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Laure

Ua Pou

publié le 16 janv. 2020 à 10:30 par Sailing Olena

Cette île est l’une qui a les plus belles formes des Marquises. Beaucoup de photos des Marquises montrent les pains de sucre de cette île, ces pics volcaniques qui montent à plus de 1’200m d’altitude. Les baies de Hakahau et Hakahetau montrent à mon avis les plus belles vues. La plupart des photos des magazines sont prises à Hakahau. C’est à ne pas confondre avec la plus belle baie des Marquises (ou de Polynésie selon certains), qui est la baie des Vierges de Fatu Hiva, qu’on trouve également souvent en photo dans les magazines.

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Hakahetau

Hakahetau possède un petit port où l’on accède facilement en annexe. Les vagues de la houle montent sur la rampe des bateaux et les enfants du village s’amusent à glisser dessus, comme le font nos enfants sur de la glace en hiver. A côté de la rampe se trouve une piscine naturelle, ou les plus petits enfants du village vont se baigner sous la surveillance des parents. Et juste derrière, une place à l’ombre avec des tables et des bancs. Un vrai petit coin de paradis s’il n’y avait pas les moustiques.

Nous avons profité de dîner avec les copains de 2 bateaux français, FOLAVOALH et PHILAÉ. Repas copieux que nous a fait Pierrot pour son dernier jour avant les vacances.

Et bien sûr, comme toujours, il y a des réparations qui doivent être faites sur OLENA, cette-fois c’était notre génois léger, une sangle de l’œil d’écoute était en train de se découdre. Là j’ai réalisé que ma nouvelle machine à coudre était vraiment faite pour nous, elle a cousu la voile sur toutes ses épaisseurs, sans aucun problème.

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Le tas de chaussures c’est devant le restaurant, ici on est pieds-nus presque partout

 

Visite chez Manfred

De retour à Hakahetau, nous ne pouvions pas ne pas aller le visiter. Nous y avons emmené BELUGA, même Daniel avec son pied cassé a fait les 6km aller-retour dans la montagne pour aller y déguster et faire le plein de l’un des meilleurs chocolats au monde.

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Manfred se souvenait de nous et était heureux de nous revoir. Nous avons eu la chance qu’il n’y ait pas eu d’autres visiteurs ce jour-là et avons ainsi pu à nouveau passer toute la journée en sa compagnie. Le lendemain, c’est plus de 40 personnes qui l’ont visité !

Nous avons fait un petit tour de jardin et l’avons aidé à ramasser les noix de Macadamia (une sorte différente, car plusieurs noix par fruit).
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Noix de Madacamia et cacaoyer

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Grenades, pommes d'eau et bois de santal


 

Sachant que nous irions au Festival le jour du grand buffet, il nous a aidés à préparer nos assiettes en matière naturelle. Il nous a ouvert quelques noix de coco qu’il a râpées pour sortir son lait puis avec le reste, les enfants ont nourri les poules. Manfred a plein de poules pour éliminer les mille-pattes qui sont poisons. Ensuite il a été couper un tronc de bambou qu’on a découpé par tronçons. Il ne nous restait plus qu’à les couper en 2 et les nettoyer.

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En plus des récipients en coco et bambou, on est rentrés avec le plein de chocolat et de fruits.

 

Fête après Festival

Le lendemain du Festival, c’était la fête à Hakahetau. Ils ont organisé un gros kai kai (buffet), où nous les voileux, avons également participé en amenant salades et autres accompagnements.

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La délégation de Rapa Nui (île de Pâques) et les chanteurs de Tahiti étaient les invités. On a eu droit aux chants et aux danses, à un énorme repas en commun et beaucoup de bon temps. A nouveau, il y avait à manger pour plus du double que de personnes présentes. On s’est régalé de riz au lait de coco et de magnoc au lait de coco, un vrai dessert à nos papilles, alors que les marquisiens les utilisent comme accompagnement.

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Biscuits de Noël

Noêl approchant, nous avons voulu faire des petits biscuits. Nous avons choisi 3 recettes que nous pouvions faire avec les moyens du bord, ou presque. Nous avons remplacé le zeste de citron des milanais par du zeste de pamplemousse et ce fut délicieux.

Par contre, les biscuits au beurre par cette chaleur, ce n’est pas facile à faire. La pâte à peine faite, il fallait la mettre d’urgence dans le frigo. Pour faire les formes, nous avons dû le faire de nuit où il fait un peu moins chaud, mais même là, ce n’était pas chose facile.

Mes petits biscuits au gingembre ont fini par être des biscuits aux épices ! Ici on trouve du gingembre partout, mais je n’en avais plus assez sur le bateau. Le résultat était délicieux.

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Je suis retournée un autre jour chez Manfred avec Timeo pour amener quelques biscuits et passer un petit moment avec Thérèse, sa femme. C’était bien sympa. A l’aller, nous nous sommes arrêtés à la cascade pour nous baigner. Au retour, nous avons eu droit à la pluie. Ce fut un chouette moment maman-fiston.

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Festival des Marquises

publié le 16 janv. 2020 à 10:04 par Sailing Olena

Nous mouillons dans la baie de Hakahetau qui se trouve du côté nord-ouest de l’île alors que le Festival se déroulera à Hakahau, au nord-est. On nous avait averti lors de notre passage en juin, que la baie de Hakahau sera fermée aux voileux (plaisanciers), ce qui ne s’est pas avéré tout à fait exact, mais fallait y aller très tôt pour y avoir une place, car c’était déjà plein.

Hakahetau est une très jolie baie avec un village sympa et un bon chocolatier en haut dans la montagne. Malheureusement en cette période, elle est ouverte en plein sur la houle.

La baie est grande, sans être énorme. Mais quelle est notre surprise de voir des bouées de zones d’ancrage ! Il y avait déjà une quinzaine de bateaux entassés dans cette zone et nous étions 2 catamarans à arriver en même temps. Nous avons fait au mieux pour nous ancrer dans la zone, juste à la limite.

Puis un plaisancier sympa vient nous avertir qu’il faut s’annoncer au pompier car ils prévoient 20 bateaux dans la zone et veulent savoir le nombre de personnes à bord pour l’organisation du transport à Hakahau.

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Hakahau

 

Les préparatifs pour le Festival

Le lendemain, un autre plaisancier arrive « rendez-vous au quai dans 10 minutes pour une séance d’information pour le Festival !»

Martin, un local, voyant le nombre grandissant des voiliers dans la baie a décidé de s’occuper de nous. La première information, applaudie par tous, a été d’ignorer les balises de marquage de zone de mouillage, qui n’existe pas le reste de l’année. Ensuite on établit une liste de bateaux avec nombre de passagers pour l’organisation d’un bus. Il nous donne le programme du Festival et toutes les infos nécessaires.

Quelques jours plus tard, on se retrouve tous avec Martin. Les trucks ne sont toujours pas encore arrivés sur l’île, et ce n’est pas certain qu’ils vont arriver et si c’est le cas, ce n’est pas certain qu’ils pourront faire la route entre Hakahau et Hakahetau, qui est une piste en terre qui serpente dans la montagne. Il y a juste quelques endroits qui ont été bétonnés. Martin cherchait une personne de contact afin de faire le relai avec les autres par VHF. Etant polyglotte, j’ai été désignée d’office par les français et les anglophones. J’ai passé quelques matinées entre le téléphone et la VHF.

Les bus ne sont pas arrivés et Martin nous a organisé des « Taxis ». Ce sont des privés qui faisaient le voyage pour nous pour un prix fixé par les locaux.

 

Le Festival

Le lundi c’était l’ouverture du festival des arts des Marquises. Le programme étant principalement des discours, je n’ai pas voulu y emmener les enfants, pour ne pas prendre le risque qu’ils ne veulent y retourner le lendemain. C’est seul que Stéphane s’y est rendu, avec d’autres plaisanciers bien sûr.

La houle a fortement augmenté ce jour-là, les filles ayant eu un rendez-vous chez le restaurateur, je les ai juste déposées, impossible de laisser l’annexe au ponton ni Olena seul dans la baie. Le débarquement des filles et le réembarquement était sportif. L’annexe tel un ascenseur, montait et descendait de plusieurs mètres le long du quai. Pas facile de le maintenir pour que les filles puissent y entrer et sortir. Aucun bateau n’a chassé, tout est bien allé et la houle s’est calmée pour la soirée.

