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Laure

Manipulés par les médias ?

publié le par Sailing Olena

Pendant la petite semaine de 3 jours entre nos deux premières visites à Ua Pou, Pierre s’est fait interviewer pour la chaîne de télé/radio polynésienne. Je n’avais pas encore eu accès à la wifi pour voir l’article et l’interview, mais on savait déjà toutes les répercussions qu’ont causé cette interview.

Les voileux l’ont mal pris, même Eric qui connaissait Pierre vu qu’ils étaient tous deux présents au pique-nique. Certains locaux de Hakahetau étaient très fâchés contre lui ainsi que Teaki, qui selon les dires de Pierre, n’a pas mâché ses mots sur Facebook.

Nous n’avions qu’un son de cloche, ne pouvions pas juger. Mais ayant été les premiers voileux à revenir à Hakahetau, ayant fait pas mal de pub pour cet endroit par la commande de chocolats aux voileux en confinement à Taiohae, on se sentait un peu au milieu de tout ça. Sans le vouloir, beaucoup de gens nous en parlaient.

Même Pierre, j’avais prévu lui en parler après avoir vu l’interview, mais il m’a pris de court. Il s’est senti mal à l’aise face aux répercussions de son interview. Ce n’est pas ce qu’il entendait. Lui voulait juste dire que les villageois sont inquiets s’ils ne savent pas d’où viennent les bateaux. En fait, il a rien voulu dire de plus que ce que nous avions réalisé lors de notre premier retour. Mais ils ont gardé juste un petit bout de son interview et les gros titres dans les journaux « Les habitants de Ua Pou inquiets face à l’arrivée des navires de plaisance » ce n’était pas ce qu’il voulait. Dans le texte on lit « elle assiste à un véritable ballet de voiliers…. » c’est surprenant, nous étions les premiers et entre-temps, 4 nouveaux bateaux s’y étaient rendus ! Lors du festival, nous étions jusqu’à 43 dans cette même baie !

La semaine suivante, c’est Nuku Hiva qui y répondait par un article « Le marché de Nuku Hiva reprend des couleurs », où on voit Elina et moi faire nos achats au marché. On n’avait même pas vu de caméra! En fait, c’est une dame qui avait l’air de prendre quelques photos avec son smartphone, j’ai pensé que c’était une plaisancière qui venait d’arriver et qui trouvait le marché avec ses fruits exotiques sympa !

Ces articles ont tout l’air d’avoir un petit air politique. Ua Pou « on a peur des voileux », Nuku Hiva y répond « si vous les voulez pas, nous on les prend volontiers ».

Comme je l’ai déjà écrit, les politiciens agissent beaucoup avant les élections, c’est en général en ces moments que se construisent de nouvelles routes, pour bien se faire voir et gagner des voix. Tout porte à croire que ce ping-pong d’articles pour ou contre les navigateurs va dans ce sens. Ils tirent les ficelles et ça marche.

En attendant, la chaîne de tv/radio polynésienne porte le surnom de « chaîne de la mésinformation » parmi les voileux.

 

Ua Pou

publié le par Sailing Olena

Le mercredi, nous étions libres de nous promener entre les îles, le lendemain nous embarquions Teaki & Hervé et nous levions l’ancre pour Ua Pou, l’île voisine.

Après une jolie traversée, où nous avons quand même ramassé une vague qui a complètement trempé ceux installés à l’avant du bateau, et aucun poisson pêché, nous posions l’ancre à Hakahetau. Nous étions seuls dans la baie, j’ai eu une impression bizarre, je ne savais pas à quoi nous attendre. Serions-nous les bienvenus ?

Ce n’est pas allé long qu’une pirogue est passée nous voir et l’homme nous a demandé d’où nous venions, et nous a avertis que les gens au village avaient un peu peur. J’ai de suite téléphoné à notre ami Martin pour lui exposer les faits et l’informer qu’on ne voulait pas venir à terre effrayer les habitants. Il est de suite venu nous accueillir sur le quai, où nous avons fait un petit apéro bien sympa.

Le lendemain, le mot était déjà passé dans le village que nous venions de Nuku Hiva et étions déjà là-bas pendant le festival. Nous pouvions nous promener sans inquiéter personne. Après avoir traversé le village, nous empruntions le chemin forestier qui amène chez Manfred, notre ami le chocolatier.

A mi-chemin, nous avons fait notre stop pour se baigner à la cascade, endroit toujours aussi superbe avec une eau bien rafraîchissante. Notre visite chez Manfred & Thérèse était comme toujours pleine de rires et de bonne humeur, avec une bonne dégustation de chocolats, de mon gâteau et de la glace maison de Manfred. Glace que les hommes n’ont pas eu l’honneur de goûter, car ils sont rentrés un peu plus tôt. Hervé avait rendez-vous avec Martin pour une partie de pêche sous-marine !

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Le soir, nous avions un pique-nique sur le quai avec Martin & Rose. Pierre, le frère de Martin qui est le maire délégué de la vallée, est venu nous rejoindre, ainsi qu’Eric, notre copain suisse venu nous rejoindre au mouillage. Chouette soirée où nous avons pu admirer le ballet de 4 raies mantas qui tournaient à nos pieds, attirées par la lumière du quai.

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Le lendemain matin, Martin nous déposait, avec notre guide Anny à la fin d’un chemin, d’où nous avons fait un trekking jusqu’au pied du Pou Maka, l’un des pitons de l’île. Ce n’est pas le piton au plus haut sommet, mais le plus haut piton avec ses 350m. Nous avons traversé la forêt, longé une crête de fougères et passé par des points de vue superbes.

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Pour notre dernière soirée, nous avions réservé un repas au restaurant chez Ti’Piero. Il faut réserver les repas, car il cuisine exprès pour nous. Il nous a concocté une triologie de poissons, 3 poissons différents préparés de 3 manières différentes, avec un gratin de fruit de l’arbre à pain et des légumes en accompagnements. Un vrai délice, Piero était chef pour les amiraux sur un bateau militaire, la bonne cuisine, il connaît.

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Sauvetage d’une raie manta

Nous étions encore chez Piero que Martin m’appelle « il faut venir tout de suite, une manta s’est prise dans votre ancre du annexe et elle tape dans votre moteur ». Le temps d’arriver, Martin avait déjà sauté sur notre annexe et coupé la corde de l’ancre qui maintenait l’annexe loin du quai (pour la protéger de la houle qui tape contre le quai).

On devine la raie gisant sur le fond, elle bouge à peine l’une de ses nageoires. Forcément, comme on adore ces animaux, on se sentait très mal. Stéphane est parti au bateau me chercher palmes masque et tuba et une longue corde.

Etant la seule à n’avoir pas bu d’alcool, je saute à l’eau et me met à la recherche de notre ancre, pour y accrocher la corde. Ne la trouvant pas, je m’approche de la raie et constate qu’elle a 2 tours de corde autour d’une nageoire, le reste de la corde est emmêlée dans un paquet et sa tête repose sur la chaîne et l’ancre. A force de tourner, elle a tout attiré vers elle. Etant à 5m de profondeur et ne sachant pas à quelle réaction de la manta je devais m’attendre, je remonte et Stéphane repart au bateau me chercher un bloc de plongée.

Quelques minutes plus tard, je m’approche de la tête de la raie pour aller attacher une corde à une boucle de celle dans laquelle elle était emmêlée. A genoux devant sa bouche, penchée sur elle, mes doigts à 3-4 cm de sa peau, sans la toucher, j’ai réussi la manœuvre assez rapidement. La manta est restée bien tranquille, à mon grand soulagement.

A la surface, je donne le OK pour tirer la manta vers le haut. Je vois la pauvre le long du quai, tirée en hauteur par la corde, tirée au sol par le poids de la chaine et notre ancre qui pend sous elle. Je plonge avec une corde voulant y accrocher l’ancre afin de l’épargner de ce poids, mais je n’ai pas eu le temps. Martin, d’une main de maître a coupé les 2 tours de corde en un seul coup, sans blesser l’animal, et le poids de la chaine et de l’ancre ont fait tomber la corde. La manta était libre et est partie tout tranquillement.

Les 2 soirs précédents, nous étions ancrés de la même façon les mantas tournaient sans incident. Il a fallu que ça arrive le jour où nous n’étions pas à côté de l’annexe. A présent, nous amarrons l’annexe différemment afin que ça n’arrive plus.

 

Assencion à Ua Pou

Notre week-end prolongé là-bas nous a tant fait de bien, le changement d’air rechargé nos batteries internes, qu’on a pu résister d’y retourner 3 jours plus tard, pour le week-end prolongé de l’Assencion. Nos amis nous commandaient des légumes, qu’on achetait suivant disponibilité au marché, pour les leur amener.

On a attrapé 2 thons en venant, on a donné l’un d’eux à Martin lorsqu’il est venu chercher ses légumes. Thérèse quant à elle, je lui avais acheté 5kg de thon au marché le matin même, Piero venait de se faire livrer 40kg de thon. On a donc gardé le 2ème pour nous.

Les îles du nord des Marquises se partagent un curé, qui se trouve à Nuku Hiva. Comme chaque village/vallée a son église et que le peuple est bien plus pratiquant qu’en Europe, ce sont des chefs de prières qui font la messe. Martin est le chef de prière à Hakahetau. Quand il est passé prendre ses légumes il nous lance « à demain 8h à la messe ! ». Il sait que nous ne sommes pas catholiques et qu’il nous était arrivé d’aller à la messe écouter les magnifiques chants polynésiens.

Après la messe, voilà que Pierre, le frère de Martin, qui est également l’instituteur du village, invite Timeo dans sa classe le lendemain. A cause du déconfinement, nos enfants scolarisés à Nuku Hiva avaient congé ce vendredi. Timeo a ainsi eu le plaisir de découvrir une nouvelle classe et se faire des nouveaux copains. Ça lui a tant plu qu’il m’a demandé s’il pourrait s’y rendre le lendemain (samedi).

On a fait un grand pique-nique près du quai avec Martin et Rose, les enfants ont joué dans la mer. Comme à chaque fois, nous passons de superbes moments en leur compagnie. Manfred est venu nous y rejoindre et passer un moment avec nous.

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Nous sommes rentrés un jour plus tôt pour éviter le vent qui tournait en face. Nous avons ramassé une sacrée houle, on s’est bien fait secouer, mais on a pu rentrer à la voile. A notre arrivée à Taiohae, on a eu un accueil à réchauffer le cœur. Les anglais d’AMELIE nous faisaient de grands signes, les suisses de MAYA c’était les « welcome » à la VHF. Ce n’est pas tous les jours qu’on a pareil accueil.

 

Pentecôte à Ua Pou

Là c’est clair, on fait du fret. Légumes dans un sens, chocolat dans l’autre. On ne pouvait résister de profiter du dernier long week-end pour y retourner. La distance étant d’environ 50km, on compte 5-6 heures de navigation pour s’y rendre. Bien sûr, tout dépend des conditions (vent & vagues).

Vendredi, une fois les 3 loulous à bord, on montait l’ancre ! On devait se dépêcher, car nous étions attendus pour le pique-nique du souper sur le quai !

On avait un super vent et des vagues bien agréables. Malgré nos ris, on a été très rapide, en 4 heures on y était ! Et juste avant l’arrivée, on a attrapé un thon! J’ai appelé Rose « je coupe le thon pour le poisson cru, pourrais-tu stpl préparer le lait de coco? ». Le poisson cru au lait de coco c’est une spécialité marquisienne et c’est délicieux! Martin m’a ensuite appris à le faire. Il faudra que je teste.

On se réjouissait du pique-nique, car les 2 filles de Rose & Martins étaient présentes, avec leurs compagnons, dont nous avions fait la connaissance de l’un d’eux à Ua Huka (l’île à l’est de Nuku Hiva, l’île la moins visitée des Marquises). Surprise, Joseph est venu d’Ua Huka accompagné de sœur, Marianne, que nous avions aussi fait la connaissance lors de notre séjour à Ua Huka. Quel plaisir de les revoir! Le monde est petit, tout le monde est de famille avec des autres qu’on connaît d’ailleurs, mais ça nous étonne toujours autant.

