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Les îles de la Petite-Terre

publié le 16 mars 2018 à 22:51 par admin Olena   [ mis à jour : 16 mars 2018 à 22:54 ]

Nous avions entendu parler d’un endroit où Cousteau avait une base en Guadeloupe et voulions absolument y passer. Nous ne nous étions pas encore renseignés de l’endroit, et lorsque Nick nous a parlé des îles de la Petite-Terre, en tant que paradis pour faire du snorkling, nous pensions que c’était ça. Eh non, Cousteau était ailleurs (île du pigeon), mais en lisant notre guide sur ces îles, nous étions convaincus et avons suivi VENTUS à la plus grande joie des 6 enfants.

La traversée fut agréable, nous avons pêché, eu 2 touches mais perdu les poissons avant même les avoir tirés jusqu’au bateau. L’un faisait de gros bonds hors de l’eau.

Puis nous nous sommes faufilés entre ces 2 îles, qui font partie d’une réserve naturelle. L’entrée parait grande, mais les récifs sont présents des deux côtés, nous suivions donc les 3 points GPS donnés par notre guide pour entrer sans problème. Le seul hic était de savoir s’il y restait encore des bouées de libre, nous avions 1 catamaran qui est entré juste avant nous et VENTUS à l’arrière. De l’entrée, on voyait plein de bateaux, ça ne présageait rien de bon. Puis les gardes de l’île arrivent vers nous et demandent si nous avions réservé. « Oups, il fallait réserver ? » « Pas de souci, c’est nouveau, depuis février, il doit y avoir de la place ». Effectivement, une fois que le cat devant nous avait amarré, nous avons trouvé une bouée facilement, et pendant que nous faisions la manœuvre, un bateau à l’arrière est parti libérant une bouée pour VENTUS. Les guides sont passés à nouveau avec toutes les instructions de la réserve.

Nous sommes d’abord allés nous promener sur l’île, c’était la fin de l’après-midi et les nombreux bateaux de touristes étaient en train de partir. Nous sommes de suite tombés sur un magnifique iguane antillais, posé sur la grille d’un grill encore tout chaud, à côté d’un rat et au-desous du grill, une bonne vingtaine de Bernard l’Hermites. Je me suis baladée jusqu’au phare, rencontrant d’autres iguanes et des petits oiseaux, des surcriers. D’ailleurs, ces oiseaux peu farouches, viennent même à l’intérieur du bateau, passant juste à côté de nos têtes!

En revenant à la plage, je découvre Stéphane en discussion avec une allemande et Nick avec son partenaire irlandais. Ils allaient faire un barbecue, car ils avaient du poisson à griller. Nous avons prévu d’en faire un le lendemain. Les hommes les ont rejoints après le repas pour boire quelque chose ensemble.

Le lendemain matin, nous sommes partis tôt sur l’île pour faire la petite ballade avant l’arrivée des touristes (en grand nombre), afin de voir des iguanes. Nous avons été servis, rien que le bout jusqu’au phare, nous en avons vu bien une 50aine ! Des verts (ce sont les jeunes, car il n’y a pas d’iguane verte sur l’île) et des gris. Les panneaux d’explications de la faune et la flore étaient très ludiques. Puis nous avons fait un petit peu de snorkeling avant de rejoindre le bateau pour y faire de l’école. L’après-midi, Sophia est venue pâtisser chez nous, les filles nous ont concocté une tourte aux carottes pour le dessert. Le soir, nous avons fait un barbecue avec VENTUS et LIFE PART 2, un couple de canadiens, qui étaient également à l’ancre avec nous à Grand Bourg et Saint Louis.

C’est le lendemain après-midi que nous avons fait un bon moment de snorkeling. Nous avons commencé par regarder sous notre bateau, car il y avait des raies. Nous avons attaché une corde à laquelle se tenaient les enfants, car il y avait pas mal de courant. Cyliane en voyant le barracuda et la raie est ressortie de l’eau direct. Puis nous sommes allés parquer notre annexe aux bouées à annexe pour faire du snorkeling à partir du bord. A moins de 20cm du bord se promenaient des bébés requins citrons, mais entre-temps, les enfants s’y étaient habitués et n’avaient plus peur. Il n’a pas fallu 5 minutes qu’Elina ait déjà vu une tortue, puis une 2ème. En tant que plongeuse, je dois dire que le corail était mort tant qu’il a été piétiné, mais il y avait encore quelques poissons de corail à voir.

