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19-28.11.2017 Madère

publié le 1 déc. 2017 à 15:01 par Sailing Olena   [ mis à jour : 30 sept. 2018 à 12:03 ]

Nous voici enfin à Madère où nous pensions rester 1 semaine, mais le vent a décidé de nous y laisser quelques jours de plus.

A peine arrivés que nous admirions les fresques des marins sur le mur du port. J’avais déjà vu ceci à la télévision lors d’un reportage aux Açores et m’attendait pas en voir ailleurs. C’était décidé, il fallait organiser de la peinture et y ajouter la nôtre. Puis nous nous sommes baladés dans le vieux Funchal pour dégourdir nos jambes et chercher quelques plans et informations touristiques.

Lundi et mardi, nous n’avons malheureusement pas pu profiter du beau temps, car il fallait s’occuper de nos batteries. Les nouvelles étaient stockées sous la table du cockpit et nous n’aurions pas voulu qu’il pleuve dessus, car dès qu’il pleut, avec le vent, tout le cockpit est mouillé. Une fois les vieilles batteries sorties du bateau et transportées à la déchèterie (5x 66kg), je pouvais enfin aller me balader avec les enfants et laisser Stéphane en paix faire tous les branchements. En premier, il me fallait aller vers le musée CR7 (que nous  n’avons pas visité, car aucun de nous n’est fan de foot) pour envoyer une photo de la statue de Cristiano Ronaldo à mon ancienne collègue de travail, fane de lui. Puis nous avons visité un parc de la ville avant de finir au centre commercial faire quelques achats et les enfants de jouer sur une place de jeu.

Funchal de nuit est magnifique, ce n’est pas illuminé comme une grosse ville, la ville est en hauteur et on y voit plein de petits points de lumières.

 

Mercredi, Monte et le marché

Dès ce mercredi nous avions enfin le temps de visiter cette magnifique île, mais le temps était pluvieux et ils annonçaient guère mieux jusqu’à la semaine suivante. En premier nous avons décidé de monter à Monte, la montagne de la ville de Funchal pour y faire un tour en luge ! Pour des questions de budget, nous n’avons pas pris les télécabines pour nous y rendre mais y sommes montés en bus. La descente d’environ 2 km en luge sur la route était super, les enfants voulaient y retourner une deuxième fois, mais à 60€ la descente à 5 sur 2 luges, nous avons estimé qu’une descente serait suffisante. Puis nous sommes allés visiter le Jardin tropical de Monte Palace, magnifique jardin avec plein d’arbres, plantes, fleurs, étang avec fontaine, des cascades, des arches, des sculptures et 2 jardins orientaux avec des carpes koïs dans les étangs, le tout étendu sur 7ha.

A notre retour en ville, nous avons fait un saut au marché des fermiers. Nous avions été avertis qu’ils attirent en faisant goûter les choses, mais je ne m’attendais pas à ça. L’un a commencé à donner des bouts de fruits confis aux enfants, qui bien sûr ont aimé. On essaye de partir, impossible, il nous fait goûter plein de fruits de la passions différents (banane, citron, tomate…) et un fruit qu’on a jamais vu, un ananas-banane, fuit qui a la forme d’une pive verte et qui s’écaille tout seul lorsqu’il est mûr et prêt à être mangé. On ne pouvait pas repartir sans rien prendre. Un fruit de la passion citron et un orange, le voilà qui en rajoute plus, puis il me met un fruit de la passion tomate que j’ai dit non, mais il n’écoute pas et le met dans le sac. Je prends aussi un banane-ananas et voilà qu’il veut me rajouter des fruits confis, je dis très peu mais le voilà qu’il y met la dose. Puis vient la douloureuse, comme le disent les espagnols, 52€ et des poussières ! Je voyais bien qu’il typait des prix et voyait 19pt pour les fruits confis, 12pt pour le banane-ananas et je me demandais à quoi correspondait « pt ». Des Euros !!!! Et comme une conne, sous le choc, j’ai sorti un billet de 50€. Quelle nouille je fais, je me fais arnaquer et n’ai pas le réflexe de dire non et partir sans le sac contenant 5 fruits et quelques fruits confis. Désormais, je montrerai les dents et y serai préparée !