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Le petit-fils de Rose & Martin a le même âge que Timeo et ils s’entendent bien. Ainsi nous avons passé, adultes comme enfants, une superbe soirée sur le quai à manger comme des rois tout en regardant le ballet des raies manta. A un moment, les 3 plus petits se sont couchés sur un matelas et se sont endormis, alors que juste à côté, l’une des raie les surveillait à chaque passage vers la surface.

J’ai contrôlé, aucune des 4 raies ne portait de trace de l’incident. J’étais soulagée.

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Retour de pêche de locaux

On est retournés chez Manfred et Thérèse avec nos amis du bateau autrichien NOMAD et avons passé un bon moment. Puis c’était le moment de rentrer à Taiohae, qui pour l’instant est devenu «notre chez nous».

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L’origine des tensions à Tahiti

publié le par Sailing Olena

La promotion des eaux polynésiennes

La Polynésie, dans son projet d’augmenter ses touristes pour avoir plus de revenu, a changé ses lois par rapport au nautisme. Depuis quelques années, le temps de séjour autorisé a été augmenté (de 6 mois à 3 ans*), la taxe pour l’immatriculation du bateau en Polynésie a été baissée à 7%. La Polynésie était présente dans divers rencontres nautiques en Amérique et ailleurs pour promouvoir les eaux polynésiennes, dans le but d’attirer les plaisanciers.

Les citoyens n’ayant pas le nez dans les lois et décrets ne savent rien de ces changements. Chaque année, les mouillages se remplissent de plus en plus. La plus grande densité des bateaux se trouvant aux îles de la Société (Tahiti à Bora-Bora), les locaux commencent à se sentir envahis et il commence à y avoir des tensions.

* Le 8 juillet 2020, le conseil des ministres a réduit la durée maximale d’admission à 24 mois.

 

L’arrivée du Covid19

A la fermeture de la frontière polynésienne lors de la crise du COVID 19, tout nouveau bateau arrivant de l’étranger a été obligé par la loi de se rendre à Tahiti. La plupart d’entre eux ont commencé leur traversée du Pacifique bien avant la crise, car il leur faut 4-8 semaines depuis Panama.

Les Polynésiens ne savent rien de cette loi. Les mouillages débordent de bateaux et chaque jour de nouveaux bateaux arrivent et s’entassent comme des sardines dans une boîte.

 

La politique sème le trouble

Puis vient le déconfinement, le président Fritsch annonce dans son communiqué de presse « les voiliers accueillis en surnombre dans les zones de mouillage doivent continuer leur voyage ». Cette phrase agit comme une bombe. Le verbe « accueillir » ne laisse pas entendre qu’ils ont été contraints de se rendre à Tahiti, puis par « doivent continuer leur voyage » le message est clair. Mais contrairement à la plupart des locaux, Monsieur le Président sait pertinemment que les frontières de tous les pays du Pacifique sont fermées et qu’il nous est impossible de continuer notre voyage !

Depuis que nous sommes en Polynésie, nous avons réalisé que la politique est différente en Polynésie. Les politiciens agissent et informent ce que le peuple a envie d’entendre et de voir, afin de gagner des voix aux prochaines élections. Tant pis pour les dommages collatéraux.

 

Les médias n’aident pas

L’histoire ne s’arrête pas là malheureusement. Les locaux ayant bien été informés que nous devons dégager, s’y mettent aussi. Ils font des démonstrations pour les médias. Ils tournent autour des voiliers avec des banderoles de protestation, le temps d’avoir toutes les images nécessaire pour la TV puis tout le monde s’en va. Était-ce une protestation ou une mise-en-scène de propagande médiatique ?

Car les médias entretiennent eux aussi cette tension. Ils ne prennent que certaines parties d’interview, mettent des titres et des phrases qui font réagir, genre «…un véritable ballet de voiliers…. » en parlant de 5 voiliers. Dans le cas de malades du Covid sur un bateau de pêche industrielle ils parlent de marins dans le titre et y apposent une image de nos annexes. Très suggestif pour les personnes ne lisant pas l’article. Serait-ce de la manipulation médiatique ?

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La politique interdit le mouillage

Les politiciens réagissent dans le sens du peuple. Face à la haine et au rejet des plaisanciers par certains locaux, ils sortent un décret interdisant tout ancrage entre les 2 passes vers Papeete, lieu de passage obligé de presque tout navire, car c’est à Papeete qu’on trouve les pièces de rechange, la main d’œuvre, les médecins, les dentistes… tout ce qu’on a besoin. Il y a bien 2 marinas, bien onéreuses et surtout bien pleines ! La prise de corps morts payant est obligatoire, seulement les corps-morts (bouées) n’existent pas encore et les tahitiens ont déjà fait une pétition contre leur installation. Pour une fois, le passage de cette loi a bien été médiatisé pour bien informer les locaux que c’est interdit d’ancrer!

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Exemple de haine vis-à-vis des plaisanciers. Source : lettre de l’AVP

La directrice des affaires maritimes fait l’annonce à la télé « Le mouillage est interdit partout en Polynésie ! sauf là où il est autorisé…”. Imaginez les répercussions de cette phrase, certains locaux se sont chargés de faire la police puisque tout mouillage serait interdit. Quand il lui a été reproché le manque de transparence des décisions politiques face aux voiliers, avec exemples des répercussions, cette même dame a répondu « Considérez que le mouillage est interdit partout en Polynésie, et que vous avez le droit de ne mouiller nulle part sans autorisation préalable ».

 

Les préjugés pleuvent

Il y a de plus en plus de violence verbale face aux voiliers à Tahiti. En plus des exemples de rejet ou de maltraitance des plaisanciers pendant le confinement cités par l’Association de Voiliers de Polynésie (AVP) » dans leur lettre à la Présidence et au Haut-Commissariat, les préjugés nous pleuvent dessus. Nous y avions déjà eu droit par un ministre lors de sa réunion politique avec les plaisanciers en octobre dernier. Nous polluons par nos pipis et cacas dans l’eau, nous empoisonnons leurs poissons…

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Les exemples de maltraitance cités dans la lettre de l’AVP

A croire que les locaux ne sont même pas informés de l’endroit où leurs eaux usées sont rejetés. Seule une petite minorité de Tahiti est branchée sur le réseau de la station d’épuration. Le reste de l’île, comme la plupart des îles polynésiennes, se déverse dans la mer. Les tests de qualité de l’eau récents le prouvent : à Tahiti, l’eau vers les voiliers est propre, la pollution vient des rivières, donc de la terre.

La qualité de l’eau est très importante pour les voiliers. La plupart d’entre-nous produisons notre propre eau en puisant l’eau sous nos coques pour la dessaler. Pensent-ils vraiment que nous buvons de l’eau faite de nos pipis et cacas ? La plupart des voiliers possède des cuves d’eaux noires, càd des réservoirs dans lequel se déversent nos eaux usées. Généralement nous vidons ces eaux en mer, loin des côtes.

 

Touristes génants

Par manque d’information et de transparence des politiciens et médias, certains locaux nous haïssent et nous rejettent. La Polynésie a tout fait pour attirer les plaisanciers, mais une fois sur place, nous nous rendons compte qu’ils n’ont jamais adapté les infrastructures et que nous sommes des touristes gênants!

 

Un goût amer

Partis d’Europe il y a bientôt 3 ans avec nos 3 enfants, ayant traversé 2 océans à vitesse d’escargot car le vent est notre moteur, ça laisse un goût amer de nous faire traiter de pollueur. Nous pratiquons une écologie au quotidien avec l’économie de l’eau et d’énergie. Vivre sur un bateau c’est vivre le plus en harmonie possible avec la nature.

 

Inquiets pour l’avenir du nautisme

Les Marquises, qui sont moins visités par les touristes venus par avion, ont diversifié leurs revenus contrairement à certaines îles polynésiennes qui ne vivent que du tourisme par avion. Nous avons eu droit à des articles chaleureux comme « Le tourisme nautique, pilier économique de Nuku Hiva ».

Aux Marquises, nous sommes encore les bienvenus, mais nous ne pouvons nous empêcher d’être inquiets pour l’avenir du nautisme en Polynésie, pour les futurs plaisanciers tout comme pour nous, tant que nous sommes bloqués ici à cause du virus. Malgré les 14 mois passés dans ce magnifique pays, à naviguer entre les Marquises et Bora-Bora, il est très désagréable de se savoir à un endroit où nous ne serions pas les bienvenus.

Déconfinement progressif

publié le par Sailing Olena

Après plusieurs prolongements du confinement strict, enfin la bonne nouvelle tombe, dès le 20 avril, nous entrions en déconfinement progressif. C’était la liberté! Le confinement strict commençait à peser sur tous, plaisanciers comme locaux, puisque toutes les îles de la Polynésie française excepté Tahiti & Moorea, qui eux ont dû attendre un peu plus longtemps pour le déconfinement, étaient exemptes du virus. Le déconfinement nous autorisait à nous promener librement sur toute l’île, bien entendu, nous devions respecter les gestes barrières et ne pas se retrouver en grand nombre. Quant à la navigation, elle restait interdite, ce qui en ce moment nous était complètement égal.

Lundi, 7h nous descendions les 5 à terre, les enfants après 32 jours « emprisonnés » sur le bateau. Que ça fait du bien ! Nous sommes partis en balade, les adultes de MAYA nous ont accompagnés, ainsi nous étions en 2-3 petits groupes. Une fois au point de vue de la Sentinelle, on y retrouve plein de plaisanciers, et d’autres suivent! Nous étions beaucoup à avoir la même idée. Heureusement qu’il n’y avait pas de gendarmes au point de vue, car nous étions un grand groupe, espacé, mais tous au même point de vue.

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Quelques jours plus tard, nous allions faire les achats au magasin le plus loin (environ 2km), car nous avions besoin de marcher. Là aussi, nous y avons rencontré bien plus de plaisanciers que d’habitude. C’était une joie de croiser plein de monde, de voir à nouveau des gens.

Les locaux et les plaisanciers, tous en rupture de stock de bières, se sont fait une joie d’avoir à nouveau l’autorisation de s’approvisionner. Pendant le confinement, toute vente d’alcool a été interdite, afin d’éviter les conflits dû aux excès d’alcool. La quantité était limitée, les bières devaient être vendues à température ambiante, mais ça, on s’en fichait! Les plaisanciers ont passé des commandes groupées, sont passés un par un payer au magasin pendant les « horaires de vente d’alcool », car la vente était autorisée du lundi au jeudi jusqu’à 16h uniquement, puis le magasin est venu livrer plusieurs camionnettes de bières au quai! C’était une bonne humeur collective chez les plaisanciers! Le manque de bières pendant le confinement était un thème souvent entendu à la VHF.

L’école primaire a repris gentiment, 2 heures par jour pour des aides aux devoirs en petits groupes. Nous avons laissé les places aux Marquisiens, qui certains avaient bien plus de peine que nous de faire école aux enfants alors que nous avions 2.5 ans d’expérience. Mais au bout de 2 semaines, les enfants réclamaient pour y aller et l’école nous avait avertis qu’ils avaient peu d’enfants. C’est avec joie que Cyliane et Timeo ont retrouvé le chemin de l’école et les copains.

Le collège a divisé les jours d’école selon les classes, ainsi Elina avait 3 heures d’école 2 jours par semaine. Sur les 6 heures semestrielles, ils leur ont même inséré une heure de sport au grand désespoir d’Elina, car elle n’est pas fane de rugby, de volley ou de badminton.

Le déconfinement a continué, nous étions autorisés à nous déplacer en bateau autour de l’île, à maximum 2 miles de distance (moins de 4km). Nous sommes partis en week-end à Hakaui, un village accessible uniquement en bateau ou à pied/cheval.

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Comme entre-temps nous étions autorisés à nous visiter les uns les autres, nous avons passé un superbe après-midi chez les amis d’école des petits, Kenae & Metao. Cyliane y est même restée passer la nuit !

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Puis nous avions autorisation de naviguer entre les îles du même archipel. Les petits en vacances, Elina finissant l’école le mercredi, nous embarquions nos amis Hervé et Teaki le jeudi pour partir 4 jours à Ua Pou. Ce week-end nous a fait tant de bien, qu’on y est retournés les 2 week-ends suivants, car c’était des week-ends prolongés.