Après avoir passé 3 nuits dans ce paradis, il a bien fallu laisser la place à d’autres et nous voulions repartir avant l’arrivée des bateaux à touristes afin de nous laisser plus de place pour manœuvrer. En fait, il faut faire demi-tour pour ressortir, car à l’est, il y a une barrière de corail entre les deux îles. Les gouvernails de notre bateau réagissent bien qu’à partir de 2 nœuds de vitesse, ayant déjà 1 nœud de courant, il faudrait naviguer à 3 nœuds pour bien manœuvrer et c’est trop vite pour zigzaguer entre les bateaux. Mais la nature n’était pas de notre avis. La surprise du matin fut les grosses vagues cassantes au niveau de l’entrée dans le lagon. Le guide en parlait, mieux vaut ne pas rentrer par ces conditions et revenir un autre jour. Nous avons donc attendu. Puis Nick nous appelle par VHF, ces vagues font peur… ça sert à rien d’attendre, les vagues ne vont pas s’estomper avant lundi, ça risque même d’être pire. Je lui dis vouloir regarder les manœuvres des bateaux de touristes et d’attendre. Eux ont décidé de partir ½ heure plus tard. C’est munis de nos jumelles du haut de notre toit qu’on les regarde sortir. Ouille, aille, nous avions beau ne rien entendre, on avait mal pour eux, j’imaginais les craquements du bateau. Peu après, Nick nous appelle par VHF, « plus jamais je refais ça !  On a eu bien peur !». Et à l’extérieur, un temps superbe pour faire de la voile, 15 nœuds de vent, des petites vagues…

En attendant, Stéphane répare notre VHF, car nous venions de remarquer qu’on n’entendait plus rien. Il a vite trouvé le problème, le branchement de l’antenne sur le boîtier qui sépare VHF, radio et AIS. Voilà pourquoi par petits moments, les bateaux ne nous voient pas sur AIS et pourquoi sur notre AIS, des bateaux disparaissent quelques minutes ! C’était des faux-contacts et là, il n’y avait plus de contact du tout.

On continue notre observation, les vagues ont l’air de s’estomper, nous avons remarqué un temps de 1-2 minutes sans vague suivi d’une 10aines de minutes de vagues. Un plaisancier arrive, fait un surf sur une des vagues et s’approche très près de l’île et son récif. Ouf, il arrive sain et sauf à se mettre à la bouée. Puis LIFE PART 2 lâche les amarres. Toujours sur notre poste d’observation, on les voit passer bien mieux que VENTUS, plus à l’ouest, vagues moins hautes, mais ils ont quand même chopé une grosse vague. OK, c’est le moment, l’école est finie, on a rangé toutes les affaires qui pourraient voler, on y va. Stéphane avance lentement (comme il peut, car le courant nous pousse), essayant de choper le moment sans vague. On passe les 2 points GPS et on tourne, face aux vagues pour sortir du lagon en passant par le 3ème point GPS, tout va bien, on est dans un moment sans vague, ça secoue très peu. Puis voilà une grosse vague, de plein front, et juste derrière elle, une autre, un mur de 2m de haut. Elles sont tant serrées, qu’on a l’impression qu’elles sont à angle droit ! Elina crie « la vague, la vague ! » eh oui, mais là, c’est trop tard, on peut rien faire, il faut continuer contre, si on essaye de tourner, c’est pire. Je crois que c’est la pire vague qu’on ait jamais passé, mais derrière elle, le calme, on était sorti du lagon. Stéphane a managé cette sortie comme un chef ! Il était temps de sortir les voiles avant pour faire quelques heures de « papillon », comme pendant la transat.

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