon à la recherche d’éventuelles patates. Tout à coup, juste devant nous à une 50aine de mètres, une grosse patate plus large que notre bateau. Nous foncions dessus ! J’ai eu une sacrée montée d’adrénaline. Je n’ai pas eu le temps de sortir ma VHF à l’abri dans ma veste de pluie, j’ai tapé des pieds pour attirer l’attention et ai couru à l’avant du bateau afin que Stéph me voie en faisant signe « à gauche toute !!! ». Stéph a réagi directement, il a freiné puis contourné la patate, nous avions une distance de bien 10m encore !

Après avoir mouillé, nous avons bien vu notre manœuvre sur notre tracking et avons étudié la carte Google Earth à cet endroit-là. On n’y voit aucune patate, pourtant l’endroit n’est pas couvert de nuages et la patate n’est pas nouvelle. Nous l’avons entrée dans notre programme pour les prochaines traversées.

 

Les Robinsons

Nous avons rejoint AKLYONE, partis un peu avant nous près d’une île. A peine mouillés, voyant tous ces palmiers, j’ai voulu aller à la chasse aux noix de coco, Susanne est venue avec.

C’est muni de nos outils, une hache pour Susanne (ce que j’utilisais aussi jusque dernièrement) et un gros tournevis plat pour moi, que nous avons débarqué sur l’île. Nous avions à peine fait quelques pas à l’intérieur de l’île que nous revenions déjà avec une 30aine de noix de coco brunes, pleines d’eau. Parfait ! Nous nous sommes installées et avons commencé à arracher les fibres pour mettre les noix à nu (telles qu’on les trouve dans le magasin). Nous sommes retournées quelques heures plus tard aux bateaux avec chacune une 10aine de noix à nu et tout autant encore à faire. C’est du boulot d’arracher toutes ces fibres !

Le lendemain, Stéphane voyant le bordel de fibre laissés sur la plage a eu l’idée d’en faire un feu. On a informé les copains et chacun a organisé viande, salades et pâte à pain afin de faire un BBQ. Ce fut une après-midi bien sympa sur la plage, 7 adultes, 7 enfants et un bébé. Non loin de notre feu de camp, il y avait une case, certainement commencée par un pêcheur. Les enfants ont commencé à couvrir le toit avec des feuilles de palmier.

Le lendemain, les enfants ont eu envie de jouer à Robinson Crusoé. Nous les avons déposés sur l’île avec VHF, boissons et nourriture. Les enfants l’ALKYONE ont suivi et ils ont terminé la case à leur manière. Un moment il s’est mis à pleuvoir, nous pensions qu’ils allaient nous appeler pour aller les chercher, mais non. Ils étaient tous à l’abri dans la case à manger de la noix de coco que Tobias et Elina ont ouvertes, sans outils ! Timeo et Ana, les 2 plus jeunes étaient fiers de nous dire qu’ils ont pu boire l’eau des noix. Ils sauraient survivre un moment sur une île déserte ces enfants !

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Retour vers les passes

Nous sommes retournés vers les passes. La traversée du lagon s’est fait en suivant notre tracking. Malgré cela, j’étais à mon poste sur le toit du bateau à regarder pour les patates, tout comme Susi sur SERENITY. Mieux vaut être vigilants.

Arrivés au mouillage nous avons la surprise de trouver SAGO, une famille avec laquelle nous communiquions par mail, mais que nous n’avions encore jamais croisée. Nous étions au même mouillage aux Galapagos mais je ne savais pas le nom du bateau à l’époque. Elle est allemande, lui australien et ils ont 2 enfants. Ils avaient la même route que nous, mais n’ont pas pu partir le jour prévu (le même que nous) à cause d’avaries. Partis plus tard, ils ont pu suivre la route planifiée, mais les vagues et le vent les ont empêchés d’aller à terre sur l’île de Pitcairn. Tous en partance pour Pitcairn savent que les chances d’accoster l’île n’est pas garantie et que le risque de devoir naviguer 3 jours de plus pour se rendre aux Gambiers est grand.
Ce fut un plaisir de faire leur connaissance, Timeo est allé avec eux à la plage, ils sont venus ensuite sur notre bateau. Avec les enfants d’ALKYONE, il y avait 9 enfants à bord, c’était un peu bruyant !

 

2ème plongée dans la passe

Nous avions organisé une 2ème plongée dans la passe. Susi & Jost, Jutta, Hans & Tobias, Stéphane & moi en plongée. Aux dingys, Silke de SAGO.

Il manquait du matériel à Hans, ce qui nous a un peu retardés, Jost & Susi étaient prêts et sont partis seuls, décidant de traîner leur annexe au bout d’une longue corde. Ça fait longtemps que nous parlions vouloir essayer cette technique, mais je ne voulais pas commencer dans du courant, lui ça ne le dérangeait pas.

Tout comme 4 jours auparavant, nous sommes sautés à l’eau 1h30 avant la marée haute, à l’avant de l’annexe de SERENITY. La passe était calme, pas de vague. Stéph et moi sommes descendus, nous voyions bien Susi & Jost un peu à l’arrière. Depuis 36m de profondeur je regarde en haut et je vois les 3 plongeurs d’ALKYONE autour des 2 annexes, comme à travers une vitre. L’eau était d’une transparence comme jamais vu.