Puis est arrivé le 13 mai, où toute la Polynésie était totalement déconfinnée. Un petit air de normalité, tout en nous sachant dans notre bulle avec 0 cas actif, tant que les frontières du pays restent fermées. Les quelques vols de continuité qui ramenaient les Polynésiens qui avaient été évasanés à Paris, ayant pris toutes les mesures de tests et de quatorzaine.

En confinement

publié le 28 mai 2020 à 09:40 par Sailing Olena

Le confinement strict a duré jusqu’au 19 avril. Pendant un peu plus de 4 semaines, nous étions tous confinés sur nos bateaux, comme je l’ai déjà écrit sans avoir le droit d’aller se baigner ni d’aller à terre, sauf une fois par semaine, une seule personne pour aller aux achats de produits de première nécessité.

 

La VHF

Nous n’avions pas le droit de se visiter les uns les autres. Mais nous avions la VHF ! Cette radio similaire à des walkie talkies mais sur des fréquences maritimes. En temps normal, dans une baie avec un certain nombre de bateaux, elle est bien utilisée, mais là, les ondes devaient pas mal chauffer. On était tant à l’utiliser en même temps que parfois il avait des interférences, nous entendions des bouts de conversations qui se tenaient sur d’autres fréquences !

Ce n’est pas allé long que nous avions des activités par VHF. Chaque soir nous avions le trivia, les américains adorent ça, c’est comme le jeu Trivial Poursuit, juste la partie des questions. Chaque soir un autre bateau organisait le jeu. Comme c’est très américain, il n’est pas toujours facile pour nous de connaître les réponses, mais nous y avons participés plusieurs fois quand le sujet était sur des choses ou endroits que nous connaissions. Ainsi nous avons une fois finis second puis une fois nous avons gagné. Nous écoutions régulièrement car c’était très amusant. Ceux qui ne savaient pas les réponses répondaient par des trucs à faire mourir de rire, certains étant champions en la matière. Un soir il nous fallait répondre en faignant l’accent français, nous ne pouvions pas ne pas y participer ! Elina et moi nous sommes appliquées à avoir l’accent français, mais c’était dur, car toutes les deux ayant grandi bilingue, nous avons un accent mélangé suisse-allemand & français quand nous parlons l’anglais. Néanmoins, nous avons gagné la partie « accent français ».

Il y a eu des heures de tchat pour femmes, dont je n’ai jamais pris part car en plein milieu de matinée, où j’étais occupée avec l’école des enfants. Des hommes ont fait des tchats techniques sur des sujets divers, passant de la pêche à la maintenance du bateau.

Puis est né « paradise radio », une émission de radio (anglophone) entièrement faite par les voileux pour les voileux, qu’on faisait 3 fois par semaine. Il y avait de la musique, jouée par les voileux (ukulélé, guitare, violon, accordéon, chant), les nouvelles, des petits cours de français donnés par un québéquois et des petits cours de marquisien donnés par notre ainée, Elina. Les moments les plus passionnants étaient les interviews de gens au mouillage. Nous avions Mike, un ex champion de snow-board, et plusieurs ex-participants aux jeux olympiques (voile et snow-board), un professeur de chirurgie du cœur à la retraite, et des tas de marins avec des histoires passionnantes. Les interviews de Georgio, notre chirurgien du cœur, étaient si émouvantes qu’on ne pouvait retenir de laisser couler les larmes, quand il nous racontait une des transplantations qu’il a effectué ou comment il a sauvé un petit de garçon de 8 ans avec une fusée dans le cœur, et surtout de la suite de ces histoires ! Son accent italien, malgré les années passées aux USA où il pratiquait, ajoutait au charme de ses récits. Avec le déconfinement progressif, la radio s’est arrêtée et la dernière émission était très émouvante. Nous avions reçu des messages de nos copains qui avaient dû se rendre à Tahiti (obligés par la loi pendant la crise) que nous avons lus. Thierry de DEO JUVANTE, le bateau arrivé avec nos amis LIBECCIO, m’a choisi pour lire son message.

A force de converser, nous connaissions les voix de beaucoup de nos voisins au mouillage, mais pas les visages de plus de la moitié d’entre eux, car il y a eu beaucoup de nouveaux arrivés, qui pour la plupart ont dû repartir à Tahiti après leur escale plus ou moins longue.

Les français n’ont pas vraiment participé à tout ça, ils sont moins « communauté de voileux » que les anglophones, beaucoup disent que leur anglais n’est pas suffisant et beaucoup disent ne pas allumer la VHF. Donc si vous croisez un français ayant confiné à Taiohae comme nous, il n’aura pas forcément eu la même expérience que nous.

 

Full moon party

Un soir nous avons eu une fête virtuelle par VHF. PERIGEE, un bateau australien, qui a pour habitude de faire un apéro à chaque pleine lune, où nous avions déjà été avant le confinement, n’a pas voulu faire exception et l’a transformée en fête virtuelle. Tout le mouillage y était invité, il avait annoncé le canal VHF d’arrivée en annexe ainsi que les canaux VHF des pièces virtuelles de son bateau. Il y avait même un salon pour francophones et un pour les germaniques, sans oublier le bar à musique ! Dès l’heure de la fête, on entendait les bruitages de moteurs sur le canal VHF d’arrivée qui annonçait un nouvel arrivant à la fête. Martin, un suisse-alémanique sous pavillon américain (ils habitent aux USA depuis près de 17 ans) jouait de l’accordéon, parfois des Schwitzoises, parfois des chansons actuelles, au « bar à musique ». La fête virtuelle fut un succès ! On s’y est tous pris au jeu, l’une se serait coincée dans les WC, qui auraient débordés, puis atterri dans l’eau jusqu’à ce qu’un « nouvel-arrivant » la voit nager et « appelle » les pompiers… un délire collectif. Le lendemain, on continuait en ce sens et les gens n’ayant pas participé n’y comprenaient rien. Même un mois plus tard, un nouvel-arrivant me demande « t’as entendu les loup-garous à la VHF l’autre soir ? », j’ai mis un moment à capter que oui, à la pleine-lune suivante, l’organisateur avait fait le cri du loup-garou sur le canal de veille et certains y ont répondu. Un peu de folie délirante en ces moments solitaires, car plusieurs bateaux dans la baie sont de navigateurs solos, ça fait du bien !

 

Le cruisers net

Comme à beaucoup d’endroit, Nuku Hiva tient un cruisers net (réseautage) le matin, où nous recevons les informations qui concernent les voileux (météo, puces, activités, recherche d’équipiers et informations locales nous concernant). Ce sont des volontaires qui l’animent.

Parfois ils recherchent de nouveaux animateurs, car les animateurs voyagent, tout comme nous. A certains endroits, l’animateur est local, à Nuku Hiva, Kevin du Yacht Service s’en occupe, mais il n’anime pas tous les jours !

Et voilà qu’un jour j’entends que c’est Thierry, notre copain Belge de DEO JUVANTE qui anime le net. Je l’ai trouvé courageux, car ce n’est pas sa langue. Il le fait très bien, mais on sent que ce n’est pas un anglophone, ça ralenti un peu le tout. Là je dis à Stéphane « c’est exactement pour ça que je ne ferai jamais le net ».

Quelques jours plus tard, Thierry a reçu l’avis du département maritime qu’il devait se rendre à Tahiti. Un autre « net controler » (animateur de réseautage) m’écrit « Thierry doit partir, on veut que tu le remplaces, c’est toi qu’on veut !» et là il m’a sorti tous les points pourquoi moi. Je lui ai bien fait part de mes craintes, car quand certains anglophones parlant dans leur barbe avec une VHF qui fait des interférences vendent des trucs que je ne connais pas, je me vois mal répéter en résumant ce qu’ils veulent. « Pas de souci, tu te débrouilleras très bien ». Comment dire non ? Alors j’ai dit oui. J’ai reçu le script et je me suis lancée à l’eau.

Les nets pendant le confinement donnaient un peu plus de préparation, car il fallait s’informer des changements par rapport au Corona, ou lorsqu’un nouveau décret sortait, il fallait chercher ce qu’il en était pour nous. Pendant le net il y avait aussi plein de questions dont on ne connaissait pas forcément les réponses. Mon ordinateur m’a fait des siennes, je me suis retrouvée à 5 minutes de l’heure du net avec un ordinateur en pleine mise à jour alors que mon script était sur l’ordinateur en question ! J’avais pour but personnel de le faire de plus en plus court, j’étais toute heureuse quand j’arrivais en-dessous de 20 minutes en avril, à mi-mai j’ai réussi à le faire en 10 minutes. Bien sûr, tout ne dépend pas de moi, car tout le mouillage y participe dans diverses sections.

Je suis actuellement la voix du mardi, la seule femme et non anglophone du net en ce moment.

 

Les nouveaux arrivants

Pendant le confinement strict, le net controler devait accueillir les nouveaux-arrivants au mouillage, en leur donnant les informations concernant la situation. Il nous fallait recueillir leurs informations pour les transmettre à Kevin du Yacht Service, qui faisait le relai, bénévolement, avec les affaires maritimes du pays. L’unique douane du pays se trouvant à Tahiti, ce sont les gendarmes qui font nos entrées en territoire polynésien. Puisque la Polynésie française a fermé ses frontières, les gendarmes ne font plus d’entrées et ne s’occupent plus des voileux.

Les voiliers continuaient à arriver malgré la fermeture des frontières, car la plupart d’entre-eux sont partis du continent avant la fermeture. Ils ne peuvent pas s’arrêter au milieu de l’océan pour attendre, ni vraiment faire demi-tour, et à quoi bon puisque les autres pays ont aussi fermé leurs frontières.

Voilà un bateau en vue sur l’AIS, un monocoque américain nommé MAYA. Je l’appelle ! La femme, toute heureuse d’entendre la voix de quelqu’un les accueillir, a eu très plaisir. « Quel bien ça fait après cette longue traversée » qu’elle me dit. Ca réchauffe le cœur, car au fond de moi je me disais « de quoi tu te mêles ? ». Je lui passe les infos du mouillage, elle me donne les informations que je lui demande et à ma remarque comme quoi le nom du skipper est très suisse, elle me dit que oui. Après avoir mouillé, on se recontacte, je leur passe le reste des informations du lieu et de la situation. On papote et après un bon moment, on vire au suisse-allemand. Ce sont des Suisses ! Expatriés aux USA depuis 17 ans. Trop drôle.
Avec eux, nous étions 5 bateaux de suisses au mouillage, mais uniquement deux sous pavillon Suisse.

En début du week-end pascal, un jeune couple d’anglais arrive sur le petit voilier TREOGGIN, après 6 semaines de traversée ! Ils ont reçu l’autorisation du département des affaires maritimes à Tahiti de mouiller pour s’approvisionner pendant 48 heures. Ensuite ils doivent partir soit à Tahiti, soit quitter le pays. Ce couple, partis en voyage pour un temps limité ont décidé de repartir en traversée d’environ 7 semaines pour se rendre au Canada, espérant trouver une frontière ouverte d’ici leur arrivée et profiter de la côte canadienne plutôt que de perdre des mois à attendre à Tahiti. 48 heures c’est court pour faire le plein d’eau, de diesel et de nourriture en week-end pascal alors qu’on est autorisé à aller à terre une fois par semaine par bateau et uniquement une personne. Ils ont demandé de l’aide sur le canal de veille. Beaucoup les ont aidés, nous leur avons fait 300 litre d’eau douce, d’autres leur ont procuré des cartes marines du Canada, car cette destination ne faisait pas partie de leur projet et ils n’étaient pas préparés. 48 heures plus tard, ils quittaient le mouillage, malgré le trop peu de vent, beaucoup leur souhaitaient tout de bon à la VHF. Ils nous ont écrit début mai, ils n’étaient pas encore arrivés.

 

Communauté bien organisée

Une organisation s’est très vite mise en place entre nous, facilitée par l’aide des locaux.

Les gendarmes ne voulaient pas plus 2 annexes amarrées. Nous faisions des allers-retours, déposant les personnes et laissant les 2 places aux navigateurs solos, car il était interdit de transporter des gens de bateaux différents dans la même annexe, on ne pouvait donc pas leur servir de taxi. Les francophones suivaient moins cette règle, car le maire était d’un autre avis et autorisait toutes les annexes. Tout comme nous, il trouvait ridicule ce nombre minimum alors que nous étions une centaine de bateaux. Ne voulant pas s’attirer les foudres des gendarmes, qui souvent nous surveillaient du bord avec leurs jumelles, ou qui passaient bien rarement dans le mouillage avec le bateau de la gendarmerie, les anglophones, nous nous sommes tenus à essayer de tenir les 2 annexes maximales.

