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L’eau si chère

publié le 19 mai 2018 à 21:50 par Sailing Olena

La consommation d’eau est un grand sujet sur les bateaux de plaisanciers. En Europe, vu qu’on est beaucoup dans les ports où l’eau coule à flots, un peu moins. Mais ici, on évite les ports au maximum pour des questions de budget, et franchement, c’est bien plus sympa de pouvoir se baigner autour de son bateau quand on est ancré dans une belle baie, et de voir les tortues alors qu’on est en train de déjeuner. Quant aux ports, faut les chercher, car aux Caraïbes, il n’y en a pas beaucoup et ils sont souvent pleins.

Nous avions remarqué que notre consommation doublait dès que nous avions 2 personnes en visite à bord. Nous consommions donc à 5 ce que consomment 2 personnes pas habituées à économiser l’eau, ce qui nous faisait penser que nous gérions bien notre consommation d’eau. Mais depuis notre transat, la quasi-totalité de notre eau provenait de notre dessalinateur, ce qui lui fait beaucoup d’heures !

Notre dessalinateur est une machine, qui demande de l’entretien, et surtout, un changement de filtres régulièrement. Toutes les 40 heures, nous en avons pour 65€ de filtres (2 pré-filtres + 1 filtre charbon actif). Ces prix sont le coût des filtres en Europe, mais il ne faut pas oublier que le réapprovisionnement de ces filtres n’est pas toujours si facile que ça. Nous ne sommes plus en Europe, tout est plus difficile et plus cher à trouver.

Le dessal est une machine électrique, pour la faire fonctionner, il nous faut faire tourner la génératrice. La génératrice est un moteur qui utilise du diesel et qui nécessite des services et un entretien, tout comme un moteur de voiture. Donc un certain coût également.

Notre dessal a un débit d’environ 120 litres par heure. C’est pas mal pour un dessal, mais quand on remplit nos bouteilles de boisson, il faut de la patience, le débit est lent ! Il faut environ 4 minutes pour remplir une de nos bouteilles de 8 litres ! Rien à avoir avec les robinets de la maison, ni avec nos robinets sur le bateau. On peut vider bien plus vite qu’on peut remplir.

Nous avons fait le calcul du coût de l’eau et avons été surpris du prix obtenu. Le mètre cube qui coûte 5€ en Suisse nous coûte 180€ ! Ou 18€ les 100 litres d’eau !

Nous avons commencé à avoir l’œil ouvert quand on trouve de l’eau pour pas cher, ainsi nous avons acheté 300 litres d’eau aux Saintes pour le prix de 3€, et pris 300 litres à St. Pierre au seul prix du transport de nos bouteilles et l’aller-et-venue avec notre dinghy. Depuis l’installation des rebords sur notre toit, nous récupérons également une partie de l’eau de pluie.

Malheureusement, nous pouvons remplir qu’un seul de nos réservoirs avec ces eaux. Le 2ème peut contenir uniquement l’eau de notre dessal, car on doit le rincer avec sa propre eau, et s’il y a du chlore ou autre produit chimique dedans, ça casse les membranes.

Nous avons commencé à suivre l’exemple des autres plaisanciers qui lavent leur vaisselle à l’eau de mer. Nous avions avant ça, essayé à l’eau froide pour économiser du gaz (car nous avons de l’eau chaude qu’après avoir navigué au moteur ou fait tourner la génératrice), mais ça nettoyait pas le gras. Par contre, avec l’eau de mer froide, ça fonctionne ! Il suffit en plus d’un peu d’eau douce pour bien rincer le tout.

Nous avons investi à Fort-de-France dans une pompe à pied pour l’eau de mer à la cuisine. Plusieurs plaisanciers nous ont dit utiliser la moitié moins d’eau depuis son installation. Nous n’en avions pas encore installée, car nos amis de MABUHAY nous avaient dit que si on ne l’utilise pas quotidiennement, ça pue !

Stéphane l’a montée le soir même et le lendemain, elle était fonctionnelle. Depuis, on peut utiliser cette eau sans modération, c’est bien pratique pour rincer la vaisselle, nettoyer quelque chose, se laver les mains… Ça a l’air de rien, mais ça nous change la vie ! Plus de sceaux d’eau de mer dégoulinants à ramener à l’intérieur pour remplir le lavabo, plus de mauvaise conscience quand on utilise de l’eau douce alors que l’eau salée irait aussi mais qu’on a la flemme d’aller chercher de l’eau à l’arrière du bateau…

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