Nous arrivons assez vite vers le tombant et le remontons pour entrer dans la passe, tout en admirant les requins et autres gros poissons. Au bout de 10 minutes de plongée, nous arrivons à l’entrée de la passe et je sens un léger courant en contre-sens, ce qui commence à mettre mon cerveau en ébullition. Nous continuons la plongée, admirons la grosse raie manta non loin de nous, elle devait bien faire 4-5m d’envergure. Puis je vois notre annexe traînant celle d’ALKYONE se rendre à notre gauche, alors que selon notre boussole, nous étions sensés aller tout droit. Le cerveau de plus en plus en ébullition, je commence à douter de l’endroit où nous sommes et de la direction à prendre. Je monte voir en surface, tout est OK, il faut continuer selon la boussole, mais nous sommes toujours à l’entrée de la passe, ce qui ne calme pas mon cerveau.

Le courant devient de plus en plus fort, je ne vois plus les autres plongeurs. Mon cerveau tourne à toute allure, ce qui coupe certains points comme le fait que SERENITY étaient juste derrière nous avec leur dinghy. J’ai plus qu’une idée en tête, j’imagine Stéph & moi dériver à l’extérieur de l’atoll avec Jutta, Hans & Tobias alors que notre chauffeuse de dinghy nous cherche à l’intérieur.

A un moment, après avoir essayé d’entrer au plus dans la passe contre le courant, il fallait abréger la plongée, le courant devenant trop fort. J’ai eu l’idée d’ancrer la bouée de palier (un ballon en forme de tube qui monte en surface qu’on lâche depuis sous l’eau pour se faire voir de la surface) pour s’y tenir et ne pas dériver loin de l’atoll. Nous étions à 11m de profondeur, ma corde fait 6-7m de long. Celle de Stéph est plus longue, il l’a envoyée puis ancré le fil autour d’un corail. On se retourne et voyons la bouée à mi-eau, vers 5m de profondeur à l’horizontale. Le courant était trop fort, l’idée était bonne mais pas faisable. On ne pouvait pas la ramener à nous pour y ajouter de l’air. Et comme le courant était fort, on aurait de toute manière pas pu s’y retenir. On a décroché la corde et sommes montés. La plongée a duré 31 minutes, nous sommes sortis dans les vagues typiques des changements de courant. A peine dehors je vois l’annexe de SERENITY et les 2 en train de monter à l’intérieur. Mon cerveau a continué dans sa lancée, tout en sachant que nous étions saufs ! A toute vitesse, je gonfle mon ballon de survie (orange fluo de 2m de hauteur) pour le cas où ils ne nous voient pas dans ces grosses vagues. Je ne les quittais pas des yeux et n’ai même pas remarqué que notre propre annexe était juste derrière moi !

Silke a remarqué à l’annexe de SERENITY que le courant ne correspondait pas aux tables. Elle est restée proche de nous tout en se mettant à l’abri des vagues, ce pourquoi je l’avais vue partir sur notre gauche.

Je suis montée dans notre dinghy où se trouvait déjà Jutta. Stéph est allé dans celui d’ALKYONE pour récupérer Hans & Tobias alors que je me dépêchais de nous sortir des vagues, qui nous remplissaient l’annexe. Nous étions une vraie baignoire. A un moment, je suis partie en surf sur une vague pour planter dans celle de devant. C’est plusieurs 10aines de litres d’eau qui sont arrivés sur nous. 50m plus loin, il n’y avait plus de vagues.

Je me suis fait une bonne frayeur, le pire c’est quand le cerveau se met en ébullition s’imaginant les pires des scénarios. Selon Jost, mon cerveau était en « fatal error », ce qui n’est pas faux !
Stéphane n’a eu aucune frayeur, lui n’avais pas omis le fait que SERENITY étaient juste derrière nous avec leur annexe. Nous étions à l’avant de tous les autres plongeurs ! Comme quoi, beaucoup se passe dans la tête, et depuis que je suis maman, c’est pire !
Par contre, que ce serait-il passé si Jost n’avait pas été plonger en tirant son annexe ? J’aime mieux ne pas y penser, car avant de sauter j’avais encore bien dit à Silke que la fois d’avant je les avais récupéré bien loin à l’intérieur de l’atoll.

En route pour Tahanea

publié le 10 juil. 2019 à 15:12 par Sailing Olena

Après une nuit au quai, nous avons décidé de partir à 3 bateaux pour l’atoll de Tahanea. Le vent avait tourné un peu et nous poussait sur les coraux qui entouraient le quai. La sortie entre le quai et le corail n’est pas large, le vent assez fort. SERENITY sont sortis en premiers et Jost a fait une parfaite manœuvre. AKLYONE sont sortis ensuite, nous laissant ainsi un peu plus de place de manœuvre. Tous deux ont des propulseurs d’étrave (hélice à l’avant du bateau, qui propulse l’avant d’un côté ou de l’autre) qui aide pas mal en ces cas. Nous n’en avons pas, mais nous avons 2 moteurs ce qui est aussi un plus. J’étais tendue, ce vent, le récif… Stéphane a fait une manœuvre à couper le souffle. Il a tourné Olena sur-place, comme s’il n’y avait pas de vent, puis sorti par l’étroit passage comme si de rien n’était. Punaise, ce qu’on a un bon skipper à bord d’Olena !