Le point de contrôle étant juste après le quai, nous avions accès au quai autant que nous voulions. Ainsi certains nous livraient directement au quai. Par exemple une maraîchère livrait deux fois par semaine des paniers de fruits ou légumes que nous lui commandions en avance, une voileuse a organisé avec la boulangerie pour nous faire livrer des baguettes et croissants deux fois par semaine également commandés en avance. Nous avons établi une grande liste d’achats que j’ai traduite en français afin qu’on puisse commander dans les 5 magasins pour se faire livrer au quai. Le maraîcher de Hakaui, lieu accessible uniquement à pied ou en bateau, avait autorisation de venir vendre ses fruits & légumes directement aux bateaux.

Avec tout ça, je dois dire que nous avons vraiment été gâtés. Nous ne manquions de rien !

Puis voilà qu’un bateau de pêche locale s’approche de nous et nous balance un poisson sur la plage arrière. La tête du blanc sur le bateau me disait quelque chose, mais dans ce bateau de pêche local, je n’arrivais pas à le mettre en place. C’était le beau-fils de notre amie locale Teupo, qu’on a fait connaissance à leur retour en Polynésie quelques semaines avant le confinement. Le neveu de Teupo étant pêcheur avait le droit de pêcher et quand ils avaient plein de poissons, ils passaient faire coucou et nous en donner. Ainsi nous avons pu manger des poissons que nous n’avions pas encore eu, car nous pêchons à la traîne, eux en eaux plus profondes.

 

Le chocolat d’Ua Pou

A Pâques, notre ami Manfred nous appelle « j’ai plein de chocolat, il n’y a pas de voileux, vous fichez quoi ? ». Bien sûr, il savait que nous ne pouvions pas nous déplacer.

Son jardin n’est pas en confinement et continue de produire cacao, noix diverses, café, gingembre… il continue à produire son chocolat.

Quelques jours plus tard, Stéphane voit passer la navette d’Ua Pou, l’île 50km plus au sud. Sur ce, j’appelle Manfred et lui demande s’il peut faire venir son chocolat avec l’une de ses navettes. Nous organisons une commande groupée parmi les voileux et aussi les locaux que nous connaissons. Nous sommes étonnés du succès de cette idée, et passons commande de 11-12 kg de chocolat. Manfred a amené le paquet à Hakahau, chez la dame qui fait la navette, et notre paquet a attendu au frigo jusqu’à la prochaine évasane.

Il était interdit de naviguer entre les îles sauf pour raisons médicales, familiales ou professionnelles. Les évasanes sont des évacuations sanitaires, des gens amenés à hôpital d’une autre île. L’hôpital des Marquises étant à Taiohae, c’est assez régulier qu’une personne d’Ua Pou doive y venir.

Ce n’est pas allé long que le paquet était arrivé. Les voileux sont passés chez Olena et nous leur avons remis leur commande tout en respectant les gestes barrières.

2 semaines plus tard, nous avions à nouveau une demande assez importante pour pouvoir passer commande. Je commandais le dimanche soir, lundi matin Manfred amenait le paquet à Hakahau et lundi en début d’après-midi on voit le bateau arriver, le paquet était déjà là !

Tous ont adoré ce chocolat, pour moi l’un des meilleur au monde, et nous ont dit n’avoir pas exagéré quand on faisait l’article. Quand à Manfred, quand je lui ai amené l’argent de notre seconde commande à notre premier retour à Ua Pou, il m’a dit lui avoir sauvé son mois. Nous ne le prenons pas personnellement. Pour nous, ce sont tous les voileux et locaux à Taiohae qui ont commandé le chocolat qui lui ont sauvé son mois. Car son chocolat est une fabrication artisanale, sans conservateur, il se conserve un certain temps, mais pas comme un chocolat industriel.

 

Conclusions sur notre confinement

Le jour de la fermeture de l’école, Stéphane m’a proposé de partir aux Tuamotu y rejoindre des amis. J’ai refusé, je ne voulais pas quitter Nuku Hiva. Ici nous avons tout, il y a de l’eau, des fruits, des légumes, du poisson. Même si les cargos n’étaient pas venus, nous n’allions pas avoir faim. Stéphane était du même avis.

Au début du confinement, nos amis aux Tuamotu nous racontaient qu’ils étaient vers des îles désertes, ils pouvaient se baigner, aller jouer à la plage, faire des BBQ alors que nous étions « emprisonnés » sur notre bateau.

Ils étaient sur un atoll dont le village ne disposait pas de bancomat. Une fois leur argent liquide dépensé, ils ne pouvaient pas tirer d’argent, ni payer par carte de crédit dans l’unique petit magasin. Ils ont vendu un peu d’essence à d’autres voileux afin d’avoir un peu de cash. Puis ils ont commencé à rationner leur nourriture, de plus en plus.

Pour finir, c’est un gendarme qui leur a prêté un peu d’argent et leur a donné la possibilité d’utiliser une bonne wifi afin qu’ils puissent faire un virement à l’épicerie pour pouvoir aller s’y approvisionner. Tout est bien qui finit bien, mais ils ont passé par des moments bien difficiles.

Nous n’avons jamais regretté notre décision. Nous sommes toujours convaincus avoir été confinés au meilleur endroit au monde. Oui, c’était strict et pas facile, surtout pour Timeo, mais nous ne manquions de rien. J’ai fait une infection urinaire, j’ai pu aller voir le médecin à l’hôpital et me rendre à la pharmacie chercher des antibiotiques. Nous étions coupés du monde, plus de vols inter-îles. Seuls les 2 bateaux cargos, qui venaient toutes les 3 semaines, entretenaient le contact entre les Marquises et Tahiti. Ainsi nous n’avions pas le virus.

Il y a eu 60 cas entre Tahiti & Moorea, l’île à côté de Tahiti. L’un est tombé malade à Fakarava, un autre à Rangiroa, tous deux étaient arrivés de l’étranger par avion et ont immédiatement été évasanés à Tahiti. De ce fait, à part Tahiti & Moorea, aucune autre île n’a été touchée par le virus. Le risque 0 n’existe pas, mais de savoir la maladie à 1500km de nous, d’être confinés dans un petit paradis où on manque de rien, on s’est sentis bien chanceux.

Ma maman me disait que la Suisse rappelait les Suisses à rentrer. Nous nous sommes toujours sentis plus en sécurité ici, sur notre bateau que de devoir prendre les transports en commun, attendre dans les aéroports divers pour se rendre dans un pays où le virus était pas mal actif. Encore aujourd’hui, nous sommes persuadés avoir pris la bonne décision.

L’arrivée du Corona

publié le 15 avr. 2020 à 00:09 par Sailing Olena

Depuis plusieurs semaines, ce nom est dans la bouche de tous. Il est assez impressionnant de voir la folie qui se passe en Europe avec notre vue d’ici. Nous n’avons pas toutes les informations par manque de TV et d’internet. Tout ça nous dépasse et nous semble exagéré par rapport au peu de morts, qui n’est pas vraiment pire qu’une vague de grippe ou de ceux qui meurent de famine.

Puis voilà que le premier cas arrive en Polynésie, apporté de France par une Députée. En quelques jours, nous avons 3 cas, dont un Suisse qui l’a amené à Fakarava (un atoll des Tuamotu). Là, les informations commencent à fuser, nous commençons à mieux comprendre les raisons de cette folie.

Les enfants fabriquent des panneaux à l’école « Halte Coronavirus ». Chaque enfant doit amener son flacon de savon et sa boîte de mouchoirs. Les gens commencent à ne plus s’embrasser, mais la vie continue.

Le nombre de cas augmente gentiment, sans pour autant être alarmant. Les élections ont lieu, les gens sont assez nombreux dans les bureaux de votes, on ne sait pas à quoi s’en tenir. Nous n’avons pas encore de cas aux Marquises, mais chaque jour il y a un vol qui relie l’île à Tahiti où il y a « la maladie » comme beaucoup l’appellent ici.

Il reste encore 2 semaines d’école avant les vacances, vu l’ampleur que ça prend, je m’attends à ce qu’ils ferment une semaine plus tôt. Le lendemain des élections l’information tombe, les écoles fermeront ce mercredi à midi. Ils avancent les vacances d’une semaine et ont donné du travail pour les 2 jours restants. Les étudiants sont rapatriés de Tahiti. Nous comprenons les familles, mais la répartition dans toutes les îles d’étudiants venant de Tahiti, ça fait réfléchir tout le monde. Nous espérons qu’ils se tiendront en confinement 15 jours comme annoncé. Je pense que la plupart l’auront respecté, mais leurs familles ont continué à aller travailler, faisant ainsi le lien entre de potentiels porteurs de virus et le reste.

Mercredi les écoles fermaient, le vendredi de la même semaine, nous passions en confinement. Tout est allé très vite ! Entre la vie normale insouciante (jour d’élection) et le confinement, il y a eu 5 jours. Les cas ont augmenté, pas énormément, mais ça fait peur aux gens. Nous n’avons pas les moyens médicaux en Polynésie qu’il y a en Europe. Comme je l’ai déjà écrit, le seul hôpital similaire à ce qu’on connait eu Europe est à Tahiti, à 1500km. Nous avons un petit hôpital à Nuku Hiva, selon les rumeurs ils n’auraient qu’un appareil respiratoire et pas beaucoup d’oxygène. Les 5 autres îles des Marquises comme les Tuamotu ont des dispensaires, tenus par 1-2 infirmier(s) voir un médecin s’ils ont de la chance. En temps normal, les grands malades sont évasanés (évacuation sanitaire) à Tahiti. Mais les derniers vols inter-îles sont prévus 2 jours après le début du confinement, ensuite chaque île sera isolée.

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En confinement

Le vendredi les restaurants commençaient à fermer, c’est dans l’après-midi que nous avons appris le confinement de 15 jours dès minuit. Ça nous laisse peu de temps à réagir, j’avais encore des trucs à faire sur internet, mais c’était déjà déconseillé de s’installer à la terrasse du bistro fermant. Le confinement a certainement été informé à la radio le matin, mais faisant école aux enfants, on l’avait éteinte.

L’information est claire « restez chez vous ! ». Mais comme partout ailleurs, les gens interprètent les motifs de sortie indispensables à la vie, tels que d’aller travailler, s’occuper d’une personne, d’aller aux achats de première nécessité ou sport personnel, comme ils le veulent. Certains ont profité des congés pour aller faire du surf, faire des fêtes de famille, aller à la plage. Le dimanche déjà nous avions un nouvel arrêté. Tout accès aux plages, tout sport nautique tel que la nage… sont interdits. Dès le lundi les ventes d’alcool ont été interdit jusqu’à la fin du confinement, trop d’abus, trop de problèmes. Le même jour à Nuku Hiva un couvre-feu de 20h à 5h commençait. Le reste de la Polynésie a suivi ce couvre-feu quelques temps plus tard.

Les directives de Tahiti par rapport aux voileux n’est pas encore clair et nous commençons à ne plus trop savoir. Avec le confinement, c’est devenu plus clair, interdiction de se déplacer, pour ça il faut une autorisation. Puis vint l’info qu’on devra peut-être se rendre à Tahiti, y parquer nos bateaux et rentrer chez nous. Il y a deux rallies en route pour la Polynésie, plus tous ceux qui traversent le Pacifique indépendamment. Chaque année, 400 bateaux font la traversée, combien sont-ils à déjà être en route ? Tahiti n’a déjà pas beaucoup de place pour tous ces bateaux et y abandonner le nôtre pour rentrer en Suisse où nous n’avons plus de chez-nous, ne nous réjouissait pas. Tous ces bateaux vides à Tahiti, c’est une porte ouverte pour se faire cambrioler. Notre bateau c’est notre maison avec toutes nos choses. J’avoue, j’avais peur. Niveau virus nous risquions plus de l’attraper à nous rendre à Tahiti puis de prendre tous ces transports en communs avec les attentes dans les aéroports que de rester confinés sur notre bateau. Quelques jours plus tard, l’info est tombée, le rapatriement c’est pour les nouveaux-arrivants! Ouf, mais ça rend triste pour tous ceux qui sont en traversée.

