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Escale à Mindelo

publié le 15 janv. 2018 à 10:58 par Sailing Olena   [ mis à jour : 30 sept. 2018 à 12:37 ]

Après 6 jours de mer, certains d’entre-vous nous imaginent courir les magasins. Eh non ! Notre garde-manger est encore bien rempli ! Il faut dire qu’à 6, nous avons mangé moins qu’à 5 ! Lors de cette traversée houleuse, nous n’avions pas très faim.

Par contre, le bar-restaurant flottant en face de notre place d’amarrage nous a attiré comme un aimant. Nous avons trouvé l’idée de ce radeau-resto génial, et les gens le fréquentant sont tous des navigateurs, puisqu’il est installé dans le port.

Les bateaux au port sont presque tous en escale de transatlantique. C’est une ambiance spéciale et très sympa. Ici encore plus qu’ailleurs, les gens réparent leurs bateaux. On raccommode les voiles sur le ponton, désosse les régleurs d’allure, monte au mat et sort des voiles malgré le vent et les rafales. Il y a beaucoup de français, surtout des jeunes d’une trentaine d’années.

Mindelo est une petite ville avec beaucoup de maisons colorées. Certaines en très bon état, d’autres très délabrées. Le contraste est assez spécial.

A ma première sortie du port avec les enfants pour aller se dégourdir les jambes, j’avais ma sacoche banane qui contenait mon porte-monnaie et téléphone. Je me suis demandé si je n’avais pas fait une erreur. Ce pays est pauvre, fait partie du continent africain. Il y a 14 ans, quand nous nous étions intéressés pour y venir faire de la voile, on nous avait parlé d’un pays avec beaucoup de vols. J’ai regardé autour de moi, les femmes du pays portaient des sacs à mains et possédaient des téléphones portables similaires aux nôtres. Ne portant pas de bijoux, je me suis plus trop inquiétée.

Le samedi 13 janvier était leur jour national, ils fêtaient l’indépendance ! Il y avait une démonstration pacifique dans la rue près du port, je n’ai pas voulu sortir avec les enfants.

Le soir, nous avions une welcome party au resto-flottant, offert par le propriétaire du port. Nous entendions le concert sur la place près du port. Quand nous sommes retournés au bateau avec les enfants, Dieter est parti voir la fin du concert. Ça applaudissait après chaque chanson, un moment bien choisi par un pickpocket pour lui voler son porte-monnaie qu’il avait mis dans la poche avant de son jean ! Il l’a retrouvé sur le sol, seul les billets de banque étaient manquants. Après le concert, il revenait au port qu’un grand type commence à le coller. Dieter change de rue, le type le suit et Dieter essaye de le repousser. Le type, d’une tête de plus que lui, lui arrache son collier et part en courant, en passant devant un type de la sécurité qui n’a pas bougé. Le type de la sécu a emmené Dieter jusqu’à un policier, où Dieter a raconté ce qui se passait, mais sans plus.

Se faire dérober deux fois le même soir, c’est le toupet. Le matin, j’ai direct sorti ma machine à coudre et cousu 3 sacs bananes avec poche séparée pour carte de crédit, à porter sous les sous-vêtements !

Dimanche, Stéphane les enfants et moi sommes sortis (munis de mon sac banane fait maison) se promener à la plage un peu plus loin. Sable blanc, eaux d’un bleu clair, couleurs paradisiaques. Puis nous entendions de la musique dans la rue. Nous sommes allés voir, c’était un petit cortège, des tambours jouant de la samba, des noirs (les habitants sont de couleurs, mais ils s’étaient enduit tout le corps de noir pour paraitre très noir) en habit d’époque, tenant des bois avec des têtes de poupées au bout, dansant et faisant semblant de se battre contre d’autres. A l’arrière, un pick-up avec des gros box qui déversaient toujours les mêmes chansons, donnant une ambiance de fête. Les gens chantaient, dansaient. Le cortège n’était pas long, mais tous le suivaient. Comme ils prenaient la route que nous avions prévu de prendre pour le retour, nous les avons suivis un bon bout, quelle ambiance !

Le soir, nous étions sur SANDRO, à 15 à boire l’apéro. Puis, nous avons trouvé un resto bien sympa, il y avait une scène et des musiciens qui jouaient.

Eh oui, depuis notre arrivée à Mindelo je n’ai plus cuisiné. Ce n’est pas dans notre habitude ni dans notre budget de tant visiter les restos, mais après 6 jours de mer et sachant que nous y retournons pour une bonne quinzaine de jours, on fait exception à la règle.

La journée de lundi fut prise par diverses réparations, l’achat des fruits et légumes frais pour la traversée et la visite d’une personne d’un orphelinat. Lors de l’Odyssey du mois de novembre, l’orphelinat était venu visiter les bateaux, il y en avait plusieurs qui voyageaient avec les enfants. Là, nous sommes les seuls à avoir des enfants à bord. Ayant pris trop d’habits, de jouets et de jeux à bord, nous avons trié petit à petit et décidé de les donner à SOS Children à Mindelo. Une dame est venue avec un chauffeur, ils étaient enchantés. Le chauffeur a tout pris pour mettre rapidement dans le coffre du bus, qu’il a bien fermé à clef. Déjà quelques hommes, toujours à l’affut à la sortie du port pour vendre leurs services (blanchisserie, réparations etc…) regardaient dans le coffre avec envie en réclamant qu’eux aussi avaient des enfants. La dame leur a répondu, puis l’un d’eux s’est mis à me parler en français. Je lui ai juste dit que nous avions décidé de soutenir une association.

Le port de Mindelo n’est pas abrité du vent, de fortes rafales nous arrivent dessus, heureusement par l’avant du bateau, ce qui est plus agréable quand on est dans le cockpit. Nous sommes en mouvement continuel.
Nous étions à table qu’un marinero vient nous avertir qu’une de nos cordes à la bouée s’est cassée. Etant attachés à 2 bouées et ayant des gros barbotages à l’arrière, nous n’avions encore rien senti. Et dans ce port, ça bouge tant, il y a tant d’à-coup, qu’on l’aurait peut-être même pas senti à cause des barbotages. La corde a été coupée en 2 au niveau de la boucle de la bouée. Le marinero est revenu en annexe et nous a aidés à remettre une corde à la bouée.

Et ce soir, c’est sur TUBALCAIN que nous sommes invités pour l’apéro.

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