La traversée fut sympa. J’aime bien voir les lumières des copains à l’horizon.
Il y avait un gros grain à l’avant, que nous suivions depuis quelques heures. Sur le radar, on aurait dit 4 mammouths qui se couraient après, c’était rigolo. Nous étions censés avoir moins de vent, mais l’arrière du grain nous tirait bien. Même en réduisant les voiles, nous sommes entrés dedans. Le vent n’était pas si fort et nous avons eu que quelques pluies.

Le vent est resté, même après le grain. Au milieu de la nuit, nous longions l’atoll de Makemo et pouvions même voir les palmiers sur les îles, tant la lune était claire.

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Raroia

publié le 10 juil. 2019 à 15:09 par Sailing Olena

La passe et la traversée du lagon

Entre 2 grains, nous avons tenté de passer la passe, avant que le courant devienne trop fort. Nous n’avions pas envie de poireauter à l’extérieur jusqu’à la prochaine marée et de devoir se déplacer dans l’atoll de nuit, ce qui est bien plus dangereux encore.

La visibilité n’était pas mauvaise, il y avait quelques nœuds de courant mais tout était gérable. Devant, nous voyions des vaguelettes, tels que l’eau qui bout. C’est typique de 2 courants opposés qui s’affrontent, nous avions vu pareil au changement de marée à Gibraltar, mais là, elles étaient plus grandes. Nous avions l’heure de marée d’un atoll à côté, savons qu’il y a des corrections à faire mais n’avons jamais trouvé où on trouvait cette info, si elle existe dans cet endroit. Peut-être étions-nous en plein changement de marée ? Ce qui était sûr, c’est que nous allions passer dessus, nous n’avions pas le choix. Et à mon grand étonnement, ça n’a même pas secoué. Sur quoi j’informe les SERENITY juste derrière nous, que ça a l’air plus impressionnant que ça l’est, ça bouge quasi pas. Seulement eux sont sur un monocoque, et je les ai vus traverser les vagues et se faire secouer telle une coque de noix ballotée dans les flots. Jost m’a dit s’être cru dans un jacuzzi. C’est dommage que je n’ai pas filmé, ni photographié. Faut dire qu’on était assez tendus et avions autre chose en tête que de mémoriser ces moments.

Le reste de la passe fut assez facile, les deux skippers ont navigué tels des chefs à travers le courant et nous étions à l’intérieur de l’atoll. D’un commun accord, nous avions décidé de rejoindre nos amis KISU de l’autre côté du lagon, afin de nous protéger des vagues.

L’atoll est très grande, un ovale d’environ 13km de large sur 40km de long. Le lagon a une profondeur de 30-35m avec plein de patates de corail qui montent tels des cheminées jusqu’à quelques centimètres de la surface. C’est un vrai champ de mines ! Surtout que toutes les patates ne sont pas recensées sur les cartes. Il faut naviguer à l’œil.

Je n’avais pas encore préparé de route pour le lagon, car avant l’entrée, nous ne savions pas où se trouvait KISU. Nous étions en contact radio avec eux et c’est avec l’aide de Markus que nous avons traversé le lagon. Il suivait notre signal AIS sur son écran et nous guidait sur son tracé. Stéphane était debout sur la chaise de pilote et regardait par-dessus le toit, moi j’étais sur les cartes électroniques et Google Earth pour marquer les patates de corail connues afin de tracer une route, tout en étant en contact permanent par VHF avec KISU. SERENITY nous suivait. La traversée fut assez tendue, car par moments nous avions des grains qui nous diminuaient énormément la visibilité et nous amenait des rafales jusqu’à 30 nœuds.

Après 2 heures de traversée, nous sommes bien arrivés et avons ancré à côté de KISU.

 

Mon anniversaire

Nous étions arrivés à Raroia vers midi le jour de mon anniversaire. Chez Olena, nous avions tous la crève, gros rhume, toux, maux de tête… nous avons décidé d’un commun accord de ne rien faire ce jour et de voir pour le lendemain. Ca arrangeait aussi Jost, qui n’avait pas beaucoup dormi lors de la traversée.

Le lendemain, nous allions un peu mieux et j’ai transformé ma cuisine en pâtisserie. J’ai fait un gugelhupf aux fruits confis trempés quelques jours dans le rhum, un bananabread (genre de cake aux bananes épicé), et 2 tartes renversées aux mangues. J’avais des mangues et des bananes qu’on devait utiliser au plus vite.

Vers 16h, tous sont venus et nous avons passé quelques heures en dévorant les gâteaux. Nous n’avons pas eu à faire de repas le soir, nous étions repus !

 

Raroia

L’endroit est très beau, nous avons été faire du snorkeling sur des patates de corail et j’ai retrouvé les poissons colorés et les bénitiers de mes premières plongées, en 1993 sur la barrière de corail en Australie.

Plein de requins de récifs pointe noire se promènent autour du bateau. On va nager avec, on se regarde, ils ne sont pas dangereux tant qu’on ne les ennuie pas, c’est des poissons comme les autres. Un jour j’ai eu de la chance, je me lavais les cheveux et du shampoing plein les yeux, je saute à l’eau sans regarder. Au moment de m’élancer, je vois un requin à 2m de l’échelle. J’y ai presque sauté dessus, le pauvre a dû être effrayé et est parti à toute vitesse.