 

La communauté des voileux

La communauté s’organise. Comme toujours, nous avons le net (réseautage) le matin, qui est anglophone, car c’est eux qui entretiennent cette communauté. Certains francophones et autres y participent, mais très peu. La partie Corona prend vite le dessus et des éditions spéciales peuvent durer jusqu’à 1h, tant de gens posent des questions.

Kevin du Nuku Hiva Yacht Service se met en quatre pour nous servir au mieux, et ceci bénévolement. Franchement, il se donne à fond. Il court les officiels, écoute les nouvelles et est toujours à l’écoute à la VHF, 7 jours sur 7, pour nous répondre. Bravo à lui pour à son engagement!

Deux bateaux francophones ont monté un net francophone et sont en train d’essayer d’agrandir la communauté. Les informations sont traduites aux francophones et là aussi, chacun pose ses questions. Plusieurs bateaux suivent les deux, et le nombre de la communauté française s’agrandit. Malheureusement il y a toujours de récalcitrants qui se fichent complètement du confinement et continuent à faire ce qu’ils veulent et par conséquent des choses interdites. Leur comportement risque de ternir la réputation de tous les autres voileux malheureusement.

La maladie est arrivée de l’étranger par les airs. Mais les locaux se souviennent encore de l’histoire des Marquises. Il y a 120 années seulement, les blancs sont arrivés par bateaux et ont amené des maladies qui ont tué plus de la moitié de la population des Marquises ! Notre présence en grand nombre est tolérée, en temps de crise nous avons intérêt à tout faire pour continuer à l’être.

L’hôpital de Taiohae recrute du personnel médical pour le cas où nous passerions en crise. Nous avons fait une liste de toutes les habilités des voileux au mouillage, nous avons des médecins, infirmières, sage-femmes et beaucoup de techniciens, réparateurs en tout genre… Nous avons proposé notre aide bénévole à l’hôpital et à l’administration de la ville. La lettre aurait eu un bon accueil et c’est sorti dans les journaux de Polynésie.

 

Confinement sur un bateau

La vie en confinement n’est rien de nouveau pour les voileux. De par les traversées, nous sommes habitués d’être confinés un certain nombre de temps sur notre bateau sans se baigner. Le fait d’être à l’ancre, nous avons de grands avantages par rapport aux traversées. Nous pouvons dormir toute la nuit, ne sommes pas dérangés par les vagues et n’avons pas de navigation à faire. Les enfants peuvent aller jouer à l’avant du bateau sans gilet et sans s’attacher, et en plus on a plein de contact par VHF avec les autres !

De plus, on peut aller à terre si besoin. Qu’une seule personne par bateau, munie d’une attestation qui dit exactement où elle va et de son passeport. Il y a un contrôle de personnes toutes les 300m. Ça ressemble fort à ce qu’on voit dans les films de guerre, avec la différence qu’ici, les gens ont le sourire et personne n’a peur.

Les bateaux de fret sont arrivés en début de semaine de confinement, amenant de la nourriture, du fuel, du gaz et plein d’autres choses. L’Aranui, un bateau mi-fret mi-paquebot est arrivé avec un certain retard dû à l’interdiction d’embarquer des passagers.

Le lendemain de l’arrivée de l’Aranui, à 6h30 j’allais faire la file devant l’un des magasins (épicerie). Ici la vie commence tôt le matin, les magasins ouvrant à 5h30 ! Passée les postes de contrôles, où l’un d’eux se souciait de savoir comment ça se passait avec les enfants à bord, je découvris l’organisation de certains magasins. Les portes d’entrée et de sortie ont été barricadées par des tables. Les employés à l’intérieur s’efforçant de servir les clients. Avertie par le net, j’avais fait une liste et l’employée a pu faire tous mes achats sans problème. J’ai pu avoir des yaourts fraîchement amenés par l’Aranui et même des œufs ! Les fermes livrant dans l’après-midi, c’est généralement vide le matin.

Les parties négatives de notre confinement, c’est la perte des accès Wifi et la reprise de l’école à bord. Bien sûr, il y a aussi le fait de ne pas pouvoir continuer notre voyage comme nous en avions l’idée, mais ça, ce n’est pas la première fois que le voyage ne se déroule pas comme on l’aurait voulu. On essaye de suivre nos idées et on fait avec les possibilités que la météo et l’état de notre bateau nous donne. Là c’est ni l’une, ni l’autre et c’est mondial. Nous sommes de loin les moins à plaindre.

Comme tous les pays suivants sont fermés, et que nous ne savons pas combien de temps durera cette crise, nous avons déjà averti les enfants, que si nous ne pouvions pas quitter la Polynésie française avant fin septembre, nous resterons ici un an de plus, afin de nous abriter de la prochaine saison cyclonique qui est d’octobre à fin mars.

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Les LIBECCIO, ex-ARRLUUK

Une famille américaine avec qui nous avions passé un certain temps ensemble aux Caraïbes ont changé de bateau et pris part au rallie World-ARC. Nous nous réjouissions de nous retrouver aux Marquises. Malheureusement, les retrouvailles n’étaient pas comme imaginées.

Deux jours avant le confinement ils nous contactent, nous informant que le Word-ARC a été suspendu et les participants sont priés de se rendre à Tahiti pour se faire rapatrier. Les participants du rallie étaient censés faire leur entrée polynésienne à Hiva Oa, ils ont dérouté sur Nuku Hiva, car nous y étions.

Le lendemain matin je me suis rendue à la gendarmerie pour me renseigner. On avait pas mal d’infos par Kevin et autres, mais ayant un cas particulier à bord, j’ai préféré me déplacer. La réponse était catégorique, ils ne font plus d’entrées, il faut aller à Tahiti. Dans le même temps, leur bateau copain a contacté téléphoniquement l’administration et reçu l’information du maire comme quoi ils sont les bienvenus, il n’y avait qu’à se rendre à la gendarmerie le lendemain.

Ils sont arrivés dans l’après-midi. Nous avions acheté une bonne quantité de fruits et légumes au marché pour eux, sachant que le marché serait fermé l’après-midi. Heureusement qu’on avait fait ça, car le marché n’a pas eu l’autorisation d’ouvrir avant le lundi ! Ils étaient heureux de notre démarche.

Malheureusement, la gendarmerie ne fait pas d’entrée le week-end et ils se sont retrouvés avec les gendarmes que j’avais vus. Ils n’ont pas pu faire leurs entrées. Les LIBECCIO ont fait le plein de provision et fuel et ont demandé leur autorisation de quitter le territoire. Etant américains, ils sont partis le mardi pour Hawaii. Ils ont fait 16 jours de traversée puis 4 jours de pause pour repartir en traversée d’environ 2 semaines.

A leur place nous aurions certainement fait pareil, mais nous étions quand même tristes de les voir partir. On s’est juste vus du dinghy au bateau et parlé à la VHF. Ils auraient tant voulu nous faire visiter leur catamaran de 65 pieds. Car c’est « à cause de nous » qu’ils ont acheté un catamaran ! Steve avait demandé à l’époque de visiter notre bateau et avait des tas de questions techniques. En fait il était à la recherche du bateau qui convenait pour leur tour du monde !

Internet galère et p’tit déj bizarre

publié le 15 avr. 2020 à 00:07 par Sailing Olena

Nous faisions partie du club de bateau de Soleure, MCA, où j’ai été secrétaire pendant 10 ans. Comme l’an dernier, nous voulions leur envoyer un petit coucou vidéo à l’occasion de l’assemblée générale. Seulement voilà, un an de Pacifique séparait les 2 assemblées et nous avons vu beaucoup de choses, difficile de faire un film assez court. Le Pacifique, un rêve pour beaucoup, une inconnue pour tous, je ne pouvais couper court, il me fallait montrer un bout de chaque île.

J’ai enregistré les enfants en suissse-allemand pour les quelques commentaires. En plus de musiques libres de droit j’ai ajouté des musiques enregistrées lors de danses diverses et même à la kermesse du collège. J’ai pris la chanson où Hiamoevai, la fille de nos amis, chante un bout en solo, la tête qu’elle a fait en visionnant la vidéo chez nous ! Ce fut une grande surprise pour elle.

Mon film fait près de 42 minutes ! C’est long pour un film Youtube mais court pour montrer tout ce qu’on a vu. Je l’ai un peu compressé et me voilà avec un document de 800mb à envoyer. Ça parait rien en Europe, mais ici, c’est la galère. Tous ont souri, envoyer 1 document de 800mb des Marquises, c’est un projet bien difficile.

J’ai été chez une copine locale, où j’ai branché mon ordinateur et utilisé sa wifi, merci à toi Teupooteii ! Ca a planté 2x, puis la 3ème fois, ça m’avait l’air de fonctionner. L’ordinateur m’indiquait « 12 heures restants », je suis partie en laissant le tout tourner, j’avais la fête d’anniversaire de Cyliane à m’occuper. Puis j’apprends qu’il y a une grosse coupure de courant dans le village, la galère, on est jeudi matin en Suisse et l’assemblée est le samedi, le tout a planté. Le lendemain étant un jour férié ici - ils fêtent l’arrivée des missionnaires - j’étais un peu stress d’avoir passé une 50aine d’heures à préparer un film pour rien.

A 6h le lendemain, je fais le pied-de-grue devant le snack qui a une bonne wifi, ils m’ont dit qu’ils ouvriraient à 6h. En attendant, je vois le garde qui ouvre la prison et les 4 prisonniers sortir dans le jardin. C’est la plus petite prison sur sol français, ils ont de la place pour 5 personnes, ils passent leur journée dans le jardin, délimité par des arbustes plantés tous les quelques mètres. Pas de barrière, ni barbelés !

6h30, le snack ouvre enfin. La tenancière ne fournit pas l’électricité. Voyant mon état, car je savais que le laptop planterait avant la fin de l’envoi, elle a fait une grosse exception et je lui ai largement payé l’électricité. Entre-temps je me renseigne auprès de notre président du temps qu’il lui faut pour télécharger le film. 3 minutes par GSM ! C’est désolant, 3 minutes contres 12 heures. Vous comprendrez pourquoi je pense que la Polynésie Française a le plus mauvais internet au monde. Mais voilà, le restaurant n’était pas ouvert 12h et chaque personne de plus sur la wifi ralentit le tout. J’ai réduit la qualité encore plus pour finir par avoir un document de 400mb. Il est parti en 4-5 heures, ils l’ont eu à temps !

En attendant, j’ai eu le temps de prendre mon petit déjeuner. A 6h30 j’aspirais à des croissants… mais nous sommes en Polynésie ! La carte du petit déjeuner est composée de poisson cru, poisson frit, steak, omelette et tout en bas, pain-beurre, viennoiseries. Allez, soyons fous, mangeons marquisien, 1 poisson cru ! C’est bon, mais tôt le matin, c’est bizarre. Heureusement j’ai eu tout le temps pour finir mon bol.

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Mon papa a mis le film sur Youtube à ma place, merci à lui ! On a eu 100 visionnages les premières 24heures, malgré qu’on ait averti qu’il durait si long. Nous sommes impressionnés. Même s’il est bien loin d’être parfait, il a eu du succès, beaucoup disent qu’on ne voit pas le temps passer. Ça motive un peu de continuer, car jusqu’à présent, je mettais des heures à travailler sur des films pour quelques vues sur Youtube, j’avais l’impression de perdre mon temps. Pour voir le film cliquez ici.

Nuku Hiva, home sweet home

publié le 15 avr. 2020 à 00:05 par Sailing Olena

Nous voici de retour et prêts pour un 2ème bloc d’école.

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Entre-temps on se sent un peu à la maison à Taiohae. On connait de plus en plus de monde, on s’y sent bien.

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Un jour Cyliane me dit « maman, pour moi on peut rester ici, j’ai toutes les amies qu’il me faut, il me manque juste Leticia ma meilleure amie ».

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Site Koueva à Taiohae, où se déroule le festival quand il a lieu à Nuku Hiva

 

Fêtes d’anniversaires

Cyliane et Timeo ayant leurs anniversaires 2 semaines suivies, nous avons passés 2 mercredis après-midis à la plage avec leurs invités. Les enfants ont joué dans l’eau et le sable et se sont régalés de gâteaux. La femme du médecin urgentiste de l’hôpital est restée avec nous pendant les deux après-midi, c’était fort sympathique pour nous aussi. Plusieurs enfants ont participé aux deux fêtes, car des frères et sœurs sont tous deux des copains de nos loulous.