Le lendemain, nous quittions le bateau à 5h30 pour retrouver Manfred, le chocolatier. Il devait se rendre à Hakahau et nous a proposé de nous y emmener, merci à lui ! Là j’ai réalisé que la piste n’aurait pas pu être praticable par un truck d’école avec 50 personnes à bord. Et pourtant, une bonne partie de la piste venait d’être élargie et aplatie, car ils sont en train de bétonner quelques kilomètres supplémentaires.

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Truck à Tahiti (camion sur lequel ils ont monté une partie bus en bois)

Arrivés à Hakahau avant 7h30, j’ai été étonnée de voir les gens s’activer, on se serait cru en milieu de matinée. Ici les gens se lèvent tôt ! On a pu aller voir les fours marquisiens, qui sont de gros trous dans la terre, dans lequel ils font du feu qu’ils recouvrent de pierres volcaniques, puis de la nourriture emballée dans des feuilles de bananier et paniers tressés, le tout recouvert de terre. Ils laissent la nourriture cuire ainsi pendant des heures. Notre repas de midi était dans ces fours, déposés le jour d’avant, près de 24h de cuisson !

Le marché d’artisanat marquisien était déjà ouvert et plein de gens. Chaque île avait son coin, on pouvait ainsi comparer les différents styles. Sculptures, colliers en coquillages ou graines, instruments de musique, tableaux en tapa (tissus fabriqué avec de l’écorce végétale), paniers tressés... il y avait de tout.

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Un peu plus loin il y avait les tatoueurs, car ceci fait partie de la culture polynésienne et les marquisiens sont connus pour être de très bons tatoueurs. Il y avait même une démonstration de tatouage à l’ancienne, c’est-à-dire avec un peigne qu’on tape sur la peau.

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A l’autre bout, des gens s’affairaient à sculpter de gros tikis (statue représentant un homme ou une femme avec de très gros yeux) en bois ou en pierre. C’était intéressant de passer à différents moments de la journée pour voir l’avancement. Ce qui m’a impressionné c’est qu’ils y travaillaient à plusieurs, chacun faisant son truc avec un beau résultat final, comme si un seul sculpteur l’avait fait.

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A plusieurs moments de la journée, nous avions des danses à regarder. Musiciens, chanteurs et danseurs sont venus de toutes les îles des Marquises ainsi que certains d’autres archipels. Il y avait même un groupe de Rapa Nui, île de Pâques. Cette île appartient au Chili et ils y parlent l’espagnol. Mais quand on regarde les gens, ce sont des Polynésiens, et ils aimeraient bien faire partie de la Polynésie.
Les spectacles de danse et de chants étaient similaires à la Heiva à Tahiti. C’était magnifique à voir et à entendre. Leurs costumes faits d’éléments naturels sont magnifiques. Un groupe de danseurs avaient utilisés des sacs de jute, Timeo m’a fait remarquer que ça sentait St-Nicolas, il avait tout à fait raison. Puis vint un groupe qui a aussi utilisé des sacs de jute, mais des anciens sacs de transport de copra (noix de coco séchées pour la fabrication de l’huile), ça puait le copra, l’odeur rance de la noix de coco, c’était assez désagréable.

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Il y avait plusieurs milliers de gens répartis sur tout le site, ce qui n’était pas si énorme et nous avons pu laisser les enfants jouer sur la place. Ils se sont retrouvés entre kid-boats et se sont bien amusés.

 

Le buffet de midi

Malheureusement j’ai loupé l’ouverture des fours et la procession, occupée à regarder le spectacle de danse de Tahiti. Stéphane lui est allé voir la procession. Le manger a été réparti sur les différents stands, représentés par chaque île marquisienne. L’énorme buffet a été ouvert après un chant, que je n’ai pas entendu non plus. J’ai entendu des tambours non loin d’où les danseurs faisaient leur show et je me suis demandée pourquoi ils faisaient 2 show en même temps. C’est mes enfants affamés qui sont venus me chercher pour faire la queue à l’un des buffets. Pour pouvoir être servis, il fallait avoir des récipients en matière naturelle, le plastique n’était pas toléré. Nous avions fabriqué des assiettes en bambou et en noix de coco avec l’aide de Manfred le chocolatier.
Le repas était gratuit pour tous, et si vous aviez vu la quantité de nourriture, c’était incroyable. On était quelques milliers, mais on aurait pu nourrir plus du double, j’ai jamais vu autant de nourriture. C’est comme ça aux Marquises, les buffets sont énormes, les gens se servent en très grande quantité et les restes vont aux cochons. On a appris qu’ils comptent 3kg de nourriture par personne pour l’organisation d’un kai kai (buffet).

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La nourriture locale c’est le poisson, cru au lait de coco ou cuit, les coquillages et crabes crus (je n’ai pas osé goûter), la chèvre, le cochon (sauvage, car plus fort que la chèvre), les bananes cuites, les purées de uru (le fruit de l’arbre à pain), de la purée de potiron et j’en passe. Il y avait tant de choses inconnues, impossible de goûter à tout.

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On a retrouvé Taina de l’île de Tahuata au Festival

 

Le retour

Le Festival des arts des Marquises continue jusque tard dans la soirée. Mais en fin d’après-midi, nous voulions retourner au bateau. Comme la plupart des « taxis » retournent après les spectacles du soir, il nous a fallu nous débrouiller en stop.

Un blanc de Papeete nous a ramené, il était en vacances chez un ami et avait les 2 petits enfants de l’ami dans la voiture. Il a trouvé assez ahurissant de savoir les voileux de l’autre côté de l’île sans bus et ne comprenait pas qu’avec des enfants nous n’étions pas venu dans la baie de Hakahau (pleine bien une semaine avant le Festival). Il a été encore plus étonné de savoir que nous étions au moins 10 bateaux d’enfants et de loin pas celui avec les plus jeunes. Il était heureux de faire une bonne action et avec l’argent du voyage il pourra faire le plein de la voiture de son ami.

Il a commencé à faire sombre, la piste était glissante. Les roues du pick-up ont patiné plusieurs fois avant de reprendre prise. Mais le moment où je me sentais le plus mal est lorsque la petite fille de 7-8 ans s’est mise à hurler d’arrêter la voiture et faire demi-tour car ils ne vont plus avoir d’essence. Elle hurlait cette même phrase pendant de longues minutes avant que le monsieur puisse la calmer, tout en continuant de conduire prudemment. La maman de la fille vient de Hakahetau et elle savait que c’était un long chemin.

Ils nous ont posés au village puis ont fait demi-tour. Nous espérons qu’ils sont bien rentrés à Hakahau. Vous vous rendez-compte, ils ont fait 40 minutes de trajet aller puis 40 minutes de trajet retour pour nous ramener au bateau ! Ce n’est pas en Europe qu’on trouve facilement des gens prêts à ça, même pour 50.-

Nous ne sommes pas retournés au Festival les autres jours. Le mercredi le spectacle se déroulait à Hohoi, au sud-est de l’île, ce qui doublait le chemin et le prix du voyage. Quant au dernier jour, c’était à nouveau plein de discours. Le fait de trouver un taxi pour le retour enlevait l’envie d’y retourner.

Route pour les Marquises

publié le 3 janv. 2020 à 19:24 par Sailing Olena

Départ

On lève l’ancre, mais à nouveau, la chaîne s’est prise dans les coraux. Il y a tant de patates de corail, on a beau poser l’ancre sur une surface de sable, ajouter des bouées à la chaîne, il y a toujours un bout de chaîne qui va se coincer quelque part. Stéphane a dû sauter à l’eau et faire quelques apnées pour nous décoincer.

Le courant de la passe est sortant, ayant les safrans à l’avant des hélices, nous devons faire 2 nœuds de vitesse sur l’eau pour être manœuvrables, c’est-à-dire un minimum de 2 nœuds de plus que la vitesse du courant, qui sera avec nous. Nous laissons donc une bonne distance entre BELUGA, devant, et nous pour entrer dans la passe. Que j’ai horreur de ces passes, à peine entrés voilà l’angoisse qui me prend. Je suis vraiment heureuse que Stéphane soit un capitaine si serein, il manœuvre en douceur et s’adapte à la situation comme s’il avait fait ça tous les jours. On est passés 30 minutes après la marée haute, mais nous avions déjà 3 nœuds de courant sortant. Comme le courant était dans le sens opposé à la houle, il y avait des vagues inconfortables à la sortie, tel de l’eau ou de l’huile qui bout. Ça nous a bien secoués. A un moment, on entend un gros « boum », Elina a cru qu’on avait tapé dans quelque chose, mais non, c’était qu’une vague, c’est pour dire la force avec laquelle les vagues nous fouettent parfois.