Jeudi, randonnées et Santana

Après avoir épluché les horaires des différents bus et réalisé qu’il faut plus de 3h pour nous rendre au nord-ouest de l’île, et qu’il est casi impossible de faire des randonnées entre les horaires de bus, on a décidé de louer une voiture pour 3 jours.

C’est avec nos trottinettes que nous nous rendons chez AVIS où j’avais loué une voiture par internet. Je peine à trouver l’adresse dans Google Maps, qui automatiquement me mène à Lisbonne (quelque chose avec Funchal à la même adresse !), puis enfin je vois le logo AVIS sur Google Maps, clique dessus sans contrôler le nom de la rue, vu que c’était dans les mêmes parages, et nous nous y rendons. En chemin, nous étions bien passé devant un autre AVIS, d’ailleurs j’avais hésité à leur demander, mais je suis Google Maps qui m’amène plus d’un km plus loin dans un 2ème AVIS qui me dit que j’ai loué à l’autre agence, celle devant laquelle nous étions passés. D’ailleurs j’ai à nouveau eu de la peine à rentrer l’adresse pour le retour de la voiture, il me disait sans-cesse « aucun itinéraire trouvé », bien sûr, il était à nouveau à Lisbonne !

C’est avec notre petite Kia que nous partions au nord et passions le col Poiso (1413m d’altitude) pour nous rendre à Ribeiro Frio (880m d’altitude) pour y faire nos 2 randonnées. Nous avons commencé par la randonnée PR11 Vereda dos Balcões, une ballade facile sur 1.5km le long de la levada de Serra do Faial et conduit au belvédère de Balcões avec un panorama superbe sur la vallée de la Ribeira da Metade et Faial. De là, nous aurions pu voir, si il avait fait un peu plus beau, les points culminants de l’île, 4 pics à plus de 1800m d’altitude ! Impressionnant quand on sait que l’île fait 58km de long d’est en ouest et 23 km du nord au sud ! Puis comme la plupart des randonnées de l’île, il faut faire demi-tour et refaire 1.5km jusqu’au village, où nous avons bu d’excellents chocolats chauds. Puis nous nous sommes attaqués à la 2ème randonnée, PR10 Levada do Furado, niveau moyen, d’une longueur de 11km. Il était clair que nous n’allions pas faire les 22km aller-retour, et comme beaucoup ce jour-là, nous sommes allés à environ 2km jusqu’à un point où la vue est dégagée. Là aussi nous suivions une levada, qui est un canal d’irrigation. Madère comporte un réseau estimé à 2000km de long et leur construction a commencé au XVIe siècle. Elles acheminent l’eau des versants nord-ouest qui ont plus de pluie vers les pentes sud-est, plus sèches mais plus habitables et plus agricoles.
Nous avions beau être partis du même endroit, les forêts ne se ressemblent pas. La première ballade, à l’ouest de Ribeiro Frio, on était dans une forêt ressemblant à chez nous, c’était l’automne avec ses feuilles de chêne au sol, mais il y avait aussi des platanes et des lauriers de Madère. Quant à la 2ème ballade, à l’est de Ribeiro Frio, c’était casi que des Lauriers. On a passé vers des petites chutes sur un mur de mousse, et derrière une chute d’eau.

Après cette randonnée, nous nous sommes rendus à Santana, petite ville au nord de l’île en passant par ce que je pensais être le littoral. La route serpentait et montait la montagne, dos à la mer. Au début je pensais être sur la mauvaise route. Mais nous sommes arrivés à Santana où nous avons visité les petites maisons au toits de chaume, vu une dame filer le lin, fait un tour et acheté quelques fruits à prix très raisonnable cette fois, sur un petit marché. Nous avons même acheté des fruits de la passion banane et des bananes-pommes (bananes avec un petit goût de pomme). Le retour nous l’avons fait par la voie rapide, passant par la côte est, en passant plusieurs tunnels. C’est assez surprenant, le passage du tunnel en moins de 10 minutes comparé au passage par la route de montagne qui a bien duré plus d’une demi-heure !  Les routes de Madère sont bien pire que celles du Valais, c’est plus en pente, plus escarpé, heureusement qu’ils n’ont pas de neige ici !

La voie rapide nous a fait passer sous la piste d’atterrissage de l’aéroport, œuvre que nous avions déjà regardée aux jumelles lorsque nous longions l’île à notre arrivée. Une bonne partie de la piste est posée sur des pilotis, c’est un énorme pont !