Nous avons fait des petites ballades en dinghy autour des îlots qui font le tour de l’atoll. Au-dehors, c’est un gros récif qui protège l’atoll, par endroits, plus ou moins d’eau entre dans le lagon, poussé par le vent. Il y a pas mal de courant. Les îlots sont de sable blanc avec des palmiers et manseliniers (arbres poisons) et autres arbustes. Du côté extérieur, nous y avons trouvé plein de déchets plastiques échoués, comme partout ailleurs. C’est triste. Parmi ces déchets, des bouées de pêche, nous en avons récupérés quelques-unes. Certaines nous seront utiles pour maintenir la chaîne au-dessus de patates de corail à l’ancrage et d’autres serviront de troc avec des pêcheurs.

 

Retrouvailles

Il fut temps de quitter KISU et de traverser le lagon dans le sens opposé. Nous avons suivi SERENITY et sommes arrivés 2h plus tard vers le village. Je regardais un bateau au mouillage et les plaques de corail un peu partout me demandant où il serait plus simple de mouiller que Jost nous appelle « vous aurez certainement vu qu’ALKYONE est au quai ? ». Quoi ? Les enfants en entendant le nom du bateau se sont transformés en vrais petits excités, les copains sont là !!!
Nous avions quitté ALKYONE aux Galapagos, ils sont descendus à l’île de Pâque, Pitcairn, les Gambiers avant de remonter aux Tuamotus. Nous les savions aux Tuamotus mais pas à Raroia.

ALKYONE était au quai et nous ont informés par VHF avoir assez de place pour nous. SERENITY pouvant se mettre à couple à ALKYONE. 

Avec ce changement de programme, nous nous sommes dépêchés de sortir pare-battages et cordages pour se préparer à la manœuvre. En traversant le trampoline en vitesse, je me suis pris un orteil dans le filet et je me suis retrouvée avec un orteil bleu, enfle et douloureux.
C’est mon 4ème orteil bleu et douloureux depuis le début du voyage. Les pieds et les mains, c’est en général les endroits où l’on se blesse le plus souvent en faisant de la voile.

Une fois prêts, Stéphane s’est mis à manœuvrer entre le récif et le quai pour aller s’amarrer. Le vent nous poussait loin du quai, mais Hans & Tobias étaient sur le quai réceptionnant nos cordages pour aider à la manœuvre avant d’aller aider SERENITY.

La manœuvre à peine terminée (ou pas) que les enfants étaient déjà à terre serrant les copains dans leur bras.

 

Le village

Lors de notre manœuvre d’amarrage, la maire du village est venue à notre rencontre et attendait au bord du quai. Elle nous a souhaité la bienvenue et nous a donné quelques informations. Le village compte 350 habitants, les enfants vont bientôt participer à un concours de danse sur un atoll voisin et il y aurait une répétition le soir même à laquelle nous sommes les bienvenus.

Suzanne, Maria (une bateau-stoppeuse qui séjournait chez ALKYONE), les enfants et moi sommes partis au village espérant voir les danses. Malheureusement nous sommes arrivés un peu tard et ils étaient en pleine discussion pour l’organisation du voyage.

Le lendemain, nous avons visité le village, passé par l’église open-air et par l’aéroport. Une fois par semaine, un vol dessert l’île et nous étions le jour J. Vers 9h du matin, 2 employés étaient à l’entrée de l’aéroport et attendaient. Le vol était prévu d’arriver vers 12h45.

Devant l’aéroport, nous avons compté 33 places de parc, dont une pour handicapés. Le hic est que l’île ne doit même pas contenir la moitié en voiture qu’il y a de places ! L’île fait 3km de long sur 460m de large aux endroits les plus larges. Nous avons vu 2 pickups, un camion de pompier (aéroport), une voiture normale et 2 épaves. Il doit sûrement encore en avoir quelques-unes de plus, mais les gens se déplacent en tricycle ou à vélo.

Nous avons suivi le sentier longeant la piste d’atterrissage selon les recommandations d’un villageois, pour arriver au lagon bleu. Les couleurs de l’eau entre le bleu et le turquoise c’est superbe !

Nous sommes passés par l’épicerie juste avant sa fermeture. L’épicier devait fermer son magasin pour une semaine, à cause d’un rendez-vous médical ! Il n’y a pas de médecin sur l’île, c’est à Tahiti qu’il doit se rendre par avion, et comme l’île est desservie qu’une fois par semaine, un rendez-vous médical c’est une semaine d’absence !

En route pour Tuamotu

publié le 10 juil. 2019 à 15:03 par Sailing Olena

Nous avons décidé de nous rendre en premier à l’atoll de Raroia, où se trouvaient nos amis suisses KISU. Il n’y a qu’une seule passe pour entrer dans l’atoll, mais elle serait large et KISU y sont entrés facilement. Nous avions les heures des marées et savions qu’il fallait y entrer 1h avant jusqu’à 1h après la marée haute ou basse, de préférence avec le courant entrant dans l’atoll. Le difficile de cette traversée cette-fois ne fut pas d’arriver de jour, mais d’arriver à l’heure !

SERENITY sont partis quelques heures avant nous. Au moment de partir, nous ne les voyions même plus sur AIS. A peine hors de la baie, 3 dauphins avec les bouts des museaux blancs nous ont accompagnés un bout. C’est toujours aussi magique !

3 jours de traversée c’est assez court. Ça peut paraitre bizarre, mais 72h en mer, ça passe vite. En jargon, on dit qu’il faut 3-4 jours pour avoir le pied marin, donc on a à peine le temps de se remettre dans le bain qu’on est arrivés. Nous n’avons même pas fait de fête de la montagne, qui aurait été le lendemain soir de notre départ.