Voici un bon descriptif des passes des Tuamotu, trouvé dans le livre “Le coureur d’atolls” de Jean-Pierre Marquant :

De 50 à plus de 1’000 mètres de large, les passes des Tuamotu vident et remplissent les lagons avec une régularité de métronome. Parfois de fortes houles traversent le platier et remplissent la mer intérieure de centaines de millions de tonnes d’eau du large. Ce surplus, prisonnier de la barrière, ne peut s’échapper qu’au travers de ces goulets d’étranglement où la vitesse du courant devient torrentielle…. Ce fleuve puissant, souvent impétueux, crée un mascaret quand la marée est descendante.

 

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La traversée

Les vents sont instables et faibles, nous choisissons de faire du moteur N-E jusqu’à être à l’arrière de l’atoll voisin. BELUGA et FOLAVOALH sortis 2h après nous, prennent un cap plus au nord. Les deux premiers jours et la première nuit furent très calmes, nous étions pour la plupart du temps au moteur. La lune est belle et se couche peu avant le lever du soleil, ce qui est une grande aide durant nos quarts de nuit. Du fait que nous naviguons contre l’est, le jour se lève déjà à 4h du matin, heure de Tahiti. Nous avancerons notre montre d’une demi-heure à notre arrivée aux Marquises.

Saint-Nicolas n’est pas passé nous amener des cacahouètes, mandarines et chocolats, il ne nous a certainement pas trouvés perdus entre deux archipels. Mais nous avons fait des « Gritibänz », ces petits bonhommes faits avec de la pâte à tresse. Nous avons également profité de faire une tresse, ça faisait des mois que nous n’en avions plus fait. Notre four à gaz n’est pas idéal pour la cuisson des pains, tartes, pizzas… Comme il est impossible de peser correctement les ingrédients en mer, car la balance monte et descend de plusieurs centaines de grammes selon les vagues, on a fait « au pif » et la pâte contenait beaucoup trop de beurre, c’était bon ! Le four en marche on a profité de faire un banana bread. OLENA répandait de bonnes odeurs de boulangerie.

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La météo des îles du Desappointement

Nous passons à l’est des îles du Desappointement, nos deux bateaux amis, avec lesquels nous avons des contacts journaliers passeront à l’ouest de ces îles. Il n’y a aucun mouillage ni aucune passe, nous regardons les îles passer.

A peine la nuit tombée, voici les grains qui nous tombent dessus. Certains mesurant plus de 12 miles (22km) sur le radar. J’ai passé mon premier quart à zigzaguer entre les grains, ayant des changements de direction de vent jusqu’à 90°. J’étais heureuse d’arriver en fin de quart pour me coucher 3 heures, pendant lesquels Stéphane a passé un quart bien calme, où il a même dû faire du moteur pendant 1 heure car plus de vent.

Quand j’arrive pour mon second quart, nous naviguions à 2 nœuds. A peine Stéphane couché voilà le vent qui fraîchit, à tel point que j’ai dû mettre un ris dans le genois. Les grains étaient de retour ! Et pas des petits, je mesurais 10 miles sur le radar. Puis voilà des éclairs, à l’arrière au début, puis à l’avant sur tribord, c’est-à-dire d’où vient le vent ! Ah non, pas ça, je tiens à notre électronique ! Je mets tout instrument que je n’utilise pas dans le four, même si ce n’est pas 100% fiable, c’est l’endroit où ils risquent le moins en cas de foudre. Ne voulant décider seule des deux options, je vais réveiller Stéphane. On réduit encore le génois espérant que l’orage passe devant nous, ce qui a été le cas.

Et voilà que les alarmes se mettent en marche, celle du radar, dans le carré, à cause des grains et en même temps celle de l’auto-pilote, dans le cockpit, qui avait sans cesse des grands changements de cap (sous voile, nous le mettons par rapport au vent). Je courrais de l’un à l’autre, ça n’arrêtait pas. J’ai hésité d’éteindre l’alarme du radar.

Arrivés au bout du grain, nous avions du vent sud-est de 26-28 nœuds pendant plus d’une heure, avec des vagues courtes de 2-3m de hauteur assez désagréables. J’étais en train de changer de voile avant que Stéphane, dormant au cockpit, se met à râler. Nos 2 plantes aromatiques lui sont tombées sur la tête ! C’est pour dire combien on se faisait secouer. Les fichiers météos nous annonçaient un vent N-E 10 nœuds ! Comme quoi, ce n’est pas très prévisible, surtout quand il y a des grains qui faussent tout. Une fois sous foc, la navigation est devenue plus agréable, puis dès le lever du soleil, et la fin de mon quart, le vent est tombé à 11 nœuds !

Cette nuit m’a rappelé une bande dessinée d’une plaisancière, alors que l’homme a un quart bien tranquille, la femme rencontre toutes les difficultés possibles.

Sarah Steenland cartoonist, www.sarahsteenland.com ou Facebook

Sarah Steenland cartoonist, www.sarahsteenland.com ou Facebook


Le ciel couvert de nuage, les orages, nous sachant en saison cyclonique, je contacte mon papa. J’arrive à télécharger la météo, vent, vagues mais pas les vigilances des zones. La réponse n’a pas tardé, vigilance orange dans les Tuamotu N-E pour orage. Apparemment Météo France fait la grève et maintient uniquement les vigilances. C’est aberrant de voir que les français préfèrent faire couler petit à petit leur pays plutôt que d’amener des changements, surtout que par rapport aux pays alentours, c’est le pays qui travaille le moins d’heure par semaine et ont les retraités les plus jeunes. Bref, nous avons appris par la suite que beaucoup de cyclones ont leur source autour des îles du Desappointement. De plus, lors notre traversée Marquises-Tuamotu c’est aussi aux alentours de ces îles que nous avions passé de nuit dans une petite tempête, vent de force 7 parfois 8 avec des rafales jusqu’à 44 nœuds, avec une mer bien formée, alors qu’il n’y avait rien de tel dans les fichiers météo.

 

Renontres pas agréables

Le temps s’est amélioré, mais les vents continuent à être instables et faibles. Nous sommes lents comme jamais, Stéphane commence à désespérer qu’il nous faudra encore des jours et des jours à cette vitesse. Je lui dis « regarde devant-nous, il y a plein de pamplemoussiers qui nous attendent ! », ça motive !

Une nuit je vois la lumière d’un bateau juste à notre côté, pas d’AIS, on le voit au radar jusqu’à 2 miles, puis rien. C’est bizarre, on fait des rondes toute les 10-15 minutes, il n’y avait aucune lumière jusqu’à ce qu’on soit à côté à 1 mile d’eux. Était-ce des pêcheurs tous feux éteins se sentant obligés d’allumer car nous arrivions un peu trop près ? Ou des plaisanciers sans AIS ou juste en mode receveur et qui ont leur réflecteur radar rangé dans la soute ? Ca parait incroyable ce que j’écris, mais c’est du vécu, et pas qu’une fois!

Un matin au lever du soleil, Stéphane surveille un catamaran, un Léopard 46 avec une voile « Mooring Charter » qu’il voit pointer sur le radar. Il suit une ligne droite qui passe de notre gauche à notre droite, pille sur nous. Tous deux sous voile et moteur, nous avons la priorité. Stéphane les appelle par VHF, le seul qui répond c’est un monocoque bien plus loin. Stéphane ralentit pour les laisser passer 200m devant nous. Il ne voit personne, il siffle dans la corne de brume, aucune réaction ! Stéph a surveillé ce bateau-fantôme sur 10 miles, pendant environ 2 heures. Ils devaient faire route sur Fatu Hiva et étaient certainement en train de bien dormir, les autres n’ont qu’à regarder pour eux. Ça m’énerve des gens comme ça, et encore plus quand ils n’ont pas d’AIS, qui pour moi devrait être obligatoire pour du hauturier.

