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Nettoyage de la coque en profondeur

publié le 4 nov. 2018 à 17:34 par Sailing Olena   [ mis à jour : 4 nov. 2018 à 18:14 ]

Comme tous les bateaux, nous avons un mini récif sur la coque. Entre les algues, coquillages, et crustacés, il y a plein d’hydraires. Ca ressemble à de petites plantes blanches pleines de branches, mais ce sont des animaux de la même famille que les anémones et méduses. Tout comme les méduses, elles piquent !

La première fois que Stéphane les a enlevés, il était plein de taches rouges un peu partout et ses pieds, endroit où il s’est bien fait piquer, se sont mis à gonfler avant de perdre la peau. Au prochain nettoyage quelques mois plus tard, il a mis sa combinaison de plongée, bottillons et gants afin de ne pas toucher ces petites bêtes. Il s’est fait piquer au cou, mais le venin passant dans le sang, a réactivé ses anciennes brûlures et il a recommencé à gonfler aux pieds et perdre la peau.  Le diagnostic est simple, il fait des réactions allergiques aux piqures d’hydraires.

A prorata de la taille, les hydraires sont les animaux avec le venin le plus puissant.

Nous pensions laisser la coque telle-quelle car à la sortie de l’eau, ils la lavent avec l’hypromat. Patrice sachant le travail qu’on aurait à faire à la sortie de l’eau nous a encouragés à commencer de poncer la coque sous l’eau, c’est plus simple. La peinture anti-fooling est souvent de l’érodable, c’est-à-dire qu’elle part d’elle-même dans la mer. Mais avant de pouvoir poncer, il fallait enlever les hydraires !

Depuis une fameuse plongée en Mer Rouge, où un gros bateau de plongée nous est passé dessus, alors que nous étions dans un canal de 3 mètres de profondeur environ, j’angoisse sous la coque d’un bateau. En plongée, j’ai horreur d’entendre tourner des bateaux au-dessus, et je remarque que ma consommation d’air augmente. Même sous notre bateau en Suisse, Stéphane nettoyait la coque, j’étais au sol et le regardais, je n’arrivais pas à aller l’aider, je commençais à hyperventiller, alors que je savais pertinemment que personne était sur notre bateau, ni n’avait les clefs pour le mettre en marche.

Là, je n’avais pas le choix, il fallait y aller. D’habitude je nettoyais les bords, sans regarder sous l’eau, mais là je devais aller faire pareil, sous l’eau. Je mets combi, bottillons et gants, prends une bouteille de 15 litres et y vais. Les débuts n’étaient pas glorieux, je siphonnais ma bouteille et j’ai dû remonter à la surface pour respirer correctement. J’étais tant occupée à me concentrer sur ma respiration que le travail n’avançait pas si vite que ça. Il fallait gratter la coque avec un grattoir plastique qu’on utilise pour enlever la glace sur les pare-brises. Quasiment tout s’enlève et reste en suspension à côté de la tête, la visibilité devient mauvaise et les poissons me tournent autour, car plein de mini crustacés se trouvent sur ce que j’ai gratté. J’ai insisté et à la longue, ça allait de mieux en mieux, au bout de 2 heures, j’avais plus d’air et une coque était faite.

En sortant, tout mon matériel était plein de mini crustacés, des petites crevettes et autres d’à peine quelques millimètres de long. On en a pris quelques-unes et les avons regardés avec le petit microscope que Timeo avait reçu de Bernadette et Pascal de VALHALLA. Nous avons vu des bébés crevettes, crabes, langoustes et autres crustacés que je n’avais jamais vus avant.

L’après-midi j’y suis retournée, avec une bouteille de 10 litres cette fois et il me restait de l’air en sortant ! En 2 heures, j’ai fait la 2ème coque et je me suis attaquée aux embases (la partie du moteur qui pend sous la coque à laquelle est attachée l’hélice) et hélices. J’avais l’impression d’ouvrir des huitres. Des coquillages ronds, de bien 3cm de diamètre mais tout plats étaient collés un peu partout. Je les ouvrais avec mon couteau de plongée avant de pouvoir décoller l’autre partie de la coquille.

Il y a aussi pas mal de barnacles sur la coque ce sont des coquillages qui ressemblent à des volcans, beaucoup les appellent des chapeaux chinois. Ils sont très durs et collent très bien. On en avait eu un sur le dessus du safran qu’on n’avait pas vu et en navigant, chaque mouvement du safran creusait petit à petit un trou dans la coque. Stéphane est allé sous l’eau, remplir le trou avec une pâte spéciale, c’est une réparation temporaire.


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