Comme à notre habitude, nous communiquions nos positions respectives avec SERENITY. Nous étions également en communications régulière avec KISU.

Les journées furent agréables, mais les nuits, c’était autre chose. La première nuit, nous avions grain sur grain, parfois j’arrivais à en éviter un, mais d’autres nuages noirs menaçaient pas loin. J’ai dû aller réveiller Stéphane au milieu de son quart de sommeil pour ajouter un ris dans la grand-voile (faire la voile plus petite). Pour ce genre de manœuvre, on doit aller au pied du mat et la nuit, nous ne sortons pas du cockpit seul, on se réveille l’un l’autre.
Entre les grains, nous étions trop lents, car sous-toilés avec nos 2 ris dans la grand-voile et 2 ris dans le génois, mais à peine dans les grains, nous étions un peu sur-toilés. A chaque grain je piquais dans le vent pour diminuer la force du vent dans les voiles. A un moment, à 30° du vent, nous naviguions encore à 7 nœuds ! Alors que jusqu’ici, notre catamaran n’avançait plus à 55° ou moins. Il fallait maintenir une certaine vitesse moyenne pour arriver à la passe à l’heure, tout en étant du côté de la sécurité. A la fin de mon quart, je suis allée réveiller Stéphane en lui disant « à ton tour, j’en ai marre ! ». C’est bien la première fois que ça m’arrivait d’en avoir assez.

La 2ème nuit fut normale, plus ou moins calme.

La 3ème nuit fut pire. A peine le soleil couché, le vent a commencé de fraîchir. Au milieu de mon quart de sommeil, les vagues et le bruit du vent ne me plaisaient guère et je suis montée pour qu’on enlève la grand-voile. Ça tombait bien, Stéphane avait prévu me réveiller pour la manœuvre. J’étais en slip et gilet de sauvetage, attachée au mât et Stéphane se marrait de la vue « décoiffante ». Avec ce vent  mes cheveux étaient à l’horizontale et je faisais du rodéo dans les vagues.
Le vent était à 7 Beaufort, parfois un petit 8 avec des rafales jusqu’à 44 nœuds, une mer bien formée. Pourquoi ces conditions arrivent souvent de nuit ?
En étant juste sous foc, nous étions un peu plus lents, ce qui rendait les chocs des vagues un peu moins violents. Par moments, le vent tombait à 25 nœuds, ce qui fait quand même 6 Beaufort, et à ces moments, on avait l’impression qu’on nous avait coupé le vent, comme s’il n’y avait plus de vent. Nous étions heureux de voir SERENITY à 6-8 miles à côté de nous, ça rassure.

J’ai pensé à notre première nuit horrible de transat. Je ne pourrais dire si cette nuit était autant difficile, mais là, nous avons bien plus d’expérience, connaissons mieux le bateau et savions quoi faire, sans aucune crainte. C’est des conditions plus difficiles que d’habitude, on râle, mais c’était OK. Selon Jost, les conditions de cette nuit furent pires que celles de la nuit de départ de Tenerife. Selon le logbook, nous avions un peu plus de vent et la mer était un peu plus formée qu’à Tenerife. Malgré ces infos, c’est difficile à dire, car tout dépend de l’angle du bateau par rapport aux vagues.

Dès le lever de soleil, le vent s’est un peu calmé. Nous sommes arrivés à l’heure à la passe, c’était un peu après marée basse, nous étions à marée montante, il fallait passer. Le seul hic était qu’il y avait grain sur grain et de gros rideaux de pluie nous bouchaient la vue. Nous ne voyions pas toujours la passe. Nous tournions en rond devant et attendions le bon moment, tout en sachant que la marée allait augmenter le courant.

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Ua Pou

publié le 10 juil. 2019 à 14:56 par Sailing Olena   [ mis à jour : 10 juil. 2019 à 15:00 ]

A peine sortis de la baie que nous voyons SERENITY qui devait être partis plus ou moins dans les mêmes heures. Nous avons fait la traversée pour changer d’île ensemble.

L’arrivée à la baie d’Hakahetau était aussi belle qu’on nous l’avait décrite. Des pitons rocheux sortent des montagnes et l’un des pics est très souvent dans les nuages. La baie était un peu houleuse, mais ça allait encore. SERENITY arrivés à peine après nous ont fait un tour de repérage et ont changé de baie. Jost avait besoin de quelques nuits sans houle.

Nous sommes allés à terre nous promener et repérer la chocolaterie pour nous y rendre le lendemain. Surprise, le chocolatier habite dans la montagne à 3km du village. A mi-chemin, il y a une chute où l’on peut se baigner. Nous nous rendons à la chute, croisant une autre famille de plaisanciers qui revenaient de chez le chocolatier. En chemin, un pick-up arrive en sens inverse et s’arrête. C’était le chocolatier ! Ça tombait bien, on a pu se renseigner des horaires d’ouverture. Il a bien rigolé, en général il est à la maison, il n’y a qu’à passer. A son retour, il nous a pris pour nous déposer vers les chutes.