 

On y arrive gentiment

A un moment, Cyliane vient nous demander si nous allons refaire la même route dans le sens opposé. Elle n’a pas aimé notre réponse positive. La lenteur de notre avancement commence même à peser sur les enfants, qui voient Ua Pou, notre destination, encore si loin sur la carte.

Les 3 bateaux commencent à faire le calcul du reste de carburant, car nous étions tous beaucoup sous moteur. FOLAVOALH et nous, avons encore pour 3 jours de carburant, tout va bien pour l’instant. Quant à BELUGA, avec leurs moteurs hors-bords consommant de l’essence, ça devient juste.

On continue notre route au plus près du vent. Le vent est instable et change souvent de direction. Etant au plus près du vent, il nous est arrivé plusieurs fois de faire des virements sans le vouloir. Naviguant à 35-40° du vent, le vent tournant de 60-90° en quelques secondes, l’autopilote n’a pas le temps de réagir que nous avons le vent du faux côté de la voile et la voile avant nous fait pivoter. En quelques secondes, le temps de réaliser ce qui se passe et de venir à la barre, le bateau a fait demi-tour et l’autopilote se met à crier.

Nos copains plus à l’ouest ont l’air d’avoir la même météo que nous. On avertit FOLAVOALH qu’on reste vers les 140° attendant le basculement de vent, sur quoi ils nous disent que les dernières infos météo ont changé, plus de basculement prévu. Nous restons sur notre position. Alors que FOLAVOALH et BELUGA font route contre l’est, nous continuons plein nord. Le vent se met à basculer comme prévu, nous avons passé les 8 dernières heures jusque sous le vent d’Ua Pou à faire de la voile. Un vent du secteur arrière, pas trop fort qui nous permettait d’avancer à 6-8 nœuds de vitesse. On s’est fait plaisir là ! Nous avons même eu la visite de dauphins !

Nous posons l’ancre comme désiré dans la baie de Hakahetau de Ua Pou, 24 heures avant FOLAVOALH. Ils étaient passés bien plus à l’est de nous et se sont trouvés tout du long dans la pétole (pas de vent). Quelques heures après notre passage à voile, il y avait déjà plus de vent sur notre trace. Stéphane avait bien vu et bien fait de nous amener au point voulu au bon moment. Quant à BELUGA, ils ont fait cap sur Fatu Hiva pour s’approvisionner d’un bidon d’essence chez un copain pour rallier Hiva Oa et faire le plein. Ils sont arrivés quelques jours après nous, mais encore à temps pour le festival des Marquises.

Ce fut une traversée assez pénible, avec une moyenne de 4.59 noeuds (8.5km/h), nous étions encore plus lents que jamais. 60% du temps de la traversée, nous avions un moteur qui tournait, soit pour aider ou soit parce que nous étions complètement sous moteur.

Makemo

publié le 3 janv. 2020 à 19:03 par Sailing Olena

Makemo est un grand atoll, son village de 500 habitants est le chef-lieu des Tuamotu est. Le collège des enfants (à partir de 11 ans) se trouve ici. En période scolaire, les ados des atolls alentours vivent ici.

Chassée par un requin

Après une bonne sieste bien méritée, je me mets à l’eau pour contrôler l’ancre et me rendre chez Beluga. Je vois passer un petit requin au loin et plein de jolis poissons. Puis voilà qu’un requin de récif pointe noire me fonce dessus. On aurait dit un chien qui se rue sur sa clôture parce qu’on passe devant sa propriété. J’en menais pas large, seule dans l’eau entre 2 bateaux, Stéphane encore endormi. J’ai réagi comme lors des attaques de balistes (ça arrive en période de ponte), j’ai mis mes palmes contre lui. Il s’arrête net à quelques centimètres de mes pieds puis se met à essayer de les contourner. Je plie les jambes et essaye de lui donner un coup de pied. Je ne l’ai pas touché, mais le mouvement de l’eau l’a fait partir un peu plus loin. Pendant ce temps, je nageais en arrière à l’aide de mes mains pour retourner au bateau. Le requin à une certaine distance, je pouvais palmer un peu pour avancer plus vite, on se surveillait l’un et l’autre sans se perdre du regard.

J’ai plongé avec des centaines de requins de récifs, je ne comprends pas le comportement de celui-ci. Il lui manquait une case quelque part. En attendant, il m’a donné une sacrée frousse.

 

On se retrouve

Quelques heures après notre arrivée, on voit un bateau entrer dans le lagon et se mettre à le traverser toutes voiles dehors. Je regarde et me dis qu’ils sont bien courageux. Beaucoup le font, mais la voile enlève une bonne partie de la visibilité des patates de corail, pas toutes indiquées dans les cartes. Nous n’oublions pas non plus notre expérience de s’être retrouvés en face d’une grosse. Nous sommes moins vite manœuvrables à la voile qu’au moteur.
Puis voilà que ce bateau nous appelle par VHF, c’est notre copain Harry d’ITSARA ! On le pensait déjà plus loin. On se retrouvera au village d’ici quelques jours.

 

Ile vierge

Les enfants voulant jouer à Robinson, une fois le soleil moins haut dans le ciel, nous les avons débarqué tous les 4 avec leurs boissons et une VHF sur l’île. Les 4 adultes avions aussi envie de faire un petit tour, alors munis de nos boissons et VHF nous sommes partis nous balader plus loin sur l’île. C’est la première fois que je voyais une île à l’état vierge. Les gens nettoient souvent le sol en y mettant le feu. Là, le sol était tapissé de feuilles de palmiers séchées et il faisait bien sombre à l’intérieur de l’île.

Nous nous sommes trouvés une petite place près du récif extérieur et avons papoté et bu notre apéro jusqu’à l’appel de nos enfants. Malgré l’anti-moustique, ils étaient en train de se faire dévorer, alors que nous, au vent, nous étions protégés.
En Polynésie, il y a des nonos partout. On dit qu’ils ont été créés afin que les gens ne restent pas éternellement dans ce paradis. Les nonos sont des petites mouches, pas plus grosses qu’une tête d’épingle, qui vivent dans le sable. En fin de journée, s’il n’y a pas trop de vent, ils nous tombent dessus et nous lacèrent de leurs dents aiguisées.

Voici un bon descriptif des nonos, trouvé dans le livre “Le coureur d’atolls” de Jean-Pierre Marquant (livre très instructif et intéressant) : « Les moustiques sont un aimable divertissement comparé à cette saloperie vivante, ce piranha volant, cette monstruosité de la nature, ce transformateur de paradis en enfer. »

 

Nouveau mouillage

Le lendemain, dès que le soleil fut assez haut pour bien distinguer les patates de corail, nous changions de mouillage. Fritz de BELUGA a fait le voyage avec nous, les enfants ont bien joué alors que j’étais sur le toit à guetter les patates de corail. On s’est retrouvés dans un autre endroit idyllique, on a vraiment l’impression d’avoir plongé dans une carte postale.

C’est le week-end, pas d’école, les enfants veulent jouer, et là, ce sont 4 enfants qui quémandent. Stéphane n’a pas mis long pour mettre l’annexe et la paddle board à l’eau pour tirer les enfants. Les 4 sur la planche, certains essayaient de se mettre debout. La tranquillité du mouillage fut dérangée par des rires d’enfants et un bruit de moteur.

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Le lendemain nous avons été faire un feu sur l’île pour griller des saucisses et faire du pain sur des bâtons. Les enfants se sont baignés dans le petit lagon alors que les mamans ont été se promener du côté du récif extérieur.

Le vent est complètement tombé juste avant le coucher du soleil. Le lagon était plat comme jamais, un vrai miroir.

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On a profité du calme de ce mouillage pour faire un petit contrôle du gréement (mât, câbles etc…). Stéphane est monté tout en haut du mât et a constaté un problème à la girouette. Le boulon en plastique qui maintient la girouette en place est fendu. Heureusement que le gréeur nous avait conseillé de mettre du papier collant autour, c’est grâce à ça que nous ne l’avons pas perdue.

Puis Stéphane est allé dire bonjour à nos nouveaux voisins, car c’est un bateau sœur de nos amis GRAN LARGO et il en existerait que 9 (on en a déjà croisé 3). J’ai dû le rappeler à coup de corne de brume, car le soleil était haut et nous voulions changer de mouillage pour nous rendre au village, à plusieurs heures de navigation. Ça tombait bien, nos nouveaux voisins, FOLAVOALH avaient le même projet, on va pouvoir faire plus ample connaissance.