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Vers 16h, la fête était finie, les parents sensés venir rechercher les enfants. A partir de cette heure, nous avions invité quelques bateaux d’enfants pour venir nous rejoindre. Ca a bien fonctionné à l’anniversaire de Cyliane, sauf que peu de plaisanciers sont venus, il y avait trop de houle. Par contre à l’anniversaire de Timeo, un garçon s’est ouvert au-dessus de l’œil en tombant, ceci bien après 16h et je ne savais même pas où joindre les parents ! Une des mamans présente connaissant la grand-mère est partie la chercher.

Les enfants ont eu beaucoup de plaisir et ont été très gâtés !

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Grosse houle

Même en saison actuelle, où le vent a tendance de venir du N-E, il arrive qu’on ait une houle du S-E qui entre dans la baie de Taiohae. C’est ce qu’on a eu pendant deux jours. Bien sûr, on a remarqué la houle, mais à marée basse, rien d’impressionnant. Nous avions attaché notre annexe comme toujours sur le côté du quai des pêcheurs, car à l’avant du quai, où la plupart se mettent, on a déjà eu de la casse avec les bateaux de pêche et de gendarmerie devant lesquels nous parquons nos annexes.

Je reviens une heure plus tard et surprise, plus d’annexe au quai ! Je cherche du regard et je la vois échouée sur la plage. En la remettant à la mer, j’ai réalisé que nous avons eu beaucoup de chance car si elle ne s’était pas remplie d’eau avant de se détacher, elle se serait certainement retournée, ce qui aurait été presque fatal pour le moteur.

Pour des raisons d’assurance, notre annexe était cadenassée au quai à l’aide d’un câble métallique, une ancienne filière. C’est le câble qui a cassé ! Incroyable la force de la houle ! Et comme nous avions attaché le câble à l’intérieur du coffre de l’annexe afin qu’elle ne soit pas constamment dans l’eau salée, la fermeture du coffre - une tôle de bien 3mm d’épaisseur - a été complètement déformée !

Un autre plaisancier venu chercher son annexe avant que la nôtre se détache, nous a dit que les vagues dépassaient la hauteur du quai. Nous avions entendu des histoires d’annexes échouées sur le quai lors de grandes houles.

Quelques heures plus tard, alors que Stéph attendait les enfants, une grosse annexe en dur d’un superyacht a tapé 2x dans le quai en voulant accoster. Stéphane a fait office de taxi entre le quai et l’annexe avec le personnel et leurs achats, il ne pouvait voir ce beau bateau taper ainsi dans le quai. En retour, Stéphane a pu aller à bord du Superyacht DREAM pour utiliser leur étau, chose qu’il n’a pas encore trouvé sur l’île. Ainsi il a pu réparer la fermeture du coffre de l’annexe et de fabriquer une attache pour le couvercle du moteur, cassé depuis un petit moment déjà.

 

Rencontre à Houmi

Ayant toujours l’envie de découvrir cette île et de bouger, nous sommes partis à Houmi, la baie tout à l’est de la baie du Controlleur, au sud-est de l’île. Il y avait un bateau dans la baie, que Stéphane a immédiatement reconnu. Sa marraine avait acheté il y a une quinzaine d’années le DVD des SEENOMADEN, un couple autrichien dans les terres de feu si je me souviens bien. J’avais vu le film mais ne me souviens plus trop, c’est si loin. C’était bien ce bateau, drapeau autrichien nommé NOMAD, mais après tout ce temps, je pensais qu’il avait changé de propriétaire. Je me suis trompée, c’est toujours Doris & Wolf à bord ! Nous avons passé pas mal de bon temps avec eux, sur OLENA, sur NOMAD. Stéphane a aidé à réparer leur hors-bord, mais ce n’est pas encore concluant. Ils vont revoir ça quand ils seront à Taiohae. A nouveau, le monde des navigateurs est bien petit !

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Balade de Houmi à Taipivai où se passait la rencontre sportive des jeunes

 

Week-end à Hakaui avec des amis d’ici

J’avais déjà parlé de la copine de classe d’Elina qui dansait à la kermesse et de sa sœur qui chantait. Nous sommes liés d’amitié avec leurs parents et les avons invités pour passer un week-end en bateau. Malheureusement le papa travaille les week-ends et n’a pas pu venir avec nous.

La destination était Hakaui, ou Daniels Bay comme l’appelle la plupart des guides de navigation. C’est une vallée au sud-ouest de l’île, accessible uniquement en bateau ou à pied (8 heures de marche depuis Taiohae). Henry venant de Nuku Hiva connaissait l’endroit. Léa, une tahitienne, et les filles, Hivanui et Hiamoevai, n’y étaient encore jamais allées. Ce fut un plaisir pour tous, même pour Henry qui se réjouissait de l’occasion qu’avait sa famille. Par contre, la famille de Léa à Tahiti n’était pas très enthousiaste de les savoir partir en voilier avec des inconnus à un endroit coupé du monde, sans réseau téléphonique.

Nous avons levé l’ancre dans la bonne humeur et avons passé tout le week-end de la même humeur, le rire était au rendez-vous. Nous avons pu longer la côte sous voile, puis avons ancré parmi plein d’autres bateaux. Stéphane a tiré les enfants sur la planche avec l’annexe, puis ils sont allés voir la plage de sable blanc de Daniels Bay.

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Le lendemain il nous déposait à la plage de sable noir de Hakaui, afin que nous puissions faire la balade pour voir la plus haute chute d’eau de Polynésie. On nous avait dit 30-60 minutes de marche depuis le village, et comme nous n’avions croisé personne, nous avons suivi le seul chemin sans être certains d’être au bon endroit. La vallée est au fond d’un canyon, le paysage est superbe ! Nous avons marché bien 1h40, passé les grosses montagnes où l’on distinguait plusieurs chutes d’eau. Comme nous étions bien 30m au-dessus de la rivière, nous nous imaginions être sur le chemin amenant à Taiohae et avons fait demi-tour. Les enfants ont joué dans la rivière puis nous avons croisé des suisses ! Ils étaient en vacances sur un bateau français et revenaient de la chute. Nous étions sur la bonne route, mais c'était bien plus loin et à la fin du chemin, il faut passer par des hautes herbes pour trouver la chute. Des américains arrivés après nous ont dit l’avoir trouvée grâce aux franco-suisses qui y étaient, sinon ils l’auraient également loupée. Il n’y a pas d’eau qui coule en ce moment. Pas de regrets, nous avons fait une superbe balade.

Le retour s’est fait au moteur, avec des détours pour pêcher un joli thon que nous nous sommes partagés. J’ai fait une petite vidéo de ce week-end, pour la voir cliquez ici !

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2ème tour de l’île

Adolphe nous demande à nouveau de l’accompagner, lui et son petit-fils Keaki, pour aller à Taipivai. Il voudrait aller voir une plantation. C’est avec joie que nous l’accompagnons.

Partis vers 8h du matin, nous nous sommes rendus à Taipivai, un village au sud-est de l’île, puis avons bifurqué au nord pour arriver à Hatiheu, une très jolie baie au nord-est de l’île, que nous avions déjà visitée. En route nous avons vu une très longue chute d’eau, le paysage est magnifique ! Juste avant le village, nous avons fait une halte au site archéologique et avons pu admirer un arbre de plus de 300 ans, un bagnan (nom marquisien ?). Les enfants se sont amusés à s’introduire entre les nombreux troncs qu’ont fait les racines aériennes qui se sont plantées dans le sol. Pendant ce temps Stéphane se faisait dévorer par les moustiques malgré l’anti-moustique qu’il sprayait sans arrêt.

Puis nous avons emprunté la piste qui fait le tour de l’île, c’est-à-dire qui longe la côte nord. Il faut un 4x4 pour s’y rendre, même lorsqu’il n’a pas plu les derniers temps. La vitesse moyenne est de 10 km/h, c’est difficile d’aller plus vite. La piste amenant d’une vallée à l’autre traverse des genres de cols, longe parfois l’une ou l’autre crête des montagnes séparant les vallées. Ce qui m’a impressionné c’est qu’il y avait des villages et habitations dans de nombreuses vallées. Des gens doivent emprunter cette piste, pas facile à conduire, pour se rendre dans d’autres villages ! Par moments, quand je voyais la bordure de la route j’espérais qu’elle ne cède pas, car la descente aurait été fatale ! J’étais heureuse de ne pas être au volant, car je doute que je me serais aussi bien sortie qu’Adolphe, malgré son grand âge. Il enclenchait le 4x4 quand il fallait et était un bon chauffeur qui connaissait la route, même si ça faisait des années qu’il ne l’avait pas faite. A plusieurs fois il y avait des intersections et aucun panneau !

On s’est arrêtés pour faire un pique-nique avant de continuer un bout de chemin. Puis il s’arrête sous un arbre en plein milieu de la piste, sort ses chaises, petite pause ! Eh oui, une route fréquentée par quelques voitures par semaine, on peut se le permettre. Nous avons été observés par 3 chevaux en liberté assez curieux mais farouches et étions bercés par le chant des oiseaux !

Nous avons vu plein de baies, des points de vue superbes, des oiseaux, vaches et chevaux en liberté. Nous avons même vu 2 Upe (nom marquisien), des oiseaux noirs qui sont en voie de disparition et qui n’existeraient plus qu’à Nuku Hiva et Ua Huka.

Après plusieurs heures, nous sommes remontés sur la route qui vient de l’aéroport et sommes rentrés en passant par un col à 1100m d’altitude et avons traversé les « Franches-Montagnes » marquisiennes.

Au retour, nous nous sommes arrêtés chez Adolphe pour une petite pause avant de s’aventurer en ville, où il y avait les élections et la fête qui va avec. Quand Timeo a vu la route amenant à la maison, il a caché ses yeux. C’est vrai qu’à notre premier passage chez lui, j’ai également eu peur. Je n’ai jamais vu une route aussi raide. Difficile à gravir avec les voitures que nous avions en Suisse, car il faut un 4x4 malgré qu’elle soit bétonnée. On aurait dû mesurer les degrés, peut être au prochain passage. J’ai photographié et filmé, mais ça donne pas l’impression d’être si pentu.

Merci Adolphe pour ces bons moments avec ta famille et de nous avoir fait découvrir ton île et ta passion pour les arbres et la nature !

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Train-train quotidien

Notre petite vie à Taiohae s’est bien rodée, un peu comme après un temps d’adaptation après un déménagement. Les enfants fréquentent l’école pendant que nous nous occupons du bateau et faisons quelques balades. La bibliothèque est un lieu où l’on se rend régulièrement. Les enfants ont pu participer aux journées bricolages. Ils ont fait des couronnes de fleurs puis un bouquet de fleurs odorantes. Merci à Tehina pour ces occupations c’est toujours un plaisir d’y revenir.

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Un samedi nous nous sommes rendus à pied dans la baie voisine avec les SEPTEMBER et une copine d’école de Cyliane. La montée pour passer le petit col est assez raide et pénible, car même le matin tôt, c’est en plein soleil. Mais une fois en haut, on a une superbe vue et la descente assez ombragée est agréable. La mer est bonne et les vagues assez grandes. Peu importe la houle, il y a toujours quelques grosses vagues qui nous permettent de surfer (sans planche) et nous faire pousser sur la plage. Un plaisir pour petits et grands. Mohana qui habite là-bas, nous a donné une grosse pastèque que nous avons savourée sur le chemin du retour. Ici les pastèques sont les mêmes que chez nous niveau goût et apparence extérieure, mais à l’intérieur elles sont orange !

J’ai passé deux demi-journées à l’école d’Elina à faire de la surveillance d’examens. Les SEPTEMBER prévoyent de rentrer en Grande-Bretagne pour la nouvelle rentrée scolaire et leurs enfants doivent passer un examen de niveau. L’école demande que ça soit fait dans un endroit officiel, tel qu’une ambassade, un avocat… mais voilà, nous sommes aux Marquises ! Ils ont demandé s’il était possible de le faire dans une école et moi j’ai fait le lien avec le collège. Afin de ne pas donner de travail supplémentaire au collège, j’ai fait la surveillance avec la maman des deux élèves. Ça changeait du train-train quotidien et ça me rappelait mon travail d’avant notre voyage.