 

Vendredi, côte sud-ouest

Etant partis un peu tard, car Stéphane était affairé à ses moteurs et j’en ai profité à finir notre fresque murale, nous avons décidé de suivre la côte sud direction ouest et de se laisser surprendre par le paysage. Vu que tous les bus à touristes vendaient des tours à Câmara de Lobos et à Cabo Girão, nous y avons fait un tour. Cabo Girão est une des plus hautes falaise d’Europe ! Tout en haut, surplombant le sol de 580m il y avait une terrasse en verre et grillage, genre sky walk.

Nous suivions la côte par la voie rapide, où nous passons par d’innombrables tunnels et ronds-points. Nous croisons plusieurs voitures un peu rapide, puis l’une d’elle mord la ligne blanche dans le contour, Stéphane étant obligé de faire un écart pour ne pas se faire rentrer dedans. Puis nous remarquons que les voitures rapides, sont des voitures de course comportant pilote et copilote en casque ! Sommes-nous arrivés sur une route fermée sans le remarquer ? Non, nous croisons d’autres voitures « normales ». De bons kilomètres plus loin, il y a la police à un croisement, qui empêche les voitures de descendre la vallée, endroit d’où viennent les voitures de course. Et une policière qui fait attendre les voitures de courses, pour les faire partir entre les voitures normales. Et on assiste à un départ, ressemblant à une course de côte, n’oubliant pas qu’une fourgonnette est à quelques minutes à l’amont! Nous dirons « chaque pays sa culture » pour ne pas dire qu’ils sont carrément cinglés de faire une course d’auto sur une route ouverte.

Après maints contours et différents paysages, nous arrivons au bout d’un tunnel amenant au phare de Ponta do Pargo. L’endroit est magnifique, mais le musée est déjà fermé.

C’est par la même route que nous retournons à Funchal. En repassant dans la course. D’ailleurs on s’est mis de côté pour se faire dépasser lorsque des gens vers une maison, le public, s’est mis à hurler et à frapper des mains.

Comme je le disais, le paysage change très vite sur l’île, on peine à croire qu’elle est si petite. La moitié ouest de l’île, est remplie de forêts d’Eucalyptus, alors que la partie centrale de l’île, c’est les tropiques avec des bananeraies en terrasses. Quant à la partie est, c’est les pics de montagne et ses forêts un peu tropicales, aux multiples facettes.

Notre arrivée à Funchal n’étant pas si tardive, nous avions décidé d’aller faire du shopping. Le parking était étonnamment plein, faute de place, nous sommes d’abord allés dans un magasin de bricolage et chez Decathlon, pour retourner au centre commercial vers 21h30. Le parking débordait encore, mais nous avons trouvé à parquer. C’est une fois à l’intérieur que nous avons compris que c’était Black Friday ! Avec notre voyage, nous sommes hors temps et loin du stress de fin d’année, à mille lieues de penser aux fêtes de fin d’année. Le lendemain, nous avons appris que nous avions visité Decathlon le jour de son ouverture.

 

Samedi, São Vincente, Porto Moniz et le plateau Paul da Serra

Ce samedi, nous retraversions l’île pour aller au nord, mais cette-fois, passions par la voie rapide qui passe dans une vallée. A l’entrée de la ville de São Vincente se trouve les grottes et son centre de volcanisme. Les grottes se visitent guidées, en groupe et billingue portugais/anglais. Là nous avons remarqué que petit à petit, nous commençons à comprendre un peu le portugais, qui écrit ressemble beaucoup à l’espagnol, mais la prononciation est complètement différente. On se ferait assez vite l’oreille.

Nous avons suivi plusieurs tunnels de lave, où ils avaient creusé un petit chemin afin que nous puissions les passer en restant debout. Les marques de l’avancement de la lave sont bien voyantes. Il y avait une source d’eau potable, ils ont fait des bassins avec des parois vitrées afin qu’on puisse apprécier la transparence de l’eau. A un moment, nous pouvions passer dans un autre tunnel, pas creusé et assez bas, qui 10m plus loin rejoignait l’autre tunnel où se trouvait le chemin, elle cherchait des volontaires. Un homme et son fils y sont allés, puis Elina voulait suivre, suivie par Cyliane et Timeo et je les ai accompagnés.