 

Traversée du lagon

On lève l’ancre derrière FOLAVOALH, mais la chaîne s’est prise dans du corail, malgré nos 2 bouées qui maintiennent la chaîne en l’air. Nous ne maîtrisons pas encore bien cette technique, ou alors notre chaîne est encore trop lourde pour les bouées, pourtant elles sont par paire sur chaque mousqueton. Nous faisons quelques manœuvres et enfin nous pouvons partir, à l’arrière des 2 bateaux.

La traversée fut facile car nous suivions les autres. Malgré ça, j’étais en observation sur le toit, sait-on jamais. Nous avons mis 4 heures pour nous rendre au village. Cyliane et Timeo étaient sur BELUGA, Elina profitant de la tranquillité.

Au début nous avions une bonne lumière, les patates de corail se voyaient de loin comme le nez au milieu du visage. Puis un nuage a couvert le soleil et les patates sont devenues difficiles à voir. N’ayant pas de vent, nous ne pouvions pas non plus voir les vagues se briser sur les rebords.

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Vue sur des patates de corail, en haut par bonne lumière, en bas avec un nuage devant le soleil

 

Mouillage du village

Nous avons mouillé près du village. J’ai à nouveau hissé Stéphane en haut du mât avec le matériel pour démonter la girouette. Harry est venu nous dire bonjour à bord de son vaa, une pirogue de course. Puis est venu l’heure de rejoindre les petits chez BELUGA pour le gâteau d’anniversaire de Carola.

Puis Harry nous a tous invité chez ITSARA, où il avait des invités et membres d’équipage. Ce fut une soirée bien sympathique.

Le lendemain, je hissais Stéphane pour la 3ème fois en haut du mât pour la pose de la girouette réparée avec les moyens du bord. Alors que Stéphane était perché sur son mât, je regardais le cargo ravitailleur manœuvrer, impressionnant. Les locaux viennent l’aider avec des barques de pêche, ils se mettent à l’avant du cargo puis sur le côté. 2 Cargo délivrent Makemo, tous deux viennent toutes les 3 semaines, à une puis 2 semaines d’intervalle. Le déchargement et chargement du cargo a pris plusieurs heures.

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Nous avons essayé de faire l’école ensemble avec Carola, vu que tous font l’école en allemand et que Fritz est dans la classe entre Timeo et Cyliane. Carola et Fritz sont venus chez nous, tous les 4 enfants se partageant la table du cockpit, les mamans aidant par-ci, par-là. La motivation des enfants était grande, c’est normal, c’est nouveau.

Le lendemain, Cyliane est allée faire son école chez BELUGA, ils ont bien bossé et Timeo a profité de faire de l’avance avec moi. Le jour d’après, vu qu’il ne nous restait pas trop de temps avant le départ, j’ai juste fait une dictée aux 3 petits. Timeo s’est arrêté à la moitié, pour une première dictée, c’est bien. Les deux autres se sont donné beaucoup de peine. Ça fait plaisir.

Harry a organisé un souper au restaurant. Etonnamment, il y a un restaurant dans ce petit village ! Il faut les soutenir et ça nous faisait plaisir de se faire un petit resto. Nous commandons les plats l’après-midi et on se retrouve à une table de 10 avec toute l’équipe d’ITSARA et les bretons FOLAVOALH. Les enfants sont à la table d’à côté, dégustant une pizza à l’emporter du voisin. Les assiettes sont belles et copieuses, tel ce qu’on voit chez nous. Je n’aurais jamais cru voir ça dans un endroit comme les Tuamotu, je m’imaginais plutôt un genre d’assiette comme dans les Caraîbes.

Le lendemain, lors de notre promenade dans le village, Stéph et moi sommes passés au magasin, qui vend entre autre de l’essence, pour réserver 2 magrets de canard pour les BELUGA, ils se feront un petit tête à tête. Fritz passera la nuit chez nous. Les enfants aiment bien dormir ensemble, chez nous, chez BELUGA…

Alors qu’on se baladait Stéph et moi, un enfant vient me demander où sont mes enfants. Car le jour d’avant, ils avaient joué ensemble sur la place devant le débarcadère. Il y a si peu de touristes, qu’ils repèrent vite qui a des enfants.
On est passés devant la maison d’un monsieur qui fait du pain coco 3x/semaine. Le jour d’avant, il nous avait dit qu’il en ferait le lendemain. Il m’a reconnu et m’a raconté qu’à 7h30 tout était déjà vendu ! Mais il m’a mis un paquet de côté. Quelle gentillesse de sa part. Nous lui avons acheté le dernier paquet de ses excellents pains cocos, cuits tels des beignets. Un délice !

Nous avons longé la passe, malgré le peu de vent et de houle, les vagues qui se brisent des deux côtés sur le récif sont impressionnantes. Les courants dans la passe sont bien visibles.

On a même fait un saut jusqu’au site des éoliennes. 6 éoliennes sont couchées, la plupart sans pales. Toutes ont un treuil pour les lever ou les coucher, je n’ai jamais vu ça avant. C’est peut-être pour les coucher en cas de cyclone ? C’était triste de voir des gros groupes électrogènes tourner au fuel juste à côté du tas des pâles dans le parc des éoliennes, alors qu’ils ont l’installation pour faire de l’électricité plus proprement.

 

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Retour aux Tuamotu

publié le 3 janv. 2020 à 18:51 par Sailing Olena


Tous les jours, nous téléchargions les fichiers météo de diverses sources et cherchions une fenêtre pour rejoindre les Tuamotu (je viens d’apprendre qu’en tahitien, les mots au pluriel n’ont pas de S, donc correctement les Tuamotu s’écrit sans S final).
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Moment sympa entre plaisanciers à Moorea

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Une toute petite partie des boîtes postales de Papeete
les bons moments avec les copains
et un bon avocat dans l’arbre

Un jour je vois une fenêtre de 3 jours pour nous rendre à l’est. L’atoll d’arrivée sera à voir sur place, car les vents ne sont pas stables. Après avoir regardé le tout avec Stéphane, nous décidons de partir ce lundi et de voir sur quel atoll le vent nous amènera. Moins de 10 minutes après notre décision, voilà que BELUGA, nos copains allemands avec le fils de l’âge de Cyliane, nous appellent : ils partent lundi direction est ! On a passé la soirée avant le départ ensemble à étudier la météo et s’organiser.

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Le matin du départ, les prévisions avaient déjà changé un peu, les vents favorables ont diminué à 2.5 jours. Alors que nous allions passer en bout de la piste de l’aéroport, personne ne répond à la tour de contrôle. On tourne en rond en attendant, notre mât est trop haut pour passer sans permission. Quand enfin quelqu’un répond, on nous demande d’attendre l’atterrissage d’un avion avant de traverser. Avant de sortir du lagon, nous rejoignons BELUGA au port de Papeete pour récupérer le boîtier étanche de notre GoPro que Carola venait d’organiser. Puis nous sortons enfin de la passe et prenons la direction nord avec très peu de voiles, afin de laisser le temps à BELUGA de nous rattraper. Ce fut peut être notre erreur de n’avoir pas suivi les 3 bateaux sortis après nous, partis nord-est au moteur.

Les BELUGA nous ont rejoints et nous avons viré de bord. Les vents n’étant pas tout à fait comme prévu, on s’est fait pousser contre Tahiti. Nous avons dû nous maintenir à distance du récif de l’île à l’aide du moteur, ensuite nous étions tranquillement sous voile. Le vent était faible, la mer assez calme. Nous n’avons fait que 90 miles les 24 premières heures, on a jamais été aussi lents !

On a fait route très lentement contre Fakarava, nous visons l’atoll de Makemo. Puis le vent change et nous pousse plus au sud, l’autre option serait Hao, mais ça fait un bien grand détour, on verra bien. On croise des petites baleines, peut-être des baleines pilotes.

Le 2ème jour nous avons fait à peine un peu plus de distance, c’est assez désolant, surtout avec les détours que les vents nous font faire.

BELUGA est un bateau d’une toute autre construction. Mais avec ces vents et cette mer, nous naviguons pareil. On est à une distance de 3-6 km l’un de l’autre, on se voit et pouvons communiquer facilement par VHF.