Au retour, nous nous sommes arrêtés vers un snack recommandé par des plaisanciers. Le tenancier fut bien sympa et nous avons eu une chouette discussion. Il nous a appris que les îles du nord des Marquises ont souffert de sécheresse cette année, ce pourquoi ils ont peu de citrons et que les pamplemousses sont si petits. Nous le regardions hébétés, les plus petits pamplemousses font 1kg, les plus gros 1.5kg ! Sur quoi il nous dit que d’habitude, un gros pamplemousse fait 4kg ! Impressionnant, nous n’arrivons même pas à imaginer.

Le lendemain, jour d’anniversaire d’Elina, nous partions chez le chocolatier. J’ai fait un saut au snack amener un peu de confiture de fuit à pain fait maison, il était étonné, pourtant j’avais dit que j’en amènerai pour qu’il la goûte.

 

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Le fruit à pain mûr

Nous utilisons le fruit à pain comme une pomme de terre, tout comme les Marquisiens. Un jour, mon fruit était mou d’un côté et en coupant dedans, j’ai été surprise par l’odeur, la texture et le goût semblable au corossol. Je savais qu’on consommait le fuit pas mûr en légume et que le fruit mûr devenait un fruit comestible sans cuisson. Mais comme tout le monde jette les fruits mous aux cochons, je n’avais jamais fait attention.

J’ai sorti la partie molle, on aurait dit que je versais de la fondue au fromage. Timeo étant le seul à vraiment aimer le corossol, j’ai pensé en faire de la confiture pour pouvoir le conserver plus longtemps. Le résultat fut surprenant. La texture était celle d’un miel crémeux et le goût celui d’un miel de caractère. Un délice ! Nous espérons avoir des nouvelles de Tipiero, le tenancier du snack, pour savoir s’il a aimé ou non. Il était si négatif sur le fruit mûr et peinait à imaginer que la confiture soit bonne.

 

Le chocolatier

Nous avons marché les 3km jusque chez Manfred, le chocolatier. Rien que le bonhomme vaut le détour, sans parler de son chocolat qui est délicieux.

Manfred est allemand, ses grands-parents d’origine tchèque. Il était masseur sportif et avait un salon de massage et sauna en Allemagne. Un jour tout a pris feu et il a perdu beaucoup d’argent. 2-3 jours après l’incendie, il a vu un reportage sur Tahiti, et quelques jours plus tard, il y débarquait pour une nouvelle vie. Il y a été pilote d’hélicoptère avant d’atterrir à Ua Pou et de mettre 3 ans à trouver comment fabriquer son chocolat.

Sa maison, faite de ses mains, est dans les montagnes bien loin de tout. Un ruisseau passe à côté et il l’utilise pour faire son propre courant. Il a fabriqué une roue à eau qu’il a mis dans un vieux congélateur coffre pour en réduire le bruit. La roue est reliée à un alternateur d’auto, relié à quelques batteries d’auto. Et tout comme sur les bateaux, il a un convertisseur qui transforme le 12V des batteries en 220V. Ingénieux, fallait y penser !

La cuisine est ouverte sur l’extérieur et nous prenons place sur un banc faisant office de bar. Il sort une boîte dans laquelle se trouvent des carrés de chocolats divers. Malheureusement ils ne sont pas séparés, c’est difficile de savoir quels chocolats nous goûtons. C’est un chocolat noir, pas amer et pas trop sucré, juste ce qu’il faut. Il y en a aux noisettes, à la noix de pécan, macadamia, gingembre, café, oranges… et les noix, le café tout comme les fèves de cacao poussent dans son jardin !

Les enfants ont pu se baigner dans sa piscine, qui est un bassin alimenté par le ruisseau qui fait office de réservoir pour les plantations plus basses.

C’est quelques heures plus tard, après de longues discussions très intéressantes et avec une dizaine de plaques de chocolats achetées que nous le quittions.

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L’anniversaire d’Elina

En chemin de retour, nous sommes retournés à la chute, cette-fois pour s’y baigner et pique-niquer. L’eau fraîche et douce fait du bien !

Ensuite nous nous sommes dépêchés de retourner au bateau, récoltant les citrons et pamplemousses sur le sol le long du chemin, sans oublier de passer chez un des villageois qui nous avait proposé des mangues. C’est alourdis de près de 20kg de fruits que nous remontions à bord.

Nous avons monté l’ancre et sommes allés retrouver SERENITY dans une baie plus au sud. C’est ensemble qu’Elina a soufflé ses 13 bougies et que nous avons mangé le délicieux gâteau choco-coco de ma propre recette. Nous n’avons pas fait tard, car le lendemain, c’était le grand départ pour les îles Tuamotu, à 3 jours de navigation de là.

Nuku Hiva

publié le 9 juin 2019 à 20:20 par Sailing Olena

Ayant été pas mal bercés par la houle, nous avons monté l’ancre plus tôt que prévu pour nous rendre dans l’île principale des Marquises. La traversée fut assez calme.

Nous sommes d’abord allés au nord, dans la baie d’Anaho, qui serait la plus belle de l’île et la plus calme des Marquises.

 

Baie d’Anaho

Le paysage de l’entrée de la baie est superbe. A l’intérieur, la baie s’ouvre sur la droite où les bateaux ancrent. Entre l’ancrage et la plage, un récif de corail, le seul de l’île, avec une passe qui amène les petits bateaux à la plage.

C’est montagneux, certains pics montent tels des lames de couteaux, j’ai été fascinée par ces formations rocheuses.