En sortant de la grotte, nous suivions le groupe au musée du centre de volcanisme, où nous avons pu voir une animation sur les volcans, un film sur comment se sont créées les îles Canaries, les îles de Madère et les îles du parc national qui se trouve entre les 2, puis de prendre un ascenseur pour descendre au centre de la terre y voir le noyau (très jolie animation) et voir un film 3D sur « notre voyage » du centre de la terre jusqu’à la sortie par un volcan.

Puis nous reprenions notre Kia pour suivre la côte nord par la voie rapide, direction ouest jusqu’à Porto Moniz, connue pour ses piscines naturelles nichées dans des cavités volcaniques. Il y a aussi un trou d’eau là-bas, assez impressionnant. Je crois avoir lu sur le net qu’il s’agit d’un trou d’où l’on ne reviendrait jamais si on sautait dedans, et qu’un homme avait voulu prouver le contraire en y sautant. Ils n’ont jamais retrouvé son corps.

Nous sommes retournés en direction de Funchal en passant par le plateau Paul da Serra (1500m d’altitude), où pousseraient beaucoup de fleurs. Nous nous sommes retrouvés dans le brouillard bien épais, qui n’a pas voulu nous quitter. Nous avons quand même aperçu quelques éoliennes. Nous avons suivi la route jusqu’au col de Bica de Cana (1620m d’altitude) pour voir que la route menant à la voie rapide de la vallée était fermée et de faire demi-tour pour prendre une route qui descend sur la côte sud. Alors une grande descente commence, à l’inverse de la montagne en Suisse, ici on a l’impression qu’elle ne s’arrête jamais. On descend, passe d’épingles en épingles, et puis on sort du brouillard pour voir le panorama et de voir qu’on est toujours encore bien haut au-dessus du niveau de la mer !

Nous avons ramené la voiture chez AVIS pour remarquer qu’une fois de plus, on avait voulu nous arnaquer. Nous l’avions louée par internet à un certain prix. Au check-in, le monsieur nous note sur un billet qu’à ce prix, nous avions une franchise de plus de 1500€ en cas de problème et que pour 32€ de plus, il n’y avait plus de franchise. OK, sachant l’état des routes, ça faisait sens. Il change le contrat et nous le passe en vitesse sur une tablette où il faut signer. Stéphane voulant lire a essayé de bouger l’image sur quoi le monsieur nous dit de ne rien toucher, il faut juste signer à 2 endroits. Il imprime, on ne le relit pas et partons avec la voiture. Au moment de la remettre, un autre monsieur se trouve au bureau et nous sort un prix à plus du double de ce qu’on avait loué initialement. C’est le contrat que nous avions signé ! Eh oui, mais on n’avait pas pu le lire au moment de la signature et comme il a vu qu’on était très étonnés, et fâchés de cette bêtise, il nous a donné une réduction pour arriver au prix convenu 3 jours avant. Merci à lui pour sa compréhension. La prochaine fois, peu importe qu’on ne puisse pas bouger l’image sur la tablette, on fera pieds et mains pour bien lire les prix avant de signer dans le gros carré sur la tablette.

 

Dimanche – lundi

Ce fut deux jours calmes, où nous avons profité de rattraper un peu d’école, faire de la lessive et de passer plus de temps avec Philipp, notre voisin autrichien habitant en Suisse, qui a amarré son bateau, Bahari, à couple au notre (vu que le port n’est pas très grand, on attache un bateau à un autre, et il doit passer sur le bateau à couple pour aller à terre). Nous nous sommes vite liés d’amitié avec Philipp, un pilote et prof de pilotage. Stéphane passionné d’avions a eu de belles conversations et a été invité à aller en Alaska, où Philipp a une école de pilotage où il habite 5 mois par année. Stéphane l’ayant aidé à plusieurs reprises mécaniquement, il était clair pour Philipp que là où il habite en Alaska, il manque de personnes comme lui, c’est certain qu’il trouverait beaucoup de travail là-bas.

Nous avons aussi eu de chouettes discussions avec Helen & Hansueli du bateau Suisse Dada Tux, qui comme nous, habitent leur bateau. Et aussi avec Christoph et Anja du bateau Allemand Gioia, qui font un voyage sur plusieurs mois. Tous deux prévoyaient également de partir dès que le vent tournerait, pour les îles Canaries, mais chacun sur une île différente.

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