Au 3ème jour on s’est retrouvés pendant 6 heures dans des vagues pas très grandes mais très courtes. Une vraie machine à laver, ça tapait partout, ça secouait tout. A ce moment, je me suis mise à maudire les employés en France qui ont oublié de mettre nos batteries dans le cargo qui arrivait mi-septembre. C’est à cause d’eux que nous sommes trop tard dans la saison pour remonter avec les vents aux Marquises. Depuis novembre, c’est aux Gambiers que les vents nous pousseraient, mais ce n’est pas un endroit sûr en période cyclonique.

L’atoll d’Anaa se trouve sur notre chemin, nous choisissons de la passer au nord en nous poussant contre le vent à l’aide d’un moteur. On distingue les lumières du village et nous captons internet par nos portables, ce qui nous permet d’envoyer des nouvelles. Le vent est vraiment très faible, nous profitons des quelques grains pour prendre un peu de vitesse, mais avec si peu de vent, l’arrière des grains c’est généralement la pétole. Plus de vent pendant 30-60 minutes ! Grâce à l’état de la mer si calme, nous arrivons à faire du près serré à 35° du vent, alors que généralement, à 55° c’est le plus près qu’on peut naviguer.  (Près serré = naviguer tout près du vent apparent, càd le vent qu’on sent sur le bateau qui vient plus de l’avant que le vent réel à cause de notre vitesse d’avancée).

Avec le changement de direction de vent, nous faisons route sud-est. Nous attendons que le vent tourne pour monter au nord et espérons toujours atterrir à Makemo.

Les nuits sont assez calmes et très noires. C’est la nouvelle lune, puis elle commence à se montrer, mais elle se couche 2h après le soleil. C’est marrant, ici au lever, la lune est en forme de pont, comme une coupe qui vide son contenu. Au coucher, elle est en forme de u, tel un sourire.
Malgré le manque de lune, les étoiles sont nombreuses et brillantes. Nous distinguons bien les nuages des grains qui nous arrivent dessus.

Nous avons essayé de pêcher, à nouveau en vain. Ça a bien mordu quelques fois, mais aucun poisson est arrivé jusqu’à nous. Il y en a même un qui a cassé le fil nylon, il devait être gros. En attendant il nous a pris un de nos leurres préférés et le bout de câble métallique. La pêche est un hobby assez couteux, l’achat du poisson au marché est bien plus rentable, en plus on a le choix du poisson.

Tout le monde se porte bien, la mer est agréable, les copains toujours en vue. Les enfants font un peu d’école et jouent beaucoup en attendant la tombée de la nuit où ils regardent des films.

Le vent a tourné comme prévu. BELUGA qui remonte mieux au vent que nous a viré de bord 1 heure avant nous. Ils sont devant nous mais on est plus vite qu’eux et on les rattrape assez rapidement. Je trouve qu’on s’en approche un peu trop, de nuit mieux vaut avoir une certaine distance. Stéphane ayant assez mal dormi la nuit d’avant, je décide de mettre un 2ème ris sans le réveiller et met Elina en poste derrière la barre. A part m’avoir à l’œil et donner l’alarme en cas de problème, elle n’a rien à faire. Ce fut une bonne chose, nous étions à peine un peu plus lents que BELUGA et ça a laissé Stéphane dormir au moins 2h de suite. Car une heure plus tard, j’ai dû le réveiller, nous avions une odeur d’essence qui se diffusait dans la coque bâbord. Les jerricanes dans la cale moteur se sont faites un peu bousculer par les vagues et celle d’essence est tombée sur son bouchon, d’où il en est sorti un peu. Stéphane a passé un bon moment à nettoyer. A cause de l’odeur j’ai envoyé Elina dormir dans mon lit, Cyliane dormant déjà dans le lit de Timeo, ainsi tout le monde dormait dans la coque tribord.

Quelques heures avant notre arrivée, nous avons le même accueil que lors de notre première arrivée aux Tuamotu. Des gros grains avec une pluie torrentielle. L’un est arrivé alors que nous étions entre 2 atolls, 32 nœuds de vent m’arrivant dessus. Je pique dans le vent le temps d’enrouler un peu ma voile avant, que je venais de dérouler complètement, voulant prendre un peu de vitesse pour arriver à la passe à l’heure. Puis je prends la barre pour remettre un peu de vent dans les voiles et je perds toute notion de direction. C’est la nuit noire, à par les instruments, aucun point de repère. Notre girouette me montre fixement 60° au vent malgré que je continuais de tourner ! Quelque chose cloche. Stéphane, réveillé par le vacarme de la pluie, vient me prêter main forte. Ensuite 20 minutes de pétole avant le passage d’un nouveau grain de 25 nœuds. Bienvenue aux Tuamotu !

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On se retrouve à 3 bateaux devant la passe ouest de Makemo, nous étions les derniers. Nous avons vu le français peiner contre le courant entre les récifs à l’avant de la passe, BELUGA a coupé avant ces récifs et ils se sont bien mieux débrouillés. Nous les avons suivis.

Nous avons posé l’ancre près de la passe. Enfin nous étions arrivés, il nous a fallu 90.75 heures pour faire 433 miles (802km), dont près d’une centaine de détour. Près de 4 jours pour rallier 2 endroits qu’on fait généralement en 2 jours. Avec une moyenne de 4.77 nœuds, c’est notre traversée la plus lente.  Mais nous voilà mouillés dans une piscine bleue-turquoise avec vue sur des îlots de sable blanc remplis de palmiers. Une vraie carte postale !

Fenêtre météo ?

publié le 23 nov. 2019 à 17:58 par Sailing Olena

Nous avions prévu de quitter Tahiti pour monter aux Tuamotus le dimanche après la pose des batteries. Il y avait une fenêtre météo favorable dimanche et lundi pour nous rendre à Rangiroa.

Comme Timeo a eu un accident, nous avons reporté le départ, malgré que nous étions tard pour la remontée aux Tuamotus puis Marquises. Ces lieux se trouvent au nord-est de Tahiti et les vents d’été de l’hémisphère sud (novembre à mars) sont de nord-est, c’est-à-dire en plein dans le nez !

L’ORL nous avait dit qu’on devrait pouvoir partir. Mais ça impliquait de louper le rendez-vous de contrôle avec l’ORL et de chercher un infirmier pour enlever les points de suture externe dans les 7-10 jours suivant le passage au bloc. De plus, s’il avait le moindre problème, et les infections en milieu tropical sont dangereuses, nous devions retourner à Tahiti. On évasane (évacuation sanitaire) les personnes à Tahiti, mais ça coûte très cher ! Nous n’avions pas envie de prendre un risque quelconque.

Nos batteries nous ont retardés de bien 6 semaines, on se dit que quelques jours de plus ou moins, ce n’est pas bien grave. Mais avons-nous raté la dernière fenêtre météo ? Nous ne sommes pas les seuls à être en retard et à attendre une bonne fenêtre. En attendant, on se déplace entre Tahiti et Moorea, écoutant la météo et espérant qu’aucun cyclone n’ait l’idée de venir par ici. Car nous sommes déjà en saison cyclonique ! Mais les cyclones sont moins nombreux dans ces îles qu’aux Caraïbes et on serait une année où le risque serait faible.

Ce qui nous irrite, c’est que les cyclones par ici sont moins prévisibles qu’aux Caraïbes. Là-bas, ils commencent au Cap-Vert et on est avertis 5 jours à l’avance d’un risque. Puis les américains surveillent les systèmes de près, on est très bien informés. Ici, ils partent parfois des Marquises, bien plus près, puis ils vont où ils veulent, sans logique. Les sites météos cycloniques trouvés n’ont pas l’air aussi bien que ceux que j’avais l’habitude aux Caraïbes. Puis c’est par internet et dès qu’on quitte les îles autour de Tahiti, on a internet uniquement près des villages (aux Tuamotus) est c’est très très lent (G2 GPRS) et pas mal cher. On a hâte d’être aux Marquises. J’ai hâte de hisser les voiles, la navigation me manque.

 

A nouveau en attente

On se retrouve à attendre, mais cette-fois, l’humeur est meilleure. Le bateau est prêt, on peut hisser les voiles, mon nouveau gilet de sauvetage et notre nouvelle GoPro en provenance de Nouvelle-Zélande sont à bord également. Il manque plus que le bon vent !

Il se peut que nous ne puissions pas nous rendre à Rangiroa comme on le voulait, à moins d’avoir 2 jours de vent sud-est. Nous regardons également pour un vent de nord, qui pourrait nous amener à Fakarava ou un autre atoll un peu plus à l’est.