En vacances!

publié le 25 mars 2020 à 14:09 par Sailing Olena   [ mis à jour : 14 avr. 2020 à 23:45 ]

L’école en Polynésie se fait par bloc de 5 semaines, entre lesquels il y a des vacances afin de permettre aux pensionnaires d’éventuellement rentrer chez eux. Eventuellement, car les coûts des bateaux (voir vols pour ceux qui sont plus loin) est pris en charge par l’état seulement 2 fois par année, à Noël et en juillet. Ce pourquoi il est fréquent d’avoir des enfants en pensionnat pendant les vacances scolaires.

 

En route pour Ua Huka

Notre trop court séjour en janvier nous a laissé sur notre faim, nous voulions y retourner. Nos amis TEMPTATION, étant restés à Tahuata et ne connaissant pas encore cette île, nous y ont rejoints pour qu’on passe quelques jours ensemble avant la grande séparation qui durera certainement plusieurs mois.

La météo n’annonçait pas beaucoup de vent et de houle, mais comme le chemin était contre le tout, nous n’étions pas certains pouvoir nous y rendre directement. Nous avons essayé, c’est allé à condition de ne pas dépasser 4 nœuds de vitesse (7.4 km/h) car ça tapait trop fort sinon. Mais à cette vitesse, nous arrivions de nuit, ce que je n’aime pas trop. Petit à petit les estomacs se sont révoltés et seuls Timeo et moi étions en forme. C’est dur de voir les siens se sentir si mal et ne rien pouvoir faire pour eux alors qu’on se sent en pleine forme. Quand Cyliane me demande entre les 2 îles de s’arrêter et que je vois Stéphane endormi pour ne pas se rendre plus malade, j’ai changé de cap. Ça ne servait à rien de faire demi-tour, car on aurait dû refaire la même route par situation peut être pire, mais j’ai visé la baie sud-ouest d’Ua Huka. Alors que je voyais sur l’AIS nos amis arriver à la baie de Hane, nous allions nous abriter dans cette superbe baie protégée par les deux îles aux oiseaux.

Le lendemain, nous longions l’île par mer un peu plus calme afin de retrouver nos amis Cécile, Angélo et Lenny.

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Grosse pluie

Ce serait la saison de la pluie, mais on n’en a pas encore beaucoup vu. Le lendemain matin, c’est tombé sans arrêt pendant plusieurs heures de suite. La baie de Hane, dans laquelle coule une rivière, est vite devenue brune. Nous voyions des cascades se créer sur les falaises entourant la baie.

On en a profité pour faire le plein d’eau et de faire le tri des habits des enfants ! Ça tombait bien, ainsi on allégeait le bateau tout en donnant les habits trop petits dans une île où l’achat des habits est plus difficile qu’à Nuku Hiva, où l’on trouve plusieurs magasins vendant des habits.

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Ballade dans la boue

A peine la pluie finie, nous sommes allés à terre avec TEMPTATION et avons suivi le sentier amenant au site archéologique contenant de vieux Tikis (statuettes représentant des dieux). Nous marchons dans la boue mais continuons de bonne humeur. C’est assez glissant et certains se retrouvent sur les fesses ce qui fait bien rire les autres.
Arrivés sur le site, c’est une superbe vue sur la baie qui nous accueille. La descente fut encore plus glissante, surtout avec nos chaussures pas trop adaptées pour cette marche. Depuis les Caraïbes, nous partons en sandales et Crocs, car souvent il nous faut traverser des rivières et nous trouvons plus pratique de pouvoir marcher dans l’eau avec ces chaussures que de devoir se déchausser. Mais ce jour-là, Stéphane et Timeo portaient des tongues, pas très pratiques sur ce sol. Alors vous imaginez, c’était une ballade comique pleine de rires.
A la fin du sentier, le ruisseau passait par-dessus la route en créant une jolie petite cascade. Nous en avons profité pour se nettoyer les chaussures et les jambes. Certains habitants nous regardaient, amusés par les enfants qui s’amusaient à pleine joie dans cette eau bien fraîche. L’un d’eux a grimpé aux arbres fruitiers pour nous en donner. C’est chargé comme des mulets que nous sommes redescendus à la plage. Pamplemousses, corossols, mangues… ils ont tant de fruits qu’ils ne peuvent tout consommer, alors ils les donnent de bon cœur. Merci pour votre générosité les marquisiens !

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Petit tour sur l’île

Thomas, le sympathique infirmier de l’île, nous a organisé une voiture pour faire un tour. Nous étions 8 personnes, un pick-up ne suffisait pas, c’est là que Pierrette entrait en jeux avec son mini-van (vous trouverez ses contacts dans la partie cruisers information).
Elle nous a emmenés visiter le site, qui se trouve juste en face de l’aéroport.

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C’est un site ressemblant aux sites archéologies avec des maraés, mais il a été entièrement créé pour les besoins du Festival des Marquises qui avait eu lieu chez eux il y a quelques années. Le thème du Festival étant « le défi », chaque île a amené des Tikis plus beaux les uns les autres.

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Il y avait aussi un petit musée avec plein de choses intéressantes. Vous saviez qu’ils fabriquaient des éplucheurs avec des coquilles de porcelaine ?

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Ensuite nous sommes allés visiter l’arborétorium, un genre de musée d’arbres en tous genres. Pierrette a même été chercher Léon, l’ancien maire d’Ua Huka et politicien polynésien, qui est le créateur de l’arborétorium. Ce fut très intéressant d’avoir le créateur comme guide, il nous a raconté plein d’anecdotes, comme d’où il a ramené les graines de tous les arbres qu’on voyait. Il y a un petit musée du bois, une pièce avec les découpes des différents arbres, où Léon nous a donné plein d’explications. Comme l’arborétorium est plein d’arbres fruitiers, nous sommes repartis avec des sacs remplis de fruits.

 

La prochaine halte était dans une ferme, car nous voulions visiter Germain, le fils de notre ami Adolphe, et Angélo voulait acheter un demi-cochon, et le producteur de l’île c’est Germain. C’était une visite surprise pour lui, mais il nous a accueilli à bras ouverts et nous a montré ses chèvres, ses nouvelles poules pondeuses, qui se promènent entre les arbres fruitiers et ses cochons. Dur dur pour nous de voir le cochon vivant que nous aurions le lendemain au repas de midi. Je n’étais pas certaine que les filles allaient en manger, mais elles l’ont mangé comme tout le monde. Les enfants ont eu plaisir aux animaux et ont porté et caressé les poules. Cyliane m’a dit « c’est chouette, c’est un peu comme dans une ferme » ! Avec notre esprit européen, on peine à comparer ces enclos à animaux à une ferme comme on en a chez nous. Germain nous a remis des œufs de sa production, c’était de tous petits œufs de jeunes poules car il vient de commencer la production. Nous en avons amené un paquet à Adolphe, ça lui a fait plaisir.


La dernière halte était chez Léon, où il nous a fait visiter son jardin. De là aussi, nous sommes repartis avec des sacs de caramboles, menthe, gingembre, combava… Merci Léon, on te souhaite tout de bon et qui sait, peut-être qu’on se recroisera!

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Hokatu

Une seconde visite de Hokatu s’imposait. La ballade est bardée de superbes vues. On y voit les chevaux, les chèvres et même les anguilles dans la rivière. Le magasin de l’artisanat était ouvert, Cyliane et moi avons achetés des Tikis en souvenir. Puis une mamie (ici on nomme les gens âgés mamie et papi) nous a amené vers des pamplemoussiers pour qu’on se serve, car les habitants les laissent pourrir. Nous avons fait les 4km de marche du retour avec plusieurs dizaines de kilos de pamplemousses répartis entre nous 8. Eh oui, chaque enfant en portait un, qui faisait bien plus d’un kg/pièce !

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Route sur Ua Pou

Ce fut déjà le temps de se quitter, TEMPTATION retournant à Hiva Oa / Tahuata et nous à Ua Pou, malgré l’invitation à un grand kai kai (buffet) organisé dans l’île où plusieurs nous ont demandé d’y participer.
On a traîné une ligne, comme souvent. Un marlin a mordu à l’hameçon, on l’a vu sauter hors de l’eau à plusieurs reprises. Il déroulait le fil sur le moulinet, Stéphane le ramenant petit à petit pendant qu’Elina et moi essayions de ralentir le bateau et de tourner afin que la ligne, dont le marlin avait tendance à tirer sur notre côté, ne passe pas sous notre coque et dans notre hélice. Nos efforts ont été en vain, car la ligne a cassé, le poisson étant bien plus lourd que ce que supporte notre ligne. C’est dommage qu’il n’ait pas mordu sur l’hameçon de l’autre ligne, car là, nous avions un fil plus robuste. Ce sera peut-être pour une prochaine fois. En attendant, on a à nouveau perdu un leurre et des mètres de fil.

 

Escale rapide à Ua Pou

Juste 2 nuits et un jour pour aller visiter Manfred le chocolatier, faire le plein de chocolat et surtout, voir s’il n’a pas une cabosse mure qu’on puisse amener à Adolphe, car il voudrait faire de nouveaux plants. Il y a des cacaoyers à Nuku Hiva, mais les gens cueillent les cabossent avant qu’elles soient mures, ce qui est trop tôt pour pouvoir faire de nouveaux plants. Rendez-vous fut pris avec Manfred et sa femme Thérèse, qui nous attendaient.

Alors qu’on se rendait au quai j’ai une pensée pour Martin, le local qui s’est occupé de nous pendant le festival. Aurais-je dû l’appeler pour l’informer de notre présence ? Nous n’en avons pas eu le temps, il nous attendait sur le quai, il nous a vu arriver ! On devra passer chez lui en rentrant de chez Manfred.

Nous avons fait un saut dans la piscine de la cascade, qui se trouve à mi-chemin de chez Manfred. Une eau claire et fraîche, ça fait du bien et nous étions douchés par une petite averse au même moment.

Ce furent de chouettes retrouvailles avec Manfred et Thérèse. Nous avions amené un gâteau, Manfred nous a fait des gaufres. Ils nous ont raconté qu’on a loupé le reporter TV de peu. Un français est venu faire un reportage sur le village pour « les témoins d’outre-mer » qui devrait passer sur France 3 et France 0 en avril. Didier, un copain plaisancier français, a fait office de client. Son chocolat est si bon, que nous sommes tous ses clients et y retournons régulièrement se réapprovisionner. Malheureusement Manfred n’avait plus de cabosse mure, il venait de tous les mettre à fermenter.
Puis ce fut l’heure que Thérèse doive retourner au village, car elle s’occupe de la pension. Manfred nous a tous conduits au village, 3km de moins à marcher !

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Nous nous sommes rendus chez Martin où nous avons fait la connaissance de sa femme. Il nous présente ses enfants en photos. Le monde est petit, sa fille vit à Ua Huka avec son ami, que nous connaissons ! Il nous avait dit que sa copine venait d’Ua Pou, mais l’île est grande, on ne peut connaitre tout le monde. Le hasard est marrant quand même.
Nous sommes repartis de chez Martin avec plein de pamplemousses ! Nous n’avions pas à les porter, il nous les emmènerait plus tard, à l’apéro. Comme sa femme a le mal de mer, nous allons le faire sur le quai !

Un petit tour chez Pierrot, le petit restaurant de Hakahetau, pour profiter de sa wifi et faire un petit coucou s’imposait. Car depuis le temps qu’on passe chez lui, il nous connaît, surtout Elina et ses portemonnaies ! Il lui en a acheté quelques-uns, il aime bien l’esprit du recyclage des briques de lait et de jus. Elina continue de les faire depuis Grenade, et le vend le prix d’une glace. C’était l’idée de départ des enfants dans la baie, chacun vendant des choses utiles pour se payer leurs propres glaces. Mais Pierrot l’avait invitée elle, son frère et sa sœur pour une glace et lui a en plus remis l’argent ! Elle était fière ! On est repartis avec une barquette de manioc au lait de coco cuit dans un four marquisien.