Le lendemain, Susi, Cyliane, Timeo et moi partions à pied à la ferme, nous faire le plein de vitamines. Elina a fait office de chauffeur avec l’annexe alors que les hommes étaient occupés à des réparations. On nous informe que la ferme se trouve après la baie, tout à l’est. On s’y rend, en traversant plusieurs plages et sentiers entre les cailloux. La baie doit bien faire 1.5km de large à ce niveau, en faisant le tour depuis où nous étions, la ferme était à bien 3km de distance.
Sur un petit plateau entre la baie d’Anaho et la baie d’Haatuatua on voit la cabane de la ferme, mais personne ne s’y trouve. On se rend jusqu’à la baie d’Haatuatua, aucune ferme en vue.

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Baie d’Haatuatua

 

Au retour, on se promène entre les plantations en appelant. Et voilà qu’un monsieur tout bronzé, longs cheveux et avec une très longue barbe nous répond. Son chef est dans la maison là-bas. Par maison il entend la dalle surmontée d’un toit, remplie de meubles et de tissus faisant office de séparations de pièces. Pas étonnant qu’on n’ait pas trouvé la ferme en cherchant !

Les fermiers sont adorables, la femme est venue avec nous dans la plantation et nous avons cueilli ce qu’on voulait prendre. Longs haricots (une 15aine de cm !), tomates, concombres, aubergines, fruit à pain, melons et pamplemousses.

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La fermière ouvre le marché de Taiohae (la capitale) les samedis matins à 3h. On m’avait déjà parlé de ce marché, où il faut s’y rendre entre 4-6h du matin pour avoir de la chance d’avoir ce qu’on veut.
Pour se rendre au marché, ils doivent d’abord se rendre à Athieu à dos de cheval, car il n’y a pas de route. Ils longent toute la baie d’Anaho, longent le sentier qui passe le col pour descendre dans la baie d’Athieu où leur voiture se trouve. Ça nous a beaucoup impressionnés.
5 heures plus tard, après beaucoup de pauses au retour dû au poids des achats, nous étions enfin de retour à la plage où Elina est venue nous rechercher. Nous espérions pouvoir la faire venir sur une des plages un peu plus proches, mais les vagues auraient rendu la manœuvre un peu difficile et on aurait probablement fini par transformer à nouveau l’annexe en baignoire.

En se promenant autour d’Anaho, nous avons vu beaucoup de maisons avec aucun ou très peu de murs. Une maison, qui se trouvait non loin d’autres, nous voyions les lits, appuyés contre du tissus tendu. Les villageois passent en cheval et tout le monde voit ce qui se passe à l’intérieur des maisons.

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Baie d’Athieu

Un matin, nous sommes partis tous les 7 (avec SERENITY) jusqu’à la baie d’Athieu. Selon les guides, c’est une des 3 plus belles balades à faire sur l’île.  Nous suivons le sentier, passons à côté d’une ferme où plein de chèvres partent en courant à cause des aboiements des chiens. Une chèvre un peu perdue court à notre rencontre. Un peu plus loin, la fermière nous guide sur le bon sentier, en faisant attention que son bœuf, attaché à un arbre, ne nous charge pas. En fait, il avait l’air tout gentil comme les vaches un peu plus loin.

Le sentier grimpe, telles les routes dans nos montagnes. Nous zigzaguons dans la forêt, impressionnés de savoir que c’est l’unique sentier menant à la route, que prennent tous les villageois, quand ils ne font pas le voyage en bateau.

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Nous croisons certains villageois à cheval, c’est un plaisir à voir. On a l’impression d’être dans un autre monde. Arrivés au col, nous sommes bluffés par la vue superbe, on voit les baies d’Anaho, de Haatuatua et on devine même la baie d’Haataivea entre les deux autres, derrière la chaine de montagne. Alors que nous apprécions la vue, voilà nos fermiers qui arrivent, ils rentraient de la ville et nous ont reconnus. La descente fut un peu plus facile, moins de zigzag, moins raide. Nous avons croisé des touristes français avec un guide, qui nous avions croisés à nouveau au retour, ainsi qu’un papa et sa fille à cheval.

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La baie d’Atiheu est superbe elle aussi. Des pics sortent de la montagne. Il n’y a pas de bateaux dans la baie, réputée houleuse, ainsi que l’échouage sur la plage ou au ponton avec l’annexe. Selon les guides, il est plus simple de s’y rendre à pied depuis Anaho, 1h qu’ils écrivent, peut-être est-ce à cheval, nous en avons mis plus de 2 par chemin.

Nous étions à la recherche du magasin, espérant y trouver des glaces qui étaient bien méritées. Toute cette marche, cette montée et descente par ces températures ! Il fait déjà plus de 30° le matin tôt, aucune idée de la température en plein jour, on ne regarde même plus.

Après avoir mangé nos glaces, nous sommes allés boire quelque chose au restaurant, avant de retourner à Anaho. Nous étions partis pour ½ journée, mais avons mis bien plus de temps. Comme il était trop tard pour faire nos plongées prévues, nous sommes allés boire une limonade au restaurant d’Anaho avant de rentrer aux bateaux au coucher du soleil (ici, il se couche vers 18-18h30).