Alors on s’occupe à nouveau. Un jour j’ai fait louper l’école aux enfants pour nous rendre au salon du livre à Papeete. Il y avait beaucoup de livres divers sur la Polynésie, romans, livres d’enfants, contes des légendes etc… Ce fut très intéressant. A côté de cela, il y avait des animations et des conférences pour découvrir les métiers du livre. Nous avons assisté à celle du métier d’écrivain, présenté par l’écrivain Ingrid Astier. C’était très intéressant, elle a comparé l’écriture d’un livre avec la construction d’une cabane, et toute la conférence était un échange entre le public – pour la plupart des élèves entre l’âge de Cyliane et Elina – et l’écrivain, qui se promenait parmi le public. Ensuite on a assisté à celle du métier d’illustrateur, très intéressant également.

En nous promenant parmi les stands de maisons d’éditions, voilà qu’une illustratrice nous présente son livre. Elle a mis un an à faire toutes les images, qui sont superbes. Par endroits on dirait une photo tant c’est bien fait. L’auteur était aussi présent et s’est joint à nous pour une photo puis on a discuté avec lui. Comme nous, il est venu en Polynésie en voilier !
Comme le livre nous plaisait, et qu’il raconte les légendes des îles que nous avons visitées, nous l’avons acheté et ils nous l’ont dédicacé.

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Nous sommes retournés à Moorea, qui est une île plus plaisante que Tahiti. On y a retrouvé des bateaux suisses (nous étions 3 au même mouillage !) et un bateau allemand avec un garçon de l’âge de Cyliane. Ça nous donne un peu l’impression de vacances, malgré l’école le matin. Il n’y a plus trop de réparations à faire en ce moment, ça fait du bien.

Stéphane est allé faire un reportage photo pour un ancien grand navigateur allemand. Il nous a demandé de photographier son ancienne habitation, qui a été remplacé par un hôtel. Et moi j’ai mis ma nouvelle machine à coudre à l’épreuve. On a enfin trouvé une machine pour tissus épais à prix abordable. Ma machine électronique, une bonne machine pour de la couture à la maison mais inutile sur un bateau où la plupart des choses à coudre sont trop épaisses (voile, toiles, attaches…), a été vendue très rapidement ! Un copain suisse est passé avec son lazy bag (sac dans lequel se descend la grand-voile) pour faire quelques réparations avec ma machine. Il a été conquis, lui aussi va en acheter une et vendre celle qu’il venait pourtant d’acheter.

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Test de matériel de sécurité lors de puces nautiques

Manahiva et sa famille

publié le 23 nov. 2019 à 17:54 par Sailing Olena

Manahiva, le petit garçon qui s’est aussi fait recoudre la langue le même soir que Timeo, est devenu un copain de Timeo et je me suis bien entendue avec sa maman. Le week-end suivant, ils sont venus au bateau pour la journée, Manahiva et son frère ont bien joué avec nos enfants, pendant que leurs parents et nous, passions une superbe journée ensemble.

Ils sont repartis en nous donnant rendez-vous pour aller chez eux. Le soir même, Manahiva téléphonait à Timeo car il avait déjà l’ennui ! 3 jours plus tard, on s’est rendus à Papeete en annexe pour nous rendre au rendez-vous.

Nous avons passé une chouette soirée chez eux. L’entente est parfaite. Le papa vient de Moorea, la maman de la Réunion. Tous deux d’anciens militaires, le papa travaille encore parfois pour l’armée. Sinon ils tiennent une école de conduite à Moorea, mais la conduite se fait à Papeete, lieu de l’examen de conduite.

La semaine suivante, ils ont pris le ferry pour venir nous visiter à Moorea ! Nous avons à nouveau passé une superbe journée en leur compagnie. A notre retour à Tahiti, ils sont venus nous chercher à peine l’ancre posée et nous avons passé une superbe soirée chez eux.

On a hâte de se revoir.

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Des baleines au chemin

publié le 23 nov. 2019 à 17:52 par Sailing Olena

On a fait plusieurs voyages entre Tahiti et Moorea et on s’est retrouvé plusieurs fois avec des baleines à bosse au chemin.

Il y a peu j’écrivais ne pas vouloir croiser de baleine dans une passe, ça nous est arrivé deux fois, alors qu’on sortait de la baie de Cook de Moorea. La première fois, elle était contre la sortie, on l’a vue alors qu’on était dans la passe, on est passés tout doucement d’un côté de la passe alors qu’elle avait l’air de rester de l’autre. Ce n’est pas bien large, environ 150m, mais suffisant. La seconde fois, elle était à l’entrée de la passe, elle traversait de long en large. On a dû attendre un peu pour qu’elle choisisse un côté afin qu’on puisse passer de l’autre. Il faut dire qu’elle était « chassée » par plusieurs bateaux whale-watching qui ne respectaient pas les distances (c’est courant à Moorea malheureusement), ce pourquoi elle ne savait pas trop où aller.

Ce jour-là, nous avons encore vu 2 autres baleines le long du récif. C’est toujours un superbe spectacle de les voir !

Un jour, alors que nous allions au fond de la baie de Cook, on voit un baleineau faire des pirouettes, au milieu de la baie juste devant l’hôtel. La maman était en surface et ne bougeait pas, elle était certainement en train de se reposer. Certains locaux étaient en pirogue et kayak et admiraient le spectacle, à une bonne distance. Afin de ne pas passer trop près, nous avons fait un détour derrière un super-yacht mouillé, sur quoi un local vient à toute vitesse nous avertir qu’il y a des baleines, qu’on doit venir voir. Quelle gentillesse !

Rencontre avec le ministre

publié le 23 nov. 2019 à 17:51 par Sailing Olena

Nous étions dans le mouillage le plus grand de la région, assez proche de Papeete, quand des officiels sont passés nous voir avec une invitation à une réunion d’information publique sur le projet de réglementation du mouillage, qui sera tenu par le ministre de la Polynésie Française. Le mouillage va être interdit d’ici sous peu et le ministre cherche à savoir les besoins afin de trouver des solutions. Sa démarche est exemplaire ! Mais la réunion ne s’est pas tout à fait déroulée comme imaginé.

Ils vont renflouer une partie de la baie pour gagner de la terre, et retrouver ainsi le littoral d’antan, afin de faire un village polynésien avec un gros hôtel, devant lequel il sera interdit de mouiller.

L’information a été suivie par l’énumération des préjugés sur les voileux (plaisanciers). Par exemple que nous faisons pipi-caca dans l’eau, alors qu’un grand pourcentage de l’île n’est pas encore branché au réseau de la station d’épuration et se déverse également dans le lagon. « Il faut bien commencer par quelque part » a dit le ministre.

Il aborde le gros problème des épaves, car certains abandonnent leurs bateaux aux mouillages. Ils ne peuvent rien faire, car légalement, le bateau a un propriétaire. Ces bateaux finissent par couler un jour (l’un d’entre eux a coulé une 10aine de jours après la rencontre) et ça fait de gros frais au gouvernement polynésien. Puis il nous montre des photos des bateaux au mouillage, classés par état dont ils estiment leur maintenance. Vers un monocoque acier, apparemment en ordre mais ayant 3 traînées de rouille, le ministre a dit que c’était de la pollution visuelle.

Il a voulu savoir si nous irions à la marina s’il y avait plus de place. Presque tous ont répondu non, à cause du prix et aussi en comparant la vie à la marina avec un campement sur le parking d’un supermarché.

Le ministre voulait savoir le nombre de bateaux qui habitent la baie depuis un certain temps et le nombre de bateaux qui sont des visiteurs. Etant venus nous inviter le jour d’avant et étant passés qu’une seule fois, nous étions peu nombreux. Malgré cela, le ministre a déclaré que vu qu’il y avait peu « d’habitants », il n’y avait donc pas de problème puisque nous sommes majoritairement des visiteurs !