De retour au quai, c’était le temps de l’apéro avec la famille de Martin. Ce fut bien sympa, puis Didier, le client du chocolatier pour le reportage, nous a rejoints.

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Retour à Nuku Hiva

Que c’est dur de quitter une île quand on connait du monde en sachant qu’on risque de ne certainement plus y revenir. Mais il nous fallait y aller, le lendemain c’était la rentrée scolaire.

Nous avons traîné une ligne et peu après notre départ voilà que ça mord ! Un beau tazard (wahoo), notre premier ! L’hameçon s’était détaché alors que la gaffe n’était pas encore bien plantée dans le poisson. J’ai dû aller prêter main forte à Stéph en bas de la jupe en tenant le poisson par la queue. Ceci en vitesse et sans être attachée ! Bon, la mer était assez calme, mais quand même, la prochaine fois je pense que je mettrai le harnais. On le voulait ce poisson, qu’il était bon !

Nous n’avons pas fait route directe contre Taiohae, nous sommes allés plus à l’est afin de pouvoir longer la côte de Nuku Hiva pour attraper un thon. Nous l’avons eu ! Peu fiers les OLENAs, grâce aux cours particuliers d’Angélo, notre congélateur est plein de poisson !

Par contre nous avons été très contrariés par des pêcheurs industriels. Un beau gros bateau, avec hélico sur la passerelle a longé toute la côte sud de Nuku Hiva ce dimanche. Bien entendu, comme toujours quand ils pêchent à des endroits interdits, ils ont arrêté leur AIS. Mais depuis notre position, nous pouvons dire qu’ils étaient à maximum 2 miles de la côte. Etant à environ 2 mn d’eux, nous n’avons pas pu relever le nom de leur bateau. Nous ne sommes pas les seuls à les avoir vus. Il y a des lois qui interdisent la pêche industrielle à une certaine distance des côtes marquisiennes, ils essayent de les élargir à 40 miles je crois. Mais comme le fond sous-marin autour de Tahiti et des Tuamotu a été pillé comme le reste du monde, ils ne se gênent pas de venir. C’est rare qu’ils se font choper, il y a trop peu de contrôles et quand ça arrive, l’armateur paye la grosse amande très rapidement et le bateau vient ancrer dans la baie, vidant les poissons afin de bien montrer leur mécontentement. Une vraie mafia la pêche industrielle. Bientôt il n’y aura plus de poissons, c’est dommage. Les anciens plaisanciers voient bien la différence entre il y a quelques années et aujourd’hui. Pas qu’en pêche à la ligne, mais aussi niveau du nombre de langoustes et autres. Car il n’y a pas que la pêche industrielle. Les locaux font de la chasse sous-marine de nuit afin d’avoir plus de chance et ne respectent pas toujours les règles, les tailles, les langoustes femelles avec des œufs… Ils sont souvent d’avis « si c’est pas moi que le prend, c’est l’autre qui le prendra ». Comme quoi l’arrivée de l’argent et du monde moderne en Polynésie a beaucoup changé les polynésiens ces 50 dernières années.

 

En week-end

publié le 25 mars 2020 à 14:05 par Sailing Olena   [ mis à jour : 14 avr. 2020 à 23:54 ]

J’étais heureuse de me poser un peu. Mais là, dans cette baie pleine de bateaux et de requins Soyeux, j’avoue que j’ai envie de bouger en week-end. Envie de sauter à l’eau à volonté, car il fait chaud ! Envie de faire tourner le dessal en mer, envie de bouger.

 

Taipivai

Avant notre retour dans cette île, nous connaissions que 2 baies, c’est l’occasion de visiter les autres. Taipivai est l’une des 3 baies de la baie du Controlleur, au sud-est de l’île. C’est une jolie baie avec le village de Taipivai au fond. A peine l’ancre posée la première chose qui nous surprend c’est le chant des oiseaux ! On ne les entend pas trop à Taiohae avec le trafic routier.

En ce moment il y a plein de plancton partout, la visibilité n’est pas meilleure, mais on se jette à l’eau et entretenons notre carène. D’une coque je ne distingue même pas l’autre sous l’eau, c’est dire que même en lac la visibilité est souvent meilleure.

On fait un tour au village, où nous croisons enfants et adultes. Il y a même un magasin (épicerie) ouvert le dimanche !

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Kermesse du collège

Un week-end nous sommes restés à Taiohae pour aller à la Kermesse du collège. Le vendredi ils vendaient gâteaux (que les parents ont amenés) et souper et faisaient un spectacle. Le lendemain c’était des compétitions sportives.

Nous nous y sommes rendus un peu tôt le vendredi après-midi et avons pu assister à certaines répétitions. Hivanui, la copine de classe d’Elina dansait alors qu’une partie des collégiens chantait. Puis vient un chant où à un moment il y a 2 solos, un garçon et Hiamoevai, la sœur d’Hivanui. Magnifique ! Je ne savais pas que les filles de nos copains, car nous avons connu le père avant le reste de la famille, étaient des artistes.

Le spectacle était très intéressant et entre les représentations, des animateurs du pensionnat ont fait des gags, des jeux avec le public et surtout avec les professeurs. On a eu droit aux chaises musicales qui nous a bien fait rire ! Du coup, on a complètement oublié d’aller chercher à manger et quand on y est allé, il n’y restait plus que du poulet et des brochettes de cœur de veau (très apprécié en Polynésie et assez bon je l’avoue) sans accompagnement. Tant pis, on a mangé ce qui restait. L’essentiel est d’avoir passé une bonne soirée.

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Tour de l’île

On croise souvent notre ami Adolphe. Un jour il nous demande si on veut bien aller faire un tour de l’île avec lui et son petit-fils. Volontiers ! On était justement en train de voir quand on pourrait louer une voiture pour le faire.

En fait, ça faisait 5 ans qu’Adolphe n’avait plus traversé l’île et qu’il voulait faire cette ballade, mais pas seul avec son petit-fils. Quand il nous a connus, il s’est dit que c’était l’occasion. Rendez-vous fut pris le lendemain matin tôt.

Il n’y a pas énormément de routes sur l’île. La majorité de la circulation est à Taiohae, répartie entre les 4 vallées reliées par le front de mer. Nous montons au col, après quoi il y a une intersection, Taipivai (sud-est) ou l’aéroport qui se trouve au nord-ouest de l’île. Nous allons à l’aéroport, changeant de décors puis de climat. Nous avons passé vers une forêt d’eucalyptus, puis nous nous sommes retrouvés aux Franches-Montagnes ! Le plateau de Nuku Hiva avec ses pins et chevaux en liberté et enclos de vaches ressemble fortement à cette région en Suisse ! Quelle surprise !

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Puis nous sommes montés tout en haut d’un col à 1’100m d’altitude. Nous étions dans des nuages bien humides et il y avait pas mal de vent. Il y faisait froid ! Si nous avions un thermomètre, je suis certaine qu’il y faisait plus de 20°C, mais le vent, l’humidité et le fait qu’on s’est habitués à la chaleur, nous avions froid !

Ensuite ce fut la descente jusqu’à l’aéroport, assez près du niveau de la mer. On a traversé des champs de légumes, la plupart des maraîchers de l’île sont par ici, puis ce fut un paysage assez désertique à la terre rouge.

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Nous avons visité l’aéroport, qui vient d’être transformé. Un seul comptoir, c’est bien suffisant pour le seul vol journalier qui va à Tahiti et les quelques vols semestriels entre les îles.

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Adolphe aurait bien voulu faire la piste qui fait le tour de l’île, mais vu qu’il a plu pas longtemps avant, ce n’était pas certain que la piste soit praticable. Nous sommes rentrés par la même route, en s’arrêtant chez un maraîcher pour récolter des noix de cajou tombées de l’arbre. Adolphe va les planter et faire pousser de nouveaux arbres.

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Nous nous sommes arrêtés vers un point de vue donnant sur une vallée qui rappelait le grand canyon. Puis juste avant de redescendre sur Taiohae, nous avons piqueniqué vers un point de vue aménagé.

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Une superbe journée, pleine de surprise sur une magnifique île. Merci Adolphe !

 

Baie Colette

Nous avions décidé de visiter la baie d’à côté, où des allemands auraient passé quelques jours entourés de mantas. Nous y allons avec les BELUGAs. Les enfants nous y rejoignent à pied avec ceux des autres bateaux.

Tous les enfants sont venus à bord manger le dîner préparé par Carola et moi avant de repartir à pied à leurs bateaux dans l’autre baie.

Le lendemain, une pirogue passe vers les BELUGAs et après un certain temps vient nous voir. Un des monsieur était assez énervé et nous dit qu’ils ne veulent pas de bateaux dans la baie, ce n’est pas une belle vue, on pollue etc… Un peu surprise je m’excuse en disant qu’il n’y a rien d’inscrit de tel dans les cartes et lui demande si c’est interdit, sur quoi il s’énerve de plus belle. Je lui demande de ne pas s’énerver, qu’on part de toute manière le jour-même etc... puis ils partent à la pêche. Un peu contrariée par sa réaction je me dis qu’on ne peut pas en rester là. Ça me fait trop penser au malaise entre les locaux et les plaisanciers dans les îles de la Société (Tahiti et co) ce qui n’est pas encore le cas ici. A leur retour, je vais les voir en leur disant qu’on est ancré chez eux et qu’ils sont les bienvenus pour venir boire quelque chose chez nous. Ça lui a fait plaisir, mais sa femme étant à la plage, il nous a demandé de les y rejoindre.

Alors qu’on préparait nos choses pour les rejoindre, voilà Carola qui m’appelle. Ils s’étaient pris le bec avec ce monsieur et m’explique que la baie ne peut pas être privée, c’est la loi française ici et qu’il n’a pas le droit de nous chasser etc… C’est le même cas que Steven, un type qui vit dans une baie de Tahuata. Ils voulaient aller à la police se renseigner etc…
Là j’ai compris pourquoi le local était énervé et qu’il est devenu agressif à ma question d’interdiction.

Oui, selon la loi les BELUGAs ont raison. Les baies ne sont pas privées, c’est la loi française qui règne. Mais on n’est pas en France et les gens ne sont pas des Français ! La culture polynésienne est autre, et depuis des lustres, la partie d’eau devant leur maison fait partie de leur jardin. C’est là qu’ils vont chercher leur nourriture comme nous allons cueillir fruits et légumes dans notre jardin. Un bateau ancré trop près de leur maison, c’est comme un camper qui campe dans votre jardin, très déplaisant ! Là, nous n’étions pas près du bord, bien au contraire, mais à 2 dans une petite baie qui « appartient » à la famille depuis de générations.

On retrouve la famille de locaux à la plage et y passons un bon moment. Je lui ai expliqué le pourquoi de ma question. En fait, on se passe les informations entre plaisanciers, et si je vais dire que c’est interdit et que c’est faux, ça n’amène à rien. Tandis que si j’explique que ce n’est pas interdit mais que les locaux n’ont pas envie et le pourquoi du comment, là ça aide en leur sens. Lui était désolé d’être venu tout énervé vers nous à cause de la réaction des BELUGAs et qu’avec ma question, il a vu rouge car pensait que j’allais comme eux le menacer d’aller à la gendarmerie.
Il nous a aussi expliqué que beaucoup de français (je ne pense pas que c’est uniquement les français) sont des sans-gênes et passent par-dessus leurs clôtures pour aller leur voler les fruits. Ils ont également horreur des plaisanciers faisant aller les drones sur leur ferme. Cette conversation était exactement la même qu’avec Steven de Tahuata, les fruits volés alors que si l’on demande, ils nous les donnent gratuitement ! Les drones… Steven a été filmé en train d’uriner et posté sur Youtube !

Déjà qu’ils se sentent envahis par les plaisanciers, qui sont de plus en plus à arriver, le comportement de certains ne les aide pas à nous faire accepter, et on peut les comprendre !

Les BELUGAs sont venus nous rejoindre et tout c’est très bien passé. De par notre conversation d’avant, Carola avait compris leur point de vue. Elle ne connaissait pas ce côté de leur culture et a commencé à changer d’avis. Où j’ai été surprise, c’est lorsque son mari nous demande si on reviendra ancrer dans cette baie, et à sa surprise quand on a répondu que bien sûr que non. Sur quoi il nous a dit que pour lui, ce qui n’est pas interdit, il a le droit d’en profiter.

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