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Baie de Taiohae

Nous levons l’ancre tôt pour nous rendre à la capitale, de l’autre côté de l’île. Nous avons décidé de regrouper nos affaires dans un frigo et mettre les légumes dans le frigo cockpit, un genre de glacière pour les boissons. Ainsi nous vidions le congélateur que nous utilisons comme frigo et l’avons mis en mode congélateur pour la toute première fois. Nous allions faire le plein de viande pour les prochains temps. Les prix ici sont corrects (tant qu’on achète les choses aux prix rouges, càd subventionnés par la France) et sachant qu’on ne trouvera pas grand-chose aux Touamotus et que la pêche n’est pas conseillée à cause de la Ciguaterra, on aura au moins de la viande.

La traversée fut pénible. La première heure, nous étions contre les vagues et contre le vent, nous n’avions pas le choix, il fallait passer par là. Cyliane fut très rapidement malade, malgré les médicaments pris à l’avance. Timeo n’a pas mis long à se plaindre, Elina était couchée se concentrant sur son livre pour ne pas tomber malade. Une fois qu’on a pu tourner pour descendre le long de l’île et recevoir vent et vagues de côté, Stéphane a dû aller se coucher. Lui non plus n’en menait pas large. Ce n’est pas drôle de voir toute sa famille à plat alors que je suis en pleine forme. Bon, mieux vaut avoir une personne en forme pour naviguer, on ne va pas se plaindre, surtout que le mal de mer est horrible.

Les vagues tapaient, il y avait pas mal de rafales au début, j’ai dû aller au mât, faisant du rodéo, pour passer de 2 à 3 ris (réduire la grand-voile). Nous avancions bien plus lentement que SERENITY, car ça tapait partout. On parle toujours des avantages d’un catamaran, rarement des désavantages. Oui, on vit plus au mouillage et jouissons plus des avantages, certes, mais les désavantages à la navigation au près (contre le vent) n’est vraiment pas agréable. Parfois on a l’impression que les vagues vont déchiqueter le bateau. Heureusement il n’en est rien ! Stéphane couché dans le cockpit s’est ramassé une bonne douche d’eau de mer, qui a tapé à l’intérieur de la 2ème coque.

Le vent est devenu plus stable contre le sud de l’île, j’ai pu sortir une plus grosse voile à l’avant et faire un peu d’avance pour retrouver SERENITY au mouillage et nous rendre aux supermarchés faire le plein.

A l’entrée de la baie, nous croisions nos copains VEGA qui en sortaient. Ils en avaient marre de la houle de cette baie. Nous avions la bonne surprise de retrouver les allemands JAJAPAMI qui venaient d’arriver quelques jours auparavant de Galapagos et CATAFJORD. Malheureusement, nous n’allons pas y rester longtemps, mais les garçons de JAJAPAMI ont pu venir jouer un moment à bord pour le grand bonheur de Timeo et Cyliane.

Le soir nous sommes allés manger une pizza pour avoir accès à internet. SERENITY ont planifié se rendre le lendemain tôt à la baie de Taioa pour faire la marche de 2h30 jusqu’à la plus haute chute des Marquises (350m). Stéphane et les enfants n’ont pas voulu déjà repartir. Ils avaient besoin de se poser une nuit de plus, malgré la houle qui dérange l’estomac de Cyliane, sans la rendre malade heureusement. Nous devrions les retrouver le surlendemain à l’île d’Ua Pou.

Nous avons profité de la journée de Pentecôte pour faire des nettoyages, préparer les photos et écrire le blog.

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Artisanat marquisien

Ua Huka

publié le 9 juin 2019 à 19:59 par Sailing Olena

Tôt le matin, nous levions l’ancre, direction Ua Huka, l’île la plus proche des Marquises du nord. 10 dauphins nous sont accompagnés hors de la baie, le jour d’avant, 7 nous avaient accompagnés pendant qu’on longeait l’île. Nous avons toujours autant plaisir d’aller les voir à l’avant, même si souvent, nous ne prenons plus les appareils photos.

SERENITY étaient déjà à notre hauteur, c’est donc ensemble que nous avons navigué. La traversée fut sympa. Arrivés les premiers à Ua Huka, nous sommes entrés dans la baie de Vaipaee pour voir si nous pouvions y ancrer. On nous avait décrit la baie comme un fjord assez étroit et avec la place pour 1-2 bateaux. Les bords étaient moins raides qu’imaginés, mais effectivement c’était étroit, 150m aux endroits les plus larges. Au fond, un ponton en béton, une plage et un toit. Il y avait 4 bouées pour les bateaux de pêche au milieu de la baie, il fut difficile d’ancrer avant ou après ces bateaux, le fond étant assez profond. La houle entrait et tapait contre les rochers, ce qui la déviait.  Pour le vent, c’était pareil, le bateau aurait tourné dans toutes les directions et nous ne voulions pas faire de manœuvre d’ancre de poupe. Il fut déjà difficile de trouver à encrer 1 bateau, mais d’y ajouter un 2ème aurait été difficile. Nous sommes ressortis.

Nous avons fini par ancrer à la baie de Haavei, au sud-ouest de l’île. L’accès à la plage est privée et difficile à cause de la houle. De toute manière, les choses intéressantes de l’île étaient dans les 2 baies du sud où la houle nous empêchait d’aller. Nous sommes donc restés à bord et avons profité du panorama qui était superbe.

Non loin de l’ancrage il y a 2 îles, où des spécialistes d’oiseaux aiment s’y rendre, car on y rencontrerait des oiseaux qui sont nulle part ailleurs. Pour des gens comme nous, ces deux petites îles n’ont pas d’accès. Il y a des cordages qui pendent, où les locaux grimpent.
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