Le problème c’est les visiteurs ! Le ministère fait tout pour augmenter le tourisme. Pour attirer les voileux, ils ont changé la durée de séjour autorisée des bateaux en Polynésie en la passant de 6 mois à  3 ans et ont réduit de beaucoup la taxe de papeetisation (pavillon polynésien) pour ceux qui veulent rester. De plus en plus profitent d’y rester plusieurs saisons et chaque année, environ 400 bateaux font la traversée pour y venir. Tahiti est presque un passage obligé, certains y font un petit stop pour le réapprovisionnement, d’autres restent « bloqués » des semaines, voire plus, pour des réparations et/ou à attendre des colis avec des pièces de rechange. Il y a des chantiers navals sur d’autres îles, mais ils sont pas mal bondés, et c’est à Tahiti qu’on trouve le plus de matériel. C’est aussi à Papeete que se trouvent les médecins et dentistes.

Nous sommes beaucoup trop nombreux, c’est un fait, ce pourquoi on ne se sent pas toujours les bienvenus dans les îles de la Société. A Moorea, certains mouillages sont recensés pour 5-10 bateaux, on y trouve une trentaine à l’ancrage ! Pas étonnant que les locaux en ont marre. C’est pareil pour nos déchets, à Moorea on avait un container pour nous, il nous a été enlevé car la société de voile ne payerait pas assez. On ne sait plus trop où mettre nos déchets sans se faire gronder par les locaux. A Raiatea, des pirogues sont venus brandissant une grosse pince pour faire partir un voilier, sinon ils lui coupaient la chaîne ! Bon, on ne sait pas non plus s’il était ancré trop près du bord et avait peut être refusé de se déplacer, car pour les polynésiens, le lagon fait partie de leur jardin.

A présent, ils veulent interdire le plus gros mouillage de Tahiti (plus de 100 bateaux en haute saison). Les mouillages proposés sont en grande partie des mouillages existants, avec des corps morts (bouées) qui sont tous occupés avec une liste d’attente. Les nouveaux mouillages proposés ne couvriraient même pas 50% de celui qui va être interdit, et pour l’instant ils sont à une durée limitée à 48 heures. Mon ressenti imagé : La Polynésie fait tout pour amener les touristes et à leur arrivée, elle leur ferme les hôtels de la ville principale sous le nez.

Le ministre a quand même pris note de la nécessité d’une place hors eau pour pouvoir y laisser les bateaux pendant plusieurs mois pendant l’absence des propriétaires, afin de libérer certains corps morts. Pour les voileux qui suivront derrière nous, espérons que ça aboutira à quelque chose.

A la fin de la rencontre, j’ai été interviewée par la télé, qui a filmé une bonne partie des échanges.

On coule dans 5 minutes !

publié le 23 nov. 2019 à 17:50 par Sailing Olena

Un jour on entend à la VHF un bateau appeler pan pan (besoin d’aide, sans danger de personne). C’était MOGGY un catamaran australien, qu’on a souvent croisé sans faire connaissance. Ils n’étaient pas loin au dehors de la passe de la rade de Papeete et demandaient un remorquage immédiat à l’intérieur du lagon, ils coulent dans 5 minutes ! Le JRCC (ceux qui coordonnent les secours) communique avec eux et met plusieurs minutes à faire l’appel à tous à la VHF. Avant l’appel du JRCC, Stéphane avait déjà sorti notre pompe à eau 230V du fond de la soute.

La vigie de la tour de contrôle de l’aéroport avait même informé voir le bateau une coque déjà sous l’eau ! On se trouve à plusieurs kilomètres de Papeete, mais Stéphane part en trombe en dinghy. Les secours maritimes sont une baie après nous, en direction de l’incident ! Ils ne se sont pas déplacés, ça ne les concernait pas.

Je contacte le bateau en détresse pour savoir s’ils ont encore du courant ou s’il faut appeler pour trouver une génératrice portable. Je n’ai pas compris sa réponse, sur quoi le JRCC me demande si c’est bien une pompe qui est en route. Elle fait appel aux bateaux ayant une génératrice de s’approcher du sinistre. Sur quoi j’ajoute que d’autres pompes seraient utiles également vu la vitesse à laquelle ils coulent ! Les proprios du bateau avaient informé entre deux que la 2ème coque était également sous l’eau (plus de 5 minutes avaient passé…). Sur quoi la dame du JRCC me fait la remarque que tout le monde a mesuré l’urgence de la situation. Apparemment non, puisque peu de monde s’est déplacé.

Stéphane arrive bien 15 minutes après le 1er appel d’aide, un petit cargo était déjà en train de les remorquer et naviguait en direction de Moorea ! Ils n’avaient pas l’autorisation de rentrer dans la passe, car il y avait un autre cargo en attente.

Le bateau flottait comme un radeau sur sa nacelle, les 2 flotteurs immergés. Ils ont installé la pompe sur le convertisseur des batteries, car la génératrice était déjà sous l’eau et aucune génératrice portable à l’horizon. Stéphane est resté dans l’annexe, il ne voulait pas monter à bord et risquer de perdre notre annexe si le bateau coule. Mais il restait près d’eux et ramassait les choses qu’ils semaient.

10 minutes plus tard, l’annexe d’un super-yacht est arrivée avec une grosse motopompe. Une fois dans le port, un remorqueur, qui était en attente depuis un petit moment, a pris le relay pour les derniers 100 mètres. Je suivais tous les échanges par VHF et me demandais pourquoi il n’est pas sorti. Ça aurait été plus simple pour un remorqueur que pour un cargo. Le port de Papeete se trouve juste à côté de la passe !

Pendant le remorquage, le JRCC appelait les sinistrés avec des questions… p.ex. le numéro de leur balise de détresse ! La dame avait en ce moment d’autres chats à fouetter que de chercher ces infos dans son bateau ! Sa balise était encore éteinte à ce moment-là. Quand elle s’est activée toute seule, ils l’ont su le numéro, mais ils ont dû faire sûr qu’il s’agissait bien du même bateau, car la balise était sous l’ancien nom du bateau (ça peut prêter à confusion !).

Après-coup on a appris qu’il est très important pour le JRCC de connaître le numéro de la balise, qui est en effet le numéro MMSI. Le déclanchement d’une balise met en route une procédure de secours coordonnée à l’étranger, probablement le CROSS de Gris-Nez en France. Le JRCC doit les avertir de l’incident déjà sous contrôle afin de ne pas mettre de procédure en route si la balise s’enclencherait.  Nous avons aussi appris que le travail du JRCC est de sauver des vies, pas les bateaux, le pourquoi des questions de gilets de sauvetage etc…

Le JRCC avait organisé des pompiers avec des motopompes pour leur arrivée au port quand ils ont eu l’info de témoins visuels qu’une annexe était arrivée avec une motopompe. Puis ils ont eu l’info qu’ils étaient 4 à bord à présent et non, ils ne portaient pas de gilets (je stressais, croyant Stéph à bord).

Une fois le bateau au ponton, les pompiers sont arrivés avec 4 pompes, mais une seule fonctionnait ! C’est un bon moment plus tard que d’autres pompiers sont arrivés avec les feux bleus et ont amené une grosse pompe.

Au départ de Stéphane, le bateau flottait, mais beaucoup est foutu, mécanique, électrique, les meubles ont pompé l’eau salée. Même dans le carré il y avait de l’eau.

Le bateau sortait du chantier, ils avaient fait des trous dans les escaliers des jupes pour sortir des cuves et les avaient colmatés provisoirement. Pour se rendre dans la rade, on ne peut pas passer sous le pont, on doit sortir par la passe et entrer dans celle d’à côté. A l’extérieur une vague a arraché le colmatage provisoire, laissant 2 énormes voies d’eau d’environ 40*25cm. Là on comprend mieux pourquoi elle disait qu’ils coulaient d’ici 5 minutes !

Là aussi, c’est les gens du super-yacht qui ont été chercher bouteilles de plongée et outils à air comprimé pour pouvoir visser des planches sous l’eau. C’est incroyable, t’es en train de couler, peu viennent t’aider et pas les pros qu’on imagine (qu’on entend tous les jours à la VHF annoncer au JRCC qu’ils partent faire des entraînements). Puis tu n’as même pas la priorité pour passer la passe !

Heureusement que la solidarité des plaisanciers existe, et j’aurais jamais cru qu’un super-yacht viendrait aider pareillement. Bravo et merci à ce magnifique super-voilier ETHEREAL !

Quelques jours plus tard, on entend l’appel d’un pêcheur en panne moteur au loin de Tahiti. Le JRCC a voulu organiser un remorquage payant (professionnel), impossible, aucun bateau en état. Au final ils ont dérouté un navire de pêche espagnol qui passait au loin de Tahiti.

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