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Saint Pierre de Martinique et son histoire

publié le 19 mai 2018 à 21:40 par admin Olena   [ mis à jour : 19 mai 2018 à 21:42 ]

C’est une ville d’art et d’histoire. Au XVIIIème siècle, c’était le « Petit Paris des Antilles », la capitale économique de l’île, l’endroit duquel partait toute la marchandise martiniquaise exportée dans le monde. Une ville riche, les maisons étaient toutes faites en pierre et la plupart avaient déjà l’eau courante, ce qui n’était pas encore le cas en France ! Même l’électricité était courante dans les habitations, ils possédaient une bourse aux marchandises et même déjà le télégraphe.

Le 8 mai 1902, en l’espace de quelques minutes, la ville et ses 30'000 habitants n’existaient plus. Construit sur les abords du volcan de la Montagne Pelée, les gens n’ont pas pris en considérations les signes de réveil du volcan qui avait déjà fait plusieurs morts depuis un mois, et donnait des signes depuis le mois de janvier. La connaissance des volcans n’était pas celle d’aujourd’hui non plus. Vu la topographie, Saint Pierre était censé être protégée, plusieurs personnes ont fait l’erreur de venir s’y mettre en sécurité. Et puis il y avait aussi un enjeu politique, il y avait un 2ème scrutin électoral qui devait avoir lieu le 11 mai, ce pourquoi les autorités martiniquaises avaient refusé d’évacuer la ville.

Ce matin-là, à 8h05 les églises étaient pleines, car c’était le dimanche de l’Ascension. Eh oui, les messes commençaient à 8h00 ici ! Le volcan a explosé en direction de Saint Pierre, d’une force égale à 63x Hiroshima ! Les maisons, le phare et même les églises avec leurs murs très épais se sont écroulés par le souffle de l’explosion. Il s’en est suivi d’un gros incendie. Les bateaux à l’ancre ont été couchés par le souffle et ont coulé. Un bateau en chemin pour venir s’y ancrer a pu rebrousser chemin à temps pour aller avertir Fort-de-France que Saint Pierre n’existe plus.

Selon les sources, il y aurait eu 1, 2 voire 3 survivants. D’autres mentionnent les entrées à l’hôpital de Fort-de-France où il y en aurait eu un peu plus. Le plus connu des survivants est Cyparis, un prisonnier qui aurait été dans un des deux cachots de la prison. Les américains ont amené ce prisonnier dans leur pays pour exhiber « le condamné à mort seul survivant de Saint Pierre ». Mais d’autres sources parlent de Cyparis (qui aurait été qu'un petit délinquant et non un condamné à mort) qui s’était fait la belle pour se rendre à une fête à la ville d’à côté, ce pourquoi il aurait survécu. On ne peut être certain de l’histoire, car elle change beaucoup selon les sources. Mais il est vrai que ce serait surprenant qu’il ait survécu dans le cachot, quand on voit comment les grilles en fer forgé se sont tordues à la chaleur de l’incendie.

La ville a subi une autre explosion de la Montagne Pelée en 1920 ou 1921, cette fois à 173x la puissance d’Hiroshima. La Montagne Pelée est un volcan gris, il lance des bombes volcaniques (gros cailloux), et beaucoup de cendres (contenant des cailloux), mais pas de lave !

Je ne sais pas quand ils se sont remis à reconstruire et déblayer la ville. J’ai entendu parler qu’ils offraient maison & terres aux gens qui voudraient bien venir y vivre, ainsi que d’une famille ayant reçu une maison qui se trouvait au-dessus des ruines du théâtre et qui a dû être relogée quelques années plus tard lors du déblayage. Une fois qu’ils ont déblayé les cendres des anciennes rues, les maisons se retrouvaient 6 mètres au-dessus de la rue !

Ce qui rend les rues de la ville intéressantes, c’est de voir les maisons reconstruites en utilisant les ruines qui tenaient encore debout. La plupart des maisons possède un bas de mur des ruines. Certaines ruines sont restées en l’état, comme le théâtre, la prison, l’église du Fort, les bureaux du Génie et la maison coloniale de santé (appelée aussi la maison des fous). On se promène dans un musée géant, des ruines un peu partout, des vieilles ruelles avec des canalisations pour l’eau propre et l’eau sale. Il y a un monument qui a résisté aux explosions, c’est le pont des Roches, que nous avons emprunté à plusieurs reprises.

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